La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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The Chills

Scatterbrain

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Tout au long de « Scatterbrain », le septième elpee des Chills, Martin Phillipps se remémore les bons et les mauvais moments qu’il a traversé dans son existence, s’interroge sur la réalisation et l’acceptation de soi ainsi que sur la mortalité. Il rend même un hommage à sa mère, décédée en 2019, sur « Caught in my eye ».

Martin est un remarquable mélodiste et il le démontre une nouvelle fois sur cet opus aux compos bien pop, tour à tour intimistes ou enrichies d’orchestrations luxuriantes (pensez à Van Dyke Parks). Le contraste peut paraître saisissant, mais la tracklist est parfaitement équilibrée. Certaines compos véhiculent paradoxalement des accents bien ‘british’. A l’instar de « Hourglass », une piste qui marche sur les traces d’Incredible String Band. Même les inflexions vocales sont sinusoïdales. Ou encore sur « Safe and sound ». Le long playing recèle deux valses (« Destiny » et le titre maître), mais les synthés (même quand ils sont vintage) se révèlent un peu trop présents. Vaporeux, le titre final rappelle même un certain New Musik.

Mais les interventions à la guitare guitare sont trop timorées. Ou alors, c’est la mise en forme qui les a diluées dans l’ensemble. Pourtant, elles se révèlent chatoyantes tout au long du désarmant « Little Alien » ; mais rien à faire, en se privant de ses accroches à la gratte, Phillipps a dénaturé l’identité des Chills. Dommage ! Il nous doit une revanche.

White Hills

Stop Mute Defeat

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Fondé en 2003, White Hills est un duo prolifique réunissant Dave W. et Ego Sensation. D’ailleurs, « Stop mute defeat » constitue déjà son septième opus studio. Ce tandem new-yorkais y entretient un climat psyché, ténébreux, glacial, diablement rock’n’roll et poisseux à souhait, qu’il épice d’une multitude d’autres condiments, comme le kraut (« If…1…2 »), l’électro-punk (« Stop Mute Defeat ») ou encore l’indus (« Attack Mode »). Tout au long de cet elpee particulièrement saignant, White Hills campe ainsi un hybride contemporain entre Royal Trux, Suicide et Kraftwerk…

The Chills

Snow bound

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En 2015, The Chills publiait l’album « Silver bullets », dix-neuf ans après avoir gravé son précédent elpee. De toute bonne facture, cet opus célébrait le retour en forme de son leader Martin Philipps et surtout la stabilisation de son état de santé. Il n’aura donc fallu que trois années avant que le groupe néo-zélandais ne sorte son sixième LP.

Première constatation, la production est plus léchée et les arrangements particulièrement soignés. Ce qui rend les compos plus pop. Surtout les trois premières du long playing. Dont le contagieux « Time to atone », une plage idéale à siffloter sous la douche. Egalement le morceau d’entrée « Bad Sugar » qui tente d’expliquer pourquoi les gens se tournent vers la religion. Et puis la valse « The greatest guide », une piste désenchantée, subtilement glam, qui rend hommage aux icônes disparues, dont Bowie, Lou Reed et Prince. De valse, il en est également question tout au long du tourbillonnant « Lord of all I survy ». Très souvent autobiographiques, ses chansons évoquent les souvenirs de Martin ou abordent le sujet de la spiritualité, mais sous un angle paradoxalement optimiste. A l’instar du morceau final « In harmony », nonobstant son message politique. Uptempo mais aussi sauvage, c’est également un des meilleurs morceaux, par ailleurs. Tout comme l’excellent « Complex ». Et paradoxalement ces deux titres sont infiltrés de claviers fluides, ondoyants, rappelant ceux de Dave Greenfield chez les Stranglers.  

Sans quoi, on retrouve la voix bien timbrée de Martin, les sonorités de gratte chatoyantes et étincelantes spécifiques aux Chills, sans oublier ce sens mélodique imparable qui a fait sa notoriété…

Dommage, néanmoins, que la boule de neige ne soit pas plus serrée…

 

The Chills

The BBC Sessions

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Cette compile réunit des extraits de trois ‘Peel Sessions’ accordées par The Chills. La première, le 12 novembre 1985, la deuxième, le 5 avril 1987 et la troisième, le 18 décembre 1988. Malgré les changements de line up –et il y en a eu d’innombrables au cours de l’aventure de la formation néo-zélandaise– la musique de cette formation a toujours séduit par son sens mélodique, son charme et ses lyrics intelligents, signés par le membre fondateur et chanteur/guitariste Martin Phillipps. Même quand la musique a pris une direction imprévisible, leur kiwi pop a toujours fait mouche. Seul souci, en 30 années, le combo n’a gravé que quatre albums studio. Et le suivant qui devait paraître début de cette année, est toujours attendu depuis au moins 6 mois.

