La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (17 Items)

Elmer Food Beat

Les potes bruyants d’Elmer Food Beat

Écrit par

Qui n’a pas été ébaubi par ce parcours hors norme qu’a vécu son premier elpee, le malicieusement intitulé « 30 cm » ? Il a affolé les compteurs, collectionné les certifications d’or et de platine pour atteindre le score stratosphérique de 650 000 albums vendus en remportant, cerise sur le déjà fort copieux gâteau, la Victoire de la Musique du groupe de l’année en 1991 ; coiffant sur le poteau rien moins que La Mano Negra et Niagara (excusez du peu !).

Dans une France morose, plombée par les années SIDA, un taux de chômage record et le spectre de la guerre en Irak, qu’il était bon d’entonner à tue-tête ‘Daniela » (la, la, la, la, la, la, laaa)’, « Le plastique c’est fantastique » ou « La caissière de chez Leclerc ».

Puis après une tournée américaine et un concert au mythique CBGB de New York, les Augustes tirent leur révérence en 1993, emportant avec eux un peu de notre légèreté potache d’adolescent pubère.

C’est sûr le Monde s’annonçait moins drôle…

En 2006, c’est un retour improbable et l’occasion de vérifier que Manou, le chanteur, reste le meilleur joueur d’épuisette de ce pays, que les salles sont toujours pleines et que les spectateurs affichent le même sourire partout.

Pourtant derrière ce parcours impeccable reste une blessure secrète, pas grand-chose en soi, à peine une égratignure : Elmer Food Beat ne serait que des amuseurs un peu paillards et légers, le tout dit avec la condescendance de celui qui se pâme devant la perspective d’un marathon ‘anthologie du cinéma d’auteur islandais de 1960 à 1967’ à la Cinémathèque de Saumur.

Pourtant, qu’il est difficile de faire rire sérieusement !

Et qu’il est encore plus difficile de faire rire tout en sensibilisant le monde sur les problèmes de société.

Car enfin, qui crée l’association Les Rockeurs ont du cœur ? Idée géniale, qui voit échanger des places de concerts par des jouets, offerts ensuite aux enfants défavorisés.

Qui modifie son iconique « Plastique c’est fantastique » (déjà utilisé à l’époque par le Ministère de la Santé pour promouvoir le port du préservatif) en « Plastique c’est dramatique » pour soutenir l’association « Sea Cleaners » et le projet Manta pour dépolluer les océans ?

On pourrait encore citer le consentement dans « Quand la dame » (dit non, c’est non) et le titre du nouvel LP, objet de ce panégyrique mérité : « Le Bruit des Potes ».

Car là encore, l’époque ne porte pas vraiment à la franche poilade et si les marchands de canons se frottent les mains, ils sont bien les seuls… alors au ‘bruit des bottes’ cher à Max Frisch ou Jean Ferrat, il n’est pas inutile de rappeler cet antidote à la sinistrose : « Le bruit des potes » avec qui partager les rires et le pain.

Et quitte à embarquer, nous préférons sincèrement, au ‘radeau de la Méduse’ vers lequel nous poussent nos élites bienveillantes (tout en s’aménageant, elles, des canots de sauvetage cinq étoiles ; l’histoire est tragiquement édifiante) celui d’Elmer ; ce ‘radeau de la méduse (la tatane)’ où l’on refait un Monde meilleur dans le respect des autres…

Issu de ce futur (?) elpee, « No future », est à voir et écouter ici ; un clip qui a bénéficié du concours de Romain Colucci.

Et redécouvrez cet univers déjanté en regardant la session ‘live’ de « Daniela »,

 

Stéfi Celma

En oblique (Ep)

Écrit par

Stéfi nous livre Ep, « En oblique », une œuvre pleine de douceur, de chaleur, de délicatesse, à l’influence bossa nova.

Suave, sa voix se marie parfaitement à la musique, en grande partie acoustique.

Stéfi Celma, née le 9 octobre 1986 à Paris, est une actrice et chanteuse française. Mais c’est dans la musique qu’elle se sent complète, authentique, et qu’elle souhaite s’épanouir.

‘La musique est aujourd'hui pour moi le terrain de ma plus sincère expression. Mon métier de comédienne me faisant jouer des rôles à tour de rôle, ce projet portera mon nom, mon identité.’

À 5 ans, elle participe à L'École des fans de Jacques Martin, qu’elle mentionne dans le premier titre de son Ep, « Du love et de l’eau ».

Empreint de nostalgie et de mélancolie, il nous parle de la difficulté de dépasser ses doutes, de faire la paix. Heureusement elle a toujours eu de l’amour et de l’eau.

Coiffeuse ? ‘Non je ne suis pas coiffeuse. Pourtant à 6 ans, quand Jacques Martin me demandait si je voulais être chanteuse ou comédienne, je n'ai tout simplement pas osé lui dire oui. Je lui ai dit, fragile, que grande, je voudrais être coiffeuse. Personne de mon milieu social n'était chanteur ou comédien, personne ne gagnait sa vie en exerçant ce genre de métier...

