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Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Muse

MUSE dans l’espace…

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Muse dévoile les premiers détails de son dixième album studio, « The WOW! Signal », dont la sortie est prévue le 26 juin chez Warner Records.

Pour marquer ce nouveau chapitre, le trio a vu les choses en grand — et même au‑delà de l’atmosphère terrestre. En collaboration avec Sent Into Space, Muse a envoyé une tablette spécialement conçue à 33 kilomètres d’altitude afin d’y diffuser en avant‑première mondiale le clip de son nouveau single « Be With You ». Une seconde capsule contenait également des stickers exclusifs, destinés à une édition vinyle limitée que les fans pourront tenter de remporter.

Le clip officiel de “Be With You” est à découvrir ici

 

 

Glass Museum

La cité analogue de Glass Museum

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Après deux albums inspirés par des paysages nordiques et les forces de la nature, Glass Museum élargit ses horizons en gravant "4N4LOG CITY". Le duo, réunissant le pianiste Antoine Flipo et le batteur Martin Grégoire, est rejoint par le bassiste Issam Labbene, formant ainsi un trio dynamique. Cet elpee marque une transition importante dans leur carrière, mélangeant les codes de la musique électronique et les profondeurs du jazz avec un groove unique.

Signé sur le label Sdban Records, le groupe a enregistré cet opus entre la Drôme, le Volta et un ancien site industriel bruxellois. Il a collaboré avec des artistes prestigieux comme le batteur suisse Arthur Hnatek et le chanteur JDS. "4N4LOG CITY" explore des sons et des idées nouvelles, allant de l'ambient au breakbeat, et inclut une épopée hip-hop à travers "Jazz Brak".

Produit par Antoine Flipo et mixé par Elsa Grelot, cet LP cinématographique capture les rythmes et les fréquences de la ville, racontant les histoires anonymes qui se déroulent dans la métropole. "4N4LOG CITY" affirme ainsi la place de Glass Museum sur la scène musicale européenne.

Pour en connaître davantage sur Glass Museum, cliquez sur le nom du groupe, en vert, dans la rubrique ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

Mustii

The Maze

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Agé seulement de 34 ans, Mustii traîne déjà une belle carrière derrière lui, multipliant les rôles au cinéma, au théâtre et dans les séries télévisées.

Après avoir rencontré un joli succès d’estime et critique lors d’un premier essai à dominante électro-pop, intitulé « 21st Century Boy », l’artiste s’est ensuite enveloppé dans un son plus électrique confortable tout au long d’« It’s Happening Now », un opus tramé sur fond de drame familial.

Trois ans plus tard, il revient en force en gravant un troisième opus sauvage, brut de décoffrage, mais d’une indéniable qualité.

Nettement plus torturé aussi, « The Maze » constitue le fruit d'un parcours initiatique long et difficile, induit par l’échec cuisant de sa prestation réalisée dans le cadre de l’Eurovision de la chanson, en 2024, au cours duquel il avait interprété « Before The Party’s Over »

Véritable laboratoire musical, cet LP serpente au sein du labyrinthe de la vie du jeune homme, empruntant au passage des directions artistiques très éclectiques entre post-punk, glam rock, pop ou encore électro.

Le pari est osé, mais globalement réussi, Mustii évitant le cloisonnement stylistique.

Il y a aussi ces références aux années 80 et notamment à Pet Shop Boys et Culture Club, Thomas assumant aujourd’hui pleinement son genre ‘queer’, depuis son adhésion à la communauté LGBTQIA+, il y a quelques années déjà.

Thomas Mustin, à l’état-civil, signe ici son œuvre la plus personnelle. Il y parle de lui-même, sans fard, tout en soulevant ses zones d’ombre, ses excès et ses addictions ; une soirée de fête qui n’en finit pas, de la pré-party à l’afterparty, servant de fil conducteur.

 

« The Maze » est énigmatique, sulfureux et d’une richesse musicale et artistique à couper le souffle. Un album clair-obscur, qui réussit le grand-écart entre l’amour, la colère (« Silly Boys ») ou encore la solitude (« Massive Love Infection »).

Si Mustii s’est préparé un terreau fertile pour le live, la scène constituant sa véritable vocation, il affiche fièrement une posture de dramaturge qu’on lui connaît fort bien. Pour le meilleur, pas pour le pire.

Et si la nuit est bien présente, le côté solaire l’emporte… toujours !

 

 

Mustii

Le labyrinthe de Mustii…

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Après « 21st Century Boy » (2018) et « It's Happening Now » (2022), Mustii sortira son troisième opus, « The Maze », ce 6 décembre 2024. 11 titres qui permettent à Mustii de se recentrer sur son propre vécu, d'assumer ses expériences et de dévoiler son engagement personnel.

‘J’imagine cet album comme la métaphore d’une longue nuit de fête, de la pré-soirée jusqu’à l’after, avec ses hauts et ses bas, l’euphorie puis la chute. ‘The Maze’, c’est le nom du club à l’intérieur duquel va se dérouler la nuit avec ses expériences, ses découvertes et ses extrémités. « The Maze » est sans doute aussi la métaphore de mon esprit, des chemins de traverse que j’emprunte, des allers-retours, il y est aussi question de l’assurance de ma sexualité et de la création d’une nouvelle famille assumée ; le monde queer et underground qui est souvent porteur de failles, de cicatrices mais aussi d’énormément de vie, d’amour et de feu.’

Cet elpee est truffé de références diverses, du Studio 54, glam et joyeusement décadent en passant par Grace Jones ou Bowie... C'est aussi un disque jouant avec les codes homoérotiques et une ode à l'hédonisme. L'idée était avant tout de se faire plaisir, de reprendre le contrôle et d'être le plus libre possible, ainsi comme dans la figure mythologique du labyrinthe, divers chemins sont empruntés, et divers genres y cohabitent (de la new wave au beat techno, de la pop au post punk en passant par le rock)…’

Mustii

Mustii avant que la fête ne soit finie…

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L'auteur, compositeur et acteur Thomas Mustin aka Mustii représentera la Belgique au Concours Eurovision de la chanson avec son nouveau titre « Before The Party's Over », un hymne à la vie, à la fois fragile et puissant.

Le titre –comme la vie elle-même– est un tour en montagnes russes : il défile en un clin d'œil ! Des synthés épars et enchanteurs mènent à un climax épique avec des cordes, des cuivres, des rythmes palpitants et un chœur puissant contenant les voix d'un millier de fans. Et pourtant, le point central et dominant de la chanson reste Mustii et sa voix captivante. Fragile dans les couplets, elle passe sans transition à un falsetto déchirant dans le refrain et se transforme en véritable cri du cœur dans le grand final.

Le clip est à voir ou revoir ici

 

 

Muse

Will of the people

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Les révolutions, les conflits géopolitiques et les crises existentielles ont toujours alimenté la muse (?!?!?) de Matt Bellamy. Et « Will of the people » (Trad : la volonté du peuple) ne déroge pas à la règle, traitant de l’instabilité dans le monde, de la pandémie, du conflit en Ukraine, des manifestations et émeutes qui éclatent aux quatre coins de notre terre, des démocraties occidentales en déliquescence, des poussées d’autoritarisme et des catastrophes naturelles liées aux changements climatiques (incendies de forêt, inondations, etc.) Bref, tout ce qui fait l’actualité. Et le titre maître qui ouvre l’elpee, s’inspire de l’attaque du Capitole américain perpétré par les partisans de Trump, tout en adoptant une forme musicale ‘glam’, dans l’esprit de Gary Glitter.