En attendant, cet elpee est une occasion unique de (re)découvrir The Chills sous un angle différent. Depuis « Rolling moon », caractérisé par sa ligne de basse caoutchouteuse, au menaçant « Dead Web », une plage trempée dans le garage, l’audacieux « Brave words », le superbe « Wet blanket », élégant dans sa discordance, le spectral « Night of the chill blue », « Dan destiny and the silver dawn » ainsi que « Rain », deux pistes parcourues par des accords de piano graciles, le carnavalesque « Living in a jungle » (The Doors ?), l’instrumental martial et filmique « Moonlight on flesh », le mélancolique « Part past, part fiction », hanté par un refrain contagieux, le sinusoïdal « Effloresce and deliquesce » et un titre apparemment jamais gravé sur support, « Christmas Chimes ».

Bon et ce nouvel album, il arrive à pied ou quoi ?

 

The Chills

Les fans des Chills sont des gens sympas…

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The Chills est une formation néo-zélandaise qui a participé activement à l’épanouissement de la scène pop/rock de Dunedin, incarnée par le label Flying Nun. A l’instar de The Clean, JPS Experience, Tall Dwarfs, The Bats, Able Tasmans et consorts… The Chills c’est avant tout Martin Phillipps qui drive la formation depuis 34 longues années, même si son aventure a été marquée par quelques interruptions. Et il doit avoir consommé plus d’une vingtaine de ‘line up’ depuis la naissance de son band. En 2013, il avait gravé un elpee live, « Somewhere beautiful ». Car son dernier opus studio, « Sunburnt », remonte déjà à 1996. Depuis, le band n’a sorti que des Eps, des compiles et des singles, dont « Molten gold », l’an dernier. Et bonne surprise, il va publier un véritable nouvel album, pour fin 2014, début 2015. Dans le cadre du festival Boomtown, le quintet nous a réservé cinq chansons écrites récemment, en ‘live’. Martin nous en parle…

« Nous venons de terminer l’enregistrement de l’album, juste avant d’entamer la tournée. Et quand elle sera achevée, on va s’occuper de la promo. Il devrait paraître vers la Noël. Ou au plus tard, début de l’an prochain. Il s’intitulera ‘Silver Bullets’ et synthétise un peu tout ce que les Chills ont réalisé à ce jour. Et nous en sommes fiers… »

Les Chills on connu, au cours de leur histoire, une succession impressionnante de line up. Alors pourquoi ne pas penser à écrire un bouquin sur ce parcours ? Martin tempère : « Je signale quand même que le bassiste et le batteur participent à l’aventure depuis 1999. Qu’Erica nous a rejoints, il y a 9 ans, et Oli, le claviériste, en 2008. En fait, c’est le premier chapitre de l’histoire des Chills qui a vu transiter bon nombre de musiciens. Et la plupart de ceux qui nous ont quittés ne pouvaient pas faire carrière dans ce métier. Il n’y a jamais eu ni friction, ni colère. Ils sont souvent partis de leur plein gré, et à mon grand regret. »

