L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Christine & The Queens

Christine and The Queens en écoute dans le noir…

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‘Pitchblack Playback’ a proposé une expérience d'un genre nouveau, ces 5 et 6 juin 2023, dans plusieurs villes du monde (Bruxelles, Berlin, Los Angeles, New York, Chicago, Seattle) afin de découvrir le nouvel album de Christine And The Queens, « Paranoïa, Angels, True Love » : son écoute totalement dans le noir.

Les fans pouvaient tenter d'acheter leurs billets pour l'un de ces événements en s'inscrivant à la newsletter de Christine and The Queens, afin de découvrir le nouvel album en avant-première. La réunion du public et de la musique tout simplement, dans des conditions d'écoute idéales, pour une expérience hors du commun ! Une séance d'écoute particulière uniquement sur invitation. Le nouvel album de Christine And The Queens produit par Mike Dean (Lana Del Rey, Beyoncé), est paru ce 9 juin 2023 et la pochette est illustrée par Paolo Rovers.

Votre serviteur a posé sa candidature et s’est rendu à cet évènement hors du commun. Tout au plus 30 personnes pour la découverte. A 19h00 précise, l’écoute débute, avec un dispositif à placer sur les yeux pour être totalement dans le noir.

Un concept album ou un opéra pop-rock théâtral dont de nombreuses chansons avec profusion d’ivoires ou de cordes et parfois de longs solos de 6 cordes accrocheurs et hautement électrisés. « Tears Can Be so Soft » est né d’un sample de Marvin Gaye qui a attiré l’attention, avec son arrangement de cordes à la fois enivrant, élégant et apaisé dans la mélancolie.

Peut-être parce que, après un disque perturbé et dynamisé par la mutation identitaire d’un Christine/Chris/Redcar désormais genré au masculin, ce nouvel album dont l’écriture a précédé « Les Adorables Etoiles » nous replonge dans le deuil qui avait accéléré cette transformation. Habités par le chagrin de la perte brutale de sa mère, inspirés aussi par « Angels in America », l’œuvre du dramaturge américain Tony Kushner, évocation tentaculaire du sida et de la marginalité dans le New York des années 1980. L’album réunit vingt titres, dont pas moins de trois enregistrés en compagnie de Madonna. Les autres invités sont Mike Dean et 070 Shake. Le premier extrait dévoilé est « To Be Honest ». Le son est ample, électronique, théâtral et laisse augurer d'une œuvre intense. De l'opus, Chris dit encore : ‘« Paranoia, Angels, True Love », est la clé d'une transformation à cœur ouvert, une prière pour le soi, celui qui respire et prend vie à travers tous les amours dont il est composé’. Entre transidentité et exploration esthétique, entre blues électronique et complaintes quasi mystiques, l’album-fleuve questionne les limites de la pop. Il est interprété en anglais avec parfois quelques vagissements en langue de Voltaire. L’artiste avait laissé le nom de Christine and the Queens en 2016. Héloïse Letissier revient au premier nom de son projet musical, après avoir créé les personnages de Chris et de Redcar.

Les prochains concerts en Belgique

02/07 - Werchter, BE @ Rock Werchter Festival

12/09 - Bruxelles, BE @ Cirque Royal

18/11 - Seraing, BE @ OM Concerts

Tracklist

« Overture » / « Tears Can be so soft » / « Marvin descending » / « A day in the water » / « Full of life » / « Angels crying in my bed (feat. Madonna) » / « Track 10 » / « Overture (feat. Mike Dean) » / «  He’s been shining for ever, your son » / « Flowery days » / « I met an angel (feat. Madonna) » / « True love (feat. 070 Shake) » / « Let me touch you once (feat. 070 Shake) » / « Aimer, puis vivre » / « Shine » / « We have to be friends » / « Lick the light out (feat. Madonna) » / « To be honest » / « I feel like an angel » / « Big eye ».

Christine & The Queens

Les larmes de Christine & the Queens

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Christine and the Queens propose son nouveau single, « Tears can be so soft », qui figurera sur son prochain album, « Paranoïa, Angels, True Love ». Cet elpee sortira le 9 juin prochain. Accompagné d’un clip tourné à Los Angeles et à nouveau réalisé par l’artiste, le titre est une ode mystique faisant l’éloge des bienfaits des larmes. Et il est disponible

Quant à l’inspiration première de ce single, Chris a déclaré : ‘Il est né d’un sample de Marvin Gaye qui a attiré mon attention, avec son arrangement de cordes à la fois enivrant, élégant et apaisé dans sa mélancolie’. Chris voulait ainsi créer un son qui opèrerait un sentiment d’espace hypnotique, presque utérin, dans lequel une voix pourrait émerger de sa solitude, soit une interaction complexe entre la souffrance qui motive les larmes et le doux effet de guérison qu'elles peuvent avoir…

En concert

28/05 - Saint-Brieuc, France @ Art Rock

06/06 - Lyon, FR @ Nuits de Fourvière

02/07 - Werchter, BE @ Rock Werchter Festival

06/07 - Luxembourg @ Neumünster Abbey

18/08 - Charleville-Mézières, FR @ Cabaret Vert

25/08 - Paris, France @ Rock en Seine

12/09 - Bruxelles, BE @ Cirque Royal

13/09 - Zurich, CH @ Unique Moments Landesmuseum

20/11 - Lyon, FR @ Le Radiant

21/11 - Toulouse, FR @ Le Bikini

23/11 - Marseille, FR @ Le Silo

25/11 - Lille, FR @ L'Aeronef

Christine & The Queens

To be honest (single)

Écrit par

Il n’est pas dans les habitudes de votre chroniqueur de rédiger des articles sur des chansons interprétées dans la langue de Shakespeare, mais les quelques phrases qui y sont prononcées dans celle de Molière servent d’excuse et justifient le bonheur d’écrire une chronique à propos de ce titre de toute beauté.

Redcar, alias Christine and the Queens, nous livre un morceau magnifique, céleste.

Cette chanson constitue une prémisse de l’elpee « Paranoïa, Angels, True Love », dont la sortie est prévue pour le 9 juin 2023.

L’opus a été écrit, interprété et coproduit par Redcar en compagnie de Mike Dean (Lana Del Rey, Beyoncé). On y retrouve aussi, sur plusieurs morceaux, la participation de 070 Shake et Madonna.