Alors ce jour-là j'ai eu envie de rêver. J'avais le droit de rêver en fait. Je ne manquais de rien, j'avais le plus important ; j'avais « Du love et de l'eau »’…

« Maison de terre » laisse une impression cap-verdienne. La voix est posée, le rythme balancé.

Poétiques, les paroles de cette chanson sont écrites par Camille Yemblé.

À travers le texte de cette plage, Stéfi avoue qu'elle se remémore son séjour au Congo, un voyage qui l'a marquée.

En effet, la terre africaine a beaucoup de similitudes avec sa terre natale, la Martinique. Elle a rencontré des gens qui l'ont imprégné de bonheur et de joie.

La musique a été co-composée par Imani Assumani.

Le clip (à découvrir )

de la chanson réalisée par Ruben Alves, a été tourné au Portugal, à Lisbonne. C'est dans un décor très lumineux, simple et esthétique à la fois que l’artiste danse et chante en toute sensualité.

« Tabou », morceau fragile et touchant, a été écrit par Imani Assumani, Jean-Pierre Ntwali Mucumbitsi ainsi que Stéfi et composé par cette dernière et Imani Assumani.

Le titre dénonce les non-dits. Cette vidéo est disponible ici 

« Qui », interprété à la sèche, nous parle de la peur de partir avant l’être aimé et de celle d’être remplacé dans son cœur.

Oser présenter une chanson en se servant d’un seul instrument acoustique aujourd’hui est assez rare et ça fait du bien.

Caractérisé par ses paroles envoûtantes, qui roulent, et sa musique wah-wah chaleureuse, « Sur la bouche » nous donne envie de chalouper. La plage nous parle d’un amour à sens unique.

« En oblique », qui donne son nom à ce disque, nous gratifie, à nouveau, d’un plaisir uniquement acoustique à la guitare. Un peu de chœurs et un sifflement nous invite à vivre pleinement, sans peur du risque.

Profitons de cette belle sortie musicale et souhaitons longue et belle vie à Stéfi !

Méthode chanson

 

Elmer Food Beat

Les Rois Du Bord De mer

Écrit par

Elmer Food Beat est une formation nantaise qui a sévi fin des eighties / début des nineties. Son créneau ? Des textes qui parlent de sexe… avec humour. Parfois même au 4ème degré… EFB a gravé des hits à la pelle : « Le plastique, c’est fantastique », « Daniela », « La caissière de chez Leclercq », « Couroucoucou Roploplo », « Je vais encore dormir tout seul ce soir », « Est-ce que tu la sens », et on en passe. Et puis est responsable de prestations ‘live’ totalement déjantées. Séparé en 1993, le groupe se reforme épisodiquement, pour participer à l’un ou l’autre festival, puis décide de reprendre l’aventure, en 2006. Et a donc gravé un nouvel album en 2013, « Les rois du bord de mer ».

Première constatation, les musiciens ont vieilli et les paroles se sont un peu assagies. Pour concocter cet opus, les musicos ont invité le réalisateur artistique Matthieu Ballet (Miossec, Alain Bashung, Alexis HK.) afin qu’il se penche sur l’état de leur libido.

On y croise « Paméla », un robot à tout faire qui prend en charge l’« Electroménager » et un mec qui a le béguin aussi bien pour les blondes, les brunes que les rousses dans « Mon Coeur Balance »... entre Daniela, Pamela, Linda, Brigitte, Caroline, madame l'infirmière ou la caissière de chez Leclercq. Sur un tempo enlevé, « Le roi du bord de mer » rappelle les années ados, lorsqu’on s’envoyait en l’air sur les plages de sable fin.

Ça a la couleur d'Elmer, le goût d'Elmer et c'est du EFB ! Merci les filles ! 

« Frédéric Dard Dort » rend hommage à l’auteur des romans du commissaire ‘San Antonio’.

Entre rockabilly, pop, punk et garage, EFB s’est à nouveau fait plaisir ; un plaisir qui se savoure cependant davantage en ‘live’. Et, un nouvel LP est en préparation. Baptisé « A Poil Les Filles », il devrait sortir en avril 2016. Stay Tuned !

 

Helmet

Helmet aurait tout intérêt à tourner la Page…

Écrit par

Le concert de Helmet était prévu pour ce 2 octobre. Il a donc été reporté ce lundi 10 novembre. Pas de supporting act. Helmet est censé tenir la distance pendant 120 minutes. La salle de l’AB est en configuration Box ; et les aficionados –qu’on peut estimer à 800 âmes– se frottent les oreilles, par ce qu’ils considèrent comme une véritable aubaine.  

