Ces mercredi 30 et jeudi 31 octobre, l’Ancienne Belgique et Flagey organisaient un double concert, pour accueillir, comme il se doit, Mr. Mark Lanegan. Une très bonne idée ! Le très prolifique songwriter a sévi (et parfois sévit encore) au sein d’une multitude de formations (Screaming Trees, Soulsavers, Mondo Generator et Queens of The Stone Age), outre ses innombrables collaborations (Kurt Cobain, Isobel Campbell, Melissa Auf Der Maur, …) Il se produisait donc au sein de la capitale pour défendre ses albums solos. Récemment, le natif d’Ellensburg (Washington), a pondu deux long playings. En un peu plus de 6 mois de temps, pour être plus précis. Un disque de reprises logiquement intitulé « Imitations » (NDR : il ne restera certainement pas dans les annales) et un autre en compagnie de Duke Garwood, « Black Pudding ». Ses derniers essais studios personnels remontent à 2012 (« Blues Funeral ») et 2004 (« Bubblegum »). Secrètement, on espérait qu’il puiserait sa tracklisting, au sein de ces deux oeuvres…
Pour assurer la première partie de Lanegan, le crooner à la voix ‘bourbonnée’ avait invité, tout naturellement, le multi instrumentiste Duke Garwood, mais également le Bruxellois Lyenn. Cependant, il faut bien l’avouer, le public est clairement venu pour applaudir Mark Lanegan. Et il débarque vers 21h30.
Contrairement à ce qui avait été annoncé, le set de ce soir ne sera pas exclusivement unplugged. Certes on remarque la présence d’instruments à cordes (violoncelle et violon), mais Lanegan est également soutenu par un guitariste électrique et un bassiste. Si la salle n’est pas un havre de rock’n’roll, son acoustique est parfaite. L’ambiance est feutrée, sombre et intimiste. Tous les musicos sont vêtus de noir. Ce qui finalement n’est guère surprenant. Mark Lanegan porte des cheveux mi-longs et arbore sa traditionnelle barbichette. Dès qu’il empoigne son micro et se met à chanter, il éclabousse le spectacle de sa classe. Et son début de parcours est vraiment impressionnant. Il revisite une grande partie de sa carrière individuelle, nous réservant de superbes versions de « The Gravedigger’s Song » ou encore « When Your Number Isn’t Up », mais replonge également dans un passé plus ancien, à l’instar de « Halo of Ashes », morceau signé à l’époque de Screaming Trees (NDR : au sein duquel il a milité de 1994 à 2000), ainsi que celle vécue au sein de Soulsavers (« Can’t Catch the Train »). Il rend également hommage à feu Lou Reed, en interprétant notamment son « Satellite of Love ». Le public semble apprécier la performance. Et si on peut regretter que les plages de « Blues Funeral » m’ont paru avoir perdu en puissance, d’autres morceaux ont manifestement gagné en profondeur.
En organisant cette tournée, Mark Lanegan a voulu se démarquer de ses racines grunge et blues. C’est sa voix, pourtant reconnaissable entre mille, qu’il a mis en exergue ; et par là même sa facette la plus intimiste. Bien sûr, les amateurs de rock électrique auraient préféré un set plus énergique, mais ils ne peuvent lui contester un talent rarement égalé…
(Organisation : Ancienne Belgique et Flagey)