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La lune de miel des Datsuns

Plus de vingt ans après ses débuts, The Datsuns annonce Moonstruck Man, titre inaugural d’un huitième disque attendu le 13 novembre 2026 chez Hellsquad Records. Le combo néo-zélandais reste fidèle à son rock direct : riffs nerveux, urgence intacte et plaisir…

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Fischer-Z

Un demi-siècle de carrière et toujours chargé de Watts…

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Fischer-Z, alias John Watts, célèbre à l’Ancienne Belgique cinquante ans de carrière devant une salle comble. Pionnière de l’art-punk britannique, la formation fondée en 1976 marque l’anniversaire par une série de dates à guichets fermés en Belgique, tandis que paraît le coffret 3 CD « Word Paradise », qui réunit les trois premiers opus et plusieurs bonus. Un nouveau disque studio, « X-Ray Serenade », est annoncé pour le 4 septembre 2026. Son premier extrait, « Strings », s’accompagne d’un clip au charme vintage tourné dans l’église St Paul’s de Circomedia, à Bristol, en compagnie de Ruby LeStrange. Le morceau évoque la manière dont nos actes finissent toujours par nous rattraper.

John Watts, chapeau melon sur la tête, présente lui-même la première partie. Chloe Leigh s’avance ensuite sur les planches, seule à droite du plateau, armée de sa guitare électroacoustique. La chanteuse livre des chansons nourries d’amour, de perte, de nostalgie et de joie dans un registre qui croise folk et flamenco. Son prochain opus, inspiré par ses racines du sud de l’Espagne, prolonge cette identité ouverte sur plusieurs horizons. Vêtue d’une jupe noire à pois, de Doc Martens et d’un haut sombre, elle impose d’emblée une présence discrète mais sûre. Le micro ne sert pas toujours son articulation, sans pour autant effacer le relief de morceaux tels que « House By The Sea » et « Stephanie ». « Reality », qu’elle dit emprunter à un fandango de Malaga, rappelle d’ailleurs ses origines andalouses. Nourrie par l’héritage de Leonard Cohen et Laura Marling, Chloe Leigh tient son récital sans appui, les yeux souvent clos, dans une bulle qui ne verse jamais dans la passivité (pour les photos, c’est ici et la page ‘Artistes’ ). 

À l’AB, Fischer-Z célèbre ce cinquantième anniversaire par un set dense et direct. John Watts, très en voix, aligne classiques new wave et titres plus récents sans s’abriter derrière la nostalgie. La formation conserve ce mélange de nerf mélodique, de regard social et d’élan pop qui lui vaut une place à part dans le post-punk britannique. Entouré de cinq musiciens, Watts occupe le centre du podium, guitare en main, entre un batteur installé sur une estrade à gauche, une claviériste-guitariste perchée à droite, puis, au premier rang, un bassiste et un second guitariste rythmique. Tous arborent le même chapeau melon noir. Le concert s’ouvre sur quatre extraits de « World Salad », défendus dans des versions plus tendues que sur le disque d’origine.

« Pretty Paracetamol » lance les hostilités sur un ton sec, nerveux, presque ironique. John Watts salue aussitôt la foule, qui lui réserve un accueil chaleureux. « Wax Dolls » enchaîne et fixe d’emblée la couleur de la soirée. « Remember Russia », teinté de reggae, apporte un détour plus solaire, avant « The Worker », repris en chœur par toute la salle. Le set ménage ensuite une respiration sous la forme d’« Angel Of Gardenia », tiré de « Thirteen Stories High », disque solo de Watts, dont la fragilité atteint sa cible. « Damascus Disco » et « I Smelt Roses (In the Underground) » relancent la mécanique par leur satire sociale, tandis que « Battalions Of Strangers » et « Head On » incitent l’auditoire à danser.

« So Long » et « The Perfect Day » ramènent l’assistance vers un terrain familier : les voix montent, plusieurs visages se ferment pour mieux écouter. « When Love Goes Wrong », traversé d’inflexions Motown, constitue l’un des sommets du set, tant sa mélancolie et son groove gagnent en ampleur dans l’acoustique de la salle. Pendant « Red Skies Over Paradise », baigné de rouge, le concert se tend encore. Puis, « Battalions Of Strangers » et « Damascus Disco » communiquent finalement un élan décisif. Vers la fin, John jette un œil à ses partitions, repart aussitôt et entraîne bientôt toute la salle à se lever. Quand il descend de l’estrade, guitare à la main, pour rejoindre la foule, le geste resserre encore le lien noué tout au long du concert. Lors du rappel, il accorde à l’auditoire « Marliese » puis une seconde version de « So Long », mais dans une mouture plus étirée.

Pour ses cinquante ans, Fischer-Z signe à Bruxelles un best of solide, nourri de classiques et de titres plus récents. Une soirée tenue de bout en bout. La formation repasse par Het Depot de Leuven le 6 novembre 2026.

Setlist : « Strings » (préenregistré), « Pretty Paracetamol », « Wax Dolls », « Remember Russia », « The Worker », « Angel Of Gardenia » (John Watts song), « Marguerite », « Well Meaning Ghost » (Followed by band introduction), « So Long » (Balad version), « The Perfect Day », « Tightrope », « Choose », « Red Skies Over Paradise », « Cruise Missiles », « Battalions Of Strangers », « Damascus Disco », « When Love Goes Wrong », « One Voice » (John Watts song), « Head On » (John Watts song)

Rappel : « Marliese », « So Long » (Normal version)

(Pour les photos c’est ici

(Organisation : Greenhouse Talent)

Fischer-Z

La satire politique d’un comédien dans l’âme…

Écrit par

Fischer-Z s’est produit dans le cadre de l’édition 2017 du W-Festival (voir review ici). A l’issue du set, John Watts a accordé une interview à Musiczine. Si musicalement les médias ont trop souvent assimilé la musique de Fischer-Z à la new wave, c’est sans doute parce que le groupe a sévi à cette époque, alors que finalement, baignant dans une forme de reggae blanc, elle était plus proche de celle de The Police, Talking Heads ou de Split Enz. D’ailleurs, au fil du temps, elle est devenue intemporelle. Donc pas à la mode. Ce qui explique sans doute pourquoi, le band n’a jamais trop récolté de succès en Grande-Bretagne…

John admet : « Au début de l’aventure Fischer-Z, on a accordé 380 concerts, dont deux en Grande-Bretagne. On a dès perdu le contact avec les Britanniques et on s’est focalisé sur l’Europe. Par contre, cette année, on y a donné quelques shows. Six en tout. C’est plus que sur mes 40 premières années de carrière… »

Une carrière au cours de laquelle, outre Fischer-Z, Watts a monté d’autres formations et tenté une carrière en solitaire. De quoi brouiller les pistes. Il confirme : « Absolument ! (rires). Quand je me produis en ‘live’, je dispose d’un répertoire forgé au cours de toutes les époques que j’ai traversées. Tu sais, il doit compter plus de 240 titres. Donc c’est un bon vivier au sein duquel je peux puiser… »

Un jour, John a déclaré qu’il écrivait des textes difficiles sur des sujets sérieux, mais en les abordant à la manière d’un clown. Est-ce l’attitude d’un comédien dans l’âme ? Il avoue : « Je le pense. Tu sais, je crois que la plupart des sujets politiques douloureux peuvent être traités avec humour. Et quelque part, un discours politique est bien plus efficace quand il est véhiculé par des chansons, plongées au cœur d’un spectacle… » Ses lyrics traitent d’ailleurs souvent de politique. Le dernier album, ‘Building bridges’ (voir chronique ), paru cette année, est un nouvel exemple. Il traite de tas de sujets qui s’y rapportent, comme les conflits dans le monde, la globalisation, les scandales bancaires, l’escalade de la violence, les médias qui font la course au buzz, l’écologie, le terrorisme et on en passe. Mais où va-t-il chercher son inspiration pour demeurer un observateur avisé de la nature humaine. En regardant la TV ? En lisant les journaux ? Des bouquins ? Des magazines ? Ou via Internet ? Il clarifie: « Tout ce qui se déroule dans le monde m’intéresse. Pas les fictions. Mes sources principales sont puisées dans les journaux. Mais également le cinéma. J’ai trouvé mon chemin : faire la satire du monde politique. C’est la meilleure façon de faire de la politique. Internet n’est pas vraiment ma source d’inspiration… »

Pour rester dans le même domaine, au fil du temps, les politiciens perdent de plus en plus la confiance de leur électeurs, parce qu’ils prennent des décisions impopulaires. Et pourtant, dès que de nouvelles élections sont organisées, ils sont de nouveau élus. Comment comprendre ces choix ? Et comment changer cette situation ? La démocratie contemporaine, est-elle arrivée au bout du rouleau ? Il réagit : « Internet et la pub vont au-delà de la réalité. Le discours prononcé n’est plus réaliste, mais virtuel. Ce qui explique les volte-face des responsables politiques. Dès qu’ils sont élus, ils doivent affronter les faits et la réalité. Prends l’exemple de Trump aux Etats-Unis. Il ne pourra pas faire tout ce qu’il a promis. Il est limité par les structures gouvernementales. Heureusement d’ailleurs. En France, Macron veut tout changer, mais il lui faudra des années avant d’y parvenir. Puis, il y a ce stupide vote en faveur du Brexit, en Grande-Bretagne. On ne peut pas diviser l’Europe. Beaucoup de compatriotes ont choisi le Brexit en pure ignorance. Certains ont même voté blanc. Finalement ce choix va emmerder encore plus de monde. Les politiciens ne comprennent pas vraiment ce qu’est la véritable démocratie. Ce référendum n’aurait jamais dû être organisé. C’était une décision ridicule. Le Brexit ne va jamais se réaliser de la manière espérée par la population. En outre, il est impossible que cette sortie se réalise rapidement. L’intérêt du Brexit n’est pas celui de l’Europe. Et certainement pas celui des individus. Des entreprises. C’est dans l’intérêt de personne. Ce processus sera lent. Un peu comme toutes les décisions prises dans le domaine de la politique. Je ne pense pas qu’il y aura une version hardcore du Brexit, mais plutôt diluée… »

Fischer-Z est retourné sur un label major ; en l’occurrence BMG. Cette situation ne va-t-elle pas devenir, à terme, contraignante et freiner la créativité ? Il répond : « En fait, il s’agit d’une boîte dont le manager n’est autre que mon fils. C’est également lui qui contrôle les budgets. BMG fait la promotion et moi je suis totalement libre au niveau artistique… »

A l’exception de drums, John a assuré toute l’instrumentation, lors des sessions d’enregistrement de son dernier elpee. Se muerait-il en homme-orchestre ? Il répond : « En fait, j’ai demandé à un musicien de mon entourage de jouer certaines partitions et à partir de là, j’ai réalisé une sorte de sampling à la manière des artistes de hip hop. Le nouvel album sera différent… » Mais en remettant au centre du jeu de quilles, la guitare, n’était-ce pas une réaction face à la musique électronique. La réponse fuse : « Pas du tout ! J’aime la musique électronique. Enfin toutes les formes de musique. Electrique, bien sûr, également. En fait, je m’intéresse davantage à la musique contemporaine que celle du passé… »

Sur le titre maître de l’opus ‘Building bridges’, le riff de guitare semble emprunté au ‘You really got me’ des Kinks. Etait-ce intentionnel ? « Parfaitement ! Et ce titre sera remixé prochainement, sous une forme différente ; ainsi le riff ne sera plus le même… »