« Liberation » navigue aux confins de l’univers de Queen. Que ce soit les accords de piano, les chœurs ou les envolées de guitare. Un piano qui trame également « Ghosts (How can I move on) », une ballade déchirante, pour ne pas dire larmoyante. Des chœurs que l’on retrouve sur l’impétueux « We are fucking fucked », un morceau au cours duquel, la vois de Matt se révèle parfois angoissante…

Muse se frotte régulièrement au métal voire au pseudo thrash metal. A l’instar de « Won’t stand down », découpé dans des riffs charnus et lardés de synthés acérés. Du tempétueux « Kill or be killed », Matt s’autorisant un solo de gratte dégoulinant tout comme sur « Euphoria », une piste davantage contaminée par l’électronique. Une électronique très présente sur ce long playing, à l’instar de « Verone », dont les synthés en boucle rappellent les expérimentations de Terry Riley. Des claviers qui balisent « You can’t make me feel like it’s Halloween », mais à la fois par le recours à des sonorités de synthé, mais aussi d’orgue rogné, Matt n’oubliant pas de délivrer un petit solo de guitare toujours bien dégoulinant…

Muse

Selon la volonté du peuple…

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Après avoir publié deux premiers singles, « Compliance » et « Won’t Stand Down », Muse nous en propose son troisième, toujours extrait de son album « Will Of The People », qui paraîtra le 26 août prochain. Il s’agit du titre maître dont le clip impressionne par son aspect apocalyptique.

Pour découvrir la vidéo, c’est ici

 

Glass Museum

Le reflet de Glass Museum

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"Reflet", c’est le titre du nouvel LP du groupe électro/jazz Glass Museum.

Pour ce second album, les instrumentistes belges Antoine Flipo (claviers) et Martin Grégoire (batterie) ont trouvé l'équilibre parfait entre le piano et la batterie, là où le jazz et l'électronique entrent en collision, unissant la précision chirurgicale du meilleur jazz contemporain, à la Gogo Penguin et Badbadnotgood, aux influences électroniques de Jon Hopkins ou Floating Points. 

A découvrir ici

 

Mustii

It’s Happening now

Écrit par

Si son grain de voix vous semble encore inconnu, son visage, quant à lui, devrait vous être familier.

Agé seulement de 31 ans, le jeune Belge traîne déjà une belle carrière derrière lui, multipliant les passages au cinéma, au théâtre et dans les séries télévisées….

Après s’être essayé à électro-pop sur un premier elpee intitulé « 21st Century Boy », qui a rencontré un joli succès critique et d’estime, il est de retour pour un second opus baptisé « It’s Happening Now ».

Un disque qui s’inscrit sur fond de drame familial puisqu’en filigrane, l’artiste y conte l’histoire de son oncle, Michel, atteint de schizophrénie et décédé il y a une dizaine d’années après une longue souffrance psychologique.

Embrassant un processus narratif très réel et concret, le jeune homme entreprend, à la première personne, une quête ultime de rédemption en vue d’exorciser ses vieux démons.

Une thérapie qui s’ouvre par une première plage éponyme qui n’est autre qu’une ode à l’évasion au discours infini.

Si les nappes de synthé prédominaient jusqu’alors, les guitares sont ici bien plus présentes. Cinglantes, elles rendent même parfois l’ensemble rageur. Un choix que Thomas Mustin assume totalement et qui lui permet de retourner aux sources, comme lorsqu’il fouillait dans les vinyles du paternel.

Un LP prétexte à un voyage très eighties d’une quarantaine de minutes au confinement introspectif et intimiste, dépouillé, brut et sans la moindre concession.

En prêtant sa voix à cet homme qu’il méconnaît trop et en explorant un univers sonore plus organique, sis aux antipodes de son précédent elpee, Mustii s’est préparé un terreau fertile pour le live, la scène constituant sa véritable vocation. En outre, particulièrement inspiré, il étonne.

Car si des compos comme « Silver Light » ou encore le très puissant « Run For Your Friends » se révèlent particulièrement électriques, joliment interprétée au piano, la ballade down tempo « Pretty World » épouse une dimension quasi-mystique presque cathédralesque. Un moment suspendu entre ciel et terre…  

Un superbe album au cours duquel Mustii affiche une conscience de dramaturge. Forcément !

Et si vous souhaitez en connaître davantage sur l’artiste, on vous invite à lire ou à relier l’interview qu’il a accordée à Musiczine ici

 


 

Mustii

Je peux vivre mes émotions de manière décuplée…

Écrit par

Acteur de formation, Thomas Mustin, décroche des rôles au théâtre, à la télévision ou encore au cinéma et remporte, en 2019, le ‘Magritte’ du Meilleur Espoir Masculin du Cinéma Belge

C’est en 2014, qu’il se lance comme chanteur, auteur et compositeur sous le pseudonyme Mustii. Son premier Ep sort en 2016 et le single « The Golden Age » lui permet de se produire dans de nombreux festivals. Son succès, couronné par le trophée de la Révélation de l’Année aux ‘D6bels Music Awards’, est suivi par la sortie de son premier album, « 21st Century Boy », en octobre 2018. Son second elpee, « It's Happening Now », est paru ce 21 janvier 2022. Une œuvre qui s’inspire d’un drame familial, en l’occurrence la schizophrénie de son oncle disparu tragiquement. De quoi entrer immédiatement dans le vif du sujet…

Se mettre à nu demande du courage et une bonne dose d’introspection. Est-ce une manière pudique de lui rendre hommage ou d’exorciser quelque chose de plus profond qui sommeille en toi ?

Je crois qu’il y a un peu des deux. Mais l’objectif premier était de lui rendre hommage et de me reconnecter avec lui. De me connecter, devrais-je dire. En effet, je n’ai pas eu l’occasion de le faire précédemment parce que sa maladie l’emprisonnait dans une carapace, d’une part, et je n’étais qu’un jeune adolescent, d’autre part.

J’étais moi-même un peu renfermé. On ne se rencontrait pas vraiment. Le désir de créer quelque chose qui puisse établir cette connexion était en moi depuis toujours. C’est ce qui m’a véritablement marqué. Je ne suis jamais parvenu à mettre des mots là-dessus. Je me suis donc demandé si j’allais écrire un court métrage, un texte ou me servir d’une autre formule… Et puis, au cours des dernières années, j’en ai conclu que la musique pouvait être le bon outil pour réaliser cet objectif. En prenant un peu de recul, afin de ne pas rester dans le littéral. Il ne s’agit pas de raconter l’histoire de mon oncle en détail, mais de le faire revivre à travers l’album. C’est thérapeutique aussi, quelque part. De quoi enlever le tabou qui existe toujours autour de la schizophrénie, maladie encore inconnue et ultra complexe. Chaque individu est différent et chaque schizophrénie est différente. Il n’y a aucune prétention de traiter la maladie d’un point de vue médical, mais de l’aborder sur le plan humain. Il faut pouvoir en causer ouvertement. C’est aussi une manière personnelle d’en parler en famille et d’ouvrir le dialogue.

Ne crains-tu pas de devenir, en quelque sorte, le porte-parole des malades mentaux ?

Ce n’est pas du tout mon intention. Je ne souhaite pas devenir le porte-parole des malades mentaux. Il faut le comprendre comme une marque de reconnaissance intime et personnelle. Si ma démarche peut libérer la parole ou si certaines personnes peuvent s’identifier et être touché d’une manière ou d’une autre, tant mieux. C’est un sujet que je voulais aborder, c’est tout. Je veux vraiment éviter d’être considéré comme un donneur de leçons.

En abordant des sujets aussi personnels, qui va finalement se retrouver sur les planches ? Mustii, l’artiste ou Thomas (Mustin), l’homme ?