Quand on parle de Chills, on ne peut évidemment pas passer sous silence le label néo-zélandais Flying Nun. Une écurie qui a donné naissance à The Clean, The Bats, Tall Dwarfs, JPS Experience, Able Tasmans, les Verlaines, David Kilgour et encore bien d’autres. Un label indépendant qui était finalement plutôt bien distribué en Europe, et notamment via Semaphore aux Pays-bas, jusque le moitié des 90’s. Et quand ces distributeurs on fermé boutique, le Vieux Continent a été sevré de cette scène antipodale. Notre interlocuteur confirme : « Entre 87 et 90, nous nous étions établis à Londres. Et c’est vrai que Flying Nun disposait de plusieurs excellents relais en Europe. Pas des grosses boîtes, mais surtout de petites structures efficaces. Hitch-Hyke Records en Grèce, Rough Trade en Angleterre, etc. Les ventes n’étaient pas exceptionnelles, mais honnêtes. La disparition de tous ces petits satellites a coïncidé avec un certain essoufflement de la scène néo-zélandaise. Aujourd’hui, Flying Nun a repris du poil de la bête. Et héberge à nouveau de très bons groupes et artistes… » J’en profite pour lui parler de Connan Mockasin, qui m’avait avoué ne pas connaître la scène de Dunedin. Il embraie : « Je suis aujourd’hui âgé de 51 ans ; et vu l’explosion de la scène musicale, je ne parviens plus à suivre. Et en Nouvelle-Zélande, cette vague est aussi conséquente. La plupart des groupes ou artistes n’ont même pas besoin de label, puisqu’ils traitent tout par Internet. Ils s’adressent directement à leurs fans. Cependant, Flying Nun jouit toujours d’une fameuse réputation. Et pas mal de monde leur font confiance. J’en suis ravi… Connan Mockasin, je ne le connais pas personnellement, mais deux membres de mon band, bien. En fait, l’histoire de la musique pop et rock n’intéresse plus beaucoup les jeunes. Ils ont grandi dans un monde où on entend de la musique éphémère. Ceux qui signent chez Flying Nun apprécient plutôt celle qui est authentique, intemporelle. Ils la respectent également. Et ne se contentent pas de la reproduire… » Pour en revenir à Flying Nun, une des causes principales de son succès serait dû aux femmes. Ce qui méritait des éclaircissements. « Chez Flying Nun, toutes les formations devaient impliquer au moins une fille. Et à cette époque, c’était quand même un phénomène particulier. Oui bien sûr, Patti Smith, Kim Gordon (NDR : la chanteuse/bassiste de feu Sonic Youth) et quelques autres étaient devenues des icônes du rock. Des situations que ces artistes féminines estimaient normales. Mais elles ne réalisaient pas que dans d’autres parties du monde, ce n’était pas du tout considéré comme normal… »

On a souvent établi un parallèle entre la scène de Dunedin et celle dite ‘postcard’ (Orange Juice, Aztec Camera, The Pastels, Joseph K, et même les Go-Betweens, un duo australien émigré en Ecosse). Comment expliquer ce phénomène ? Martin clarifie : « Cette synchronisation de mouvements identiques qui naissent à des endroits opposés de la planète est dû à l’essoufflement du post punk. Il fallait trouver une alternative, un nouvel élan. Roger Shepherd, le fondateur de Flying Nun était un grand fan de postcard. Et un des premiers singles paru sur son écurie est un disque de postcard. Il y en a même eu plusieurs. Donc il est en quelque sorte le détonateur de cette situation. Même les artistes adoptaient un look similaire. C’est dire ! »

Les Go-Betweens et les Chills étaient très proches. Tant musicalement qu’humainement. Martin acquiesce : « J’aimais beaucoup leur musique. Elle était excellente. On a souvent joué à la même affiche. C’était de bons amis. Nous étions assez proches. Grant (NDR : McLennan est décédé en 2006) me manque beaucoup. C’est une histoire triste. Ils bossaient énormément. Il ne collaient pas à la mode, mais cherchaient à composer de bonnes chansons. Et les deux groupes manifestaient énormément de respect l’un vis-à-vis de l’autre… »

Martin a un jour affirmé que la mélancolie était au cœur de sa création, qu’elle reflétait l’environnement de la Nouvelle-Zélande. S’il était né en Australie, aurait-elle été différente ? Il réagit : « Enormément. Il y a plus ou moins 3 000 km entre les deux terres. Et les mentalités y sont très différentes. D’une certaine manière on pourrait affirmer que la Nouvelle-Zélande est plus européenne et l’Australie plus américaine. Le peuple indigène, constitué de Maoris, n’a jamais été sous le joug de la colonisation britannique. Cette culture est demeurée très importante. En Australie, les aborigènes ont été pratiquement tous assimilés. Et la civilisation indigène a pratiquement disparue. Chez nous, nous avons conservé une grande proximité avec le peuple Maori. L’art de planter, par exemple. » Martin a pourtant vécu quelque temps en Australie. « J’y suis allé souvent. Pour la simple et bonne raison qu’on y gagne mieux sa vie. Tu as de meilleures perspectives d’avenir. Mais le racisme est omniprésent. Pire qu’en Afrique du Sud. »   