Né en 1989, Helmet est alors déjà responsable d’une musique alternative, métallique taxée de hardcore. Il se sépare en 1998 et se reforme en 2014. A ce jour, le combo new-yorkais à publié 6 elpees : « Strap It On » en 1990, « Meantime » en 1992, considéré comme un des meilleurs long playings de l’histoire du metal, « Betty » en 1994, une œuvre alors mal reçue par la critique et pourtant considérée 25 ans plus tard comme incontournable et novatrice, parce qu’elle a ouvert la voie à Tool, Nine Inch Nails, Deftones, Pantera et Slipknot, « Aftertaste » en 1997, « Size Matters » en 2004, « Monochrome » en 2006 et le dernier « Seeing Eye Dog » en 2010. Après un quart de siècle, le line up ne compte plus que le seul Page Hamilton, comme membre fondateur. Le chanteur/guitariste est aujourd’hui soutenu par le second gratteur Dan Beeman, le drummer Kyle Stevenson et le bassiste Jon Fuller. Un Hamilton qui assure encore le rôle de sixcordiste au sein du backing group de David Bowie.

Il est 20h14 pile quand le quatuor monte sur l’estrade sans adresser le moindre regard ou faire le moindre signe à la foule. Manifestement, la communication n’est vraiment pas leur préoccupation. En outre, dès le début du spectacle, on prend le light show en plein dans la poire. Au lieu de mettre en exergue les artistes. Sympa ! Pendant quelques titres, cette forme d’agression visuelle passe encore ; mais à la longue, elle devient agaçante. La setlist est consacrée à  l'album « Betty ». D’ailleurs le combo interprète les quatorze titres de ce long playing, dans l’ordre du tracklisting (« Wilma Rainbow », « I Know », « Biscuits For Smut », « Milquetoast », « Tic », « Rollo », « Street Crab », « Clean », « Vaccination », « Beautiful Love », « Speechless », « The Silver Hawaiian », « Overrrated » et « Sam Hell »). Les riffs de grattes assénés par Page et Dan sont puissants, écrasant, mais mélodieux. Kyle frappe frénétiquement sur ses fûts. Mais lorsque le bassiste commence à malmener « Milquetoast », je commence à faire la grimace. Faut dire que le son n’est pas vraiment à la hauteur. Je me réfugie donc derrière la table de mixage. Et constate que si « Tic » et « Rollo » sont de fameux brûlots, la voix de Page a perdu de son éclat.

Je prends donc le temps de tailler une bavette en compagnie d’un ingénieur du son professionnel, qui me confirme que… le son n'est pas terrible. Curieux, Page commence à rigoler et à discuter avec les spectateurs des premiers rangs. La deuxième partie du spectacle se focalise sur deux autre opus du band, « Meantime » et « Aftertaste ».

Pendant « He Feels Bad », « Beter », « You Borrowed » et « Fela II », je m’éclipse, et revient pour « Role Model ». Pas de changement ! Le son est toujours aussi médiocre et j’écoute le reste du set, les bouchons bien enfoncés dans les oreilles, c’est-à-dire pendant « Pure », « Renovation », « Exactly », « Like A Care » et enfin « Driving ».

Franchement, si c’est pour dispenser des concerts de cette trempe, Helmet aurait tout intérêt à tourner la Page…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Voir aussi notre section photos ici

Laetitia Velma

Les eaux profondes

Écrit par

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Laetitia Velma n’est pas très généreuse en informations la concernant. D’où vient-elle, quel âge a-t-elle, est-elle mariée, a-t-elle des enfants, … ? Rien ! Aucune réponse ! Aucune info ne filtre sur le net.

Tout ce que l’on sait d’elle, c’est que très jeune, au début de l’adolescence, elle étudie le piano. Durant cinq ans. Le remplaçant rapidement ensuite par la guitare tout en se consacrant à l’écriture de ses premières chansons. Une brève transition via les planches théâtrales lui communique le goût de la scène et une belle assurance. Elle revient ensuite à son piano et se replonge dans la composition de ses propres chansons, paroles et musiques.

Le premier à croire en elle et qui lui mettra le pied à l’étrier se nomme Dominique A. Sur son album « L’horizon » (2006) il lui emprunte deux titres et en échange lui promet les arrangements sur les chansons qui peupleront son premier album.

Promesse tenue et c’est à Bruxelles, en belle compagnie –Pierre Jacqmin (Vénus), feu Denis Wielemans (Girls in Hawaï) et Julien Paschal (Sharko)– qu’elle confie l’enregistrement de son opus à Dominique Brusson (Yann Tiersen, Miossec, Nosfell, …)

« Les eaux profondes » se décline en 12 titres, tous interprétés dans la langue de Molière, remisant celle de Shakespeare au rang des souvenirs de jeunesse…

Passionnée de la vie, Laetitia la conjugue au présent, ses textes dégageant une simplicité en même temps qu’une soif de vivre, d’aimer, de partager, de rêver. Une véritable bouffée d’air frais à l’heure où la mode est souvent à la colère et la haine de la réalité, aux dénonciations des problèmes de notre société.