Pour moi, c’est un peu les deux. J’aime reconnaitre qu’il s’agit de moi, exposant dix. Les émotions sont littéralement passées à la loupe. Il n’existe donc pas deux personnes distinctes. Que ce soit sur scène ou via le projet Mustii, je peux vivre mes émotions de manière décuplée. C’est l’endroit où je me sens le plus libre. Je peux exprimer mes opinions haut et fort et totalement les assumer. C’est vraiment lié à ma personnalité. Je ne joue donc pas deux personnages différents. Mais un seul, évolué, exposant dix. J’aime beaucoup cette métaphore.

De « 21st Century Boy » à « It's Happening Now », la musique est devenue plus électrique, mais en demeurant pop. Pourquoi ce changement de style ?

Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un changement de style radical. Je parlerais plutôt d’évolution. C’est toujours un album pop. J’assume les références rock, new-wave et parfois j’adopte un son plus électrique. Il s’agit de sonorités dans lesquelles je baigne depuis que je suis tout petit. Il s’agit d’un retour aux sources, même si j’ai effectivement connu une phase électro pop au cours de laquelle j’en écoutais beaucoup. Ici, il y avait cette intention de revenir à ce que j’écoutais auparavant, grâce notamment aux vinyles un peu ‘rentre dedans’ et rageurs de mon père ; ce qui m’a fait du bien. Je ne veux surtout pas me cantonner à un seul créneau. Qui sait si le prochain album ne sera pas plus jazz ou hip hop ? Je considère la musique comme un outil. Je suis bricoleur et je teste.

Cet opus a-t-il été taillé spécifiquement pour le live ?

C’est un processus totalement inconscient. Je suis tellement attaché au ‘live’ et à la manière dont les chansons peuvent y prendre une autre dimension qu’il se déroule de manière naturelle lorsque je suis en studio. Effectivement, il a une dimension épique et un peu théâtrale qui se prête bien au terreau de la scène. Je ne réfléchis pas trop. Je crois que c’est tellement dans mon ADN. C’est ce que j’aime faire et pour moi, c’est une fin en soi. Un album est destiné à être transposé sur scène et partagé avec les gens.

« Give me a hand » lance un appel à l’aide, alors que la chanson, imprimée sur un tempo entraînant, est plutôt fédératrice…

C’était en effet le challenge que je me suis imposé dès le départ. L’idée était que je puisse revivre, à travers cet album, la vie de mon oncle et sa maladie. Sa vie était en dents de scie. Il a traversé tour à tour des moments d’euphorie, d’autres plus délicats mais également dangereux. Le disque devait suivre cette courbe et donc surtout ne pas ressembler à un encéphalogramme plat. Il fallait que je puisse rester dans le mouvement en permanence. Les chansons épousent ainsi tantôt un aspect rock et adolescent, tantôt une forme plus directe ou encore une veine plus club. Il recèle aussi des compos plus fragiles ou plus sensibles. Bref, des chansons à l’image de sa vie et de ses émotions. L’inspiration émane à la fois de mon imaginaire et des conversations que j’ai eues avec mon père. 

Tu as choisi la langue De Shakespeare pour interpréter tes chansons. Cette option est-elle liée à une quelconque stratégie d’exportation ou s’inscrit-elle simplement dans une culture musicale bien ancrée ?

Il s’agit purement d’un choix lié à ma culture musicale. Mais je ne suis pas fermé. Je pourrais tout aussi bien essayer de chanter en mandarin ou en allemand. Mais, vu la musique que je compose et la direction que j’ai prise, c’est ce qui me vient instinctivement. J’ai toujours baigné dans l’anglais. Mon meilleur ami est américain et reçu le concours d’une Londonienne talentueuse pur l’écriture. Elle s’appelle Ariana. Ce choix n’est donc pas lié à l’exportation.

Parfois les sonorités d’une langue sont liées aux compositions, au type de production. A vrai dire, c’est ce qui matchait le mieux avec le travail que j’ai produit ces derniers mois.

Tu continues à multiplier les casquettes artistiques. La musique est arrivée sur le tard. Quelle importance revêt-elle parmi l’ensemble de tes projets ?

Je fonctionne projet par projet. Je ne fixe aucune hiérarchie. Je vais retourner sous peu au théâtre et il me passionne tout autant. Ce sont des allers-retours en quelque sorte. Je me nourris de toutes les disciplines. J’aime l’idée que l’on puisse utiliser les outils et s’exprimer de plein de manières différentes.

Existe-t-il d’autres champs d’exploration dans lesquels tu aimerais t’essayer ? Comme la danse, l’écriture, la peinture, etc. ?

Je rêve de réaliser un court-métrage. C’est un projet auquel j’aspire depuis pas mal de temps déjà. Mais, il faut savoir que porter un projet et une équipe sur ses épaules demande un investissement de 3 à 5 ans. Ce n’est pas rien ! Mais clairement, j’en ai très envie.

Tes concerts sont toujours extrêmement théâtralisés, stylisés et millimétrés. Jouer un personnage à outrance, ne risque-t-il pas de dénaturer le naturel et la spontanéité du show ?

Justement, j’essaie au maximum d’éviter de m’installer dans la chorégraphie. Garder une place pour la spontanéité me paraît essentiel. Il faut qu’il y ait du risque et de la vie ; que chaque soir soit différent. Si j’aime effectivement donner une ossature au show, j’ai aussi besoin d’espaces de liberté pour pouvoir vivre et laisser la place à l’intuition. J’admire le travail opéré par Florence Welch (Florence and the Machine). Si effectivement chez elle, on peut distinguer le récit du show, elle demeure une prêtresse libre de ses actes et de ses mouvements. Lorsqu’on la regarde, on imagine que tout est possible. L’instinct et la spontanéité restent des sentiments auxquels j’essaie humblement d’accéder. Il s’agit d’un fil ténu entre l’aspect chorégraphique et l’aspect totalement libre. C’est d’autant plus vrai dans le style de musique vers lequel je m’oriente. Sinon, je ne vois plus l’intérêt.

Chacun de tes shows suscite beaucoup d’engouement. Lorsque tu te produis lors d’un festival, le public n’est pas nécessairement venu pour te voir et d’entendre. Il est parfois difficile de s’y faire une place lorsque l’artiste n’est pas la tête d’affiche. A titre personnel, je me souviens d’une prestation de Patrick Juvet au festival de Dour, recevant tellement d’insultes et de projectiles qu’il est resté une poignée de secondes sur scène avant de repartir. As-tu déjà ressenti une certaine hostilité ou des réactions virulentes à ton égard ?

Personnellement non. C’est aussi le travail du booker de te dénicher des dates là où tu as tout à fait ta place. Il doit pouvoir prendre la mesure des risques. J’ai eu de la chance jusqu’à présent car je n’ai pas vécu de retour négatif, même s’il peut arriver qu’un concert se déroule moins bien parce que je suis moins en forme ou carrément à côté de mes pompes.

Au tout début de ma carrière de chanteur, je me suis produit dans le cadre d’un festival à Mons où il y avait à peine trois personnes sur une grande plaine. C’était un peu particulier. Sinon, je ne me souviens pas d’avoir été victime d’animosité manifeste.

Je me rappelle également ce concert. Je figurais parmi ces trois spectateurs.  C’était en 2016… (rires)

C’était absurde. Ce festival était axé sur l’électro !

Tu travailles en compagnie de Tom Eerebout, un styliste anversois et grand ami de Lady Gaga. Comment s’est déroulée cette rencontre et pourquoi ce choix ?

Il s’agit d’une nouvelle collaboration. Pour réaliser ce nouvel album, je ressentais le besoin de m’entourer de nouveaux visages. C’est une manière de prendre des risques, d’éviter de se reposer sur ses lauriers. J’avais très envie de voir ce qui se passait de l’autre côté de la frontière linguistique dans l’univers de la vidéo et des visuels. J’estime qu’on ne crée pas assez de ponts avec la Flandre. J’ai découvert son univers sur Instagram. Non seulement il apprécie bosser sur des projets internationaux, mais aussi en compagnie d’artistes en développement. Le courant est immédiatement passé. Il aime les challenges. Nous allons travailler une silhouette aussi bien pour la tournée que les concerts.