Après 4 décennies de carrière, John se sent-il toujours à l’épreuve quand il monte sur les planches ? « Vous savez, j’aime bien quand les événements tournent mal. C’est plus amusant. Je suis un comédien. J’aime le show et dialoguer avec la foule. C’est excitant quand il y a des imprévus… » Est-ce la raison pour laquelle il a un jour déclaré qu’il ne rejouait jamais deux fois le même show ? « Effectivement. Ma set list est toujours partagée entre nouvelles et anciennes chansons. Et pas forcément les mêmes… »

Avant de se lancer dans la musique, John a bossé comme psychologue/clinicien. Il a même suivi 5 années d’études universitaires pour obtenir ce diplôme. Son bouquin devrait bientôt sortir. Une autobiographie ? Il rectifie : « Sa sortie est reportée à l’an prochain. C’est davantage qu’une autobiographie, mais plutôt un recueil d’histoires biographiques. Il relate des pans de ma vie. J’écris ma propre histoire. Ensuite j’invite ceux dont je parle à réagir sur mes propos… C’est comme un blog analogique. Mais écrit, pas digital… » Il va également rééditer son œuvre. Probablement un boxset. Mais recèlera-t-il des inédits ? Il précise : Des remixes, c’est sûr. Mais pour l’instant, je suis trop préoccupé par les compos de mon futur album. Donc, une chose à la fois… » Ce sera quand le treizième de Fisher-Z…

Fischer-Z se produira en la salle De Roma à Borgerhout, ce 14 novembre 2017

Merci à Vincent Devos.

 

Fischer-Z

Building bridges

Écrit par

Quarante années déjà que John Watts roule sa bosse dans l’univers de la musique. Le leader de Fischer Z a cependant mis son groupe, entre parenthèses, à deux reprises, pour embrasser une carrière solo ou pour défendre un projet baptisé The Cry. Le groupe est donc bien de retour depuis 2014, mais il ne reste plus que John à la barre. Enfin, pas tout à fait, puisque pour enregistrer « Building bridges », il a reçu le concours de James Bush aux drums, aux percus et à la coproduction, ainsi que de deux choristes. Il assure donc le reste de l’instrumentation.

Dès ses débuts, le natif de Frimley (NDR : c’est en Grande-Bretagne) a toujours cherché à faire passer des messages sociopolitiques dans sa poésie. Ses singles « Perfect day » et « The worker » en sont certainement les plus significatifs. Tout au long de ce nouvel opus, il aborde des sujets comme le trafic des êtres humains, la guerre, la corruption, les scandales bancaires ainsi que les questions relatives aux migrations mondiales. Notamment. Et le tout en remettant la guitare au centre du jeu de quilles. Bref, hormis le folk allègre « Row boys row », il y a de l’électricité dans l’air sur les 10 autres plages de cet opus. Depuis le funk/punk cuivré « Damascus disco » à la valse « There’s a wildenress here », un titre au cours duquel son discours, parachuté en milieu de parcours, est abordé à la manière du « Popular » de Nada Surf, en passant par le post punk spasmodique « Wild wild wild wild », le plus pop « So close », dont le riff central semble calqué sur le « You really got me » des Kinks, du punk pur et dur « Shrink », du sauvage et groovy « Easy money », très proche de Guided By Voices, vindicative, la voix de Watts empruntant les inflexions de Robert Pollard et enfin du syncopé « Invite me to your party ». Bref un retour gagnant pour Fischcr-Z qui se produira dans le cadre du W-Festival, ce dimanche 20 août, entouré d’un line up constitué de jeunes musicos.

 

Fischer-Z

Stream

Ce n'est pas encore avec cet album que John Watts va revenir à l'avant-plan de la scène musicale. Pourtant, ce "Stream" est bien ficelé. Dispensant des mélodies pop rafraîchissantes, agréables, élégantes, contagieuses. Davantage de guitare aussi. Et puis la voix de John est toujours aussi savoureusement gémissante. La pochette raffinée. Et en final, on a même droit à une composition digne du mythique Cream, "Here and now", agitée par une basse rythm'n Bruce (!). Mais pas de hit potentiel. C'est sans doute là que le bât blesse.