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Monster Magnet

Mastermind

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En 1992 alors que la jeunesse mondiale déprime encore au son du grunge, Dave Wyndorf,  lui plane. « Spine Of God », le premier album de Monster Magnet, (le cartel  dont Wyndorf est le baron incontesté) est une véritable ode à la fumette interplanétaire. Mélange hallucinogène du heavy rock de Black Sabbath, du space rock d’Hawkwind, du garage rock des Stooges et de l’acid rock des Doors, « Spine Of God » est sans doute l’un des piliers de ce qui allait devenir le stoner rock. Si les  substances illicites ont grandement contribué à rendre les compositions de Wyndorf aussi originales et uniques, elles ont aussi failli avoir sa peau en 2006. Sur « 4-Way Diablo » le dernier album en date, sorti un an après une ‘overdose accidentelle aux somnifères’, Wyndorf n’est plus que l’ombre de lui-même. L’opus, sombre et dépressif, ne laisse rien entrevoir de bon quant à l’avenir du groupe.

Mais il ne faut pas vendre la peau du ‘stone-rocker’ avant de l’avoir désintoxiqué. Et pour le ‘Space Lord’ comme pour ce vieil Arthur C. Clarke : 2010, c’est l’année de la deuxième odyssée de l’espace (NDR : là, il va falloir relire vos classiques de la SF). « Mastermind », le nouvel opus paraît fin octobre chez Napalm Records. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que Monster Magnet y tient une forme ‘hallucinolympique’.

Le vaisseau « Mastermind » décolle au son d’« Hallucination Bomb » ; une déflagration de basse qui introduit un riff plombé et renoue avec le doom rock psychédélique d’antan. Sur « Bored With Sorcery », Monster Magnet bat le fer tant qu’il est chaud en balançant un space-rock bien speedé. Le groupe semble vraiment chargé à bloc. « Dig That Hole », pour suivre, mélange heavy bourdingue à la Sabbath et rock psychédélique à des ‘hohos’ fédérateurs rappelant un peu Glen Danzig. « Gods And Punks » est un titre lent où les guitares, aussi distordues que celles des Stooges, nous replongent dans l’époque bénie de « Spine Of God ». « The Titan Who Cried Like a Baby » et « Time Machine » sont deux de ces ballades enfumées, spatiales et psychédéliques dont Wydorf s’est fait une spécialité. Elles s’apprécient probablement mieux si l’on est dans un état second. « Mastermind », le titre qui donne son nom à l’album est un heavy groove plombé qui génère une furieuse envie de headbanger. Le tempo s’accélère ensuite pour l’excellent « 100 Million Miles », mélange furieux de space et de garage rock. « Perish In Fire » est une ‘curiosité’ : un titre plutôt rapide, où des percussions marquent le rythme d’une manière étrange. Sans sa touche ‘spatiale’, « When The Planes Fall From The Sky » aurait définitivement pu figurer sur l’une des galettes doom métal de Saint Vitus ou de The Obsessed. « Ghost Story » et « All Outta Nothing » les deux titres de clôture n’apportent, quant à eux, pas grand-chose de transcendant à ce retour en force de Monster Magnet.

La production signée par Matt Hyde (Staind, Slayer, Hatebreed) est puissante et claire tout en restant fidèle au son typique de Monster Magnet. La pochette, quant à elle, a été dessinée par le mystérieux ‘Invisible Creature’ bien connu pour son travail opéré pour Wolfmother et les Foo Fighters.

C’est vrai, « Mastermind » ne réveille pas tout à fait l’extase psychédélique qu’avait provoqué « Spine Of God » (1992) et ne provoque pas non plus l’orgasme rock’n’roll que nous avait procuré « Powertrip » (1998). Cependant, Monster Magnet nous fait de nouveau prendre notre pied et ce, sans que nous nous sentions le besoin de simuler le plaisir (comme c’était malheureusement le cas pour « Monolithic Baby » en 2004 et « 4 Way Diablo » en 2007). Pour une relation qui dure depuis presque deux décennies, c’est plutôt remarquable !

 

Monster Magnet

Powertrip

Si à l’origine, Monster Magnet pratiquait un hardcore teinté de psychédélisme, sorte de Black Flag acidifié par les visions cosmiques d’Hawkwind ; au fil du temps, le quatuor a viré au heavy metal, pour finalement tomber dans la marmite au hard rock. Sur son dernier opus " Powertrip", on a même parfois l’impression de devoir réingurgiter les clichés les plus éculés de Rush, formation qui avait eu ses heures de gloire à la fin des seventies. Enfin, si vous venez exclusivement chercher votre dose de décibels, Monster Magnet ne devrait pas vous décevoir…