L’artistique en général est un domaine dans lequel il est difficile de pouvoir se projeter sur le long terme car, il est très aléatoire. Cette crise sanitaire a entraîné des conséquences dramatiques et impactent encore aujourd’hui le monde culturel. Certains artistes ont besoin d’adrénaline pour avancer et finalement, quand on évolue dans l’incertitude la plus complète, la situation ne devient-elle pas plus excitante ?

L’incertitude et l’insécurité sont irrémédiablement liées aux métiers artistiques. En acceptant cette vie, je savais que j’y serai confronté. C’est ainsi que je vis et me sens le mieux. Je ne peux pas tout prévoir et tout tracer. Ce qui peut causer déceptions et frustrations. Mais, en même temps, c’est un moteur énorme en ce qui me concerne. Cette crise sanitaire reste anxiogène. Les artistes craignent en effet que les gens boudent les spectacles vivants, s’isolent ou ne partagent plus les choses ensemble. Ce serait évidemment catastrophique et j’espère vivement que les politiques pourront s’en rendre compte.

Tu as la chance de pouvoir exercer ton métier aussi bien en France qu’en Belgique. Sur le plan artistique, quels sont les points de convergences et de différences entre ces deux cultures ?

Je travaille en France pour le cinéma. Il s’agit d’une question à laquelle il est difficile de répondre. Je dirais que tout dépend des équipes. Je ne suis pas convaincu qu’il faille y voir des différences fondamentales. Cependant, il existe un vrai phantasme sur l’image du Belge et la belgitude. Du point de vue musical, je viens seulement de signer chez AEG, un gros booker. J’ai décroché une première date parisienne en avril qui devrait me servir de tremplin pour me produire en festival. C’est une chouette nouvelle. Les Parisiens sont un peu plus angoissés et stressés. Mais évitons de tomber dans les clichés faciles…

S’il y a un artiste belge qui est parvenu à s’exporter, c’est bien Stromae. La carrière d’un artiste passe inévitablement par la communication pour exister.  Il y a quelques jours, il a créé un véritable buzz médiatique en passant un dimanche soir au journal de TF1. Si les uns pointent le talent ce jeune Belge parti de rien, les autres stigmatisent cette prestation dénonçant une certaine connivence entre le monde artistique et journalistique et la perte ou à tout le moins, le manque d’indépendance qui en découle. As-tu vu cette interview ? Quel est ton avis sur le sujet en tant que non seulement jeune chanteur belge, mais aussi citoyen lambda ?

Ah, je n’étais pas au courant (rires). Personnellement, je trouve dommage qu’un tel ramdam se soit produit autour de cette prestation. Finalement, cette polémique cache la chanson, la thématique et l’interprétation.

J’ai vraiment été très impressionné, je dois le dire. Je préfère m’attacher au fond. Je ne suis pas un grand fan du journal télévisé de TF1. Il me parait plus opportun de consacrer dix minutes à un artiste que de voir certains reportages qui, à mon sens, ne sont pas toujours des plus réussis. Objectivement, cette prestation n’a cependant rien de dommageable par rapport à l’information. Cette affaire me dérange parce qu’on perd en substance le fruit de cette chanson. Je peux comprendre que certains s’offusquent parce que tout y était évidemment préparé. Et alors ? Après tout, plein d’autres artistes, comme les acteurs, franchissent les pas des journaux télévisés pour y faire leur promo. Il y a toujours un moment dédié à la culture. Stromae a parlé de son album et il a chanté. Où est le problème ? Au plus, il y a de la culture, au mieux c’est !

Nous allons bientôt te retrouver au cinéma, aux côtés de Pierre Deladonchamps et Camélia Jordana, dans ‘Vous n’aurez pas ma haine’. Une histoire relatant les attentats au Bataclan. Tu as aussi interprété, il y a quelque temps, le rôle de Patrick Dils qui raconte l’histoire et le fiasco judiciaire d’un homme injustement condamné pour le meurtre d’un enfant, puis relaxé. Ce sont des sujets graves, complexes et très délicats. On raconte que pour jouer ce genre de rôle, il faut véritablement s’imprégner de ces histoires. Comment parviens-tu à faire la part des choses et sortir indemne de ces rôles ?

Il faut prendre de la distance. C’est un travail. Tu rentres dans le personnage durant les séquences tournées, mais il faut pouvoir en sortir. A vrai dire, j’ai un peu de mal avec le mythe de l’acteur qui incarne son rôle en dehors du tournage. Justement, le propre de l’acteur est de jouer à l’instantané, juste au moment où on lui demande. C’est la performance qui prime plus que tout. L’interprétation peut effectivement laisser des souvenirs, des émotions. Il y a des rencontres qui sont marquantes. En revanche, le rôle en lui-même n’existe que le temps du tournage dans la journée. Il ne doit pas te hanter. C’est beaucoup plus sain sinon tu deviens fou. Je ne pense pas que l’acteur a pour vocation de devenir fou. Il faut pouvoir se protéger. C’est un métier au cours duquel la fragilité et la sensibilité sont exposées. Et il faut être capable de conserver cette forme de distance.

Plus anecdotique, ton obsession pour les ‘Babybel’ est-elle toujours d’actualité ?

Parfaitement ! D’ailleurs, juste après notre conversation, je vais aller m’en ouvrir un (rires). C’est justement à cette heure que je les mange habituellement. Il s’agit peut-être de ma plus grande emprise…

Y a quand même pire comme vice finalement…

Oui, bien sûr (rires). C’est quand même un peu gras, je dois donc faire attention… (rires)

Nouvel album « It's Happening Now », paru ce 21 janvier 2022


 

Throwing Muses

Sun racket

Écrit par

Sept ans déjà que Throwing Muses n’avait plus publié d’album. Paru en 2013, il s’agissait de « Purgatory/Paradise ». Ce qui n’avait pas empêché Kristin Hersh de poursuivre sa carrière solo. « Sun racket » constitue donc le dixième elpee des Muses, une œuvre mise en forme par le collaborateur de longue date, Steve Rizzo.

Première constatation, la formation n’a rien perdu de son pétillant naturel. Bien que très souvent imprimées sur un mid tempo, les compos sont viscérales, noueuses, percutantes, déchirées entre tendresse et sauvagerie. Et puis, il y a la voix de Kristin, une peu rauque, susceptible d’osciller d’un chuchotement tourmenté à un cri d’angoisse, en passant par le gémissement, l’incantation et la douceur. C’est du rock, en général, bien électrique, aux percus vivaces et à la ligne de basse profonde et solide. Des compos au lyrisme poétique, mystique, et pour la circonstance, liées au symbolisme de l’eau.

Découpé en 10 pistes, cet elpee s’ouvre par « Dark blue », un morceau propulsif, aux riffs de guitare grinçants et à la rythmique métronomique, presque en boucle. Des riffs qui grésillent et crépitent, tout au long de « Bo Diddley bridge »

Valse, « Bywater » projette des images surréalistes et évocatrices d’un poisson rouge baptisé Freddie Mercury.

Doux-amer, « Marie Laguna » se révèle plus atmosphérique. Chatoyantes les cordes de gratte finissent pourtant par devenir discordantes. Discordantes comme sur « St Charles », une compo plus expérimentale et aux percus arides, réminiscentes de Tom Waits.  

Piste la plus longue (4’58), « Frosting » se transforme progressivement en crescendo flamboyant.

« Upstairs Dan » se consume lentement, une forme de noisy à la limite du drone.

