logo_musiczine

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (885 Items)

Roky Erickson

Réédition finale de « The evil one » de Roky Erickson And The Aliens

Fire Records sortira la version définitive de « The Evil One » de Roky Erickson And The Aliens le 30 octobre, 45 ans après sa sortie initiale.

Pour la première fois depuis 1981, cette réédition reprend la pochette originale de l’édition du label 415 Records de San Francisco. Ce double long playing de 15 titres est gravé en 45 tours, pour une profondeur et une clarté sonore maximales.

L’histoire derrière la création de « The Evil One » est sombre. Les 13th Floor Elevators commençaient à se faire remarquer, au Texas et au-delà, grâce à leur single captivant « You’re Gonna Miss Me », mais leur consommation ouverte de drogues psychédéliques leur valait également une attention indésirable de la part des autorités. Après avoir été trouvé en possession de marijuana, Erickson a plaidé ‘non coupable pour cause d’aliénation mentale’ afin d’éviter la prison et a été envoyé à l’hôpital psychiatrique de Rusk, réservé aux criminels aliénés. Au cours de ses trois ans et demi passés à Rusk, il a formé un groupe et a donné forme aux premières versions des morceaux qui figureraient plus tard sur « The Evil One ».

À sa sortie en 1974, son séjour à l’hôpital devient une puissante source d’inspiration. Il forme Roky Erickson And The Aliens et commence à écrire sur les zombies, les démons, les vampires et d’autres sujets du même genre. S’éloignant du blues garage psychédélique des Elevators, Erickson And The Aliens créent alors un son rock plus incisif.

« The Evil One » a été enregistré en 1978 et 1979 sous la houlette du producteur Stu Cook, surtout connu pour être le bassiste de Creedence Clearwater Revival. Ces sessions ont donné naissance à 15 plages, désormais réunis dans cette version définitive chez Fire Records. Les éditions britanniques et américaines précédentes, parues respectivement en 1980 et 1981, proposaient chacune une sélection différente de 10 pistes.

Roky Erickson And The Aliens se sont fait connaître pour leur son féroce, caractérisé par des riffs déchiquetés et distordus, des mélodies merveilleusement étranges et une section rythmique entraînante. Au cœur de tout cela se trouvaient la voix et les paroles incomparables de Roky, brutes et tout à fait singulières, qui conféraient à la musique du groupe un caractère sans équivalent dans le paysage rock de l’époque. Les morceaux de « The Evil One » ont fait l’objet de nombreuses reprises et le groupe a exercé depuis une influence indéniable sur de nombreux artistes.

Dans cette nouvelle édition, les formats CD et vinyle contiennent tous deux des photos et des images rares issues des archives de Craig Luckin, alors manager de Roky et producteur exécutif des sessions d’enregistrement de l’opus.

Joe Nick Patoski, journaliste musical d’Austin, a assisté à une session d’enregistrement de « The Evil One » en 1979 et a rédigé l’essai sur l’elpee figurant dans les livrets du vinyle et du CD. Dans ses notes de pochette, Patoski déclare : ‘Roky a été décrit de toutes sortes de façons, allant du « Salvador Dalí du rock » et de la « figure culte ultime du rock » au « véritable Led Zeppelin » et au « Van Morrison martien’. De nombreux musiciens, dont Tom Verlaine, Patti Smith et Pere Ubu, l’ont cité comme une influence majeure dans leur carrière. Et, à tout le moins, il est considéré comme ‘le patriarche du rock post-Beatles au Texas’.

« Two Headed Dog » est en écoute ici

 

Les Solidarités

Les Solidarités (update 19-08-2026)

Écrit par

Depuis leurs débuts, LES SOLIDARITÉS, et surtout le public, soutiennent des artistes émergents ou des découvertes « coup de cœur ». On pense à Clara Luciani, Santa, Angèle, Aya Nakamura, Hoshi, Juliette Armanet, Gauvain Sers, Rori, Suzane… invités lors de leurs débuts scéniques et dont on connait maintenant le formidable parcours. 

On pense aussi à de nombreux artistes qui ont continué à être inviter lors de leur deuxième (voire troisième) album, souvent les plus difficiles, car c'est à ce moment-là qu'ils ont parfois le plus besoin de votre soutien et de notre fidélité.

Cette année encore, une multitude de beaux projets musicaux dans des genres très diversifiés seront proposés, avec certains artistes déjà bien connus par un public de mélomanes… et une multitude de coups de cœur émanant de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Victime de son succès, après les pass 3 jours épuisés depuis plusieurs mois, c’est au tour de la journée du samedi 05 septembre d’afficher complet !

Face à l’engouement des deux autres jours, il devient assez urgent de vous décider à venir vivre des moments uniques pour ce qui est considéré comme le plus grand événement familial, populaire et intergénérationnel de cette fin d’été !

Les plus chanceux auront donc l'honneur d’accueillir une multitude d’artistes sur les différentes scènes qui feront vivre LES SOLIDARITÉS 2026 !

A (re)découvrir donc :

Vendredi 04 septembre 2026 : Alma Laloy (B) - Dresscode (B) - INNOCNT (B) - Nous étions une armée (F) - Ana Vaga (B) - Pirato Ketchup (B) - NKOÏ (B) - DJ La Piscine (B).

Samedi 05 septembre 2026 : Roland Cristal (F) - Anaïs MVA (F) - Cheapjewels (B) - Edaya (B) - Mado (B) - Zonmai (B) – Serge La Blonde (B) - Fritüür (B) - Karaoké géant - Reroll Brass Band (B) - Ucci Why (B) - Newton Lawrence (B)

Dimanche 06 septembre 2026 : Diego (B) - Maguie (B) - ML (B) - Millie Hopes (B) - Alber-K (B) - Les Anchoises (B) - Elle est où Anne (B) - Lay This Drum ! (B) -

A très vite pour la suite du programme car Les Solidarités proposent aussi plein d’autres activités pour s’interroger, s’informer et se divertir !

Plus d’info : https://lessolidarites.be/

 

 

Phil Campbell’s Bastard Sons

La flamme Campbell continue de brûler…

Écrit par

Phil Campbell’s Bastard Sons et Rödder au Zik-Zak : la flamme continue de brûler. Cette soirée estivale s’annonce chargée d’émotion. Quelques mois après la disparition de Phil Campbell, guitariste historique de Motörhead, ses trois fils retrouvent les planches sous le nom de Phil Campbell’s Bastard Sons, aux côtés du chanteur Julian Jenkins. Cette tournée permet à la famille Campbell de poursuivre l’aventure et de perpétuer l’héritage rock’n’roll de leur père.

Depuis la disparition de Lemmy et la fin de Motörhead, Phil Campbell n’était pourtant pas resté inactif. Après avoir sillonné les routes sous le nom de Phil Campbell’s All-Stars et figuré à l’affiche de nombreux festivals, la formation était rapidement devenue Phil Campbell and the Bastard Sons. Elle réunissait ses fils Todd à la guitare, Dane à la batterie et Tyla à la basse, ainsi que Neil Starr, un ami de la famille, au chant. Le combo avait publié son premier opus, « The Age of Absurdity », en 2018, puis entrepris une tournée intensive. Campbell avait ensuite sorti le disque solo « Old Lions Still Roar » en 2019, entouré de nombreux invités. En 2020, pendant la pandémie, les Bastard Sons avaient proposé un deuxième long playing, « We’re The Bastards ».

Phil Campbell est décédé le 13 mars 2026, à l’âge de 64 ans, des suites de complications consécutives à une lourde opération.

Rödder chauffe rapidement la salle. À 20 heures, le combo ouvre la soirée par une prestation brève et efficace d’environ trente minutes. Il entre immédiatement dans le vif du sujet et livre un rock énergique, soutenu par des guitares incisives et une attitude en accord avec le programme.

Face à une foule principalement venue retrouver l’énergie brute associée à Motörhead et à la famille Campbell, Rödder remplit sa mission. La formation fait monter la température et prépare le terrain sans ralentir le rythme. Cette première partie directe, dépourvue de longue introduction ou d’artifices, plonge aussitôt la salle dans une atmosphère rock (page ‘Artistes’ ici). 

Vers 21 heures, Phil Campbell’s Bastard Sons investit les planches. Dès les premières mesures de « We’re the Bastards », le ton est donné : guitares puissantes, basse lourde et batterie d’une précision redoutable. Todd Campbell assure les parties de guitare, Tyla Campbell tient la basse et Dane Campbell propulse l’ensemble derrière ses fûts. Au chant, Julian Jenkins trouve naturellement sa place dans cette nouvelle configuration.