Le Velvet Underground, Wire et les Beach Boys seraient, selon certains médias, les références majeures des Chills. Un journaliste a même écrit que Martin était le Brian Wilson du post punk. Ce qui fait sourire notre interlocuteur. « Il ne faut pas exagérer quand même. Je suis bien un fan de Brian Wilson. Mes bases musicales sont très rudimentaires, pour ne pas dire pauvres. Je suis seulement apte à interpréter mes morceaux pour les maintenir à flots. Lui, il avait la musique dans la tête. Il était capable de créer des harmonies, des mélodies et des structures renversantes, étranges, au sein d’une même chanson. Pense à ‘Good vibration’, ‘Cabin essence’ ou ‘Heroes and Villains’. Et je remercie Brian Wilson pour tout ce qu’il a fait, mais je n’arrive pas à sa cheville… » En ce qui concerne Wire, je lui signale que sur son plus gros hit ‘Pink Frost’, j’y ressens une même sensibilité mélodique que sur ‘The 15th’, et que le quatuor londonien avait intitulé son premier elpee ‘Pink Flag’, devenu depuis le nom de leur label. Bref, pas mal de concordances… « C’est une coïncidence. Je n’écoute pas Wire. Je connais seulement leur chanson ‘I’m the fly’. A cette époque, je découvrais le psychédélisme garage issu des sixties. Scott Walker. Tim Buckley, le Velvet Underground, MC5… Pas vraiment la musique britannique. Ce n’est que plus tard que je m’y suis intéressée, mais pas au début des 80’s. Par contre, un des courants importants qui m’a marqué est certainement le krautrock de Can, Kraftwerk et Amon Düül 2. Pas que j’ai essayé de les copier, mais ils ont eu une influence sur mon écriture. Le but n’était pas de sonner comme eux, mais d’y puiser des sources. C’est beaucoup plus sain. Avant de trouver sa propre voie… »

Il considère Kris Knox comme un maître. Et il le reconnaît : « Oui, il incarne la plus grande inspiration dans ma vie. Il y a longtemps que je me soucie de savoir ce qu’il pense de moi. Comme si c’était mon père. Pour l’instant, il n’est pas en bonne santé. Il a été victime d’une attaque cérébrale. Il ne peut plus parler, mais son cerveau fonctionne encore. Il fait encore de la musique, mais il ne s’exprime plus très bien. Il hurle. C’est très douloureux de l’entendre… » Martin a également vécu de graves problèmes de santé. Il est atteint de l’hépatite C. « Heureusement, depuis quelques années, mon état de santé s’améliore. Bien sûr, à court terme, j’ignore comment cette pathologie va évoluer ; mais pour l’instant, l’important est de se sentir bien pour sa tournée… »

The Chills est aujourd’hui considéré comme un groupe culte. Et des tas de formations, dont les Shins, Panda Bear, I’m Barcelona ou John & Bjorn, ont repris certains de leurs titres. Martin réagit instantanément : « Non, non, je ne veux pas faire l’objet d’une vénération. Nous sommes arrivés, tout simplement, au bon endroit, au bon moment. Les fans des Chills sont des gens sympas. Et il en existe pas mal autour du monde. Ce nombre ne cesse, en outre, de croître. Certaines personnes de mon âge ont grandi avec notre musique ; et ils viennent assister à nos concerts. Mais on y rencontre également bon nombre de jeunes. Dont les parents écoutaient notre musique. Ou qui l’ont découverte à travers d’autres groupes. Il était donc judicieux de revenir en Europe pour constater l’évolution de notre popularité. Et manifestement on est sur la bonne voie. Elle décolle à nouveau… Pas mal de formations ont repris nos chansons ; et c’est un signe qu’on revient dans le parcours. Fin des nineties, je sentais que le groupe périclitait ; mais la tendance s’est depuis inversée. Beaucoup d’artistes écoutent de nouveau les Chills et nous remercient. John & Bjorn ont adapté deux de nos compos. C’est épatant. Car manifestement, de nouvelles oreilles sont attentives à notre musique… »

Merci à Vincent Devos 

 