Sa voix attachante, discrète, tout en délicatesse et en douceur est à la hauteur tout comme les arrangements de Dominique A qui sont un véritable régal, mettant en valeur les très jolis textes de Laetitia.

Oscillant entre pop limpide et ballade nonchalante, l’album s’écoute sans lasser. Les guitares jouant à saute mouton avec un piano bien soutenu par une rythmique inspirée font de ces dix compositions une réussite totale pour un premier effort qui dégouline de classe et de maturité.

A découvrir sous peine de passer à côté d’un des meilleurs albums de chanson française de l’année.

 

Stonehelm

Stonehelm

Écrit par

Stonehelm est un quatuor lourdingue qui débarque du sud de la Californie et plus précisément de la ville de Ventura. Des chevelus tatoués qui, depuis 2008, ne cachent pas une passion profonde pour l’herbe thérapeutique qui fait rire et témoignent d’une addiction indéfectible à la musique d’Electric Wizard.

Il n’est probablement pas nécessaire d’en remettre une couche. Vous avez certainement déjà compris que nous sommes en présence de stoner/doom metal bien enfumé. Car quand les musiciens planent, ce sont nos oreilles qui trinquent. Difficile de ne pas se sentir écrasés face à la rythmique massive de Zack Bickler. Périlleux, aussi, d’essayer de résister aux assauts de la basse distordue d’Andrew Renteria. Impossible, en tout cas, de ne pas succomber au groove monolithique des riffs balancés par John Daniels et Wes Caley. 

A l’instar de celle de ses cousins britanniques d’Electric Wizard, la musique de Stonehelm est douloureusement pesante et se décline avec la vélocité d’un gastéropode somnolent. Les vocaux, assurés par Daniels sont brumeux et hypnotiques. Ils évoquent la dope et ses plaisirs interdits, le retour des zombies de l’apocalypse, les épopées barbares et même les religions martiennes. L’artwork du Cd est absolument magnifique : une imagerie occulte sulfureuse combinée à un plaidoyer pour la légalisation de la marijuana à des fins thérapeutiques.

Pas de bol pour ceux et celles d’entre vous qui voudraient soutenir la cause, il faudra encore attendre un peu avant de pouvoir vous procurer ce premier opus éponyme. Le label Death Earth Records qui devait le publier vient de faire faillite. Stonehelm est à la recherche d’un nouveau deal destiné à atteindre son but final : ‘Bring marijuana and doom to the masses’.

En attendant la sortie officielle de cette plaque fumante, Stonehelm nous a autorisés à publier un lien de téléchargement gratuit vers son album, artwork compris. T’en veux man ? On en a… ici : http://rapidshare.com/files/372449535/Stonehelm_2010___Booklet_and_Artwork.rar

Un groupe à découvrir d’urgence si vous aimez Electric Wizard, Sleep et Cathedral.

Kris Delmhorst

Shotgun Singer

Écrit par

Kris Delmhorst n’est pas une débutante, loin de là. Cette chanteuse folk compte déjà cinq albums à  son actif ; et vient glisser dans sa discographie une sixième perle à son collier musical. Car s’il existe des bijoux indémodables, aux parures étincelantes, Kris Delmhorst elle, affine ses carats au fil des compositions. Taillé dans le diamant brut, « Shotgun Singer » semble ajusté avec minutie et passion. Tout au long des douze ballades entraînantes, l’Américaine de Boston relate des capsules de la vie. Des moments intimes qu’elle dévoile sans pudeur. C’est évident, les voix féminines posée sur de la folk commencent un peu à nous inonder. On aurait tendance à dénigrer un peu le style, tant la concurrence est rude. Kris Delmhorst ne joue pas dans la même catégorie. Elle n’essaye pas de suivre un style, elle fait partie des piliers, de celles qui les enfoncent sans oublier de les sculpter avec une fantaisie débordante. Elle ose prendre des risques. Si le rythme de ses morceaux est puisé au fond de la mélancolie, elle n’en retire que l’essentiel, afin d’écarter de son chemin, toute forme de tristesse.

D’entrée de jeu, « Blue Adeline » constitue un parfait exemple de cette volonté. « Shotgun Singer » est parsemé de rythmes puissants mais discrets comme sur « To The Wire », où la batterie entoure la pièce d’un mur capitonné, laissant les cordes s’entrechoquer tendrement. A la manière d’une Lisa Germano ou d’une Alela Diane, la voix de Kris sort de ses entrailles et se béatifie sur des morceaux comme « If Not for Love », « Birds of Belfast » ou « Brand New Sound ». Tout cet onguent, que l’on s’étale au fil des plages, est parfois surmonté d’une petite claque revivifiante. A l’instar de « 1000 Reasons », où une proposition à la limite de la pop rock parvient à nous étonner. Vous l’aurez donc compris, « Shothun Singer » est à prendre par tous les côtés, du début à la fin. L’ensemble est étonnant, varié et sacrément beau. Un chouette moment à partager sous la couette. Le meilleur endroit sans doute pour s’enfiler la galette, et de préférence en dégustant un bon chocolat chaud ; mais ce supplément n’est pas compris dans le prix.