L’absence de Phil Campbell reste perceptible, mais le band ne transforme jamais la soirée en cérémonie funèbre. L’hommage s’exprime par la musique, le volume et la volonté de continuer. La manière la plus fidèle de célébrer un homme qui a consacré plus de trente ans à Motörhead consiste sans doute à jouer du rock’n’roll aussi fort que possible.

La setlist associe les compositions des Bastard Sons à plusieurs classiques liés à Phil Campbell. Des titres tels que « High Rule », « Spiders », « Dark Days », « Strike the Match » ou « Maniac » rappellent que la formation possède sa propre identité et ne se réduit pas à un tribute band.

Lorsque retentissent les premières notes de « Going to Brazil », « Rock Out » ou « R.A.M.O.N.E.S. », l’ombre de Motörhead plane sur le Zik-Zak. L’auditoire retrouve une formule éprouvée : riffs simples et ravageurs, rythmique lancée à pleine vitesse et refrains repris en chœur. « Ace of Spades », placé au milieu du concert plutôt qu’en conclusion, provoque l’un des temps forts de la soirée. Le quatuor ne cherche pas à reproduire Motörhead à l’identique ; il conserve l’urgence et l’agressivité qui ont élevé ce titre au rang de classique du rock.

La suite ne faiblit pas : « Born to Raise Hell » précède « Maniac », qui clôt la première partie. À ce stade, le combo concilie le respect de son héritage familial et l’affirmation d’une personnalité musicale plus actuelle.

Le rappel s’ouvre sur « Heroes » de David Bowie. Dans le contexte de cette tournée, le titre acquiert une résonance particulière. Après la déferlante de guitares et de décibels, cette parenthèse mélodique ménage un moment d’émotion et de respiration sans rompre l’intensité de la soirée.

La formation repart ensuite sur « Ringleader », puis assène un dernier coup par « Killed by Death ». La soirée s’achève sur « Motorhead », morceau initialement enregistré par Hawkwind et devenu l’acte fondateur du band de Lemmy. La conclusion ne pouvait guère être plus symbolique : les fils de Phil Campbell terminent leur concert à la source de l’histoire dont ils assurent désormais la continuité.

La relève est assurée. Dans le cadre intimiste du Zik-Zak, la proximité entre les musiciens et la fosse accentue la puissance de la prestation. Réputée pour son acoustique et la faible distance qui sépare les artistes des spectateurs, la salle d’Ittre convient parfaitement à ce rock direct et physique.

Phil Campbell’s Bastard Sons ne cherche ni à remplacer Phil Campbell ni à recréer artificiellement Motörhead. Le combo prolonge plutôt une histoire familiale tout en bâtissant son propre avenir. Todd, Tyla et Dane Campbell poursuivent leur route aux côtés de Julian Jenkins, animés par une détermination évidente.

Au terme de la soirée, une impression domine : la disparition de Phil Campbell laisse un vide immense, mais n’éteint pas la flamme. Ses fils montrent qu’elle brûle encore, nourrie par le respect de son héritage et par une solide dose de décibels.

Verdict : une soirée puissante et émouvante, où l’héritage de Motörhead rencontre l’avenir des Bastard Sons.

(Organisation : Zik-Zak) 

 

 

Son Lux

En direction de Son Lux

Son Lux sortira son nouvel album, « Out Into », le 18 septembre chez City Slang. En attendant, il a partagé son premier single, « Endlessly ». ‘We’ll find our way’. On trouvera notre chemin. » Lorsque Ryan Lott, fondateur de Son Lux, chante ces quatre mots au début même du neuvième elpee du groupe, « Out Into », c’est un serment qu’il prononce, une voie qu’il trace, une philosophie qu’il défend, une promesse qu’il scelle.

Ce qui suit, c’est Son Lux à son apogée : rythmiquement immédiat, lyriquement pressant et émotionnellement direct. En près de deux décennies, le trio, composé de Lott, du guitariste Rafiq Bhatia et du percussionniste Ian Chang, s’est construit un répertoire singulier qui brouille les frontières entre composition expérimentale, musique électronique, techniques de production hip-hop et ambition art-pop. Mais alors que leurs précédents long playings s’aventuraient souvent vers des horizons cinématographiques grandioses, « Out Into » s’oriente vers quelque chose de plus tactile et instinctif : une collection de chansons façonnées à partir d’improvisations spontanées et de premières impulsions capturées en temps réel. ‘Nous explorons des territoires inédits en termes d’énergie, d’attitude et de couleur’, explique Lott.

Aujourd’hui, ils dévoilent « Endlessly », un hymne envoûtant dédié à l’acceptation de son véritable moi. Le morceau trouve un équilibre entre libération euphorique et vulnérabilité émotionnelle, associant des percussions entraînantes et des arrangements grandioses à l’un des refrains les plus directs et les plus emblématiques du groupe à ce jour.

À propos de ce single, Son Lux explique : ‘“Endlessly” parle de l’acceptation de qui l’on est plutôt que de la résistance à cette identité. Il y a de la vulnérabilité là-dedans, mais aussi de la liberté. À l’origine, cette chanson avait été commandée pour un spectacle, mais elle est rapidement devenue un élément central du langage émotionnel de l’album.’

« Out Into » a été élaboré sur une période de deux ans, les intervalles entre les sessions permettant aux morceaux de gagner en profondeur et en intensité rythmique. Le résultat est un opus qui se situe dans un espace paradoxal, à mi-chemin entre spontanéité et raffinement, entre pop et expérimentation, entre intimité et ampleur.

Le single « Endlessly » est à voir et écouter sous forme de clip ici

 

SOAK

SOAK dans la chambre froide

Écrit par

SOAK, projet de l’auteur-compositeur-interprète irlandais Bridie Monds-Watson, signe son retour en publiant « death valley fridge magnet », un nouveau single paru chez Rough Trade Records. Premier morceau solo depuis plus de quatre ans, le titre s’accompagne d’un clip réalisé par Charlotte Langel, à découvrir ici

Ce retour fait suite à la collaboration de SOAK auprès de Fred Again, sur « just stand there », datant de 2024. Le dernier album de l’artiste, « If I Never Know You Like This Again », remonte à 2022, après « Grim Town » en 2019 et le premier elpee « Before We Forgot How to Dream », nommé au Mercury Prize en 2015.

À propos de « death valley fridge magnet », Monds-Watson explique avoir écrit ce morceau à une période de grande perte de repères, marquée notamment par des problèmes vocaux et le sentiment que son parcours musical pouvait toucher à sa fin. En cherchant à comprendre qui elle était et quelle direction prendre, l’artiste dit avoir réalisé à quel point ses amitiés étaient essentielles, capables de la ramener à elle-même en quelques instants, même lors d’une brève conversation dans une station-service perdue au milieu de nulle part.

Grâce à son écriture imagée, ses mélodies dépouillées et sa voix à la fois fragile et enveloppante, « death valley fridge magnet » rappelle la singularité de SOAK. Le clip prolonge l’univers introspectif du morceau, tandis que l’artiste s’apprête à reprendre la route : une tournée en tête d’affiche en Irlande est prévue cet été, avant un concert complet à Londres et une apparition en première partie de Pulp lors de l’événement célébrant les 50 ans de Rough Trade au Royal Festival Hall. À l’automne, SOAK rejoindra The Barr Brothers aux États-Unis, en décrochant, notamment, une date au Bowery Ballroom de New York.

Isolde Lasoen

Isolde Lasoen : et si "Nothing Is Forever" était tout sauf éphémère ?

Écrit par

Après avoir été pendant des années une musicienne accompagnatrice, la batteuse et chanteuse Isolde Lasoen s'est émancipée pour créer son propre groupe et écrire sa musique. Elle a sorti un premier EP en 2012 puis deux albums, dont Oh Dear en 2023 qui a fait le tour du monde. Isolde s'illustre à travers une pop cinématographique, mélancolique et éclectique. On reconnait chez elle des percussions élégantes et raffinées, une voix et des choeurs saisissants, des arrangements fins et des parties instrumentales riches.

Tous ces ingrédients sont ceux qu'Isolde elle-même apprécie dans la musique qui l'inspire depuis toujours, comme les bandes originales emblématiques et méconnues, le psychédélisme des années 60 et 70, la pop baroque, la French Touch ou la musique symphonique grandiose

Après "Egoland", "My Kind of Drama" et "Love Language", Isolde Lasoen présente un nouvel extrait de son album My Kind of Drama attendu le 28 août chez Mayway Records.