On comprend mieux la qualité de la production musicale qui nous entraîne du début à la fin. Les nappes électro et l’écho sur la voix nous permettent de prendre notre envol afin de nous conduire vers la quintessence de l’artiste, une plage stratosphérique dont les paroles poétiques sont à double sens.

Le clip onirique (à découvrir ici) est d’une douceur et d’une force incroyables.

Redcar y est habité par son art, sa passion, et transperce nos âmes de sa présence et son regard. Les clips tournés à la mer et tout particulièrement sur la plage sont rarement réussis, car il s’agit d’un procédé éculé dont les artistes abusent. Mais ici, le noir et blanc laiteux, la lumière, les contreplongées communiquent un moment de grâce au cours duquel il danse de manière complice et envoûtante avec la mer et le soleil. La toute fin se termine sur un flash de couleur. C’est une œuvre d’art.

Merci Redcar de faire partie de la scène musicale actuelle, on a hâte de découvrir l’album.

Pour les dates de concerts, c’est

Méthode chanson

 

 

Queen

God Save The American Idol…

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Lorsqu’un soir, votre serviteur annonce à sa compagne ‘Chérie, je te laisse ... je vais voir Queen à Bruxelles’, elle a du mal a vous croire. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est produit ce mercredi 15 juin. Enfin, afin de ne pas froisser les puristes, qui estiment que la nouvelle formule fait pâle figure, il faut préciser que l’affiche spécifie quand même que ce qui reste de la légende est renforcé par la présence d’Adam Lambert.

Mais qui est cet Adam Lambert ? Un chanteur qui a tapé dans l’oreille de Brian May, lorsqu’il avait adapté le classique "Bohemian Rapsody ", dans le cadre de l’émission télévisée ‘American Idol’ (NDR : c’est dans le style de ‘Nouvelle star’ !), au cours de laquelle il était candidat, en 2009. A l’âge de 33 balais (NDR : l’âge du Christ !) Ce qui lui permet aujourd’hui d'accompagner les deux membres originels de Queen, Brian May et Roger Taylor. Qui bénéficient, en outre, du concours du fils de ce dernier, Rufus Tiger Taylor (percussions), de Neil Fairclough (basse) et Spike Edney (claviers).

Et pour ne pas se voir reprocher d’usurper le patronyme de Queen, May et Taylor ont pris soin de baptiser la tournée, ‘Queen + Adam Lambert’. Qui aurait déjà dû passer au même endroit l’an dernier, mais dont le spectacle avait été annulé, pour cause de… grippe. Ce soir, toute l’équipe est bien décidée à offrir au public, multigénérationnel, un concert haut en couleurs et en émotions.

Tout au long du set, vous vous en doutez, le spectre de Freddie Mercury va planer. Car régulièrement, le regretté va (ré)apparaître sur un écran géant, et tout particulièrement durant le somptueux "Love Of My Life" ainsi que l'intemporel "Bohemian Rapsody".

Sir Brian May, dont la crinière devient de plus en plus grisonnante, prend la parole à de nombreuses reprises. Et il s’exprime dans un français presque parfait ! Le concert va parcourir la monumentale carrière de Queen en une vingtaine de morceaux, dont la plupart figurent sur la dernière compilation "Queen Forever", parue en novembre 2014. Une set list dont on épinglera "Somebody to love", "Love Of my Life" (voir la video ici), "Save Me" ainsi que "Crazy Little Thing Called Love".

La scène est immense. Des passerelles donnent accès à une seconde estrade au centre de la fosse. Tout est mis en œuvre pour en mettre plein les mirettes aux 15 000 spectateurs. L'écran géant (NDR : et le mot est faible !) diffuse également des images en direct. Des images qui ne sont pas avares en effets spéciaux. Sans oublier le light show (NDR : impressionnant, vous vous en doutez également), la fumée, les lasers etc. Et le son est quasi-parfait. Adam Lambert change de tenue à plusieurs reprises (veste brillante et cloutée, bottes hautes à talons dorés). Il met tout en œuvre pour séduire l’auditoire. Et s’il n'a certes ni la carrure, ni le charisme de Freddie, force est de constater que sa voix androgyne assure sur une grande majorité des morceaux, même si son rôle est à double tranchant.

Aucun temps mort durant les 2h20 d’un spectacle qui, a contrario de ce qu’on aurait pu penser, se veut moderne dans son approche du répertoire classique de Queen.

Chaque musicien aura droit à son moment de gloire. Brian May, à la guitare, bien sûr. Mais malgré son doigté légendaire, il trahit quand même quelques petits dérapages (in)contrôlés. N’empêche, nonobstant ses 67 ans, sa maîtrise est encore toujours aussi spectaculaire. On assistera également à une ‘battle’ entre le père et le fils Taylor aux drums. Un duel qui précède l’incontournable "Under Pressure", au cours duquel Roger va se réserver les parties de David Bowie, aux côtés d'Adam Lambert campant Mercury. 

Un May qui attaque le "Love Of My Life" en solo, en compagnie du public, mais aussi de Mercury, qui apparaît sur l’écran géant, comme par enchantement. Roger Taylor, 65 balais, barbe blanche et Ray-Ban s’impose enfin en chantant "It's a Kind Of Magic", dont il est l'auteur/compositeur.

Pendant "Who Wants To Live Forever" une splendide boule à facettes descend progressivement sur le deuxième podium, sous Adam et Brian, propageant des lasers à travers tout le Palais12.

Place au rappel. Les lumières restent allumées. Comme en début de spectacle, l'emblème de Queen squatte les écrans. Adam Lambert et les musiciens reviennent quelques minutes plus tard. Ce dernier, à l’instar de Freddy Mercury –lorsqu’il était encore de ce monde– est coiffé d’une couronne. Une manière de rendre un ultime hommage au roi. "We Will Rock you" et "We are The Champions" terminent le show sous une pluie de confettis.

Ce concert était tellement attendu, aussi bien par les jeunes que les moins jeunes ; et il pourrait bien s’avérer l’ultime accordé par Queen en Belgique.