The Chills

Superbe, mais un peu court…

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Dans le cadre du festival Boomtown, le Handelsbeurs accueillait le groupe culte The Chills, ce samedi 26 juillet. The Chills c’est avant tout Martin Phillipps qui drive la formation depuis 34 longues années, même si son aventure a été marquée par quelques interruptions. Et il doit avoir consommé plus d’une vingtaine de ‘line up’ depuis la formation de son band. L’an dernier, il avait gravé un elpee live, « Somewhere beautiful ». Car son dernier opus studio, « Sunburnt », remonte déjà à 1996. Depuis, le combo n’a sorti que des Eps, des compiles et des singles, dont « Molten gold », en 2013. Et bonne surprise, il va publier un véritable nouvel album, avec de nouvelles chansons dans un avenir très proche. Avant la fin de l’année, paraît-il. Bref, The Chills se produisant rarement sur le Vieux Continent (NDR : sa dernière tournée européenne doit remonter à une vingtaine d’années), votre serviteur ne pouvait manquer ce rendez-vous. Ah oui, pour les néophytes, The Chills est une formation néo-zélandaise qui a participé activement à l’épanouissement de la scène pop/rock de Dunedin, incarnée par le label Flying Nun. A l’instar de The Clean, JPS Experience, Tall Dwarfs, The Bats, Able Tasmans et consorts… En attendant de rencontrer Martin, pour une interview, nous assistons au soundcheck. Pas un soundcheck purement technique, mais au cours duquel, on aura droit à quatre chansons, qui seront interprétées ce soir. Un moment privilégié…

Le quintet monte sur les planches à 19h30 pile. Légèrement en retrait, le drummer est particulièrement expressif. Ses mimiques sont assez drôles et, parfois, il joue debout, courbé sur ses fûts. A gauche, vu son visage, James Dickson, le bassiste (NDR : il participe également aux choeurs) est certainement de descendance Maori. Et les sonorités de son instrument libèrent un groove monstrueux. En outre sa complémentarité avec le drummer, Todd Knudson, est impressionnante. Une section rythmique parfaitement solide qui balise les compos. Pas étonnant, quand on sait que le line up de The Chills s’est plus ou moins stabilisé depuis une dizaine d’années. Martin partage le centre de l’estrade avec la guitariste/violoniste/claviériste, Erica Stichbury, également préposée aux ‘backing vocals’. Il affiche une bonhomie rassurante, mais est particulièrement exigeant en matière de mise en forme. Il joue sur une guitare de couleur noire, et n’en changera jamais de tout le show. Enfin Oli Wilson, l’organiste/claviériste, s’installe à l’extrême droite de l’estrade. Il alterne sonorités vintage et synthétiques, mais équilibre judicieusement ses interventions. La voix de Martin n’est pas transcendante. Elle est même plutôt grave et monocorde, un peu comme celle Dean Wareham ; mais soulignée par les backing vocaux, elle passe parfaitement la rampe. Et pourtant, quand il la pousse, elle parvient à changer de registre. Etonnant ! Quant aux chansons, sculptées dans une pop contagieuse, mélancolique, illuminée par les accords de guitare tintinnabulants, chatoyants, surf ou légèrement psychédéliques, ils prennent une toute autre dimension, lorsque Erica y injecte ses interventions au violon, parfois aux tonalités celtiques. Le set s’ouvre par l’ondoyant « Night of chill blue ». Le tracklisting (voir ci-dessous) inclut 5 nouveaux titres qui figureront sur le nouvel opus. Il devrait s’intituler « Silver Bullets » (**). Mais surtout nous réserve une pluie de singles (*) dont l’allègre « Wet Blanket », le ‘REMesque’ « Heavenly pop hit », le post punk « I love my leather jacket », l’incontournable et épatant « Pink Frost » (NDR : paru en 1984, c’est également leur seul tube !) et le tout dernier, « Molten gold », sorti l’an dernier… Une heure de concert. Pas de rappel. Superbe, mais un peu court…   

Tracklisting

Night of chill blue (Brave Words)
House with a hundred rooms * (B
rave Words)
Part Past Part Fiction * (Submarine Bells)
Silver Bullets ** (Silver Bullets)
The Male Monster form the ID * (Soft Bomb)
Aurora Corona ** (Silver Bullets)
Molten Gold *
Wet Blanket * (Brave Words)
Warm Wave Form ** (Silver Bullets?)
February (Ep Stand By)
Pink Frost * (Kaleidoscope World)
Underwater wasteland ** (Silver Bullets)
Rain (Brave Words)
I can’t help you ** (Silver Bullets)
Effloresce and deliquesce (Submarine Bells)
Heavenly pop hit * (Submarine Bells)
I love my leather jacket * (Kaleidoscope World)

(Organisation Boomtown)