Avec ses rythmes rétro brumeux et son refrain notable, "Nothing Is Forever" est un voyage kaléidoscopique qui évoque l'esprit doré d'Aphrodite's Child ou de Love : une musique riche et onirique, d'une grande vitalité.

Isolde Lasoen est la reine de son propre univers depuis une dizaine d'années, donnant une dimension cinématographique à la musique pop et faisant scintiller la mélancolie. Dans son troisième album solo My Kind of Drama, elle ajoute une touche de brillant à son univers musical sur dix titres qui mêlent pop baroque, synthés rétro-futuristes et French touch.

Fidèle au style DIY qui caractérise Isolde Lasoen, elle écrit et compose toutes ses chansons, crée les arrangements et co-produit l'album. Pour la production et le mix, elle s'est tournée vers le maestro français Michael Declerck (connu pour ses collaborations avec Kavinsky, Justice, Jungle, Daft Punk...) qui est tombé sous le charme de ses démos.

Les musiciens invités au studio ont apporté des textures, des idées et des couleurs supplémentaires aux chansons. Ainsi, les instruments live et les synthétiseurs vintage revêtent un son rétro des années 70 et 80, les arrangements se montrent ludiques, les sons chics et la batterie entraînante.

L’artiste est à écouter ici.

Damso

Damso convoque ses fidèles : deux festivals au programme !

Écrit par

Damso invite ses fans à une expérience unique au Dour Festival et aux Ardentes.

L'artiste l'a annoncé lui-même ce mercredi : ce ne sera finalement pas une mais deux dates qu'il offrira à ses fans en Belgique cet été.

Damso, déjà annoncé le samedi 18 juillet au Dour Festival, sera également présent le dimanche 5 juillet aux Ardentes pour clôturer l'édition anniversaire du festival.

Et ce n'est pas tout...

Dans ce cadre, Damso a imaginé, en collaboration avec Dour Festival et Les Ardentes, deux piliers incontournables de la scène musicale belge et européenne, une opération spéciale inédite dans l'histoire des festivals : une offre billetterie commune pensée pour proposer aux fans une expérience unique et inoubliable.

Dour Festival et Les Ardentes unissent leurs forces autour d'une offre billetterie commune, disponible le jour des performances de Damso. Celle-ci permettra aux festivaliers d'assister aux deux concerts de l'artiste, mais aussi de profiter de l'ensemble des programmations des journées concernées.

CONCRÈTEMENT ?

Côté Ardentes : le « Pass Duo Damso » offre un accès aux Ardentes le dimanche 5 juillet et au Dour Festival le samedi 18 juillet, permettant aux festivaliers de vivre les deux performances exceptionnelles de Damso.

Côté Dour Festival : grâce au « Pass Duo Damso », les festivaliers bénéficieront d'un accès au Dour Festival le samedi 18 juillet ainsi qu'aux Ardentes le dimanche 5 juillet.

COMMENT ?

Vous avez déjà un pass jour pour les Ardentes le dimanche 5 juillet ? Une newsletter dédiée sera envoyée à tous les détenteurs de billets. Elle leur permettra d'upgrader leur ticket vers l'offre combinée Ardentes + Dour Festival. L'upgrade est possible via l'espace client, moyennant 1,50€ de frais de dossier : https://tickets.lesardentes.be/client.html

Vous avez déjà un pass jour pour le samedi 18 juillet au Dour Festival ? Une newsletter dédiée sera envoyée à tous les détenteurs d'un billet pour le samedi 18 juillet. Elle leur permettra d'upgrader leur ticket vers l'offre combinée Dour Festival + Ardentes, moyennant un supplément de 30€. La procédure est détaillée sur : www.dourfestival.eu/infos/upgrade

Ces tickets combinés seront disponibles dès le vendredi 5 juin à 11h, en quantité très limitée.

Toutes les informations pratiques sur lesardentes.be et dourfestival.eu.

Maniac Maison

Maniac Maison, groupe inclassable

Écrit par

À l’approche de la sortie de son premier opus – un éponyme, attendu le 22 mai chez Humpty Dumpty Records, le trio bruxellois Maniac Maison présente un nouveau single, « New Museum ».

Le morceau s’accompagne d’un clip particulièrement réussi, mis en images par Canek Zapata. Et il est à découvrir là

Maniac Maison a pris forme lorsque Casimir Liberski, pianiste de jazz formé à Berklee et compositeur pour l’image, a voulu donner un cadre pop à quelques esquisses MIDI complexes laissées de côté sur son disque dur. Il a alors convié son ami d’enfance Lucien Fraipont, auteur prog-pop passé par Robbing Millions, Aksak Maboul et Duid, ainsi que Shoko Igarashi, musicienne japonaise et ancienne camarade de Berklee, à rejoindre l’aventure.

Si Casimir a d’abord impulsé le projet, celui-ci a vite débordé une simple répartition des tâches entre Lucien, attentif à la forme, et lui, davantage tourné vers les idées. Maniac Maison s’est ainsi affirmé comme une création pleinement collective, où la personnalité musicale de chacun trouve sa place, les trois membres se répartissant équitablement les morceaux.

Les liens du trio se sont véritablement resserrés lors d’un séjour à Los Angeles en 2017. Le hasard avait bien fait les choses : chacun s’y trouvait pour des raisons différentes. Sur place, ils ont vécu une parenthèse impossible à prévoir, au contact du cercle indie d’Echo Park, et ont notamment fréquenté les maisons d’Ariel Pink et de Mac DeMarco grâce au producteur Shags Chamberlain, proche de Lucien.

À l’époque, Shoko et Casimir vivaient encore à New York, tandis que Lucien était basé à Bruxelles. Le répertoire de Maniac Maison n’a réellement commencé à se développer qu’une fois les trois musiciens installés durablement en Belgique. En 2020, Casimir a aménagé un studio dans le sous-sol d’une maison art déco, à Ixelles, où il résidait alors aux côtés de Shoko ; Lucien y passait régulièrement. Mis à profit, le confinement a permis au trio d’accumuler des centaines de titres, avant qu’un noyau de dix morceaux ne compose finalement le disque.

Tous trois viennent du jazz, même si leur musique s’en éloigne nettement dans son expression la plus académique. Ce qui les rassemble tient plutôt à un goût commun pour les formes d’art outsider qui bousculent les cadres, loin des préoccupations dictées par les effets de mode. Leurs sources d’inspiration vont de Yellow Magic Orchestra à Telex, des bandes originales de jeux vidéo japonais vintage jusqu’à Mozart.

Sour Tongue

Le narcissisme de Sour Tongue

Le groupe riot grrrl/punk Sour Tongue, basé à Los Angeles, mélange le punk hardcore, la country, le grunge et le disco, en utilisant l’humour et une certaine absurdité sonore pour transmettre un message plus profond d’angoisse et de désespoir.

Formé en 2020 par Satori Marill et John Murphy, le combo a sorti plusieurs singles regroupés sur deux EP, dont le plus récent s’intitule « Final Girl » (juillet 2025). Cette histoire en quatre chansons/parties traite de la rencontre entre le deuil, la trahison et le chagrin d’amour, tout en restant empreinte d’amour. C’est sombre, rageur, drôle et déchirant, à l’image d’une comédie d’horreur.

Un clip pour la chanson/partie 3, « Me-Mania », a été publié pour coïncider avec l’annonce d’un concert de Sour Tongue au Belasco Theater de Los Angeles le 20 juin. Le groupe y assurera la première partie d’un festiva de la Summer School qui mettra également à l’affiche Honey Revenge, South Arcade, Winona Fighter et bien d’autres.

« Final Girl » comprend également le single lumineux et enjoué « I Thought You Liked Me! », écrit à partir d’une expérience que la plupart des filles ont vécue. ‘Ça parle d’être manipulée et trompée, d’en avoir marre et d’inverser les rôles’, explique la chanteuse Marill. ‘Je pense que toute personne qui a déjà eu le cœur brisé et qui a fait quelque chose de stupide en retour peut s’y identifier’.

Le clip du single « Me-Mania » est à voir et écouter là

 

And Also The Trees

Ne pas avoir eu de hit a été une chance

Le groupe britannique And Also The Trees compte depuis longtemps parmi les favoris de la rédaction. Originaire d’Inkberrow, paisible village de la campagne anglaise, la formation façonne depuis 1979 une œuvre singulière, affranchie des classifications convenues. Nourrie de post-punk, sa musique se teinte d’accents néo-classiques et de réminiscences néo-folk, plongée dans une atmosphère tellurique, romantique et presque mystique.

Au cœur de cet univers se détache Simon Huw Jones, figure charismatique et profondément sincère, dont l’authenticité suscite immédiatement l’attachement. Musiczine l’a rencontré à l’occasion du concert exceptionnel accordé par les ‘Trees’ dans l’écrin intimiste de l’église ‘La Nef’, à Namur. Nous lui avons proposé un blind-test : reconnaître des extraits, puis les commenter.

Bonjour Simon. Nous nous sommes à La Nef, à Namur, pour le premier concert de votre nouvelle tournée.

SJ : Exactement.

Vous présentez donc un nouvel opus, « The Devil’s Door ».

SJ : Oui. Je crois que six titres de ce disque figurent dans notre setlist. Les répéter en si peu de temps a représenté un vrai défi, car nous vivons tous aux quatre coins de l’Europe. Finalement, nous nous sommes retrouvés à Londres pour les dernières répétitions.

Je t’ai préparé un blind-test.

SJ : D’accord.

Extrait n° 1

SJ : And Also The Trees : « I Lit A Light ». C’est l’une de ces chansons pour lesquelles nous nous sommes demandé : « Comment allons-nous l’intituler ? » Nous avons cherché pendant des heures, sans trouver. Finalement, nous avons repris le premier vers, un peu comme le font les poètes.

Ce nouvel elpee constitue donc le troisième volet d’une trilogie entamée par « The Bone Carver », puis prolongée par « Mother of Pearl Moon ».

SJ : Oui.

Et « The Devil’s Door » en signe le troisième et dernier chapitre ?

SJ : Le dernier, oui, normalement.

Si je comprends bien, les trois disques se répondent par leur esthétique musicale et par les instruments mobilisés ?

SJ : Oui, et par les musiciens également. C’est le premier album auquel les cinq musiciens ont tous contribué au niveau des compositions : mon frère Justin, Paul Hill à la batterie, Grant Gordon à la basse, Colin Ozanne et moi-même. La clarinette de Colin joue un rôle essentiel ; elle forme un fil conducteur qui traverse les trois opus et les relie entre eux.

Ce dernier elpee accueille aussi des invités de marque.

SJ : Absolument, notamment Catherine Graindorge, la merveilleuse violoniste et altiste belge.

Cette fois, tu ne l’as pas rebaptisée Catherine Gainsbourg, comme lors de notre précédente interview (rires) !

SJ : Ai-je vraiment dit ça ? Et pourtant, je n’avais rien bu (rires) !

À mes yeux, ce nouveau long playing incarne parfaitement And Also The Trees. J’ai choisi « I Lit A Light » précisément pour cette raison : ce titre sonne comme un classique d’AATT.

SJ : Ce morceau a mis du temps à se dessiner. Certaines compositions s’assemblent naturellement ; d’autres exigent davantage de travail et de réflexion. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.

Pour « Mother of Pearl Moon », vous aviez envisagé une parution sous le patronyme de ‘Brothers of The Trees’, votre projet acoustique. La même question s’est-elle posée pour « The Devil’s Door » ?

SJ : Non, dès le départ, il s’agissait d’un disque d’And Also The Trees.

D’accord, passons au deuxième extrait.

Extrait n° 2

SJ : Oh, je l’ai reconnu. C’est « Interstellar Overdrive », de Pink Floyd.

C’est l’un des morceaux qui a tout déclenché pour vous…

SJ : Tu l’as sans doute choisi parce que c’est l’un des tout premiers morceaux que Justin a réussi à jouer à la guitare, à ses débuts, quand il avait 14 ou 15 ans. Il le jouait sur une seule corde de sa guitare acoustique. Je me suis alors dit : « Tiens, mon frère sait jouer de la guitare ! »

L’autre morceau qu’il interprétait, c’était « ESP », des Buzzcocks.

SJ : Exactement.

À propos de Pink Floyd, Justin a confié que les Trees pratiquaient, selon lui, une forme de psychédélisme sombre.

SJ : Oui, dans un sens, c’est vrai. À l’époque, nous écoutions surtout « Relics », une compilation parue en cassette préenregistrée. Nous possédions aussi la compilation bleue des Beatles.

Et « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » ?

SJ : C’est notre grand frère qui possédait « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ».

Extrait n° 3

SJ : Oh, c’est The Cure !

C’est « Warsong », extrait de leur dernier disque.

SJ : Mon Dieu, il m’a fallu longtemps pour le reconnaître ! J’ai beaucoup écouté leur dernier opus, « Songs of A Lost World », mais pas assez attentivement pour en retenir tous les détails. J’aime beaucoup la guitare. Robert Smith reste un guitariste vraiment sous-estimé. Justin l’a toujours affirmé, et je partage son avis.

Vous assurerez d’ailleurs leur première partie à Nîmes !

SJ : Oui. Ils nous ont choisis pour ouvrir leurs trois concerts dans les arènes, en juillet prochain. Je me réjouis de rejouer auprès d’eux. La dernière fois remontait à douze ans, à l’Apollo de Londres. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, car je n’avais plus vraiment écouté The Cure depuis longtemps, ni assisté à l’un de leurs concerts depuis des années. Justin, lui, était resté en contact par e-mail. L’expérience s’est révélée formidable. Alors, quand Justin m’a parlé de Nîmes, je me suis dit : « C’est magnifique de les revoir et de rejouer auprès d’eux, surtout que j’adore le nouvel opus. » Et quel lieu splendide pour jouer !

Pour ceux qui l’ignorent, The Cure a joué un rôle crucial au début de votre carrière : ils ont produit votre première cassette et votre premier long playing.

SJ : Et le premier single… Robert nous avait également demandé d’ouvrir pour eux à l’époque. C’était notre troisième concert ; nous manquions vraiment d’expérience.

En quelque sorte, la boucle se referme aujourd’hui…

SJ : Oui. Le plus incroyable, c’est que nos carrières ont suivi des trajectoires radicalement différentes. Nous partageons toutefois un point commun : aucun de nos deux groupes ne s’est séparé avant de se reformer. Nous avons continué, chacun sur notre propre chemin. De temps à autre, nos routes se croisent. Et c’est formidable qu’elles se rejoignent de nouveau, 45 ans plus tard.

 Je me souviens qu’à l’époque, Robert aurait déclaré qu’And Also The Trees surpassait The Cure !

SJ : Je crois que c’est une légende.

Cela dit, cette formule lui ressemble assez.

SJ : C’est possible. Il se montre très humble et très généreux.

Il aurait confié à Wire que The Cure arrêterait dès qu’il atteindrait le même succès. Plus tard, lorsque le groupe a explosé, les membres de Wire seraient allés trouver la bande à Robert en backstage, à Bruxelles, pour leur demander : « Alors, vous arrêtez quand » (rires) ?

SJ : C’est fou, ça !

Oui, les frères Pauly, de Parade Ground, m’ont raconté cette anecdote. Elle illustre assez bien l’humour de Robert.

SJ : Oui, c’est vrai.

Extrait n° 4

SJ : « My Lady d’Arbanville », de Cat Stevens !

Si je ne me trompe pas, il s’agit de la seule reprise jamais enregistrée par AATT, non ?

SJ : Oui. Elle figurait sur « Farewell To The Shade ».

J’ai toujours pensé que cette chanson annonçait très bien l’esthétique d’AATT. Non pas que vous l’ayez copiée, mais elle semble préfigurer votre univers musical.

SJ : Intéressant.

En 1970, Cat Stevens a écrit cette chanson. Plus de dix ans plus tard, And Also The Trees a, d’une certaine manière, développé ce climat pour en créer un langage à part entière : le romantisme, l’anglicité, la fibre folk, mais aussi l’ombre, le ‘dark’ et la présence de la mort.

SJ : Je vois ce que tu veux dire.

Sais-tu que cette chanson évoque sa petite amie, Patti d’Arbanville ?

SJ : Je l’ignorais.

C’était un mannequin très demandé. Un jour, elle est partie à New York. Déçu, il a composé cette chanson où il la décrit comme un cadavre, parce qu’à ses yeux, son départ équivalait à une mort symbolique.

SJ : Ah, je vois. Je ne connaissais pas l’histoire de cette chanson.

Elle est ensuite devenue une actrice connue, notamment dans le cinéma érotique.

SJ : Vraiment ?

Oui, comme dans « Bilitis », en France.

SJ : En tout cas, nous avons repris cette chanson et, franchement, nous le regrettons aujourd’hui. Le résultat ne nous semble pas très réussi. À l’époque, The Cure s’orientait vers une veine plus mainstream, confortée par des tubes comme « Lovecats ». En France, notre maison de disques, New Rose, estimait qu’un espace se libérait et que nous pouvions occuper la place de The Cure comme groupe underground ou plutôt de rock alternatif. Mais pour y parvenir, ils nous ont lancé : « Il vous faut un tube. » Nous nous sommes dit : « Nous n’écrivons pas vraiment de tubes. Prenons une chanson de quelqu’un d’autre et voyons ce que cela donne. » Finalement, nous avons retiré tous les éléments commerciaux et accrocheurs du morceau. Quand le label a entendu notre version, ils ont réagi : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait ? » De toute évidence, cela ne deviendrait pas un tube. Ce fut un tournant dans notre carrière, car dans le monde de la musique, un succès change tout : il permet d’enchaîner les tournées et de gagner beaucoup d’argent.

C’est dommage…

SJ : Avec le recul, je pense que c’était une bonne chose de ne pas avoir décroché de hit. Cela aurait changé notre parcours, et nous aurait aussi transformés en tant que personnes.

Extrait n° 5

SJ : C’est l’incroyable version de Scott Walker du classique de Jacques Brel, « Ne Me Quitte Pas ». Magnifique. Mais je crois préférer l’originale.

En revanche, pour « My Death », les versions de Scott Walker et de David Bowie surpassent l’originale, non ?

SJ : Oh, absolument, sans aucun doute. Je dirais même que Bowie l’emporte peut-être, simplement parce que la version live est grandiose.

Oui, celle interprétée lors du dernier concert de la tournée « Ziggy Stardust », au moment où il a mis à mort son personnage.

SJ : C’est vraiment un classique.

Scott Walker incarne, à mes yeux (NDLR : oreilles ?), le chanteur baryton par excellence.

SJ : Oui, je suis d’accord.

Lui et Jim Morrison.

SJ : N’oublions pas Frank Sinatra.

Oui, Frank Sinatra, bien sûr !

Extrait n° 6

SJ : Les Doors ! Et « Crystal Ship » !

Je l’aime particulièrement, parce qu’elle reste moins connue.

SJ : C’est l’une de leurs meilleures chansons. Les paroles sont également superbes. Au début d’And Also The Trees, Jim Morrison me fascinait. J’avais lu « No One Gets Out Of Here Alive ».

Ah oui, le livre !

SJ : Je voulais devenir comme Jim. Plus récemment, j’ai lu l’excellente autobiographie de Robbie Krieger, le guitariste des Doors. Il y déconstruit en quelque sorte le mythe de Jim, et c’est salutaire, car Jim ne correspondait pas à l’image que les gens imaginaient.

En tant qu’être humain, tu veux dire ?

SJ : En tant qu’être humain, bien sûr. On découvre aussi qu’en réalité, travailler à ses côtés relevait du cauchemar. Il échappait à tout contrôle. Il s’agissait probablement d’un homme magnifique au départ, mais la célébrité l’a entraîné sous l’emprise de la drogue et de l’alcool.

C’est triste, en effet…

Extrait n° 7

SJ : C’est nous. C’est « The Legend of Mucklow ».

La chanson évoque des fantômes, non ?

SJ : Oui. Une histoire de fantôme circulait dans le hameau du Worcestershire où nous avons grandi. Un certain Mucklow aurait été pendu pour avoir volé du bétail. Les gens racontaient avoir aperçu son spectre rôder dans le hameau, sous la silhouette d’un cavalier. Un soir, ma copine, qui ne croyait pas aux fantômes, s’est retrouvée nez à nez avec lui en voiture, au détour d’une allée. Il l’a suivie sur la route, et cette rencontre l’a profondément troublée.

Crois-tu aux fantômes ?

SJ : Je crois que j’y crois et que je n’y crois pas en même temps. J’ai toutefois vécu des expériences qu’aucune explication rationnelle ne permet d’éclairer. Et je connais des personnes qui ont traversé des situations tout aussi inexplicables.

Tout repose finalement sur la perception.

SJ : Bien sûr.

Extrait n° 8

SJ : On dirait la voix de Brendan Perry.

Oui, c’est bien lui ! Il s’agit de Dead Can Dance. Le morceau s’intitule « Fortune Presents Gifts Not According To The Book ».

SJ : Bizarrement, je n’ai jamais vraiment accroché à Dead Can Dance. J’ai essayé, mais cela n’a pas fonctionné pour moi. Ici, j’ai reconnu la voix de Brendan Perry grâce à sa collaboration auprès d’Olivier Mellano.

J’ai choisi Dead Can Dance parce que, à mon avis, leur univers dégage une atmosphère comparable à celle d’And Also The Trees.

SJ : Beaucoup de gens qui aiment And Also The Trees apprécient aussi Dead Can Dance. Je ne dirais pas que je ne les aime pas ; disons plutôt que je n’ai jamais vraiment accroché. Peut-être n’ai-je pas écouté les bons disques. De quel opus est-il extrait ?

Il provient du disque « Aion ».

SJ : D’accord.

C’était leur période médiévale, néo-folk, sombre, presque mystique. À leurs débuts, pourtant, ils venaient du post-punk, comme vous. Ils ont ensuite évolué vers le gothique, le médiéval, puis la world music, nourrie d’influences orientales.

Extrait n° 9

SJ : Oui, je vois ce que c’est. An Pierlé !

Elle vit à Gand, comme tu le sais, puisque tu y as enregistré auprès de Catherine Graindorge.

SJ : Oui ! Je ne me souviens pas du titre de cette chanson.

Elle s’intitule « Cold Winter » et figure sur l’album « An Pierlé & White Velvet ».

SJ : C’est un disque que j’adore.

La dernière fois que nous nous sommes vus, je t’avais conseillé d’écouter « Arches ».

SJ : J’ai écouté « Arches ». J’aime bien, mais pas autant que celui-ci. Je trouve que « Arches » rappelle pas mal Anna von Hausswolff. Je ne sais pas si elle a subi son influence.

C’est vraiment étrange, car je pense exactement la même chose. La preuve : l’extrait suivant est…

Extrait n° 10

SJ : Voilà : c’est Anna von Hausswolff.

Un morceau complètement fou : « The Mysterious Vanishing of Electra ».

SJ : Tu vois, j’adore ce morceau. C’est aussi l’un de ses meilleurs.

L’as-tu déjà vue en concert ?

SJ : Je l’ai vue trois fois sur scène. La première, je n’avais jamais entendu parler d’elle. Un ami m’a dit : « Tu devrais aller la voir. » C’était à Genève. J’y suis allé sans grandes attentes, car les derniers concerts auxquels j’avais assisté m’avaient beaucoup déçu. Je me demandais même si le problème ne venait pas de moi : je baigne dans la musique depuis si longtemps que je me croyais peut-être en burn-out vis-à-vis des concerts. Puis je suis allé voir Anna, et elle m’a complètement bouleversé. C’était incroyable. Ce concert reste l’un des meilleurs auxquels j’ai assisté.

C’était à quelle période ? Celle de « Dead Magic » ?

SJ : Oui. Je ne connaissais aucun de ses disques. C’était dans un tout petit théâtre, devant peut-être 150 ou 200 personnes, ce qui paraît incroyable. Ensuite, je l’ai vue en première partie de Nick Cave au Festival de Montreux. J’ai trouvé cela bien, mais moins puissant que la première fois. Enfin, je l’ai revue l’année dernière au festival Nox Orae, au bord du lac Léman, en Suisse romande. Franchement, j’ai été déçu. Je n’aime pas ses nouveaux morceaux. Elle a perdu un guitariste et engagé une saxophoniste.

Oui. J’estime que la saxophoniste (NDR : Lisen Rylander Löve) prend trop de place.

SJ : Clairement !

Et elle assure aussi la première partie. Résultat : trop de saxo. Or, trop de saxo, ce n’est pas bon (rires).

SJ : Non, non, il faut vraiment manier le saxo avec prudence.

En tout cas, la tournée de « Dead Magic » était tout simplement magique !

SJ : Je lui voue toujours un immense respect, mais, au final, elle m’a épaté la première fois, satisfait la seconde et déçu la dernière.

Extrait n° 11

SJ : Facile : c’est à nouveau AATT, dans « Macbeth’s Head ».

J’adore cette chanson. Tu as expliqué un jour qu’elle était trop difficile à interpréter en live. Pourquoi ?

SJ : C’est vraiment difficile. Nous avons essayé, mais cela ne fonctionne pas.

Est-ce parce que ta ligne vocale descend trop dans les graves ?

SJ : En partie. Mais nous n’avons jamais réussi à obtenir la fluidité recherchée. Nous nous montrons très exigeants envers nous-mêmes. Espérons que le son sera bon ce soir !

Dernier extrait

SJ : Ce titre me dit quelque chose. Est-ce AATT ? Non, c’est November !

Bingo !

SJ : C’est le projet que je partage en compagnie de Bernard Trontin…

… des Young Gods, qui vit à Genève. Préparez-vous un nouvel opus ?

SJ : Oui. Il est presque prêt ! La chanson, ici, s’intitule « Run With The Deer ». D’ailleurs, c’est amusant, car j’ai repris les paroles de cette composition pour le projet mené auprès de Catherine Graindorge. Pendant la préparation de la tournée « Songs for the Dead », elle m’a déclaré : « J’ai ce morceau intitulé “Animal”, que je joue en rappel. » Elle m’a demandé si j’avais des paroles à y ajouter. J’ai essayé d’y placer celles de « Run With The Deer », et cela a merveilleusement fonctionné. Le plus difficile pour moi, lorsque je joue auprès de Catherine, c’est que le violon porte une charge émotionnelle immense. J’éprouve des difficultés à garder ma voix sous contrôle. Je dois éviter de me laisser submerger.

Vraiment ? À ce point-là ?

SJ : Oui, absolument. Quand je quitte la scène après l’avoir interprétée, je suis vraiment dans un état second.

Ah, maintenant je comprends mieux : après le concert donné auprès de Catherine, à Tervuren, tu semblais évoluer dans un autre monde.

SJ : Son violon m’emmène très loin.

Peut-on dès lors espérer une nouvelle collaboration entre vous ?

SJ : Je ne sais pas. Je serais très heureux qu’elle m’invite à nouveau pour travailler à ses côtés.

Elle participe d’ailleurs à votre dernier opus, non ?

SJ : Oui ! Elle assure quelques chœurs dans « The Return of The Reapers » et à la fin de « The Trickster ». Elle joue aussi du violon dans « The Rifleman’s Wedding » ; c’est vraiment magnifique. Elle est incroyable, je l’aime beaucoup.

Nous l’aimons tous. Elle ouvrira d’ailleurs la soirée avant vous. Je suis certain que cette église accueillera un concert merveilleux.

SJ : Tu nous mets la pression, là (rires).

L’église vous transmettra de bonnes vibrations. Tu le sais, elles se dressent toujours sur…

SJ : Oui, sur des hauts lieux énergétiques.

Voilà. Merci beaucoup, Simon.

SJ : Merci, Phil.

(Photo : Christophe dehousse)

Pour écouter et commander l’opus « The Devil’s Door », rendez-vous ici

Pour écouter la version audio de cette interview, rendez-vous dans l’émission « WAVES », là

(Merci à And Also The Trees, Simon Jones, La Nef et l’émission « WAVES »).

Broken Social Scene

Broken Social Scene se souvient des humains

Écrit par

Broken Social Scene est de retour ! Il sortira son premier elpee studio, « Remember The Humans », ce 8 mai, soit depuis près de dix ans. Pour accompagner l’annonce, le collectif torontois dévoile le clip du single « Not Around Anymore », à découvrir ici 

Réunissant à nouveau le groupe et le producteur David Newfeld (à l’œuvre sur « You Forgot It in People » et leur album éponyme de 2005), « Remember The Humans » déploie 12 titres aux arrangements foisonnants : un tissage de cuivres, guitares, voix et textures électroniques où la mélodie garde toujours le dernier mot. La chanson phare « Not Around Anymore » ouvre l’opus sur une méditation lumineuse autour de la disparition des possibles — un thème reflété dans un clip qui mêle nostalgie et énergie renouvelée.

Le disque marque également un retour à l’esprit collectif qui définit Broken Social Scene : parmi les collaboratrices et collaborateurs, on retrouve Feist, Hannah Georgas, Lisa Lobsinger, et d’autres voix familières de la formatio.

Entre retrouvailles artistiques, deuils partagés et énergie créative retrouvée, « Remember The Humans » s’impose comme un album profondément humain, vibrant et sincère — un retour attendu d’un groupe qui continue de façonner le paysage indie depuis plus de vingt ans.

And Also The Trees

And Also The Trees à la porte du diable…

Écrit par

Le quintette britannique And Also The Trees sortira son nouvel elpee, « The Devil’s Door », le 27 février 2026. Ce disque parachève une trilogie entamée par « The Bone Carver » (2023) et « Mother-of-pearl-Moon » (2024), témoignant de la créativité inaltérée de cette formation pionnière de la scène post-punk britannique.

Sur ce long playing, And Also The Trees propose une tempête feutrée, à la fois cinématographique, poétique et intense, traversée par une veine de psychédélisme sombre. Les morceaux, portés par des textes évocateurs et des guitares orchestrales, s’inspirent de l’actualité, de la peinture à l’huile et du folklore. L’opus se distingue également par l’ajout d’instruments inattendus : la violoniste invitée Catherine Graindorge insuffle une dimension où l’univers de John Barry croise celui de Béla Bartók.

Fondé en 1979 dans la campagne du Worcestershire, le band puise son inspiration dans la dualité de la nature britannique, oscillant entre beauté et obscurité. Sa signature : des performances scéniques captivantes, une guitare électrique au jeu mandoline, des paroles imagées et des rythmes jazz ténébreux. Cette indépendance artistique, jalousement préservée depuis plus de quarante ans, a permis à la formation de s’imposer durablement sur la scène alternative mondiale.

Le combo entretient par ailleurs une relation privilégiée auprès de The Cure, partageant la scène et collaborant depuis le début des années 80. En 2026, And Also The Trees accompagnera The Cure lors de trois dates au Festival de Nîmes en juillet, précédées de concerts au printemps en Belgique, France et Grèce.

En attendant cette sortie, la formation a partagé le single, « The silver key », sous forme de clip, et il est disponible là

En concert :

7 mars : Namur (BE), La Nef De L’Eglise Notre Dame D’Harscamp

18 mars : Tourcoing (FR), Le Grand Mix

19 mars : Angers (FR), Joker’s Pub

20 mars : Lorient (FR), Hydrophone

21 mars : Cherbourg (FR), Espace Culturel Buisson

22 mars : Paris (FR), La Gaité Lyrique

4 avril : Athènes (GR), Death Disco Indoor Festival

24-26 juillet : Nîmes (FR), Festival de Nîmes (en compagnie de The Cure)

Joe Jackson

Joe Jackson, entre espoir et fureur…

‘Hello cruel world / I'm not going away / So I might as well have my say’, chante Joe Jackson sur son nouvel album, et il ne fait aucun doute qu'à un moment où beaucoup de ses contemporains ont perdu leur passion, leur talent, leur voix ou même leur vie, Jackson va de succès en succès. « Hope and Fury » pourrait bien être son meilleur opus à ce jour.

Il paraîtra le 10 avril 2026. Pour accompagner cette sortie, Joe Jackson et son groupe se lanceront dans une grande tournée nord-américaine de mai à juillet 2026, suivie d'une longue tournée européenne de septembre à décembre. Au total, la troupe accordera 80 concerts dans 14 pays.

Bien qu'il soit souvent décrit comme un artiste caméléon qui change constamment de style, Jackson insiste sur le fait que la plupart de ses elpees s'inscrivent dans son propre courant dominant : de nombreuses chansons pop sophistiquées, utilisant différents types de rythmes et de combinaisons d'instruments. En même temps, Jackson se réserve le droit de s'éloigner de ce courant dominant. Comme il l'a déclaré dans une rare interview récente pour le magazine britannique Chap, ‘J'ai toujours su que je ferais de la musique toute ma vie. Alors, de temps en temps, je vais faire quelque chose de différent, pour que ça reste intéressant’.

« Hope and Fury » revient au présent et au ‘courant dominant JJ’ pour avec neuf nouvelles chansons puissantes. Le résultat pourrait être perçu par les fans comme un croisement entre « Fool » (2019), « Laughter and Lust » (1991) et « Night and Day » (1982). À l'instar de ces long playings, « Hope and Fury » regorge de morceaux exceptionnels, de paroles intelligentes et originales et de rythmes funky, avec la voix et le jeu de clavier de Jackson plus puissants que jamais. Le morceau d'ouverture, « Welcome to Burning-By-Sea », décrit une ville balnéaire fictive inspirée de Brighton et de Portsmouth, la ville natale de Jackson, mais qui s'avère être un microcosme de tout le pays, tandis que « End of the Pier » oppose ingénieusement un aperçu de la vie de la classe ouvrière britannique en 1922 à une version post-pandémique en 2022.

D'ailleurs, cet LP est plein de contrastes, mais il est surtout optimiste, avec l'humour caractéristique de JJ très présent : du sarcasme mordant de « I'm Not Sorry » à la moquerie espiègle de « Fabulous People », en passant par la pure folie de « Do Do Do ».

Joe Jackson n'est certainement pas près de disparaître. Partageant son temps entre New York et Portsmouth au Royaume-Uni, Jackson se décrit comme ‘bicoastal’ tant sur le plan géographique que musical, et « Hope and Fury » comme du Bicoastal LatinJazzFunkRock.

 

SOFTSUN

SOFTSUN au lever du soleil éternel…

Écrit par

SOFTSUN est un trio californien/norvégien de shoegaze et post-rock formé par Gary Arce et Pia Isaksen en 2023. Son second elpee, "Eternal Sunrise", paraîtra ce 7 novembre. En attendant, il a partagé un titre, "A Hundred And Sixteen". Et il est disponible sous forme de clip là

La musique de SOFTSUN résulte d’une fusion entre les paysages sonores cinématographiques d'Arce et es compositions mélodiques et lourdes de basse d'Isaksen, accompagnées des percussions douces de Robert Garson. Son premier album "Daylight in the Dark", sorti en 2024, a été salué pour ses paysages sonores sombres et expansifs.

 

Sorry

La mascarade de Sorry…

Écrit par

Le groupe pluridisciplinaire Sorry sortira son nouvel album, « COSPLAY », ce 7 novembre 2025. Cet elpee redéfinit les paramètres établis par le groupe tout au long de sa carrière, offrant un monde où chacun peut être n'importe qui, réel ou imaginaire, vivant ou mort.

« COSPLAY » est décrit comme un tourbillon d'idées et de déguisements, distillé dans le long playing le plus passionnant et sincère de sa carrière. Il fait suite à « Anywhere But Here » (2022) et « 925 » (2020). La formation a testé le nouveau matériel lors de sa récente tournée au Royaume-Uni et en soutien à Fontaines D.C.

La chanson « Echoes », inspirée par un poème sur un garçon criant écho dans un tunnel, est un moment clé de l'opus. Elle traite de la perte de soi dans l'amour, ‘l'écho’ devenant une troisième personne.

Le ciip consacré à « Echoes », est disponible là

 

 

Sarah Maison

Les questions existentialistes de Sarah Maison

Écrit par

Sarah Maison dévoile « Exister », un nouveau single incandescent, disponible depuis le 25 juin sur Capitane Records.

Un titre rock, onirique et résolument engagé, qui annonce la sortie de son premier album « DIVAD », prévue le 19 septembre 2025. Grâce à sa rythmique obsédante et ses guitares affûtées, « Exister », dont le clip est à voir et écouter ici, est une charge poétique contre les dérives néo-libérales, une ode à la nature et un cri du cœur face à une société en surchauffe. Sarah y campe un arbre immobile au milieu de la ville, observant sans fléchir la frénésie de notre époque. Elle y interroge nos désirs, notre rapport au temps, à la productivité, à ce qui compte vraiment.

Inspirée autant par The Kinks, Al Massrieen que par l’univers hallucinatoire de Jodorowsky, elle signe ici une chanson manifeste, organique, brûlante, à la croisée de la fable et du pamphlet.

Le morceau s’accompagne d’un clip réalisé par Diane Sagnier, entre rêve éveillé et dystopie pastel. On y retrouve Sarah au milieu d’un décor enfantin truffé de Polly Pockets, d’objets pop et de mises en scène décalées.

Le contraste entre la douceur visuelle et la tension du propos renforce le message : notre monde va mal, mais il n’est pas interdit d’en rire jaune, ni de le danser.

La compo a été écrite, composée et arrangée par Sarah Maison, puis enregistrée par Steve Surmely (Studio Pipo). Elle s’inscrit dans la lignée de son tout premier single, « Western Arabisant », en creusant plus encore la veine rock et contestataire de l’artiste.

 

The Intemperate Sons

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

Écrit par

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent incomparable a attiré l'attention de Ryan Shuck et Amir Derakh - légendes dans le monde du rock grâce à leur travail pour Orgy, Dead By Sunrise et Julien-K - qui ont signé le groupe sur leur label, Frame|Work.

Formé par la famille Watson - Keith (batterie), Jake (guitares) et Max (chant, guitares, clés) - ainsi que le bassiste Mark Marks, The Intemperate Sons est une affaire de famille avec une connexion profondément enracinée qui imprègne chaque note que les musiciens jouent.

Keith, artiste chevronné connu pour avoir dynamisé des foules massives lors de projets tels que Gun Hill, Natural Born Thrillers et Agents Of Solace, pose les fondations lyriques et rythmiques du combo. Son travail sur des titres comme « Dust To Dust », « The Color Within » et « Unrealized » montre sa capacité à puiser dans les recoins les plus sombres de la psyché humaine, transformant la douleur personnelle en un rock hymnique.

Max Watson, multi-instrumentiste et leader du band, apporte un mélange unique de polyvalence et d'intensité. L'approche méticuleuse de Max en studio, où il crée sa collaboration avec Keith sur des titres comme « Way Back When » révèle une voix aussi fascinante que diffusent des harmonies vocales complexes, garantit que chaque chanson résonne à un niveau viscéral. Sa voix lyrique sur des plages comme « Faceless Man » et « Once Again » met en évidence son talent en tant que voix d'une génération.

Jake Watson, le principal architecte sonore de la formation, est un maître de la narration musicale. Son approche novatrice de l'écriture de chansons - évidente dans des morceaux comme « Remission », « Way Back When » et « Wading in the Gray » - transforme les paroles en récits puissants. Son rôle va au-delà de la musique, car sa vision artistique influence tout, de l'identité visuelle du groupe à sa présence sur scène.

Mark Marks, la force unificatrice à la basse, apporte à la fois son expérience et son groove au groupe. Vétéran de la scène musicale de Dallas, il apporte une contribution indispensable au processus d'écriture de The Intemperate Sons. Ses succès passés, dont la première partie d'icônes du rock comme Sebastian Bach, témoignent de son talent et de son dévouement.

Le partenariat avec Tony Franklin (The Firm, Whitesnake) sur ce premier long playing, « The Color Within », souligne encore l'engagement de la formation envers l'excellence, le travail de la basse de Franklin ajoutant de la profondeur à des titres marquants comme « Dust to Dust » et la chanson-titre.

The Intemperate Sons propose une approche convaincante du rock alternatif, fusionnant l'intensité grinçante du hard rock et des éléments folk et grunge. Sa musique est un voyage sombre et introspectif qui résonne dans l'âme, suscitant des comparaisons avec des combos emblématiques comme Alice In Chains, Stone Temple Pilots et R.E.M. Le lien familial entre le clan Watson se manifeste dans leur son unique - un mélange d'hymnes à la guitare et d'harmonies vocales complexes qui résonnent longtemps après le dernier accord.

La vidéo du single « Dum, radio edit » est disponible là

 

Marcel et son Orchestre

C'est pas à vous qu'ça m'arriverait

Écrit par

Après 12 ans d'attente, Marcel et son Orchestre ont gravé un nouvel elpee intitulé « C’est pas à vous qu'ça m'arriverait ». Très actifs dans les années 2000, les membres de de la formation originaire de Boulogne-sur-Mer, usés par le rythme effréné des tournées, se sont imposés un break en 2012.

Le groupe, à l’humour décapant, toujours la cervelle en ébullition, plus imprévisible et insaisissable que jamais, incarne incontestablement le représentant le plus digne que la région Nord-Pas-de-Calais.

Une étiquette malgré tout réductrice, tant les carnavaleux n’hésitent pas à s’aventurer dans de multiples directions sans jamais perdre de vue leur faculté à électriser leur auditoire pour l’inviter à danser. Une équipe de joyeux lurons, donc, pour qui une technique hors du commun n’est pas forcément une fin en soi. Il est d’ailleurs difficile d’imaginer ce qui pourrait freiner Marcel et Son Orchestre dans sa vertigineuse quête d’absolu. Mieux vaut écouter ce nouvel elpee une première fois et en conclure que l’on n’a pas fini d’en faire le tour en prenant le temps d’y réfléchir. Dans un style où l’innovation n’est pas une évidence, les Nordistes confirment leur identité tout en étant capables d’y apporter quelques touches d’originalité qui les empêchent de tourner en rond. Enfin bref, la bande à Marcel n’est pas morte !