La voix est particulièrement tourmentée tout au long du ténébreux, onirique et énigmatique « Kay Catherine », une piste au cours de laquelle les cordes sonnent comme celles d’un banjo. Dans le même registre, « Milk at McDonald’s » adopte un format davantage semi-acoustique.

Le long playing s’achève par « Sue’s », une dernière valse. Atmosphérique ou plus exactement aquatique. De quoi en revenir au thème de l’album.

Excellent !

Glass Museum

Notre musique est assez cinématographique ; elle dépeint des paysages, des cadres naturels…

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Antoine Flipo (synthés) et Martin Grégoire (batterie) ont fondé Glass Museum en 2016, un duo qui a, quelque part, osé bousculer les codes du jazz. Depuis, le tandem a décroché plusieurs prix, s’est produit à Dour, à l’Ancienne Belgique et même dans le cadre de festivals renommés à l'étranger. En 2018, il a gravé “Deux”, un tout bon premier elpee. Et le second, “Reykjavik” paraîtra ce 24 avril 2020. Un disque dont la musique mêle jazz et musique électronique. Mais pas seulement. L’occasion était donc belle de poser quelques questions à la paire. Un questionnaire soumis par e-mail.

Quelle est l’origine du patronyme Glass Museum ? Et d’où vient le groupe ?

Notre duo batterie-synthé est établi à Bruxelles et notre style oscille entre jazz, électronique et néoclassique. Le nom est issu d’un morceau du groupe Tortoise. Il évoque la fragilité et la puissance du verre, qu’on peut ressentir dans notre musique.

De nombreux événements se sont produits pour vous, depuis 2016 : performances à Dour et à l’Ancienne Belgique outre les récompenses que vous avez remportées. Comment avez-vous vécu ces moments intenses ?

La première année nous a réservé de nombreuses surprises. On venait de lancer le projet et notre deuxième concert s’était déroulé à Dour. Nous étions en 2016. Il s’en est suivi la finale du concours circuit, et des moments mémorables comme ceux vécus l’AB, la sortie de notre premier album, “Deux”, et des concerts accordés en Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas….

Cette période mouvementée vous a-t-elle rendu plus fort, quand on sait que pour de nombreux artistes, elle est souvent considérée comme préjudiciable à l’équilibre d’un groupe ?

On s’est toujours bien entendu, et les rôles ont toujours été bien répartis entre nous deux, tant pour la composition que l’organisation… Nous n’avons pas vécu de tensions majeures au cours des premières années, car je pense qu’on est toujours parvenu à bien communiquer… Maintenant, il faut reconnaître qu’au cours des derniers mois, on a accumulé beaucoup de fatigue et de stress, afin de préparer l’enregistrement du deuxième album, mais c’est finalement une bonne expérience qui s’est révélée gratifiante…

Après avoir écouté votre nouvel opus, « Reykjavik », à plusieurs reprises, il semble que vous ayez réalisé un mariage parfait entre le jazz et la musique électronique, mais dans un large contexte. Qu’en pensez-vous ?

On a attaqué les compos de cet album, directement après la sortie du premier, « Deux » en mai 2018. Ce dernier constituait une synthèse de nos deux premières années de tournée. Pour « Reykjavik » on a voulu davantage se concentrer sur la recherche de sonorités, entre morceaux acoustiques et arrangements électroniques. Contrairement au premier, celui-ci a été composé pour le studio.

Au fait, quelle est la signification exacte de ce titre ?

Lorsque le disque est sorti, nous avons posé une réflexion autour de l’ambiance générale au sein de laquelle baigne la musique. L’Islande, où nous nous sommes produits, en novembre 2019, nous rappelait le climat froid de l’album, les grands espaces, les éléments, et cet univers collait assez bien aux sonorités très aériennes de nos morceaux. C’est pourquoi on l’a intitulé « Reykjavik » …

En laissant libre cours à son imagination, le décor devient rapidement cinématographique. Des images très apaisantes qui conduisent parfois au big bang. Qu’en pensez-vous ?

Notre musique est, en effet, assez cinématographique, elle dépeint également des paysages, des cadres naturels… C’est à cause de son aspect néoclassique, de la structure de base des compos très mélodiques au piano. La batterie est destinée à imprimer un rythme à ces fresques, et les ambiances électroniques/synthé apportent une texture, une couleur en plus.

Parfois on a aussi l’impression de vivre un beau duel entre percussions et piano. Et le résultat est superbe. Qu’en pensez-vous ?

Quand on a commencé le projet, nous rêvions effectivement d’un combat entre le piano et la batterie, parce que l’impro jouissait encore d’une place de choix lors des concerts, et que les compositions étaient issues de jams. Aujourd’hui, on pense davantage à une alliance, face à face, sur scène comme lors des répétitions.

Avez-vous l’impression d’être devenus plus proches, depuis ?  

Entre les concerts, le studio, les répètes, le temps nécessaire à la composition et la fête, on passe quasiment la moitié de notre temps ensemble depuis 4 ans ! Donc oui, en évoluant ensemble pour ce projet, nous nous sommes rapprochés !

Outre le jazz et la musique électronique, votre musique laisse transparaitre subtilement des traces de post rock.

Effectivement ! On apprécie des formations comme Godspeed You! Black Emperor, Slint, Mono, Mogwai, Sigur Ros, Mùm… Je le précisais en début d’interview, le nom du groupe est directement inspiré d’un titre du groupe de post rock, Tortoise ! Il existe aussi un duo de post rock piano-batterie qui s’appelle Nordic Giants.

Et justement, quelles sont vos influences majeures ?

Nos principales influences ont toujours été puisées au sein du catalogue Gondwana Records : Gogo Penguin, Portico Quartet, Mammal Hands… On aime également les artistes du label électro Erased Tapes, et tout particulièrement Nils Frahm, Ólafur Arnalds, Rival Consoles ou des projets plus classiques du label WARP tels que Battles, Boards of Canada ou encore des producteurs comme Floating Points et Four Tet. Mais il y en a aussi d’autres…  

La manière dont vous entraînez le mélomane sur un chemin de traverse à travers des mouvements ondulatoires est de nature à combler l’aventurier que je suis. Cette approche est-elle délibérée ?

On compose parfois des ballades, comme « Colophane » ou des morceaux plus progressifs tel « Abyss », mais on affectionne les structures afin qu’elles puissent surprendre le mélomane et l’emmener sur des terrains inattendus, un peu comme si l’écoute intégrale de l’album ressemblait à un voyage…

De nombreux jeunes s’intéressent aujourd’hui au jazz. A Gand la scène est florissante ; mais il me semble également que Bruxelles n’est pas en reste….

Il se passe effectivement quelque chose dans l’univers du jazz ‘hybride’, en Belgique. En Flandre, ce mouvement a été baptisé la ‘new wave of Belgian jazz’. On y retrouve des groupes qui nous ont inspirés à nos débuts, comme STUFF. ou Black Flower… En région Wallonie-Bruxelles, c’est moins perceptible, mais dernièrement, des excellents bands de jazz y sont nés ; et on pense à Commander Spoon, Echt ! ESINAM ou The Brums !

Près de l’AB, il existe un club de jazz qui est en plein boom. Pourquoi le jazz est-t-il redevenu aussi populaire auprès des jeunes ?

A mon avis, le phénomène vient des Etats-Unis. Des artistes comme Kamasi Washington, Thundercat ou BadBadNotGood sont parvenus à mêler jazz et hip hop, en collaborant avec des Kendrick Lamar, Tyler The Creator ou des producteurs électroniques comme Flying Lotus. Une situation qui a nourri le genre, apporté une influence éclectique importante en Europe sur les nouveaux projets de jazz moderne. On peut aussi citer le label Brownswood, sur lequel on retrouve Kokoroko, Nubya Garcia, Comet is Coming. Une scène londonienne en plein essor et hyper hype pour le moment !

Alors le créneau de Glass Museum, il est jazz ou va-t-il au-delà de cette définition ?

Il est difficile de catégoriser notre musique dans un style… Je crois que le terme ‘jazz’ est un mot générique assez large du terme qui inclut de nombreuses recherches sonores associées à la musique acoustique. Dans notre cas, on a plutôt tendance à dire qu’on est influencés par le jazz, mais nous ne maitrisons pas vraiment les codes du jazz classique.

Lors de certains concerts, le public est souvent beaucoup plus âgé que vous. A moins que ce ne soit une fausse idée, dans le cas de Glass Museum…

Tout dépend des contextes… Les statistiques youtube et spotify attribuent une moyenne d’âge entre 25 et 35 ans à notre public. La réalité aux concerts est un peu différente : dans des salles plus classiques ou festivals un peu spécialisés en jazz, comme c’est majoritairement le cas pour nous, il est vrai qu’on rencontre un public un peu plus âgé que lors des festivals, comme celui de Dour par exemple.

Vu les règles actuelles relatives au confinement, votre planning en matière de concerts est plutôt aléatoire. Comment gérez-vous cette situation ? Quand espérez-vous reprendre votre tournée ?  

Actuellement, nous sommes occupés de reprogrammer un maximum de dates vers septembre/octobre, dans la mesure du possible. D’autres sont malheureusement annulées… La release party au Botanique, est reportée au 7 octobre ! Ce sera un moment important pour nous.

En peu de temps, vous avez réussi à réaliser pas mal de vos projets. Mais y en a-t-il un qui vous tient encore le plus particulièrement à cœur ? En d’autres termes, quelle est votre ambition ultime ?

Notre rêve serait d’être reconnus à l’étranger, de remplir des salles de taille moyennes partout en Europe. Et aussi, pouvoir vivre de la musique car actuellement ce n’est pas le cas !

Avez-vous un message à transmettre à nos lecteurs ?  

Oui, on espère vous voir lors de notre release party qui se déroulera le 7 octobre à Bruxelles ? ! Ce sera l’occasion de fêter la sortie de l’album dans le cadre d’une des rares dates accordées en Belgique…

Photo : Barthélemy Decobecq

Adaptation : B.D.

Field Music

Write your own history

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Encore une formation issue du nord-est de l’Angleterre. De Sunderland très exactement. Un groupe dont le premier opus éponyme avait reçu une excellente critique. « Write your own history » n’est pas (encore) le deuxième elpee de Field Music, mais une compile qui réunit flip sides, démos, inédits ainsi que leur dernier single « You’re not supposed to ». Neuf titres proposés dans un ordre inversement chronologique à l'histoire du groupe. Ce qui permet de se faire une petite idée de l’évolution de leur musique devenue au fil du temps plus délicate, plus sophistiquée ; mais aussi moins capricieuse. Entre 2000 et 2003, les variations de tempo étaient plus fréquentes (« Alternating current », « I’m tired »), l’atmosphère était susceptible de virer subrepticement au kitsch (« Can you see anything ») et la basse entretenait un groove malicieux (« Test your reaction »). Après cette entrée en matière expérimentale, la formation a forgé son propre style. Notamment en enrichissant ses chansons de multiples arrangements. Surtout de cordes, histoire d’apporter une nouvelle coloration à sa pop charmante, ensoleillée et, surtout, terriblement efficace. Sur l’une ou l’autre compo, Tom English (le batteur de Maxïmo Park) ainsi que David et Barry Hyde (respectivement chanteur/guitariste et batteur chez The Futureheads) sont venus apporter leur collaboration. Des références ? Les Beatles, les Beach Boys (NDR : surtout pour les harmonies vocales), ELO et puis, d’un point de vue contemporain, Belle & Sebastian. Field Music : un nom à retenir…

Glass Museum

Deux

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Marchant sur les traces de ses modèles que sont GoGo Penguin, BadBadnotGood et probablement Grandbrothers, Glass Museum possède un talent indéniable et une dextérité musicale bluffante pour sonder jazz et classique, tout en y ajoutant une multitude de touches électroniques, conférant à ses morceaux une évidente modernité. Martin Grégoire et Antoine Flipo parviennent ainsi à agréger cérébralité et émotion sur « Deux », second –étonnant et réussi de bout en bout– album enregistré au sein des studios Rubens. Lors des sessions, ils ont été épaulés par Haring, Sun Glitters, DC Salas et Monolithe Noir à la mise en forme. Une belle prouesse réalisée par ce tandem tournaisien…

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

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Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

Mustii

Mustii président?

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Afin de célébrer son ‘Printemps 2017’, la Province de Hainaut avait mis les petits plats dans les grands : défis, dégustations, performances, gaming, bien-être... soit plus d’une soixantaine d’activités. Il y en avait pour tous les goûts !
Mais pas seulement, puisque afin de fêter dignement cette sympathique manifestation, Mustii se produisait sous le dôme multifonctionnel et avant-gardiste du Lotto Mons Expo.
Des consignes avaient été stipulées quelques jours au préalable. Sous peine de se voir refuser l’entrée, il fallait être présent suffisamment tôt. Les organisateurs craignaient un sold out.
Faut dire que Mustii commence à se tailler une solide réputation dans l’univers musical noir-jaune-rouge…

Call me Lia assure le supporting act. Une très jolie surprise ! Ce quintet est mené tambour battant par la toute frêle Alice Spapen et son comparse Arthur Bochner.

L’histoire de ces chevilles ouvrières est d’une banalité exemplaire. Une rencontre au célèbre ‘Jazz Studio’ d’Anvers, une complicité musicale qui s’amorce, un amour de la musique et une amitié naissance. Les ingrédients sont réunis !

Très vite, le duo cherche à se diversifier et propose un spectre musical plus large, davantage structuré et coloré. Il recrute trois autres jeunes musiciens, encore élèves au Conservatoire Royal de Bruxelles : Louise Andri (claviers), Victor Goldschmidt (batterie) et Pierre Louis Barthélémy (basse).

La formation –dont les musicos sont originaires de Bruxelles et du Brabant Wallon– prend véritablement son envol, suite à sa participation en 2015, au concours ‘L’Envol des Cités’. Elle est finaliste. Ce qui lui permet de signer chez Rox Records, un label distribué par Moonzoo music.

Sucrée, sa pop emprunte parfois des accents rock et se teinte circonstanciellement de tonalités jazzyfiantes ou funkysantes. Cosy, feutré même, l’univers sonore est plutôt proche d’un Black Lilys.

Les refrains sont envoûtants et entêtants. Les riffs de guitares sont faussement nonchalants dans la progression rythmique. Sans oublier cette vocalise ensorcelante qui annonce chaudement le printemps. Une tessiture susceptible de faire frémir de bonheur !

Les voix masculine et féminine se conjuguent à merveille ! Elles convient le spectateur à une cérémonie très agréable, pleine de réminiscences qui nous ravissent.

D’une trentaine de minutes cette prestation a certes marqué les esprits, mais elle laissera comme un goût de trop peu.

Les applaudissements –hautement mérités– fusent de toute part. Les lumières tamisées s’éteignent doucement et la salle sort de sa pénombre.

Il faut attendre 22h30 avant que Mustii ne montre le bout de son nez. Il s’excuse d’avoir une demi-heure de retard. Faut dire qu’il était programmé à l’affiche d’un autre festival, quelques heures plus tôt.

Si habituellement, il est couvert d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’, acheté aux fripes, il arbore une tenue un poil plus conventionnelle ce soir : soit un survêtement en toile de lin de couleur noire et des fringues en cuir.

Histoire de théâtraliser un peu plus l’évènement encore, les musicos qui l’accompagnent ont suivi le même rituel.

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est essentiellement illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

A même pas trente ans, le gamin diplômé de l'IAD possède déjà une sacrée expérience scénique ! Ces derniers mois, il a écumé des dizaines de salles de concerts et des festivals.

Son tour de chant commence lorsque deux comparses flanqués en arrière-plan frappent énergiquement sur deux cymbales gargantuesques. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est assez énergique, les premiers pas de danse de sioux sont perceptibles !

La salle est pleine à craquer ! Les quelques piliers de comptoir ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille à moitié ivre.

Mustii interprète, bien sûr les titres de son Ep, « The Darkest Night », paru l’an dernier. De nombreux fans connaissent les textes et les reprennent en chœur.

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Elles figureront sur un elpee, qui devrait sortir très prochainement.

Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Les détracteurs estimeront le set, sans doute, trop lisse. Donc, sans relief. Si manifestement l’improvisation n’a pas sa place, il est au contraire fort dense.

Sa reprise du tube séculaire « Heroes » s’avère toujours un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée. Le regretté David Bowie aurait été très fier du travail accompli.

Sans relâche, le show est rythmé par une kyrielle de chorégraphies ! Le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs.

A plusieurs reprises, il descend dans la fosse et serre les mains. De quoi laisser de nombreux spectateurs, bouche bée. Le tout, en arborant un large sourire, malgré une chaleur particulièrement écrasante. Il perle de sueur. Mais, on le sent heureux d’être là ! Il communique son énergie. On se croirait en pleine campagne électorale. Un spectateur lui offrira même du ‘Babybel’ pour le remercier. Et ce fromage est aussitôt converti en trophée…

Dents blanchies, sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard sans trop de scrupules les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies.

Un concert d’une rare intensité ! Décidément, La Belgique regorge de bien plus de talents qu’on ne peut l’imaginer…

(Organisation : Province de Hainaut)

 

 

 

Mustii

Une chorégraphie bien personnelle…

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En septembre 2015, Mustii se produisait en supporting act de Nicola Testa, à l’Alhambra de Mons. Quels chemins parcourus par ces deux artistes depuis ! Ce soir, Thomas Mustin, aka Mustii, est en tête d’affiche au Cirque Royal. Et le concert est presque sold out.

C’est en 2015 que Mustii signe sur le label de Kid Noize, Black Gizah. Il y publie d’abord les singles « The Golden Age » et « Feed Me ». Depuis, il a gravé un Ep, « The Darknest Night », en février dernier ; et son premier elpee devrait paraître début de l’an prochain. Tout en émargeant à l’électro/pop, cet artiste est un véritable showman. Car sur les planches, il exécute une véritable chorégraphie. Et il l’avait démontré, huit mois plus tôt, lors de sa release party, organisée au Botanique. Faut dire qu’il est également comédien, rôle qu’il assume tant au théâtre que pour des séries télévisées…

La première partie est assurée par le trio bruxellois Hydrogen Sea. Comme en novembre de l’an dernier, lors du concert de Selah Sue. Le duo de base réunit la chanteuse Birsen Uçar et le multi-instrumentiste (guitare, claviers) PJ Seaux. A son actif un Ep (« Court The Dark ») et un nouvel album (« In dreams », paru en septembre) ; mais surtout ses deux singles, « Only Oleanders » et « Wear Out ». Régulièrement diffusés sur les ondes radiophoniques, ils ont permis au tandem de se faire connaître. Mais aussi de jouer à New York. Depuis, un drummer a étoffé le line up.

Sur l’estrade la formation est constituée en triangle, sans doute pour manifester sa cohésion. Mais paradoxalement, la figure est inversée, car la pointe, assurée par la vocaliste, est en retrait. Tiens elle a changé la couleur de ses cheveux. Ils ne sont plus blonds mais de couleur jais. Tout comme ses fringues.

Le set s’ouvre par un extrait du dernier elpee, « Another Skin ». Les percus sont sauvages, les beats electro, agressifs. Birsen joint le geste à la parole. Ce qu’on appelle aussi le langage des mains. Sa voix est tour à tour entêtante, susurrée, fragile, mystérieuse, limpide, atmosphérique ou puissante ; et elle colle parfaitement à l’electronica/pop visionnaire et envoûtante dispensée par la formation.

Une expression sonore qui doit autant à Massive Attack, Beach House que Little Dragon. Lorsque le claviériste empoigne sa gratte, c’est pour insérer une boucle dans sa loop machine, afin de pouvoir continuer à balancer ses beats électro. « Murky Waters » est un morceau plus dansant alors que balisé par les ivoires, « Before I Go » est un titre plus pop, sucré, accessible. Quant à « Worry », il est davantage sculpté dans le rock. Une reprise : le « Wandering Star » de Portishead. Le jeu de lumière passe alors au rouge. Bien que très personnelle, la version est superbe. PJ brandit son iPhone. En quelques secondes la foule l’imite ; et une multitude de lueurs brille dans l’auditoire. Et le set de s’achever par l’inévitable hit, « Wear Out ». Manifestement, Hydrogen Sea maîtrise de mieux en mieux son sujet…

Des rumeurs avaient circulées toute la journée, concernant une éventuelle annulation du spectacle. Mustii serait grippé. Des racontars infondés, car il va nous réserver un show de 150 minutes…

L’auditoire est chaud boulette avant la montée sur les planches du Bruxellois. Deux petites estrades sont disposées sur le podium. Une à gauche pour le claviériste/bidouilleur. Une à droite pour le drummer (NDR : c’est lui qui est grippé ; mais il est bien au poste). Thomas fait face à un véritable mur de lumières pour attaquer « Intro-21 Century Boy ». Il dissimule ses yeux sous un masque noir ajouré, créé par le modiste Elvis Pompilio. Et porte un survêtement en toile de lin au-dessus de ses vêtements en cuir. Le tout de couleur noire. Son spectacle est rythmé par sa chorégraphie. Il interpelle les spectateurs par sa gestuelle, du doigt ou du bras ; ou alors leur adresse directement la parole. Il prend régulièrement des bains de foule, serre des mains tout en arborant un large sourire. On le sent heureux c’être là ; et le public féminin semble sous son charme. Mustii aurait pu naître d’un croisement entre David Bowie et Dave Gahan, mais un Gahan qui aurait chopé le grain de folie de Jimmy Somerville. Puissante, chaude, la voix est capable de monter aussi bien dans les graves que les aigus. Il adapte le « Heroes » de Bowie », comme s’il cherchait à ressusciter The Duke, période berlinoise. Outre les 5 perles de son Ep, il nous réserve également quelques jolies ballades ténébreuses. Et il clôt magistralement son show par « Where Do I Belong », de la même manière qu’il l’avait entamé ; soit face au mur de lumières, et affublé du masque ajouré. Un spectacle royal accordé au Cirque… quoi de plus naturel…

Setlist : « Intro-21 Century Boy », « I Would Love To Save The World », « Did You Try », « The Cave », « The Darkest Night », « The Bride », « Witness », « Heroes », « People Are Running  Streets », « The Golden Age », « Aching », « Roadtrip In The Dark », « Safety Zone », « You Own Cathedral », « Feed Me », « Where Do I Belong ».

(Organisation : Botanique + Stlive)

Muse

Drones

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« Drones » constitue le septième elpee de Muse, un disque qui a été coproduit par le trio et Robert John ‘Mutt’ Lange (NDR : c’est lui qui a mis en forme le dernier opus d’AC/DC). Une empreinte qu’on ressent très fort sur le franchement heavy « Reapers », une piste caractérisée par des accords de guitare bourrés de testostérone. Découpé en 12 pistes, l’LP recèle bien sûr le single « Dead Inside », paru en mars dernier. C’est le morceau qui ouvre l’opus.

La musique de Muse est taillée pour les stades et les grands festivals. Un concept qui agace ses principaux détracteurs. Le combo avait promis un retour aux sources. Un style plus métallique, nerveux, explosif même. Des lyrics sombres et engagés, également. Faut dire que Matthew est convaincu qu’il existe des conspirations, des sociétés secrètes et souscrit à la théorie du complot. Des thèmes qui l’inspirent pour écrire ses chansons.

Caractérisé par ses riffs de gratte sauvages et le vocal de Matt au bord du délire, « Psycho » écrase tout sur son passage. Une voix qui lorgne carrément vers Marilyn Manson sur « Dead Inside », un choix pas nécessairement judicieux et qui peut même s’avérer irritant en fin de parcours. Elle devient opératique sur « Defector » et s’identifie à Freddy Mercury sur « Revolt », se convertissant même au chant grégorien sur « Drones ».

Dominé par le piano, « Mercy » est un titre radiophonique au refrain entêtant. « [JFK] » reproduit un discours prononcé par feu John Kennedy traitant de l'esprit humain, la liberté et l’indépendance.

« Aftermath » oscille entre blues, prog et rock. Plus atmosphérique, « The Globalist » s’étale sur plus de 10 minutes et recèle de longues parties instrumentales, dont certaines nous entraînent au cœur d’un univers cinématographique, proche des westerns d’Ennio Morricone. Et lorsque les ivoires et les vocaux entrent dans la danse, ils sont en parfaite synergie.

Muse se produira au Palais 12  de Bruxelles les 12, 13, 15 et 16 mars 2014 ; mais les 4 concerts sont déjà sold out.

 

Silmus

Shelter

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Chez Silmus on retrouve Minco Eggersman, ex-At The Close Of Every Day et drummer chez The Spirit That Guides Us. Ce projet, il le partage avec le multi-instrumentiste Gert Boersma. Lors des sessions de « Shelter », leur second elpee (NDR: il fait suite à « Ostara », paru en novembre 2012), le duo a reçu circonstanciellement le concours de deux collaborateurs. Le premier au piano et la seconde aux backing vocaux. Le tandem se partage une foule d’instruments : guitares acoustique, semi-acoustique, électrique, piano, synthés, ukulélé, samples, harmonica, kayagum, et bidouillages en tout genre…

Mais venons-en à ce « Shelter », œuvre qui baigne dans l’ambient. Une ambient visionnaire, esthétique, chargée de nostalgie, de mélancolie douce si vous préférez, idéale pour la relaxation. Yann Tiersen n’est pas loin. Sur les deux premiers tiers de l’œuvre, la            musique      est balisée par les cordes de guitares, le plus souvent jouées en picking ; mais ensuite les claviers et le piano envahissent l’espace sonore, apportant davantage de diversité à une expression sonore dont la tendresse est censée permettre au mélomane de profiter de la chaleur qui en émane…

 

Flake Music

When you and land here, it's time to return

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Le label américain Sub Pop nous a réservé une bonne surprise en rééditant le premier et seul album de Flake Music, "When You Land Here, It's Time to Return". Une superbe occasion pour enfin découvrir les premiers pas musicaux de James Mercer.

Flash-back. En 1992, le natif d’Honolulu fonde Flake Music à Albuquerque (NDR : c’est au Nouveau Mexique). Cinq ans plus tard, il publie cet elpee. Ce qui va lui permettre d’assurer le supporting act pour des groupes comme Modest Mouse ou encore Califone. En compagnie du drummer Jesse Sandoval, il fonde ensuite The Shins, formation qui deviendra majeure sur la scène indie rock américaine avant de se révéler au grand public. A ce jour, le combo a publié quatre opus. Parallèlement à ce projet, Mercer a également gravé deux long playings en compagnie de Danger Mouse, sous le patronyme de Broken Bells et apporté sa collaboration à la confection de l’album « We were dead before the ship even sank » de Modest Mouse, sur plusieurs morceaux.

Tout au long de "When You Land Here, It's Time to Return", on retrouve l’atmosphère spécifique de l’époque, né d’un mélange de grunge, d’émocore et d’indie-rock. Un peu comme si The Shins avait eu recours à de grosses guitares. Mais en même temps, on recèle dans l’expression sonore de Flake Music des traces, plus ou moins marquées, de Pavement voire de Sunny Day Real Estate. Et puis surtout, on remarque déjà le talent de mélodiste de James Mercer et sa voix si particulière. Enfin, les plages préludent déjà le futur lumineux de The Shins…

 

Stephen Malkmus

De quoi ravir les aficionados…

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Après la séparation de Pavement en 1999, Stephen Malkmus n’est pas resté longtemps les bras croisés. Quelques mois plus tard, il publie son premier album solo. Depuis lors, malgré une reformation éphémère de son groupe, le Californien enchaîne les LP. « Wig out at Jagbags », le dernier en date, constitue déjà son sixième. Toujours flanqué de ses Jicks, Malkmus poursuit en solo ce qu’il était parvenu à mettre en place chez Pavement, c’est-à-dire un rock lo-fi nonchalant et déstructuré. L’Orangerie, ce soir, n’est pas pleine. Le public est en majorité peuplé de spectateurs affichant la trentaine. Beaucoup sont certainement des fans inconditionnels qui ont passé des heures à écouter les albums de Pavement ou de Silver Jews (groupe au sein duquel il a milité de 89 à 99).

La première partie est assurée par The Megaphonic Thrift. Le groupe norvégien est responsable d’un rock qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Sonic Youth et Built To Spill.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Les Jicks montent sur les planches. Mark Clark, le guitariste/pianiste, prend place à gauche du podium. Le batteur, Jake Morris, siège derrière ses fûts, en retrait, sur une petite estrade. Enfin, la bassiste, Joanna Bolme, se plante au centre de la scène. Les trois musiciens entament alors une intro afin d’accueillir la star de la soirée. Après quelques roulements de tambour que le drummer accompagne de quelques cris, Stephen Malkmus débarque au pas de course. De manière à chauffer le public qui le reçoit par ses applaudissements. L’ambiance sera bon enfant, c’est désormais une certitude. Physiquement, malgré ses 48 ans, il affiche toujours la dégaine d’un adolescent rachitique de 18 ans. Après les présentations d’usage, Malkmus entame les choses sérieuses. Son jeu de guitare est directement reconnaissable : complètement déstructuré, imprévisible, toujours à la limite de sonner faux. Sa voix également n’a pas bougé d’un pouce. Ce qui ne doit pas être de tout repos pour les musiciens de suivre le gratteur. Visiblement, il s’amuse et leur fait confiance. Il enchaîne les morceaux et nous démontre qu’il n’a rien perdu de son talent. Malkmus nous gratifie de plusieurs solos issus de son imagination fertile. Rien que cela ! Sa musique est toujours aussi proche de celle de Pavement. Une différence quand même : l’absence de ‘tubes’. Normal, puisqu’il n’y en a pas dans sa discographie solo. Il faut cependant avouer qu’on a l’impression d’écouter une suite de morceaux qui se suivent et se ressemblent ; ce qui ne semble pas gêner l’assistance. Il doit être un peu plus de 22heures, quand Malkmus et ses acolytes quittent le podium pour y revenir quelques minutes plus tard, afin d’interpréter trois derniers titres.

Ce concert a été une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir une grosse pointure des 90’s. Musicalement et physiquement, Stephen Malkmus a de l’énergie à revendre. Et c’est le sourire aux lèvres que les spectateurs sont rentrés chez eux. Une bonne humeur clairement communiquée par l’Américain durant toute la soirée.

(Organisation Botanique)

 

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