(Org:  Next-Step - AJA concerts)

 

 

Christine & The Queens

Une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique…

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Votre serviteur débarque pour la première fois au Zénith de Lille. Une salle à taille humaine,  malgré sa capacité de 7 000 places. Un endroit très accessible à atteindre en voiture. Tout  comme le parking. Comme conseillé par le rédacteur en chef néerlandophone, je stationne  mon véhicule sous le Grand Palais, situé à moins de 5 minutes, à pied. La rumeur colporte que le public français est froid. Nos amis et cousins nordistes sont bien loin de l’être ; ils sont même sympas et chaleureux. Lorsque vous vous adressez à un voisin, dans l’arène, il vous répond gentiment : ‘T'es Belge, toi, t'as un accent’.

Ghost Culture aka John Greenwood assure le supporting act. Il porte de longs cheveux et se  produit seul sur l’estrade. Il se sert d’un laptop, de machines, d’une boîte à rythmes et de  synthés. Insulaire, cet artiste vient de publier en 2015, un album éponyme, «  Ghost Culture  », dont il va nous  proposer quelques extraits. Sa voix me fait penser à celle de Gary Numan, le chanteur charismatique de Tubeway Army, un personnage qui avait fait des ravages au sein des clubs électro et dancehall, pendant les années 80. Les beats sont parfois spasmodiques, comme chez Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD). Ou précis et métronomiques. A l’instar de Metroland voire Kraftwerk. Une chose est sûre, la scène berlinoise hante sa musique. Le retour parmi les premiers rangs est conséquent. Même que certains aficionados commencent à mettre le souk. Bref, un artiste à suivre de près.

Christine and The Queens, c’est le pseudo d’Héloïse Létissier. Elle est née en 1988, à Nantes.  En 2014, son premier opus, « Chaleur Humaine », rencontre un succès certain. Il a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons, Summer  Camp) et est nominé à cinq reprises, lors des Victoires de la Musique 2015. Elle y décroche 2  récompenses, dont celle de l'artiste/interprète féminine de l'année.

Et il faut reconnaître qu’elle en a parcouru du chemin, depuis 18 mois. Au fil des concerts, elle se produit au sein de salles de plus en plus grandes. Elle avait accordé un show  remarquable à l'Orangerie du Botanique, puis un autre exceptionnel au Cirque Royal. Elle  opère une tournée des ‘Zénith’ dans l'Hexagone qui transitera par Forest National le 2 octobre  prochain.

Christine affiche un look androgyne à la Bowie et porte un costume de scène de couleur noire  et de coupe masculine. Elle est accompagnée par 4 danseurs et trois musicos, dont un préposé aux synthés, un autre à la boîte à rythmes et un gratteur qui se charge également des backing vocaux. L'intégralité du concert sera filmée.

Le set s’ouvre par « Starshipper ». Des lumières bleues se focalisent sur les danseurs –qui se  contorsionnent– et Christine, dont les déhanchements sont endiablés. Le light show émane  également du plancher, entre les trois musiciens. La fin de la chanson est accueillie par un  tonnerre d'applaudissements. Christine salue le public de Lille et déclare qu’il s’agit d’un  grand début de concert. Manifestement ravie, elle s'adresse toujours à lui, en utilisant la seconde personne du singulier. Son 'Tu' est renversant.

Des beats électro dynamisent « Half Ladies ». Sur l’écran, en arrière plan, elle apparaît tout  de blanc vêtue. Elle exécute alors des pas de danse inspirés par Michaël Jackson (NDR : les  mauvaises langues diraient Fred Astaire…) Le décor change ; enfin surtout l'écran. Il devient  rouge et est entouré de 14 néons jaunes et verticaux. Flanquée de deux danseurs, elle opère un  petit retour sur l'estrade rétro­éclairée, destiné à accomplir un autre petit pas de danse sur «  Science Fiction ». Lorsqu’elle revient au bord du podium, elle est talonnée par deux des  danseurs, le troisième demeurant en retrait. Elle interprète ensuite trois morceaux dans la  langue de Shakespeare : « Save And Holy », « Here » et « No Harm Is Done ». Très yankee,  ce dernier déchire, mais ne figure pas sur le long playing. Deux rangées de néons bleus  éclairent la diva qui passe et repasse, entourée de ses danseurs. Le show est magique,  fabuleux même.

La voix masculine enrichit le « Pump Up The Jam » de Technotronic et « Short Dick Man »  (NDR : une compo signée par 20 Fingers). Il s’agit de celle du rappeur américain Tunji Ige. Et  le résultat est terriblement dansant. Il incite même les spectateurs dans la fosse à se remuer le  popotin et le bas des reins.

Avant d’attaquer « Christine », elle confesse que ce prénom, elle l’a choisi pour le ‘live’. Et  elle s’adresse alors à l’auditoire en lui demandant : ‘Et toi public, nomme­toi !’ Dans une  belle cacophonie, les spectateurs crient donc le leur. Alors imaginez 7 000 personnes en  même temps. Complètement fou ! Mais également le résultat d’une belle communion entre  l'artiste et le public. Des néons tour à tour rouges, bleus ou oranges descendent du ou montent  vers le plafond, suivant les morceaux. Ils magnifient le spectacle.

Pendant le « Who Is Hit » de Michael Jackson, les lumières éclairent Christine par l'arrière. Sa  chorégraphie s’en inspire encore et toujours. (NDR : c’est quand même une fan !) En poussant  le bouchon, on pourrait même affirmer que l’élève a surpassé le maître. Elle et ses danseurs  sont omniprésents sur l’estrade.

Lorsqu’elle aborde « Intranquilité » et « Ugly­Pretty », elle s’assied sur les planches, au milieu des fumigènes. Pendant « Chaleur Humaine », titre maître de son LP, elle empoigne un  bouquet de fleurs et parcourt la fosse à la rencontre de son public, tout en continuant à chanter. Elle le remercie et lance une vanne : ‘Vous n'avez qu'à suivre le bouquet et ce que tout le monde fait’. Un moment fort qui marque la fin du concert en compagnie de quelqu’un qu'elle apprécie et décide de baptiser « Saint Claude ». Habillée d'une veste immense, elle adapte brillamment le « Paradis Perdus » de Christophe. Fin du spectacle…

Enfin, pas tout à fait, car un rappel est accordé. Avant d’aborder « The Loving Cup », elle  déclare penser à Beyoncé, Rihanna et Elton John. Et d’achever les 90 minutes de show par le  splendide « Nuit 17 à 52 ».