Telmary

A Diario

Écrit par

« A Diario » constitue le premier disque solo de Telmary, une rappeuse qui à déjà participé à plusieurs projets musicaux et en particulier au prestigieux groupe Interactivo. Cette artiste de La Havane se définit elle-même comme une ‘poétesse jazz’. Ayant étudié la littérature, elle chante et déclame des textes traitant de thèmes pourtant communs (amour, quotidien) tantôt en espagnol, tantôt en anglais. La musicalité est remarquable. Contrairement à des groupes plus connus établis hors de Cuba tels qu’Orishas, Telmary ne s’appuie pas exclusivement sur la musique issue de la tradition cubaine. Cette artiste a su s’entourer d’excellents musiciens (dont deux membres d’Interactivo) qui mélangent avec savoir-faire le jazz, le funk, le rock et la timba. Mais Telmary ne renie pas pour autant les riches traditions de son pays : le disque commence par une prière de Santería, une religion que les esclaves africains ont importé sur l’île (religion pratiquée aujourd’hui par la majorité de la population, indépendamment de leur couleur). Autre élément à relever : la manière de rapper similaire au groupe espagnol Ojos de Brujo, formation groupe avec laquelle elle partage d’ailleurs un titre sur ce disque : « Sueño Brujo ».

Elmore D

The Elmore D Band

Écrit par
Alias Elmore D, Daniel Droixhe a presque soixante balais. Ce Liégeois de pure souche s’est alimenté au rock'n'roll des 50’s au cours de sa prime jeunesse. Il ne se convertira au blues que dans les années 60. Au contact du british blues boom. Et il lui est resté fidèle, tentant même de remonter le temps à la recherche du blues d'origine. Son goût immodéré pour la slide lui conférera ce surnom, bien entendu inspiré par Elmore James.
 
Pour enregistrer cet opus, il a bien sûr reçu le concours de la fine fleur de notre blues national belge : Big Dave à l’harmonica, Lazy Horse aux guitares et à la mandoline, Willie Maze ainsi que Gerry Fiévé aux drums. Live, l’opus immortalise trois enregistrements différents. C'est-à-dire celui du 13 mai 2000 accordé dans le cadre du festival ‘4rth Blues 'n Bloom’, du mois d’octobre 99 au ‘Bluesin' Belgium’ de Peer et enfin du printemps 2002 au ‘Blues Festival’ de Mönsteräs, en Suède. Hormis une compo personnelle, le répertoire est ici limité à des reprises de classiques du blues. Rien à voir donc, avec ses chansons en dialecte liégeois qui alimentaient l’elpee "Saturday night rub".
 
L'ouverture est royale. Elle nous permet de saisir la capacité naturelle d'immersion dans le blues de l'artiste ainsi que la complémentarité et la fraternité qui lie les différents musiciens. Une osmose qui se manifeste entre Elmore (le chant et les cordes) et Dave (l’harmo) sur la cover d’"I can't be satisfied" de Muddy Waters et celle de "Gotta move" de Homesick James (le set accordé à Houthalen en 2000) ainsi que le très roots "It ain't no lie" de Kansas Joe McCoy. Les drums de Maze sont métronomiques. Lazy participe évidemment aux échanges de cordes. De son passage à Peer, j’épinglerai l’adaptation du "Drop down Mama" de Sleepy John Estes ; un fragment au cours duquel Lazy Horse joue le rôle de Yank Rachell à la mandoline. Fasciné par le blues d’avant-guerre, Elmore est également très marqué par le mythique Robert Johnson, dont il interprète ici le 'Walking blues". Une interprétation très respectueuse, commise en Suède, au cours de laquelle Big Dave s'évade dans les aigus. Toujours en Scandinavie et pour notre plus grand plaisir, il chante son hymne "Dji N'Oûveûre qui l' londi". En dialecte d'outre Meuse ! Et la compo passe aussi bien la rampe qu’en anglais. Enivré par une mandoline délurée et un harmonica, le "It's tight like that" de Tampa Rec nous entraîne sur les rues et trottoirs du sud profond. Ce fervent de la guitare à douze cordes ne pouvait rendre hommage à Leadbelly qu’en chantant à tue-tête en compagnie de Big Dave le "Pick a bale O'cotton". Le traitement opéré sur le classique "Road runner" de Bo Diddley mérite de tourner en boucle dans votre lecteur. Très Delta Blues, il s’électrifie progressivement puis intensément sur un tempo accéléré. Excellent ! Hommage à Willie Brown, la lecture du "Broke and hungry" est chargée d’émotion. Elmore et Big Dave y échangent les vocaux. Lors du medley "Outside woman blues"/I'm so glad", ce n’est pas une femme qui est au chant, mais bien Elmore. Non seulement la conversion de son timbre est saisissante ; mais en outre, cette plage constitue un grand moment. L’artiste parvient à communiquer au public toute sa sensibilité au point de toucher son âme, alors que Big Dave donne tout ce qu'il a encore dans les poumons pour le soutenir. Paradoxalement, ces deux morceaux figuraient au répertoire du Cream en 67/68!! Les musiciens rendent également hommage aux jug bands en attaquant le "Whitewash Station" du Memphis Jug Band. Et pour conclure, ils ne pouvaient – bien évidemment – pas oublier le répertoire d'Elmore James. En interprétant un medley d’"I can't hold out" et de "My heart beats like a hammer". "Ce soir, I'm so glad", chante Elmore D. Nous aussi, nous sommes si heureux de l'entendre et surtout de l’écouter. Puisse-t-il continuer très longtemps à nous révéler son talent, à témoigner de sa générosité et à communiquer sa bonne humeur!

Velma

Ludwig

En Suisse aussi, on sait mettre les pendules à l'heure quand il s'agit de musique : à trois, les types de Velma déclinent ainsi toutes les recettes miracle de la pop-électro-folk la plus sophistiquée avec une minutie et une dextérité d'artisan horloger. A la fois d'une fragilité ravissante et d'une complexité prenante, la musique de Velma s'écoute dans le recueillement, comme si ces bleeps grésillants, ces accords sibyllins et ces voix vaporeuses venaient d'un autre monde, peuplé d'anges et de jolies filles à la bouche vermeille. D'un souffle, ce folk de l'ère numérique nous conduit au septième ciel, dans un lieu où nos corps flottent comme des bulles de savon. D'autres groupes nous ont déjà procuré ce même sentiment de lévitation : Mum, Pulseprogramming, Rothko, Windsor for the Derby,… Velma est leur ami. Et le nôtre, par extension : comment résister à ces complaintes étourdissantes où l'écho des voix se heurte doucement à celui, hypnotique, des beats en sourdine ? Comment ne pas s'émouvoir devant ces cathédrales électro-acoustiques bâties dans le cristal le plus translucide, à travers duquel la lumière irradie de mille couleurs et imprime notre rétine de divins mirages ? Ces visions magiques s'appellent ici " Cube " (10 minutes d'étourdissement auditif), " Minute " (et sa rythmique aquatique), " Obstacle ", " Lieu ",… Des titres hermétiques derrière lesquels se cache pourtant l'une des musiques les plus sensibles de l'année écoulée. Qui a dit que la Suisse n'était que le pays du ski, des montres et du chocolat ? Avec Velma, la voilà sauvée pour longtemps de sa neutralité. Musicale, tout du moins.

Ostzonensuppenwürfelmachenkrebs

Leichte Teile, Kleiner Rock

Écrit par

Comme leur nom ne l'indique pas, ils viennent d'Allemagne ! Je vous laisse donc le soin de le traduire ! En tout cas, leur sens de l'humour ne passe pas trop dans leurs compositions. La basse ronfle rondement, les guitares se renvoient la politesse ou s'entremêlent et le batteur ne cache pas sa joie de taper sur ses fûts. Bref, tout ce qu'il faut pour proposer une musique vitaminée, parfois bruyante, sans jamais oublier de vocaliser. Et c'est peut-être là que le bât pourrait blesser. Peu habitués au pop-rock chanté en allemand, les non autochtones abandonneraient peut-être trop vite. Ce qui serait dommage, car en concert, on ne doit pas trop entendre le chanteur. A l'instar de certains groupes anglo-saxons ou même francophones à succès, pour lesquels nous sommes parfois plus tolérants...

 

Elmore D

Saturday Night Rub

Écrit par

Parfait exemple de Belgique pluriculturelle ! Et c'est le blues qui nous donne cette occasion ! Elmore D, de son vrai nom, Daniel Droixhe est un membre actif de la Principauté de Liège. Ce n'est pas le Delta de l'Ourthe qui l'inspire, mais bien celui du Mississippi. Donnez une guitare à Daniel. Fermez les yeux. Ouvrez grandes vos oreilles. Le feeling du blues circule immédiatement.

L'homme possède la voix, la présence, le feeling et le doigté. Notre Liégeois est ici rejoint par plusieurs des fleurons de notre pays plat flamand. Des anciens Electric Kings. Big Dave à l'harmonica ainsi que Mark Thijs à la planche à lessiver, et surtout à la production. Et cela s'entend ! Ceux qui ont pris leur pied en écoutant l'album "This is Tee", reconnaîtront la marque de Marc!!