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The Chills

Somewhere beautiful

Écrit par

Fondé en 1980, The Chills compte à ce jour une vingtaine de line up différents. Seul Martin Phillipps, le membre fondateur, est toujours au poste. C’est également le chanteur/guitariste et le principal compositeur. Au début des 90’s, il a mis son projet entre parenthèses, suite à des problèmes de santé, avant de reprendre le collier en 1995. The Chills, c’est aussi et surtout une formation néo-zélandaise issue de Dunedin qui relevait du label Flying Nun, une écurie qui a hébergé des artistes ou des groupe aussi incontournables que The Verlaines, 3D’s, Chris Knox, The Clean, Bats, Bailter Space, Able Tasmans, et j’en passe…

Le dernier véritable long playing des Chills remonte néanmoins à 1996 (« Sunburnt »). Depuis, la formation a publié un mini elpee baptisé « Stand By » et fait l’objet de l’une ou l’autre compilation.

« Somewhere beautiful » n’est pas, non plus, un nouvel opus, mais une session d’enregistrement privée, immortalisée lors d’un anniversaire accordé en 2011, à Central Otago, au sud de la Nouvelle Zélande. Il est découpé en 20 plages ! Et si le son n’est pas vraiment exceptionnel, l’elpee tient parfaitement la route, car on y retrouve toutes les caractéristiques qui ont forgé la notoriété du groupe. Oscillant du post punk (ces cordes délicieusement discordantes !) au garage, en passant par le psychédélisme et la pop, les compos sont également susceptibles de succomber à la mélancolie, sentiment accentué par la voix fragile de Phillips, ainsi que par les accords de piano sonores ou encore épisodiquement, un violon grinçant. Des titres à épingler ? Le single « Pink frost », le titre d’entrée « Night of chill blue », deux morceaux manifestement influencés par le Velvet Underground. « Part Past Part Fiction », digne des Fleshtones. Les ‘Remesques’ « Wet Blanket » et « Heavenly pop hit » (NDR : ce dernier avait d’ailleurs atteint la deuxième place des charts néo-zélandais, en 1994). Un « February » plus Buzzcocks que nature. Sans oublier l’incisif « Canterbury go ! » qui lorgne carrément vers les Stranglers, et pas seulement à cause de ses chœurs. Un seul bémol, la cover du « Matthew and son » de Cat Stevens, pas vraiment transcendante. Sans quoi, les nostalgiques des Chills devraient se régaler…

 

The Soft Hills

Departure

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Les membres de The Soft Hills sont originaires de Seattle, mais il ont fait leurs valises et migré vers le Sud-est, en l’occurrence la Californie, suite aux problèmes de santé rencontrés par leur leader, Garrett Hobba. Vu le changement de climat, on pouvait s’attendre à une métamorphose dans le style. Pas du tout. « Departure » est aussi mélancolique et sombre que les disques précédents. Apparemment, le soleil n’a pas eu d’effet bénéfique sur le moral des musicos de The Soft Hills, puisqu’ils ont décidé de poursuivre leur aventure sans se soucier de leur environnement…  

Les pistes tracées par « Departure » se croisent quelque part entre l’americana et le psyché rock. Pensez à Fleet Foxes et Midlake. Malheureusement, jamais la formation ne parvient à atteindre le niveau de ces deux formations. En début de parcours, la voix fragile de Hobba nous sensibilise quelque peu ; mais au bout d’une demi-heure, faute de pouvoir nous surprendre ou de se démarquer de leurs références, les compos deviennent franchement ennuyeuses et on se surprend même à bâiller. Bref, cet elpee n’est pas mauvais, mais plutôt dispensable…

 

White Hills

En parfaite osmose…

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Il y a un long moment que je n'étais plus allé au Muziekodroom ; et le moins que l'on puisse dire c'est que l'endroit était méconnaissable par à rapport aux souvenirs que j'en avais gardés. Exit le grand hangar froid et sans âme et place à un club très clean au sein duquel le bar est si conséquent que l'espace concert semble assez réduit en comparaison (entre 100 et 200 personnes à vue d'œil). L'explication est simple, le MOD est un immeuble polyvalent qui englobe aussi bien des locaux de répétition, des studios d'enregistrement qu'une grande salle (visiblement celle où j'ai dû mettre les pieds jadis) et le club où se produisaient ce soir White Hills et Mosquito.