Chaque nouveau concert de la diva est une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique. Un spectacle à l’américaine, réglé comme du papier à musique, qui s’appuie sur un light show impressionnant. Héloïse, les stades t'ouvrent les bras, car ton public  t'adore…

(Organisation : Vérone Production + Corida)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Christine & The Queens

Déjà reine et pourtant si humaine…

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Ce soir, le Cirque Royal est plein à craquer. Pas étonnant, puisque Christine & The Queens s’y produit. Héloïse Letissier, aka Christine, avait déjà rempli l’Orangerie du Botanique, il y a peu. Elle fait donc son retour, flanquée de ses trois musicos, mais également de deux danseurs fantastiques. Elle a fréquenté les cours d’art dramatique ; un background qui va transparaître tout au long des 90 minutes de son show.  Votre serviteur n'a pas reçu son sésame via l’organisateur. Les websites sont écartés. Dommage ! M’enfin, Didier est un petit futé et sa Botacarte lui permet d’accéder au spectacle…

Paradis assure le supporting act. Un duo français de musique électronique qui bidouille derrière une immense table installée à l’avant-scène, sur laquelle est posée des tas de machines, des synthés et autres samplers. Tiens, dans leur set list, il y a une version électro d’une compo d’Alain Souchon, « La ballade de Jim ». Pas vraiment convaincante. Et on ne peut pas vraiment qu’une interactivité s’établisse entre le tandem et le public…

Il est 21 heures lorsque la Reine Christine déboule sur l’estrade, suivie de deux danseurs, qui vont même se muer, parfois, en contorsionnistes. Christine vient de publier son premier album, « Chaleur humaine », un elpee précédé par le single « Saint Claude ». L’opus a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons et Summer Camp). Le public est déjà très chaud. Christine lui adresse directement la parole, et notamment aux spectateurs des premiers rangs, sans pour autant oublier de remercier ses aficionados. Et elle a de la répartie ! Elle attaque une cover audacieuse du « Paradis perdu » de Christophe, une adaptation à laquelle elle a judicieusement intégré des textes de Kanye West. Elle revisite complètement le « Photo Souvenir » de William Sheller. Emprunté à Mickaël Jackson, le pas de danse exécuté par la diva est savamment coordonné. Dispensé par des tubes leds, le light show monte ou descend selon les chansons, éclairant tantôt l'un, tantôt l’autre musicien, tantôt encore le trio dans son ensemble. Christine à une voix particulière, mais qui flatte l’oreille. Elle nous parle de ses chansons et tout particulièrement de son LP « Chaleur humaine ». Une invitation à se rencontrer et même à s'enlacer. Très complice à l’égard de son auditoire, elle reste pourtant humble et accessible, malgré le succès fulgurant de sa carrière.

Au second rappel, elle entre en totale communion avec le public pour « Nuit 17 à 52 ». Tous les smartphones sont allumés, comme autrefois les briquets. Et le spectacle est tout bonnement magique… 

Christine & The Queens revient en Belgique prochainement. Le 28 juin 2015, dans le cadre du festival Rock Werchter et le 2 octobre à Forest National.

 

Queen

The Cosmos Rock

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On ne croyait plus à la possibilité de voir naître un nouvel opus de Queen. Depuis 1995, année de la sortie du posthume « Made in Heaven », plus rien n’a été publié du côté de ‘Sa Majesté’. On connaissait la passion commune de Mercury et de May pour Paul Rodgers et la formation Free. Mais on n’imaginait pas que le guitariste à la longue chevelure bouclée et son compère de batteur Roger Taylor s’embarqueraient avec Paulo lors d’une tournée mondiale baptisée ‘Queen + Paul Rodgers’. Pour concrétiser définitivement cette nouvelle association, quoi de mieux que d’enfanter d’un véritable album studio ? Mais soyons sérieux. « The Cosmos Rock » n’est pas un album de Queen. On ne ressuscitera jamais le regretté Mercury. Mais pourquoi donc ne pas avoir intitulé cette plaque May Rodgers and Taylor ?

Il y a bien eu Emerson Lake And Palmer, alors… Bref, ce manque total d’honnêteté, qui relève du pur business, n’enlève rien à la qualité artistique de l’objet, car « The Cosmos Rock » comporte un sérieux paquet de bonnes chansons variées, passant du blues au hard, de la pop à la soul. Pas mal de piano au menu et des influences évidentes. Comme ce « Time to Shine » que l’on pourrait imaginer rendre un hommage au « Pinball Wizard » des Who. Caractérisé par ses phrasés à la UFO ou à la Thin Lizzy, « Warboys », le meilleur du lot, sonne absolument heavy. Sublime ! Puis viennent toute une série de chansons beaucoup plus directes, orientées pop/rock à l’instar de « Cosmos Rockin », du single « C-lebrity » un brin plus hard, et du joyeux « Surf’s Up… School’s Out ! » et son harmonica déjanté. Sur « Voodoo », un blues diablement efficace, Brian et Paul se complètent à merveille, tandis qu’un clin d’œil à l’intro de « We Will rock You » apparaît sur le stonien « Still Burnin ».

Soulignons enfin la production énorme de ce pavé riche de 14 titres dédicacé évidemment à la mémoire de Freddie Mercury. On regrette qu’il ne soit pas également dédié au regretté Paul Kossof !

Queensrÿche

(Mind)crime et châtiment…

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Vingt ans après sa sortie, « Operation Mindcrime » constitue toujours le chef-d’œuvre absolu de Queensrÿche. Non seulement les arrangements sont d'une précision chirurgicale, mais les compositions sont superbes et les lignes mélodiques vocales parfaites.

Mais avant toute chose, commençons par analyser les aspects négatifs de ce type de musique, pour mieux les balayer ensuite :

- Le heavy métal, sauce opéra rock affiche un côté kitch sur scène. C'est vrai ! Mais le show est tellement impressionnant qu'il est difficile de ne pas être précipité dans de l’univers de Nikki, Mary et du Dr.X,

- Les membres du groupe ne communiquent pas avec le public. Quelle autre solution adopter, lorsqu’on sait qu’ils jouent une intrigue devant nous. D'une rare cohérence, cette histoire ne peut être interrompue à aucun moment.

- L'AB était loin d'être comble, mais les tentures noires tirées devant les balcons et les gradins rendaient les lieux beaucoup plus intimes. On avait même l’impression que la salle était pleine à craquer.

- Enfin, comment analyser un tel show, lorsqu’on sait que les musiciens ont composé cet « Operation Mindcrime », en 1988. Et en précisant que les 3/4 du public qui ont acheté ce disque –à l’époque, ils avaient alors 15 ou 20ans– ont vieilli eux aussi. Peu de gamins, d'ailleurs, pour ce concert conceptuel, exercice auquel finalement peu de groupes osent se frotter.

Le concert démarre dès 19h00 par l'intégrale d'« Operation Mindcrime », volume I. Introductions bien entendu suivies par "Revolution Calling" et "Operation Mindcrime" qui nous plongent tout de suite dans l'ambiance : un rock déchaîné caractérisé par ses guitares acérées, et une mise en scène digne de cette épopée, alimentées d’intrigues sociales, politiques et religieuses, racontant le récit du mystérieux Dr. X qui cherche à conquérir le monde. Pour atteindre son but, il prend le pouvoir sur le naïf junkie Nikki, qu'il remodèle jusqu'à en faire une machine à tuer. L'histoire se déroule sur les planches, comme sur l'album ; à une différence près : Mary, l'ange gardien de Nikki, jouée par Pamela Moore, se suicide sur scène suite à un appel téléphonique de Dr.X ; et son corps disparaît dans les flammes au terme d'un "Needle Lies" d'une puissance incroyable (NDR : malgré les quelques imperfections vocales manifestées par Geoff Tate). Signalons quand même qu’hormis l’un ou l’autre détail, le son est tout bonnement magistral. L'alternance entre les passages chantés et les riffs sont remarquables. Les duels entre les guitares d'anthologie. Les figurants sont présents sur la moitié des titres afin d'illustrer le propos des chansons. Un écran géant a été placé en hauteur. Des images relayant les titres y sont projetées ; mais également captées en live durant le concert. Histoire de parachever l'impression d'assister tant à un spectacle qu'à un concert de heavy metal.

Détail piquant, mais totalement inhabituel aujourd’hui : ce sont les deux mêmes guitares qui sont utilisées tout au long du set... Quand on pense que des groupes de gamins comptant à peine un disque à leur actif en consomment parfois une kyrielle, pour une heure de show....

Les dernières notes de "Eyes of a Stranger" ont à peine fini de résonner que les musiciens quittent la scène. Les lumières de la salle se rallument. Les Queensrÿche méritent en effet bien une pause ; ne fût-ce que pour permettre à Geoff Tate de se refaire une ‘beauté’ : son maquillage a eu le temps de couler ; à un tel point que son regard en devenait inquiétant sur les derniers titres. Outre ses capacités de vocaliste de haut vol en matière de metal, il a un don inné pour mimer son show.....

Retour en salle sur une bonne nouvelle. Alors que les photos n'étaient usuellement autorisées que sur les 3 premières chansons (NDR : lors du premier « OM »), le second opus est ouvert aux courageux photographes qui le souhaitent. Une condition : rester dans la salle. Frontstage interdit. Je dois reconnaître qu'excepté votre serviteur, il ne doit pas y en avoir eu d’autre. Ce deuxième tome d’« Operation Mindcrime » a tellement été décrié à sa sortie. Notamment par les fans de la première heure. Normal, ils l'ont plus que probablement trop comparé à son homonyme de 1988. Aussi, je n'en attendais pas beaucoup sur scène. Grave erreur : Geoff revient vêtu d’un superbe costume noir. Il assiste à son procès sur les notes de "I'm American" qui trouve en live toute sa dimension hardeuse. Suivent différents épisodes consacrés à la vengeance de Nikki. Après sa descente aux enfers traduite par 18 ans en prison, il cherche à retrouver le Dr.X pour lui faire regretter tout le mal qu’il lui a fait et venger Mary. C'est sur "The Chase", lors de la confrontation entre Nikki et le Dr.X, qu’intervient la grosse déception de la soirée. Dans la version studio, c'est Ronnie James Dio qui tient le rôle du Dr.X. Je n’imaginais même pas entendre Dio chanter sa partie vocale. Mais quelle déception de devoir se contenter d’un enregistrement de sa voix… et aussi de celle de Geoff Tate ; alors que les quatre musiciens continuaient à jouer en live. Et ils remettront le couvert, même si Geoff assurera alors quand même sa propre partie.

Hormis cette remarque, « OM2 » prend tout son sens sur scène. L'atmosphère est manifestement impitoyable, ténébreuse et glauque (Geoff exécute un prisonnier d'une balle dans la tête, envisage de mettre un terme à ses jours, s'abandonne aux drogues et à l’alcool). L'absence de claviers sur scène renforce encore cette impression et les interventions nombreuses de Pamela Moore –qui tenait le rôle de Mary une heure plus tôt– apportent une touche plus lyrique aux chansons. Bref, une version ‘live’ qui prend largement le pas sur la ‘studio’. "All the Promices" clôt ce second volet. Rejoints par Pamela, les musiciens viennent saluer et remercier le public. Geoff sourit enfin ; après avoir joué pendant deux heures un rôle de sinistre personnage…

Les Queensrÿche remontent sur le podium quelques minutes plus tard pour accorder pour un rappel de 3 titres, au cours duquel ils peuvent enfin partager avec le public leur joie, voire leur bonheur, d'être sur ces planches. Et franchement, ce bonheur est communicatif. Et tant pis si la voix de Geoff a pris un coup dans l’aile ; il assure encore, le bougre.

Dommage que la salle n'était pas comble ; comme aux grandes heures où Queensrÿche remplissait des temples de la taille de Forest National. Mais comme je le rappelais en début de compte-rendu, nombre de fils du métal sont maintenant pères de famille ; et la nouvelle génération a l’embarras du choix, quand elle souhaite se déplacer pour un concert… même de métal.

 

Marie Queenie Lyons

Soul Fever

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Enregistré en 1970 par Marie Queenie Lyons, « Soul fever » restera à tout jamais son unique album, la jeune femme ayant disparu de la circulation après la sortie du disque. Enregistré pour le label Deluxe (une filiale de King, maison de disque de James Brown), la version vinyle de « Soul Fever » était devenue aussi difficile à trouver qu’une place de parking non payante dans le centre de Bruxelles. De nouveau, il est nécessaire de souligner les formidables initiatives du label Vampisoul qui permettent au plus grand nombre de découvrir quelques pépites oubliées.

La musique proposée ici (uniquement des reprises) est typique de la soul sudiste de l’époque : très mélodique et emmenée par la belle voix très gospel de Mary, capable de passer de la douceur à la sauvagerie en un clin d’œil. « Soul Fever » hésite entre des titres plus groovy comme le superbe « See and Don’t See » et des morceaux plus lents, enrichis de cordes, qui rappellent un peu les slows de Ray Charles. Hormis les chansons plus classiques, des plages comme « Fever » et « Your Thing Ain’t No Good Without My Thing » touchent tout simplement à l’excellence. Soul Power !

 

Queens of the Stone Age

Era Vulgaris

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A l’issue de l’écoute du premier et décapant single « Sick, sick, sick », extrait de la nouvelle livraison des Queens, un seul mot nous venait à la bouche : jouissif ! Si son prédécesseur « Lullabies to Paralyse » (2005) marquait déjà un recul fortement marqué par rapport à l’indéracinable et très metal « Songs for the Deaf » (2002), « Era Vulgaris » s’aventure encore bien plus loin dans l’expérimental et le rock barré. Il remportera encore davantage l’enthousiasme d’un public ‘branché’ qui l’ignorait à ses débuts, à une époque où le combo se produisait dans des clubs devant 80 fans de Stoner et de Heavy rock.

Mais le groupe, même s’il est originaire du désert, ne croit pas au mirage, et malgré la pression médiatique qui l’a conduit à être exposé au plus grand monde, « Era Vulgaris » se caractérise aussi par un retour à un son garage et rugueux comme du papier de verre.

Pauvre en mélodie, l’œuvre se veut bruitiste, complexe dans ses structures, stoner dans l’esprit. La présence de Chris Goss -responsable des joyaux de feu Kyuss- derrière les manettes n’est certes pas étrangère à ce joli bordel organisé.

« I’m Designer », « River in the Road » ou « 3’s & 7’s » trahissent le climat qui a prévalu tout au long des sessions d’enregistrement : le combo s’est bien amusé en studio. Mark Lanegan fait une apparition sur « Into the Hollow », d’où cette sensation de mélancolie qui se dégage de ce morceau en demi-teinte. On s’étonnera de la présence de « Make it Wit Chu », excellent titre issu des fameuses « Desert Sessions », que la formation a pris l’habitude d’interpréter lors de chacune de ses prestations.

Un bon album vu dans son ensemble, mais il faut se faire à l’idée que QOTSA a bien évolué, sans craindre de prendre de gros risques commerciaux, et que l’idée de voir sortir dans un futur proche un « Songs For the Deaf 2 » tient de la pure utopie. Rockers graisseux dans une autre vie, les Queens ont des allures de dandys chics qui s’éclatent en jouant du bon rock n’roll !

The Good, The Bad & The Queen

The Good, The Bad and The Queen

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La scène se passe dans un vieux cabaret en pleine prohibition. 3ème acte (après Gorillaz et Blur) pour Damon Albarn, chef de file d’un réseau clandestin de trafic d’harmoniques. Agissant en toute impunité, le gangster frontman aux allures de beau parleur distille son cru sur les touches poussiéreuses d’un piano délaissé. Entouré de la perle du haut banditisme représenté par Paul Simonon (ancien bassiste des Clash), Simon Tong (ancien guitariste de The Verve et présent sur le dernier album de Gorillaz) et Tony Allen (pionnier de l’afrobeat et ancien batteur de Fela Kuti), le chanteur épouse un nouveau registre. Partant dans des délires de début de siècle, les malfrats mettent leurs habits du dimanche pour élaborer une alternative sous des faux airs de ballades romantiques. Des voix d’outre-tombe retentissent sur les ventricules échauffées par le miaulement des machines, absorbées dans des escapades irréversibles (« Herculean », « The Bunting Song ») et des premiers rendez-vous adolescents (« 80’s Life »). Sur ce projet qui visait avant tout une carrière solo pour Albarn, le combo se distingue et secrète aussi bien des tubes (« History Song », « Kingdom of Doom ») que des performances dignes du grand vagabondage (« Three Changes », sur lequel excelle l’afrobeat d’Allen). L’hymne final porté par leur titre éponyme touche l’authenticité ‘sylphidique’ et clôture une histoire qui coagule sans falsification.

 

 



Queens of the Stone Age

Lullabies to paralyse

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Responsable en 2003, de l’album incontournable ‘Songs for the deaf”, Q.O.T.S.A. nous revient avec un quatrième opus. Trop absorbé par ses Foo Fighters, Dave Grohl n’est plus de la partie. Nick Olivieri, non plus. Viré comme un malpropre, le bassiste charismatique du groupe californien a décidé d’embrasser une carrière solo. Seul aux commandes, Josh Homme a quand même réussi à convaincre quelques artistes de gros calibre de venir participer à l’enregistrement de ce « Lullabies to paralyse ». Et en particulier Marc Lanegan. Son timbre fantomatique, grave et pénétrant hante ainsi la première plage de l’opus, une ballade paradoxalement glacée et envoûtante. Le calme avant la tempête. Car dès le deuxième titre on retrouve ce style si caractéristique, sombre, saignant, électrique, musclé, exacerbé par la voix possédée de Homme. Malheureusement, les compos paraissent moins explosives. Les guitares rugissent, mais elles ne claquent plus. Et au fil de l’elpee, elles deviennent plus complexes, plus élaborées même, s’égarant même parfois dans une sorte de prog rock lorsqu’elles ne se repaissent pas des dépouilles de Smashing Pumpkins. Et ce n’est pas la présence d’autres invités de marque qui y change quelque chose. Celles de Shirley Manson (Garbage) et de Brody Dale (Distillers), sur le fragment maléfique « You got a killer scene there man… », passent totalement inaperçues. Quant à Chris Gross et Jack Black, il faut se référer aux notices de la pochette pour se rendre compte de leur participation. Seul le bon vieux Billy Gibbons de ZZ Top marque l’excellent boogie « Burn the witch » de son empreinte. Maintenant, si vous êtes un inconditionnel de Q.O.T.S.A., vous risquez fort d’écouter ce disque en boucle. Pour les autres, ce sera une petite déception…

Queens of the Stone Age

Songs For The Deaf

Certain qu'avec cet album, les QOTSA ont écrasé toute la concurrence rock de cette année : rythmiques du feu de dieu (Dave Grohl en guest-star), refrains incendiaires, mélodies en béton… " A Song For The Dead ", " Go With The Flow ", " No One Knows " : autant de tubes taillés dans le roc le plus dur, qui ne sombrent jamais, pourtant, dans le métal risible. Imparable.

 

Queen

The platinum collection

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Dix ans déjà que Mercury nous a quitté. Le 24 novembre 91, très exactement. Il était atteint du SIDA. Diva à la personnalité extravagante (NDR : et le mot est faible !), Freddie (de son vrai nom Farookh Bulsara) était avant tout le chanteur de Queen, une formation britannique qui a rencontré un succès planétaire en jouant un hard rock teinté tantôt de rockabilly, de glam, de prog, de music hall, d'opéra, de musique de film, de funk ou de pop ; mais surtout en accumulant pendant près de vingt ans les disques d'or et de platine. N'empêche, et je dois l'avouer, j'ai toujours eu beaucoup de mal à digérer leur démarche, on ne peut plus nombriliste. Mais une chose est sûre, le groupe avait atteint la quasi perfection dans le domaine des arrangements vocaux. Particulièrement les chœurs à trois voix, dont la formation s'était fait une spécialité. Il suffit d'écouter le fabuleux " Bohemian Rhapsody " pour s'en rendre compte. Cette anthologie propose, en trois disques et 51 morceaux, le best du best de Queen. Tout y est. Y compris la collaboration menée entre le combo survivant et Bowie sur " Under pressure " et " Barcelona ", interprété par Freddie et la chanteuse d'Opéra Montserat Caballé. La compile épingle, en outre, la cover de " The show must go on ", réalisée par Elton John au Théâtre National de Chaillot à Paris et celle de " Somebody to love " par George Michael, accordée dans le cadre du Tribute Concert de Wembley. Un testament !

 

Bandit Queen

Hormone Hotel

Bandit Queen nous vient de Manchester, pas de Boston ou de New York. Parce qu'un trio drivé par deux filles qui chantent, composent, et se réservent guitare et basse, correspond davantage au profil des Breeders, Belly, Veruca Salt et autres Voodoo Queens, qu'à un ensemble de house mancunien. D'autant plus que cet album secrète des hormones popcore. Littéraires. A la limite surréalistes. Sensuelles aussi. Mais aussi caustiques et féministes que chez PJ Harvey. Astucieusement teintées de blues. Ecorchées de cordes de guitares sableuses, bringuebalantes (House of Love?), pilonnées par les accès de basse glaciaux, post industriels, et saupoudrées d'harmonies vocales sucrées. Agréable, sans être pour autant révolutionnaire!

 

Queen

Made in Heaven

Avant de s'éteindre, Freddy Mercury avait donc laissé en friche quelques chansons, destinées à un vingtième elpee. Il a cependant fallu quatre ans à ses ex-condisciples pour achever le travail. Par la grâce de la technologie moderne, bien sûr. Vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'entendre le single "Made in heaven", sur l'une ou l'autre station de radio. Il constitue à coup sûr, le meilleur morceau de ce disque. Une œuvre dont les compositions rivalisent de pompe et de grandiloquence, tout en multipliant les clichés. C'est vrai que nous ne sommes pas de grands admirateurs de Queen. Mais nous leur reconnaissons certaines lettres de noblesse (!). Vocales, pour être tout à fait précis. Affichées sur l'indispensable "Bohemian Rhapsody". Et puis sur les hits, devenus classiques, "Killer Queen, "Bicycle", "Flash Gordon", ainsi que sur "Under pressure", commis en compagnie de David Bowie. Pour le reste, le règne du quatuor ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Et encore moins ce "Made in heaven". Un testament au lyrisme céleste, sans plus. Triste héritage!

 

Bandit Queen

L'art sous toutes ses formes...

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Tracy Godding compose, joue de la guitare et chante chez Bandit Queen. Mais c'est également une petite bonne femme très cultivée, artiste jusqu'au bout des ongles, sachant ce qu'elle veut tout en faisant preuve d'une grande gentillesse. Mais n'allez surtout pas comparer le trio mancunien avec les Breeders, même s'il aurait mieux fait de naître au pays de l'once Sam; et encore moins avec Polly Harvey, avec laquelle elle ne partage le même intérêt que pour les questions relatives à la sexualité...

Avant de fonder Bandit Queen, tu as joué dans un groupe qui répondait au nom de Swirl. Vous y étiez tous les trois?

Oui, mais il y avait également un violoniste et un autre guitariste. Et Janet jouait également de la guitare. C'était totalement différent. Notre line-up a compté jusqu'à cinq musiciens. Nous avons décidé de le réduire à un trio pour simplifier, pour faciliter notre tâche. Notamment au niveau de la structure mélodique. Et puis, je dispose de davantage de liberté d'action pour le chant.

Souffres-tu encore d'être comparée à PJ Harvey?

Seuls les journalistes paresseux ont colporté ces âneries. Ils l'avaient sans doute lu dans un autre canard qui nous comparait à PJ Harvey ou aux Breeders. Le Melody Maker et le New Musical Express, par exemple. S'ils s'étaient donné la peine d'écouter notre musique, ils n'auraient sans doute pas tiré les mêmes conclusions hâtives. A moins qu'ils ne soient très influençables...

Pourtant, tu as un jour déclaré que vous pourriez devenir les Breeders britanniques si le public vous en laissait le loisir.

C'est une déclaration que j'ai faite dans un certain contexte. Je ne pense pas que notre musique ressemble aux Breeders. Mais bien notre attitude et notre sens de l'humour. Notre bassiste, Janet, est une fan du groupe. J'ai émis cette réflexion un jour où j'étais particulièrement fâchée. Car en Angleterre, peu de monde s'intéresse à nous, alors qu'aux States nous sommes accueillis les bras ouverts. Nous ne voulons pas devenir des autres Breeders. Cette affirmation était sans grande importance. Mais apparemment personne ne l'a oubliée.

N'est-il pas paradoxal de jouer une musique comme la votre lorsqu'on vient de Manchester?

Ce n'est pas parce qu'on vit dans une ville que l'on doit fatalement s'identifier aux groupes qui en ont fait sa notoriété musicale. J'aime les Stones Roses, et particulièrement leur premier album, Inspiral Carpets, Happy Mondays... Mais mes influences, je les puise plutôt dans la musique américaine, le post punk et puis surtout chez Bowie et Bolan...

Face à la multiplication des groupes drivés par des femmes, ne penses-tu pas que vous auriez mieux fait de vivre à Boston ou à Chicago?

J'aime beaucoup Boston. Mais par dessus tout San Fransisco. C'est vraiment une chouette ville. Je pense souvent que l'Angleterre est une petite île. Et pour obtenir plus d'espace, nous sommes obligés de tourner sur le vieux continent. L'Angleterre est isolée, entourée par la mer. Ce qui explique sans doute pourquoi tant d'insulaires ont l'esprit aussi étroit. Nous serions plus heureux si nous pouvions vivre dans un monde plus ouvert. C'est vrai que parfois nous rêvons de partir ailleurs. Même le monde musical britannique manque d'ouverture d'esprit. Et il est à la fois stupéfiant et consternant de constater que la presse entretient cette carence...

Est-il exact que plagier toutes les formes d'art, et en particulier la littérature constitue votre forme de sampling? Quel rapport y a t-il entre la peintre mexicaine Frieda Khalo, dont la photographie illustre votre pochette (voir la reproduction ci-dessous), et votre musique?

J'aime la peinture de Frieda Khalo, parce qu'elle est directe et personnelle. Mais il est difficile d'établir une comparaison entre son art et notre musique. Elle existe, mais je suis incapable de l'établir. C'est beaucoup trop abstrait... Aujourd'hui la musique est devenue hybride. Certains n'expérimentent même que les samplings. Par exemple dans le domaine de la musique de danse. Nous n'utilisons pas de samplings. Cette technologie coûte beaucoup d'argent. Et puis nous essayons de respecter une ligne de conduite. De perpétuer une certaine approche de la poésie. Nos lyrics obéissent d'ailleurs à une forme poétique. Janet et David écrivent également des poèmes. Nous nous inspirons beaucoup de la littérature. Et en même temps, nous nous intéressons à de nombreuses formes d'art. Pour illustrer la pochette, nous avons fait appel à un peintre et à un photographe. Je pense qu'il est très créatif de mêler des formes artistiques différentes avec la musique. Elle ne se limite pas qu'au son. Les notes et les images peuvent également susciter des émotions...

Le nom du groupe provient du surnom de Phoolan Devi (NDR : elle a été assassinée le 27 juillet 2001), une femme indienne qui fut kidnappée et violée par des gangsters avant de devenir leur leader. Intentionnel ce choix?

Oui. J'ai lu ce bouquin consacré à cette histoire, il y a deux ans. Il m'a beaucoup plu et j'ai pensé que Bandit Queen recelait suffisamment de signification politique, sociale et féministe pour représenter une bonne image du groupe. Et nous l'avons adopté.

La chanson "Scorch" parle de sexualité, de sexe, et d'attitude vis à vis de la sexualité. Penses-tu que le combat entre les identités sexuelles exerce une fascination. Es-tu intéressée par la poétesse grecque Sappho?

Oui, parce que je pense qu'elle était la première femme poète. J'aime la poésie simple et directe. Parfois ses vers ne comptent que deux lignes, mais traduisent une sensibilité hors du commun... De quoi parlions-nous encore? (rires). De la sexualité. Une question très intéressante. Je suis bisexuelle. Je ne m'en cache pas. Chaque être humain connaît une sexualité différente. Je ne sais pas si le combat entre les identités sexuelles est fascinant. C'est un facteur de la vie. Adolescente, j'étais fascinée par ces questions. Aujourd'hui, j'ai pris davantage de recul. Je suis comme je suis. Et je n'ai pas connu plus d'expériences sexuelles que les autres. Simplement, j'estime que la sexualité est un phénomène dont il faut parler. Il est aussi important que le problème du racisme, de la politique ou du féminisme. Aussi, pas plus.

La chanson "Miss Dandys" traite de problèmes de la prostitution: "Miss Dandys montre moi un peu de paradis". Pourtant, ne dit-on pas que la prostitution conduit en enfer?

Miss Dandys est le personnage d'un livre qui s'intéresse à la culture nippone. Une histoire au sein de laquelle les prostituées sont travesties en hommes. C'est à la fois étrange et destructeur. Un peu fou, mais terriblement passionnant. Je suis passionnée par à la face cachée des autres civilisations. Du Japon ou du Mexique, par exemple. Là où je vis, à Manchester, de la fenêtre de mon appartement, j'observe le manège des prostituées dans la rue. C'est un phénomène qui marque ma vie quotidienne. Je ne pense pas que la prostitution mène en enfer. C'est peut être un mal, mais nécessaire. Elle permet de libérer l'homme de ses frustrations, de sa violence intérieure. C'est un peu une forme de garde-fou pour la société. Mais si le plus vieux métier du monde est un exutoire, il pose le problème des conditions dans lesquelles il est pratiqué. Absence de droits. De sécurité sociale. Exploitation par les souteneurs, destruction de sa propre identité. Je ne pense pas que j'aurais pu être une prostituée. Dans les rues, à Manchester, il fait très froid. Je me vends déjà à la musique, pas mon corps!

Version originale de l'interview parue dans le n° 34 (juin 1995) du magazine Mofo.

Voodoo Queens

Chocolate Revenge

Elles sont cinq et avouent craquer pour le chocolat. Une faiblesse qu'elles attribuent à l'esprit typiquement féminin. Aussi, pour se donner bonne conscience, elles ont imaginé un scénario rocambolesque qui permettrait au chocolat de prendre sa revanche. "Chocolate Revenge" croque ainsi des chansons parfumées au goût punk pop réminiscent de Babes In Toyland ou de Moffs. Des morceaux excitants, énergiques, contagieux qui fondent avec un glamour sensuel au contact de la mélodie post adolescente…

 

Queensrÿche

Promised Land

Queensryche nous vient de Seattle. Mais ne présente aucune affinité avec le grunge. D'ailleurs, son approche du métal est beaucoup trop sophistiquée, nous rappelant des ensembles nés au cours des seventies comme Kansas ou Kayak, alors que la grandiloquence et l'androgynie des harmonies vocales semblent avoir été ensemencées tantôt par Bon Jovi, tantôt par les Scorpions, voire dans le meilleur des cas Supertramp. Dans ces conditions, comment voulez-vous encore croire que Seattle puisse encore se proclamer comme la terre promise ?