La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Phoenix

Phoenix fait son blockbuster !

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Après 5 ans d’absence, Phoenix se produisait ce mercredi 23 novembre, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Sold out à la vitesse de l’éclair ! Résultat des courses, les organisateurs décident, quelques mois plus tard, de fixer une date supplémentaire. C’est donc ce mardi 22 novembre que votre serviteur assiste au premier acte de nos quatre courtisans issus de la cour de Versailles.

Formé en 1995, ce groupe-phare de la French Touch, emmené par son leader Thomas Mars, entendait bien retrouver, après cette longue absence, son public fidèle et lui présenter son septième opus, « Alpha Zulu », sorti le 4 de ce mois.

Un album enregistré lors de la crise sanitaire au cœur du Musée des Arts Décoratifs de Paris et intégralement dédié au producteur et musicien Philippe Zdar, décédé en 2019.

Il est 20 h 45 lorsqu’un rideau noir tombe sur les planches. La salle est pleine à craquer. Elle est surtout peuplée de quadragénaires dont une majorité de dames et demoiselles. Effet coupe du monde ?

21 h le rideau se lève progressivement et révèle une gigantesque armada d’écrans simulant une perspective à vous couper le souffle. Une véritable boîte en 3 dimensions entièrement contrôlée par une équipe de techniciens, vidéastes et autres spécialistes en lumières. L’équipe de l’Alpha Zulu tour doit être imposante.

Les premières notes de l’excellent « Listomania », extraites de l’opus « Wolfgang Amadeus Phoenix », résonnent lorsque s’achève sa remontée du rideau vers le ciel. Le quatuor débarque alors du fond de la scène tapissée d’un décor constitué de montagnes et d’arbres en contre-jour.

Le guitariste Laurent Brancowitz prend rapidement place à l’extrême gauche, alors que le bassiste/claviériste Deck d’Arcy (Frederic Jean Joseph Moulin de son vrai nom) se plante à mi-chemin entre le décor et le front stage.

L’autre sixcordiste, Christian Mazzalai, membre fondateur du groupe, est déjà au taquet, et s’installe au premier plan, à droite, comme d’habitude.

Thomas Hedlund, le drummer, envoie du lourd pour ce début de concert qui s’annonce plus que prometteur au vu du large sourire affiché par Thomas Mars. Et dès son arrivée, il se poste au beau milieu, au plus près de l’auditoire…

Enfin, le multi-instrumentiste Robin Coudert campe à l’extrême droite du podium (NDR : plus connu comme compositeur de musiques de film, il est à la tête d’une filmographie considérable)

Et en effet, la scénographie est tellement phénoménale qu’on est littéralement plongés dans un long métrage ou une pièce de théâtre géante tout au long de ce concert époustouflant par sa variété de décors. On pénètre littéralement dans le palais des glaces de Versailles, pour ensuite être transporté sur le bitume d’un périphérique d’une ville en pleine nuit, traversant des tunnels, bien au-delà des limitations de vitesse autorisées, pour ensuite être happés par traveling arrière depuis un jardin en Californie jusqu’au centre de l’univers. Lorsqu’il ne s’agit pas d’une œuvre d’art géante qui s’anime pour reprendre en chœur le déjà addictif ‘Hou Ha’ du single « Alpha Zulu ».

L’Ancienne Belgique brille de mille feux, et le groupe prend un véritable plaisir à observer la foule en demandant à plusieurs reprises d’éclairer les lieux afin de bien la contempler. Il y a clairement un énorme coup de cœur pour cette salle mythique qu’est l’Ancienne Belgique pour Phoenix.

La première partie du spectacle se clôt par une projection hallucinante dans l’espace, vers l’infini et bien au-delà, le tout orchestré uniquement en instrumental digne d’une bande originale signée Hans Zimmer, tout en rendant un vibrant hommage à la mémoire de Philippe Zdar, pour lequel toute l’émotion de cette perte est encore palpable dans le regard du quatuor.

La seconde moitié du set fera la part belle au nouvel LP, mais en ne négligeant pas les long playings précédents, et tout particulièrement « Wolfgang Amadeus Phoenix », qui restera (jusqu’à présent) le meilleur album de sa discographie.

Le rideau se baisse à nouveau le temps d’installer un clavecin sur les planches. Et le rappel va nous propulser quelques siècles en arrière dans un décor baroque italien.

Deck s’installe aux commandes du clavecin et Thomas Mars opère son retour, micro à la main, lors d’un interlude chanté en italien, « Telefono ».

Le reste de la troupe revient à la fin du morceau très apprécié par le public, la magie des sonorités du clavecin collant parfaitement avec le style du groupe qui ne cache pas ses origines versaillaises et nous rappelle sa participation furtive au cinéma dans le film « Marie-Antoinette » de Sofia Copolla (épouse de Thomas Mars). Comme vous pouvez le constater, le 7ème art est omniprésent ce soir.

Un concert qui s’achève par « Trying To Be Cool » et « 1901 » devant un auditoire entièrement conquis qui observe alors Thomas fendre la foule avec son micro afin d’escalader les balcons rouges de l’AB pour ainsi faire son tour de salle –un  rituel !– et revenir sur le podium où s’affiche un gigantesque logo ‘PHOENIX’ aux couleurs arc-en-ciel , emblème de la tournée précédente, ‘Ti Amo’. 

C’est une prestation 5 étoiles, irréprochable musicalement parlant, chaque membre du groupe maîtrisant à la perfection les morceaux. Il règne sur la scène une harmonie parfaite, une complicité et une amitié indéfectible entre ses membres. Malgré les années, la voix de Thomas Mars n’a pas bougé d’un iota. Bref, un feel good concert et visuellement peut-être l’une des plus belles scénographies visuelles qui se soit déroulée à l’Ancienne Belgique.

Voir aussi notre section photos ici

Tracklist

01.Lisztomania
02.Entertainment
03.Lasso
04.Too Young / Girlfriend
05.J-Boy
06.Alpha Zulu
07.Ti amo
08.After Midnight
09.Armistice
10.Love Like a Sunset Part I
11.Love Like a Sunset Part II
12.Lovelife
13.Artefact
14.Tonight
15.Rome
16.Winter Solstice
17.Identical
18.Long Distance Call
19.If I Ever Feel Better / Funky Squaredance

Rappel :

20.Telefono / Fior di latte (Vocal and piano only)
21.Trying to Be Cool / Drakkar Noir
22.1901
23.Identical (Reprise) - Thomas in crowd

(Organisation : Live Nation)

 

The Phoenix Foundation

Give Up Your dreams

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Exportateur officiel de psyché/rock depuis ses débuts, en 2000, The Phoenix Foundation (NDR : le patronyme est inspiré par la fameuse ‘Fondation Phoenix’ de la série culte des années 80, ‘MacGyver’ !) croit toujours en sa noble cause et n’est pas encore décidé à abandonner ses rêves, à contrario de ce qu’annonce son 6ème elpee, « Give Up Your Dreams »… Depuis Wellington, le gang néo-zélandais soigne bien entendu ses claviers, souvent progressifs (« Mountain »), son profil dansant, qu’il emboîte dans les pas de LCD (« Playing Dead ») ou encore ses chœurs allègres (« Give Up Your Dreams ») tout en s’autorisant des escapades disco/pop (« Celestial Bodies ») ou en délivrant des pépites pop atmosphériques et mélancoliques (« Prawn »). La musique de TPF est certainement plus consistante que celle d’Edward Sharpe. Les musicos affichent une belle maîtrise technique. Mais surtout leurs compos libèrent une humeur résolument positive, à l’instar du contagieux « Bob Lennon John Dylan », qui aurait pu naître d’une rencontre libidineuse entre Pink Floyd et les Beach Boys ! Avouez qu’il y a pire comme filiation… Rongé par le spleen, en cette période mouvementée ? Devenez membres de la Fondation Phoenix ; elle vous permettra probablement d’échapper à la morosité ambiante…

 

Phoenix

Bankrupt!

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Retour périlleux pour Phoenix ! Pas facile de donner un successeur à « Wolfgang Amadeus Phoenix », album auréolé d’un succès mondial en 2009, grâce son impressionnante collection de hits… Mais comment se débrouiller pour concocter des vignettes pop ultimes dignes de « Litzomania » ou de « 1901 » ? Le titre de leur nouvel opus est malheureusement sans équivoque : « Bankrupt ! » Car les Versaillais ne parviendront pas à récolter lauriers et deniers, pour cette fois ! Thomas Mars, Deck d'Arcy, Laurent Bracowitz et Christian Mazzalai ont, à l’instar des Strokes, choisi de se faire plaisir. Ils ne se refusent d’ailleurs pas une intro qu’on imagine sous le signe du ‘soleil levant’ sur l’efficace single « Entertainment », qui rappelle le kitschisime « Kung-Fu Fighting ». Les claviers sont de sortie et, en même temps, les plus belles pages d’une pop 80’s abordée sous un angle postmoderne ! Les 4 premiers morceaux sont autant de réussites même s’ils n’atteignent pas le lustre d’antan, hormis l’ultra catchy « S.O.S in Bel Air ». Puis, débarque « Bankrupt ! » et son interminable intro de 5 minutes, rappelant un Grandaddy… privé d’émotion ! Petite erreur de parcours, car on ne demande pas à Phoenix de nous émouvoir mais avant tout de nous divertir ! Il y a encore le plaisant « Drakkar Noir » à épingler, mais le reste de l’elpee semble se traîner au gré des mélodies légèrement ennuyeuses, cachées sous des couches de synthés un peu cheap. Pourtant parfaitement produit par Zdar (Cassius), cet opus est sans doute un des plus faibles commis par ces nouvelles stars de la pop hexagonale… Si la formation française possède un potentiel certain, elle nous doit cependant une revanche…

 

The Phoenix Foundation

Buffalo

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The Phoenix Foundation, c’est l’histoire de trois gamins de Wellington qui ont passé leur adolescence à s’envoyer du Sepultura et autres Slayer dans les oreilles avant de décider de s’armer eux-mêmes de guitares et d’écrire leurs propres chansons. En 2000, ils publient un premier Ep qui fait fi de toutes leurs influences et révèle leur amour pour les mélopées psyché-pop. S’ensuit dix années durant lesquelles le trio règne sur les ondes néo-zélandaises et australiennes. Une décennie également marquée par un changement au sein du line-up de la formation qui passe sans transition de trio à sextet. Ce n’est qu’en 2007, après la sortie de la bande son de l’excellent film indépendant « Shark Vs Eagle », pour lequel The Phoenix Foundation a enregistré sept morceaux, que « Horsepower », le premier ouvrage de la formation, trouve le chemin des bacs ricains. Soit quatre ans après sa date de sortie originelle.

En 2010, The Phoenix Foundation s’acoquine avec Memphis Industries et délivrent « Buffalo », le disque qui les révèle enfin au reste du monde. Et à juste titre, car ces gars-là s’y connaissent en matière de pop multicouches. « Eventually » ouvre le bal, façon ‘Shins’, avant de laisser place à des titres Folk Pop aux mélodies pastorales et vivaces qui évoquent parfois Super Furry Animals ou les Stone Roses (l'excellent "Pot"). « Buffalo » a été publié l’hiver dernier mais c’est ce printemps qu’il prend tout son sens et toute sa saveur.

Live : dans le cadre du festival Boomtown (Gand) le 19 juillet.

I, The Phoenix

ITP

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Le livret du Cd et le site internet du groupe ne nous apprennent pas grand-chose sur I, The Phoenix. Tout au plus peut on y découvrir, que ce duo bruxellois (quatuor sur scène) n’est pas seulement un projet musical, mais aussi une ‘plateforme organique conçue pour explorer, concevoir, brûler et reconstruire’. ‘Un concept mécanique qui nourrit le processus créatif de Jean-Paul Frenay (guitare, voix, claviers) et Vincent Depuydt (guitare, claviers) et les invite à se réinventer au travers de différentes formes artistiques : installations, expositions, films, photographies ainsi que lors d’événements visuels et interactifs’.

N’ayant, à titre personnel, jamais été impressionné par l’art moderne sous quelque forme qu’elle soit proposée (NDR : une visite de la ‘Tate Gallery’ de Londres reste d’ailleurs, à ce jour, l’un des souvenirs les plus médiocres de mon existence) ni par les discours pédants d’artistes autoproclamés, j’avoue que ce descriptif (librement et modestement traduit de la version anglaise trouvée sur le site internet http://ithephoenix.com/ ) m’a laissé de marbre, voir même rebuté.

Même chose pour l’artwork du digipack, flou (au premier abord) et dont le contenu ne révèle  pas vraiment les clés du groupe et de son concept. Vous vous en doutez, ce flou est purement artistique. Il s’agit en fait d’un artwork 3D nécessitant des lunettes appropriées.

Néanmoins, bien que semblant cracher mon venin sur l’emballage et la présentation à la fois pompeuse et minimaliste du cd (mais qu’attendre d’autre de la part d’un gougnafier de métalleux tel que votre serviteur), j’avoue en apprécier grandement le contenu musical.

Ici, la recherche sonore est évidente. Elle vous explose à la face dès l’ouverture d’« Enter The Storm ». Son intensité ne retombe qu’en bout de parcours. C’est-à-dire lors d’« Unseen & Gone », la dernière plage de cette ‘manifestation artistique auditive du talent manifesté par Depuytd et Frenay’. Le son est carrément puissant. Organique et électronique à la fois, la musique de I, The Phoenix semble vouloir mêler rock/métal indus et new wave des eighties aux atmosphères éthérées des seventies. Les ambiances sont rock et sauvages, mais aussi hypnotiques. Elles invitent autant à la danse et au défoulement qu’a la méditation transcendantale. Ecouter I, The Phoenix, c’est se retrouver coincé quelque part entre Nine Inch Nails, les Young Gods, Depeche Mode et les Doors. Décoiffant et bien plus excitant que ce que l’esquisse peinte sur la grande toile ne le laisse deviner. De l’art ? Je ne sais pas. Mais de la bonne musique en tout cas !

Phoenix

L’herbe est toujours plus verte ailleurs…

Écrit par

Assister à un chouette concert avant d’entamer le week-end de bonne humeur, je vote pour ! Groupe à la page (NDR : effet Coppola ?) Phoenix se produisait au Botanique ce 5 juin pour présenter son magnifique nouvel album. Intitulé « Wolfgang Amadeus Phoenix », il allie simplicité et efficacité, comme un bon riff. Bizarre que personne n’y ait pensé avant… En commettant cet opus, la formation hexagonale vient de frapper un nouveau grand coup. Leur premier et imparable single « Lisztomania » passe d’ailleurs déjà en boucle sur les ondes.

Les quatre jeunes branchés montent sur le podium illuminé par le logo de leur nouvel opus. Il est 20h30. L'Orangerie est pleine à craquer et l'ambiance relativement chaude. Les fans sont bien présents et le manifestent. Le quatuor originel est accompagné par un drummer de tournée. Un Suédois, qu’ils ont rencontré lors d’un de leurs périples. Manifestement le combo est heureux d’être sur scène. Et pour cause, l’accueil du public bruxellois leur donne des ailes. En espérant qu’il soit l’avant-goût d’un futur et hypothétique succès dans leur pays. Car chez eux, à l’instar de Tahiti 80, ils sont incompris. ‘Big in Japan, big in the US, big in Norway but very little in France’. Pourtant, en un peu plus d'une heure, Deck D'Arcy et sa bande vont honorer plus qu’honorablement leur contrat en interprétant un par un les titres de leur dernier album, tout en n'oubliant pas de jouer leurs plus grands tubes comme « Too Young », « If I Ever Feel Better » et « Run Run Run ». Frank Liszt et Wolfgang seraient fiers d'eux. Les frères Mazalaï rivalisent d'aisance et de classe tandis que le chanteur s'érige en véritable leader du groupe. Leur musique est légère et rafraîchissante. De la pop sans prise de tête ; et d’une qualité irréprochable. Hormis Vampire Weekend et Ra Ra Riot, je ne vois pas beaucoup d’autres formations qui possèdent une évidence mélodique aussi naturelle.

Un petit bémol cependant, malgré leur enthousiasme, la formation versaillaise communique peu avec son public, se contentant de remerciements laconiques. Néanmoins, Thomas Mars et consorts peuvent continuer leur tournée sans souci. Elle devrait se solder par une grande réussite, si l'on tient compte l'engouement qui se crée autour du groupe et leur solidité sur scène. Comme l'avançait il y a peu mon cher collègue Redouane, Phoenix est probablement un des meilleurs groupes pop au monde et il l'a encore une fois prouvé à Bruxelles ! Faudrait maintenant que le public (NDR : surtout français !) en prenne conscience…

Organisation Botanique

Phoenix

Wolfgang Amadeus Phoenix

Écrit par

N’ayons pas honte de le dire. Phoenix est probablement un des meilleurs groupes pop du monde. Carrément ! En 2006, le quatuor balançait un « It’s Never Been Like That » parfait en tous points. Si bien que les petits Versaillais étaient attendus au tournant. Manifestement peu effrayés par les analogies risquées, ils reviennent en 2009 pour nous balancer un « Wolfgang Amadeus Phoenix » qui tient toutes ses promesses. Ouvert par le single attachant « Lisztomania », hommage au compositeur Frank Liszt, et bourré de références historiques (Liszt, Mozart, expo universelle de 1901), ce nouvel opus semble traduire un retour aux sources.

Plus proche de « United » que de « It’s Never Been Like That », « Wolfgang Amadeus Phoenix » met les guitares en sourdine et fait la part belles aux variations pop et electro. « Fences », « Love Like A Sunset (Part I & Part II) », « Lasso » ou « 1901 » sont autant de morceaux qui justifient pleinement l’année et demie consacrée à la confection de ce nouvel elpee. Produite par Phillipe Zdar (Cassius), « Wolfgang Amadeus Phoenix » est une œuvre conviviale et une bande son estivale mobilisatrice qui vous colle la banane des premières aux dernières notes. Phoenix se paie un nouveau grand classique.

Phoenix

Catégorie machine à hits...

Le tennis peut donner des envies de musique : on se rappelle Philippe Dewulf, ce fameux joueur flamand qui réussit l'exploit, bien avant Justine et Kim, d'atterrir en demi-finale à Roland Garros… Un jour il chiala presque à l'idée de devoir jouer, alors que les Smashing Pumpkins donnaient un concert à la même heure. Car comme le déclare si bien Nelson Montfort, 'les raquettes sont des instruments à corde', d'où le support act de Phoenix ce soir à l'AB, les bien nommés Housse de Racket, en fait un duo batterie-guitare. Déguisés en tennismen à la Das Pop, ces deux Français jouent (en double) de la pop rythmiquement soutenue, comme une finale de grand chelem entre Federer et Nadal. Dommage qu'ici l'on pense avant tout à Thierry Hazard, voire aux Prototypes, à Bosco et aux zigotos de Ratatat. Triple faute, zéro pour-cent de premières balles, direction le vestiaire malgré deux-trois coups droits bien balancés qu'on mettra sur le compte de l'humour.

La dernière fois qu'on avait vu Phoenix c'était il y a des plombes, à l'époque de « United », bref il y a au moins 5 ans. Dans nos souvenirs tout ça manquait de pêche, d'où une légère appréhension à les revoir sur scène, même si leur dernier disque est une sacré tuerie. Le doute ne durera que le temps d'une petite « Ritournelle », le splendide morceau de Sébastien Tellier jaillissant des enceintes avant l'extinction des lumières. Surprise : les quatre Français sont accompagnés de deux musiciens supplémentaires, l'un en renfort batterie, l'autre aux synthés. Retentissent alors les premières notes de « Napoleon Says », le titre d'ouverture d'« It's Never Been Like That », autrement dit un tube. Auquel viennent s'accrocher d'autres, pour à la fin former une belle brochette de hits qui valent bien une grande farandole, de type 'C'est la chenille qui redémarre'. Il faut bien l'avouer : le Phoenix d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir (et surtout à entendre) avec celui d'hier. Le son est carré, la dynamique impressionnante, la classe folle. Quasi l'intégrale des dix titres d'« It's Never Been Like That » est passée en revue, du sautillant « Consolation Prizes » au groove instrumental de « North », qui évoque justement « La Ritournelle », version guitares. Côté vieux hymnes les Parisiens nous auront gratifié d'un « If I Ever Feel Better » enlevé - sans doute le climax du concert, tout en étirement rock - et de l'incroyable « Funky Squaredance », mix virtuose de proto-prog et de synth-pop eighties : une tuerie, qui laissera pourtant les nouveaux fans de marbre, plus à l'aise lors du rappel et d'un « Too Young » interprété vite fait. A l'issue de ce concert furibond, d'une élégance pop-rock jamais démentie, Phoenix peut prétendre à la distinction du 'meilleur groupe français' 2006, catégorie 'machine à hits'. Du travail de pro, qui en plus donne la banane : tu parles qu'on se sent mieux !

 

Phoenix

It’s Never Been Like That

Écrit par

Après une chansonnette aux pieds de Marie Antoinette, Phoenix nous livre son nouvel album. « It’s Never Been Like That » apporte une certaine fraîcheur dans l’univers des Versaillais. Sans déstabiliser l’auditeur, Phoenix renaît de ses cendres. Ce troisième album est branché guitares et culmine dans un rayonnement de pop branchouille. Plutôt cool. Dès l’entrée en matière, amorcée par un « Napoleon Says » conquérant, la bataille commence. Phoenix n’est pas groupe à se reposer sur ses rentes. Plutôt crever que stagner ! Sur « Long Distance Call », Thomas Mars le chante à l’infini : « It’s Never Been Like That » ! Pourtant, le monde de Phoenix n’a pas fondamentalement changé. Les tubes sont toujours légion. Mais sur la longueur, les chansons demeurent moins répétitives, voyageant au gré d’ambiances variées. Contrairement à « United » (2000) et au redondant « Alphabetical » (2004), on prend son pied sur les dix titres proposés par les Français. Le superbe « One Time Too Many » est une ode à l’été, « Courtesy Laughs » s’apparente au plus beau duel entre le rock et la pop. L’apothéose « Second To None » confirme la transformation de Phoenix. Le groupe a laissé la réflexion au vestiaire. Quatre ans ne seront plus nécessaires pour balancer un nouvel album. Phoenix semble avoir déniché la clef de la spontanéité. On s’en réjouit car chez eux, le plus court est vraiment le meilleur !

Phoenix

Alphabetical

« United », il y a quatre ans, contenait son lot de tubes certifiés ‘gold’ (« Too Young », « If I Ever Feel Better »), et prouvait que la pop made in France n’avait pas à rougir face à sa voisine outre-Manche. Tout au long de ce nouvel album moins percutant mais toujours aussi précieux, le quatuor de Versailles continue à piocher dans les seventies (10cc en tête), opérant, surprise, d’étonnants détours du côté du hip hop (« Victim of the Crime », dont l’intro semble avoir été copiée sur le « Still D.R.E. » de Dr. Dre) et de la soul tendance Prince (l’excellent « I’m an Actor » et ses chœurs aigus qui suintent la femelle en rut). Mais le plus surprenant procède de cette effarante facilité qu’ont les Français à mélanger toutes ces influences, sans diluer leurs forces dans d’éventuelles fanfaronnades démonstratives. Phoenix reste ce groupe qui parvient sans peine à aligner plusieurs chansons aux mélodies imparables (« Everything is Everything », « Run Run Run »,…), avec l’air détaché (snob ?) de ceux pour qui ça vient tout seul. Mais comment font-ils ? Impossible à dire, mais reste que cet album est une sacrée réussite. Certes on n’y retrouve plus cette candeur post-eighties qui faisait le charme juvénile de « United » (Phoenix a mûri), mais « Alphabetical » reste un disque qu’il est bon de chérir, et qu’on emportera avec nous en vacances pour draguer la gent locale.

Ai Phoenix

Lean that way forever

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Ce quintet norvégien est né en 1997. " Lean that way forever " constitue son troisième album. Il est le fruit d'un long processus de 12 mois d'enregistrement opérés au sein de 5 endroits différents, sous la houlette d'autant de formations techniques. Balisé par le lyrisme tranquille de Mona Mfrk, Ai Phoenix est du même acabit que Spain ou encore de Tindersticks. Découpé en 12 morceaux, cet opus respire la quiétude d'un bout à l'autre ; une œuvre dont l'atmosphère est chargée de nostalgie, parfois de regrets. Ces disciples d'une pop sentimentale douce-amère privilégient les sonorités acoustiques, parfois même rétros, surtout lorsque l'accordéon tapisse l'arrière-plan. Le registre vocal nonchalant, haletant, concède un petit accent anglais " very cute ". Cet elpee est paru chez Glitterhouse. Un label qui a noué des relations de distribution à travers toute l'Europe (NDR : Munich pour la Belgique et les Pays-Bas). Une situation qui devrait enfin leur permettre d'ouvrir les portes du succès. Bien qu'abouti, " Lean that way forever " aurait cependant mérité davantage de recherche. Une perspective qui n'aurait pas été pour me déplaire. Les mélodies auraient très certainement gagné en légèreté ; impression corroborée par mon entourage masculin qui manifeste des impressions spontanées du genre " Ca respire la joie de vivre, ton truc ! ". Contre-indiqué, donc, en cas de mauvaise journée. Et abstention complète pour les personnes dépressives, mélancoliques, suicidaires, ….