L'ouverture est implacable. Elle abat tout sur son passage. Il fallait s'y attendre, le son est sale, primaire, puissant. La voix d'Elmore reste dominante face à une section rythmique qui reste sur le devant de la scène. La guitare (NDR : qui est Lazy Horse, le "cheval paresseux"?) secrète un son gras. Tellement gras que le "Can't afford to do it" d'Homesick James est encaissé comme une véritable claque. Difficile d'ailleurs de s'en remettre, car "Drop down mama" continue dans le même registre. Big Dave souffle admirablement dans le décor. Willie Maze martèle ses peaux. Elmore chante tel un possédé, bien loin de la douceur de la voix de Sleepy John Estes. Cette sensation de brutalité s'explique sans doute par la composition de la section rythmique. Sans basse. Composée d'une batterie et d'une guitare rythmique agressive et métallique. Hound Dog Taylor adorait décoller devant une telle assise. Il est parfois dommage que les guitares acoustiques d'Elmore ne percent pas davantage l'écran sonore. Bien peu d'amateurs de blues comprennent réellement l'anglais ou tout au moins le langage du blues qui est souvent complexe à décrypter. Ceci pour dire qu'Elmore, en vrai wallon, chante ses compositions en patois liégeois. Un dialecte qui sonne très musical à nos oreilles. Je n'en saisis pas grand-chose, mon patois picard ne m'aidant guère dans l'aventure! Mais tant pis, là n'est pas l'essentiel. J'aime tout particulièrement "Li wrè dèl rowe d'Erquy" et surtout "Rahis èt rikètes". L'atmosphère lugubre et le son coupé au rasoir vaut toutes les productions Fat Possum de la terre! Tendez donc l'oreille à la finale. Comment voulez-vous que Sleepy John Estes reste endormi. Non, non, c'est impossible ! Un grand album belge!

 

My Velma

Exposed

Trio belge composé de deux rescapés du défunt Soulsister, soit Joost Van den Broeck à la batterie et surtout Jan Leyers à la guitare, et d’un bassiste néophyte mais pour le moins excellent, Filip Cauwelier, My Velma vient d’enregistrer un premier album. Un disque pour lequel, le trio a reçu le concours de quelques potes, et notamment l’ex-Company of State, Rudolf Hecke. Un opus ambitieux, parfois même brillant, au cours duquel le combo a réussi la parfaite osmose entre l’énergie et la puissance du rock américain des Buffalo Tom, Green on Red ou Crazy Horse et la finesse de la pop anglaise. Aussi bien pratiquée, 30 ans plus tôt par les Kinks, que par des contemporains tels que The Verve, Bernard Butler (ex-Suede), voire Oasis. Des riffs de guitare torturés, une section rythmique riche en finesse et en explosivité qui régule une structure musicale atmosphérique, mystérieuse, où les sonorités généreusement électrifiées, chaleureuses, parfois teintées de country voire de grunge, collent parfaitement à la voix fragile, profonde de Jan. Une révélation !

 

Helmet

La face intelligente du heavy metal

Écrit par

Helmet incarnerait la face ‘intelligente’ du heavy-metal. Celle qui véhicule l'énergie généreuse, les riffs meurtriers, les rythmiques emballées, et qui s'est débarrassée des clichés éculés, des poncifs empoussiérés ou des poses débiles.

C'est sans doute vrai, même s’il faut également relativiser l’importance de cette réflexion. D’une part, Helmet n’a certainement pas été le seul à concevoir intelligemment le heavy-rock depuis que ce style existe. D'autre part, il a évolué, progressé  et s’est adapté grâce à l'influence d'autres courants musicaux, à l'immersion dans d'autres contextes et à l'éclosion d'autres groupes. Helmet a participé au mouvement. C'est un de ses mérites ; et il doit être souligné.

Bombardier

A toutes fins utiles, précisons quand même que dans ce genre de sport, Helmet n’est pas un prototype unique. Néanmoins, il faut reconnaitre l'importance et la qualité des œuvres de ce quatuor bombardier réduit pour la circonstance à un trio : des albums comme ‘Meantime’ ou surtout l'indispensable ‘Betty’ (NDR : publié en 95, c’est un must absolu), ont démontré de maîtresse manière l'importance de la bande à Page Hamilton.

‘Aftertaste’, le disque flambant neuf ne fait que renforcer l'impression positive laissée par ces types qui –attitude clairement en relation avec le début de cet article– ne paient pas de mine, mais bien de leur personne.

‘Aftertaste’ pète des flammes. Il déborde de générosité, combinant idéalement agressivité et créativité. Le cd est bon, excellent même, d'un bout à l'autre. Il est dépourvu du moindre temps mort, de la moindre faiblesse. Expédié avec une vigueur impressionnante. Page Hamilton, le leader entérine : « Nous avons privilégié une approche plus directe encore du travail d'écriture. Pour ‘Aftertaste’, nous avons voulu plus de concision, de netteté, mais également de fermeté. En comparaison, ‘Betty’ était sans doute un tantinet plus dissipé qu’‘Aftertaste’. Lequel nous a permis de resserrer les rangs au maximum afin de recueillir le meilleur de notre musique, quitte à laisser un membre en chemin. »

Par rapport aux elpees précédents, il fallu davantage de temps pour concocter ‘Aftertaste’. La simplicité est-elle inversement proportionnelle au temps qu’il faut pour élaborer un disque ? Réaction : « Non, rien à voir. Enfin, pas vraiment. En fait, nous l’avons mixé deux fois. Le second mix s'explique parce que la première version ne nous satisfaisait pas du tout, au bout du compte. On voulait vraiment sortir du tout bon, et gommer les quelques imperfections commises sur ‘Betty’. Bon, il ne faut pas toujours chercher à comparer ce qui ne doit pas nécessairement l'être, mais nous voulions impérativement que ce nouvel essai soit plus fort. Nous sentions que le potentiel était présent, que la matière était bonne. Aucune raison, dès lors, de se faire coincer par un mix imparfait ».