Originaire de Louvain, Mosquito a assuré une bonne première partie en dispensant un stoner rock assez recherché dans les structures des morceaux et parsemé d'influences grungy. La voix du chanteur manque peut-être parfois un peu de caractère, mais vu qu’il cumule également les drums (un de ceux qui n'économisent pas leurs efforts), on ne va pas être trop sévère à son égard. Des compos honnêtes et plutôt bien ficelées en tout cas et une reprise assez anecdotique de... Nirvana comme on aurait pu s'y attendre. A laisser mûrir et on pourrait en reparler à l'avenir…

Place à White Hills ensuite. Un trio. En fait de trio il s'agit plus du couple Ego Sensation/Dave W. accompagné pour l’instant de Nick Ferrante, aka Nick Name. Une alchimie qui fonctionne à merveille et donne en général d'excellents résultats comme ce sera encore le cas ce soir.

Baignée dans des halos de lumière rouges, bleues et surtout vertes, la formation installe l'ambiance en diffusant une intro ‘dronesque’ avant d'enchaîner par "Forever in space", moment fort de son dernier album qui résume parfaitement son état d'esprit. Toujours extrait de ce disque, on a ensuite droit à "In your room" (allez jeter un œil sur la vidéo!), très bon titre également mais dont on regrette les voix un peu trop en retrait dans l'interprétation live. Ensuite il ne sera quasi plus question, à une exception près, de ce dernier opus. On est ravi de constater que White Hills ne se contente pas d'une tournée promotionnelle mais puise ce qu'il y a de meilleur dans son répertoire pour le plus grand plaisir des fans. Ainsi la setlist nous a réservé des morceaux de choix comme "Three Quarters", le paranoïaque "Condition of Nothing" ou encore l'obsessionnel "Robot Stomp". Elle est même remontée jusqu'en 2007 ! (NDR : Pas si loin me rétorquerez-vous? Sauf pour un groupe qui sort 1 album tous les ans sans compter les splits, raretés et autres bootlegs). A l’instar des hymnes space fuzz rock tels que "Radiate" ou "Oceans". On sent une réelle osmose et une belle énergie aussi puissante que sensuelle dans la complémentarité entre la charmante bassiste Ego et le leader halluciné Dave. On prend plaisir à les voir se frôler et croiser leur manches (n'y voyez rien d’obscène !) et on reçoit autant qu'ils donnent. Un conseil, si vous aimez le space rock, le kraut ou la noise, ne les loupez pas la prochaine qu'ils fois passent près de chez vous!

(Organisation MOD)

 

White Hills

Heads on fire

Écrit par

Cet album est paru en novembre 2007, mais il vient seulement de bénéficier d’une distribution officielle chez nous. Et si « Heads on fire » ne constitue pas le premier elpee de cette formation établie à New-York, je vous promets bien du plaisir si vous cherchez à savoir combien de disques elle en a concocté depuis ses débuts. Certains ont même été pressés à un maximum de 50 exemplaires ! Julian Cope les apprécie tout particulièrement. Non seulement il les avait invités à assurer le supporting act d’une de ses tournées, mais il avait remixé les morceaux de ce « Heads on fire » sur un vinyle. En évoquant le nom du leader du mythique et défunt Teardrop Explodes, vous pensez inévitablement au psychédélisme. Et vous avez tout à fait raison. Un psychédélisme éclaboussé de space métal, de garage et de krautrock. Puisant plus que probablement ses influences chez les Warlocks, Hawkwind circa « In search of Space », les Stooges époque « Funhouse » ainsi que Can.

Découpé en 6 morceaux, Heads on fire » recèle une plage de plus de 26 minutes : « Don’t be afraid ». Véritable pièce centrale de l’opus échafaudée sur un crescendo lancinant, elle est entrecoupée d’un interlude stratosphérique, avant d’en revenir au thème initial, comme beaucoup de groupes du style opéraient au tout début des seventies. Sans quoi groove lancinant, implacable, féroce, tempo hypnotique, tentaculaire (NDR : parfois plus enlevé, comme lors de la plage finale « Eternity »), ligne de basse distordue, guitares bourdonnantes, triturées par les pédales wah wah ou cosmiques, synthés tourbillonnants et vocaux éthérés, réverbérés, ténébreux, trament la densité de cette expression sonore qui recherche constamment l’harmonie entre l’ambiance et le chaos ; mais surtout est sensée reproduire un voyage hallucinogène dans l’espace et le temps…

 

The Kill Devil Hills

The drought

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Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !