Fischer-Z, alias John Watts, célèbre à l’Ancienne Belgique cinquante ans de carrière devant une salle comble. Pionnière de l’art-punk britannique, la formation fondée en 1976 marque l’anniversaire par une série de dates à guichets fermés en Belgique, tandis que paraît le coffret 3 CD « Word Paradise », qui réunit les trois premiers opus et plusieurs bonus. Un nouveau disque studio, « X-Ray Serenade », est annoncé pour le 4 septembre 2026. Son premier extrait, « Strings », s’accompagne d’un clip au charme vintage tourné dans l’église St Paul’s de Circomedia, à Bristol, en compagnie de Ruby LeStrange. Le morceau évoque la manière dont nos actes finissent toujours par nous rattraper.
John Watts, chapeau melon sur la tête, présente lui-même la première partie. Chloe Leigh s’avance ensuite sur les planches, seule à droite du plateau, armée de sa guitare électroacoustique. La chanteuse livre des chansons nourries d’amour, de perte, de nostalgie et de joie dans un registre qui croise folk et flamenco. Son prochain opus, inspiré par ses racines du sud de l’Espagne, prolonge cette identité ouverte sur plusieurs horizons. Vêtue d’une jupe noire à pois, de Doc Martens et d’un haut sombre, elle impose d’emblée une présence discrète mais sûre. Le micro ne sert pas toujours son articulation, sans pour autant effacer le relief de morceaux tels que « House By The Sea » et « Stephanie ». « Reality », qu’elle dit emprunter à un fandango de Malaga, rappelle d’ailleurs ses origines andalouses. Nourrie par l’héritage de Leonard Cohen et Laura Marling, Chloe Leigh tient son récital sans appui, les yeux souvent clos, dans une bulle qui ne verse jamais dans la passivité (pour les photos, c’est ici et la page ‘Artistes’ là).
À l’AB, Fischer-Z célèbre ce cinquantième anniversaire par un set dense et direct. John Watts, très en voix, aligne classiques new wave et titres plus récents sans s’abriter derrière la nostalgie. La formation conserve ce mélange de nerf mélodique, de regard social et d’élan pop qui lui vaut une place à part dans le post-punk britannique. Entouré de cinq musiciens, Watts occupe le centre du podium, guitare en main, entre un batteur installé sur une estrade à gauche, une claviériste-guitariste perchée à droite, puis, au premier rang, un bassiste et un second guitariste rythmique. Tous arborent le même chapeau melon noir. Le concert s’ouvre sur quatre extraits de « World Salad », défendus dans des versions plus tendues que sur le disque d’origine.
« Pretty Paracetamol » lance les hostilités sur un ton sec, nerveux, presque ironique. John Watts salue aussitôt la foule, qui lui réserve un accueil chaleureux. « Wax Dolls » enchaîne et fixe d’emblée la couleur de la soirée. « Remember Russia », teinté de reggae, apporte un détour plus solaire, avant « The Worker », repris en chœur par toute la salle. Le set ménage ensuite une respiration sous la forme d’« Angel Of Gardenia », tiré de « Thirteen Stories High », disque solo de Watts, dont la fragilité atteint sa cible. « Damascus Disco » et « I Smelt Roses (In the Underground) » relancent la mécanique par leur satire sociale, tandis que « Battalions Of Strangers » et « Head On » incitent l’auditoire à danser.
« So Long » et « The Perfect Day » ramènent l’assistance vers un terrain familier : les voix montent, plusieurs visages se ferment pour mieux écouter. « When Love Goes Wrong », traversé d’inflexions Motown, constitue l’un des sommets du set, tant sa mélancolie et son groove gagnent en ampleur dans l’acoustique de la salle. Pendant « Red Skies Over Paradise », baigné de rouge, le concert se tend encore. Puis, « Battalions Of Strangers » et « Damascus Disco » communiquent finalement un élan décisif. Vers la fin, John jette un œil à ses partitions, repart aussitôt et entraîne bientôt toute la salle à se lever. Quand il descend de l’estrade, guitare à la main, pour rejoindre la foule, le geste resserre encore le lien noué tout au long du concert. Lors du rappel, il accorde à l’auditoire « Marliese » puis une seconde version de « So Long », mais dans une mouture plus étirée.
Pour ses cinquante ans, Fischer-Z signe à Bruxelles un best of solide, nourri de classiques et de titres plus récents. Une soirée tenue de bout en bout. La formation repasse par Het Depot de Leuven le 6 novembre 2026.
Setlist : « Strings » (préenregistré), « Pretty Paracetamol », « Wax Dolls », « Remember Russia », « The Worker », « Angel Of Gardenia » (John Watts song), « Marguerite », « Well Meaning Ghost » (Followed by band introduction), « So Long » (Balad version), « The Perfect Day », « Tightrope », « Choose », « Red Skies Over Paradise », « Cruise Missiles », « Battalions Of Strangers », « Damascus Disco », « When Love Goes Wrong », « One Voice » (John Watts song), « Head On » (John Watts song)
Rappel : « Marliese », « So Long » (Normal version)
(Pour les photos c’est ici)
(Organisation : Greenhouse Talent)

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