Courbe De Vente

La  notoriété d’Helmet est en progression constante. Cette situation a-t-elle poussé le groupe à devenir plus exigeant vis-à-vis de lui-même ? Page admet : « Sans doute d'une certaine manière. Nous ne sommes pas du genre à surveiller sans cesse la courbe de nos ventes –faut pas rigoler– mais il faut être honnête, et oser avouer que quand tes disques se vendent de mieux en mieux, tu as envie de tout faire pour que cette progression continue! Cette situation démontre que de plus en plus de gens écoutent ta musique et l'apprécient. Mais pour y arriver, nous n'avons pas accepté de compromission fondamentale, attention! Notre volonté de faire mieux constitue juste un élément de motivation supplémentaire qui nous pousse à être très rigoureux. ‘Aftertaste’ en a bénéficié, même si je pense que l'album était bon dès le départ... »

Dave Sardy, le furieux guitariste de Barkmarket a produit l'album. Les membres d’Helmet n’ont jamais caché être des fans de Barkmarket. Mais est-ce l’unique raison pour laquelle ils l’ont choisi ? Hamilton se défend : « Pas la seule, non. C'était un paramètre déterminant, c’est clair, mais il y a aussi le reste et notamment le fait que nous nous sentons sur la même longueur d'ondes. Nous savons qui nous sommes et ce que nous voulons faire... Et là, nous étions sûrs que bosser en compagnie de Dave ne poserait aucun problème, dans la mesure où il nous respecterait certainement pour ce que nous sommes. Ce qui est très important à la base. Nous étions à la recherche d'un son, pas d'une identité... Je pense que Helmet est un groupe immédiatement reconnaissable, c'est la preuve qu'il a une identité très forte. La priorité était donc d'optimiser notre son. »

Mais qu’est ce qui pousse Page à composer ? « A la fois tout et rien. Il me vient des trucs en tête... En fait, je prends beaucoup de plaisir à écrire des chansons ! Surtout quand je les trouve bonnes... Ce qui me motive à en créer d'autres. Mais il peut arriver que je me sente galvanisé, parfois, par la qualité de chansons écrites par quelqu'un d’autre. Il se produit alors une émulation. Ainsi, après avoir écouté de bonnes chansons écrites par un autre, je me suis déjà senti pousser des ailes dans le dos pour faire aussi bien ! »

Article paru dans le n°53 du magazine Mofo de mai 97

 

Elmer Food Beat

La copulation

Quintet nantais à l'enthousiasme et à la lubricité légendaires, Elmer Food Beat compte aujourd'hui huit années d'existence. Un cycle qui méritait sans doute une mise au point. Donc une copulation. Pardon, une compilation. Révélatrice de l'esprit polisson de cette équipe de joyeux drilles. Donc des titres croustillants tels que "Est-ce que tu la sens", "Toutes essayées", "Daniela", "Le plastique c'est fantastique", "Je vais encore dormir tout seul ce soir", et bien d'autres, parmi lesquels figurent des versions totalement inédites...

 

Mike Wilhelm

Wood & Wire

Virtuose de la guitare acoustique à douze cordes, ce Yankee vient de concrétiser son rêve le plus secret : enregistrer un album solo. Rien que sa râpe et sa voix. Sur les quinze fragments, deux compositions ont cependant reçu le concours de Gerlach Cedar à la guitare sèche. Mais c'est tout. "Wood & Wire" baigne inévitablement dans le blues, le folk ou la country traditionnelle, une œuvre techniquement irréprochable mais à écouter de préférence auprès d'un feu de bois...

 

Helmet

Betty

Sur les quatorze titres de son troisième opus, Helmet ne concède qu'un fragment au hard-blues-folk zeppelinien ("Overrated"), une composition purulente ("Pariah") et une intro jazz inspirée par John Coltrane. Le reste macère dans un metal-hardcore-grunge impitoyable. Une solution angoissée, oppressive, aride dont l'implacable mécanique produit un groove laminant, capable de couper les riffs de guitares avec une précision diabolique et une violence hypnotique. Et au sein de ce magma dantesque, le vocal âpre, geignard, parfois vitreux, souvent au bord de l'asphyxie de Page Hamilton cherche une bouffée d’oxygène entre le timbre de Kurt Cobain et celui d'Henry Rollins. Dévastateur !