L’opus s’ouvre par un total déjanté « Stigmatisez-Moi ». Avec eux, une seule promesse : du fun, du son et une furieuse envie de chanter à tue-tête. La fête se poursuit par « Maudit Karma », un autre morceau festif teinté de sonorités ska et reggae, qui sent bon le soleil et le sable chaud de Kingston, où ils taclent le sourire carnassier d’une Marine érigée en épouvantail utile d’un macronisme dérouté. On enchaîne par le festif et afrobeat « Autocentré », un son venu d’Angola, un kuduro bien persuasif, copieusement balisé par un ensemble cuivré très intéressant.

En mode vintage french rhythm’n’blues à la Nino Ferrer, « L’Empathie » et « Bertrand, Pas Rassurant » persistent dans cette éloquence dénonciatrice. Le rocksteady « Le Dégoût » et ses claviers façon Tyrone Downie (NDR : le Jamaïcain qui a joué en compagnie de Marley atteste que le style festif issu de Kingston coule toujours dans les veines des Marcels).

En outre, c’est ludique, enrichi d’excellentes références, de citations, de Bashung à La Reine des neiges ; comme un blind-test pour grands érudits de la chanson, à l’instar de « L’Empathie ».

Évidemment, le collectif dégage toujours cette ambiance tonitruante, entre ska, punk, afrobeat et rock insulaire. Franck, le meneur de l’équipe, est intarissable sur les riches heures des années 70/80… Branchez-lui Stranglers, Fela Kuti ou Talking Heads, et il s’emballe. Un air d’Acadie souffle sur « Dans ma Boudinette », un cajun pur jus. Introduit par quelques cris de mouettes, le funky rap en ch’ti « V’là l’Dégât » pastiche le Sugarhill Gang et Kool & The Gang, sur un flow de cuivres arrangés aux petits oignons.

Festif, déjanté, schizonévrosé à souhait et délirant !

Phi Milson

In Over My Head (Ep)

Écrit par

Originaire d'Essex, au Royaume-Uni, Phi Milson est une auteure-compositrice-interprète.

Agée de 20 ans, elle vient de graver son premier Ep, « In Over My Head », sur lequel figure ses deux premiers singles, « Closing Time » et « Thedistance », parus en 2024.

Inspirée par les textures oniriques du shoegaze et l'émotion pure de groupes indépendants comme Wolf Alice et Slowdive, Phi nous plonge dans des paysages sonores atmosphériques au lyrisme introspectif.

Elle crée des chansons brutes et sincères qui explorent les thèmes de l'identité et de la santé mentale.

À travers sa musique, elle cherche à créer une connexion, en transformant ses expériences personnelles en principes universels…

Extrait de cet Ep, « Thedistance » est en écoute là 

Podcast # 81 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Sonic Transistor

Floodgaze

Écrit par

Lorsqu’on part à la recherche d’infos relatives à cette formation, sur la toile, on a souvent le message : ‘Ce groupe n’existe pas !’

Et pourtant, Sonic Transistor est le projet shoegaze/dream-pop du producteur, compositeur et multi-instrumentiste, Giovanni Ianiro.

Né dans un village isolé des montagnes du sud de l'Italie, il s’est désormais établi à Rome.

Il a créé ce concept par passion pour le shoegaze, mais il a enrichi ce style de new-wave et post-punk.

Après avoir gravé l’Ep « Distances », en 2022, Sonic Transistor a sorti son premier elpee, « Floodgaze ».

Chaque morceau raconte l’histoire d’une personne rencontrée par Giovanni au cours de la vie quotidienne. Ces situations reflètent son besoin de croire au genre humain, malgré la déception qu'elle génère.

Issu de cet LP, « Life est en écoute ici

Podcast # 80 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Steven Wilson

Une odyssée cosmique et introspective…

Ce soir, Bruxelles s’illumine sous l’éclat d’une étoile rare : Steven Wilson, souverain incontesté du rock progressif, est de retour au Cirque Royal pour dévoiler “The Overview”, son dernier opus solo, une œuvre aussi ambitieuse qu’astrale. Six ans se sont écoulés depuis sa dernière apparition en Belgique, une absence que la tournée 2023 de Porcupine Tree, cruellement dépourvue de halte belge, n’a fait qu’amplifier. L’attente, presque palpable, des aficionados a transformé ce concert en une célébration à guichets fermés.

Par sa voûte circulaire évoquant un dôme céleste, le Cirque Royal se prête à merveille à l’univers de Wilson. “The Overview”, concept-album inspiré par l’’effet de vue d'ensemble’ – cette sidération contemplative éprouvée par les astronautes face à la Terre vue de l’espace – métamorphose la salle en un planétarium. Les projections stellaires, cascades d’étoiles et de nébuleuses, enveloppent les spectateurs, tandis que la musique, aux accents floydiens, tisse une toile sonore où s’entrelacent méditation et voyage interstellaire. Les deux suites épiques, de 23 et 18 minutes, divisées en mouvements comme autant de constellations (huit pour la première, six pour la seconde), imposent un silence quasi sacré. Ce ne sont pas de simples chansons, mais des fresques mouvantes, des spirales de notes qui oscillent entre introspection et infini.

Un film d’animation de Miles Skarin accompagne cette odyssée : un extraterrestre gris émerge d’un marais primordial, des nébuleuses annulaires palpitent à des années-lumière, des visions cosmiques dansent sous les yeux ébahis. L’effet est envoûtant, une immersion totale où le spectateur, suspendu entre la Terre et l’éther, se perd dans l’immensité.

Vêtu de noir, pieds nus et arborant un look d'éternel étudiant, Steven Wilson orchestre ce voyage avec aisance. Passant de la guitare aux claviers, il guide une formation d’exception : Adam Holzman, sorcier des synthétiseurs, Randy McStine, prodige des six cordes, Nick Beggs, ancre rythmique à la basse, et Craig Blundell, maître des percussions. McStine, benjamin de la troupe, brille malgré une entrée légèrement ternie par un réglage maladroit. Ses solos, échos vibrants de David Gilmour, s’élèvent en arabesques stratosphériques, mêlant virtuosité et émotion. Blundell, en revanche, pèche par excès de puissance : son jeu, parfois trop massif, écrase la délicatesse des autres instruments. N'est pas Gavin Harrison qui veut...

Dans "Objects Outlive Us", un riff hypnotique de 19 notes, porté par une rythmique asynchrone, évoque les spirales envoûtantes de Happy The Man (“Carousel”). Pas étonnant, quand on sait qu'Adam Holzman est un grand fan du groupe américain, comme il nous l'avait confié dans les coulisses du Trix, à Anvers, il y a quelques années.  Mais Wilson ne se contente pas de rendre hommage au passé. "No Monkey’s Paw" s’ouvre sur des textures 'ambient' dignes de Brian Eno, avant que "The Cicerones" n’ose des dissonances électroniques aux accents d’Aphex Twin. Cette fusion audacieuse entre progressif et avant-garde atteint ici une cohérence rare, un équilibre entre héritage et exploration.

La seconde pièce, "The Overview", invite à la contemplation. "Perspective" s’élève comme une aube fragile, portée par des synthétiseurs éthérés, avant que "Borrowed Atoms" ne déploie une mélancolie toute romantique. Le final, "Permanence", s’évanouit dans un murmure ambient, un écho suspendu qui semble flotter dans l’infini, abandonnant l’auditeur à la solitude majestueuse de l’univers.

Après une pause, le groupe revient pour un second acte, une plongée dans le très riche répertoire solo de Wilson. Par son aspect cosmique, “The Harmony Codex” permet de faire le lien avec la première partie mais dès les premières notes de “Luminol”, le contraste est total : fini les bidouillages électroniques et retour au bon vieux rock progressif. Les musiciens semblent apprécier ce moment, et interagissent comme s'ils étaient en pleine répétition. Le riff de basse, parfaitement interprété par un Nicky Beggs au sommet de son art, fait exploser de bonheur l'auditoire, qui manifeste son enthousiasme en tapant dans les mains. “What Life Brings” prouve, comme le dit Steven en introduction, que ses morceaux ne sont pas tous des épopées de 9 minutes et qu'il est capable d'écrire des chansons 'indie-pop' courtes et simples. Un défi largement réussi et dans le solo qui clôture la composition, Wilson prouve à tout un chacun qu'il est aussi un remarquable guitariste. Et sa PRS Singlecut Trem dorée produit un son d'une pureté hallucinante. Un grand moment.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est la reprise de Porcupine Tree, “Dislocated Day”, qui remporte le plus franc succès. Son côté plus ‘metal’ envoie le public au 7ème ciel, la majorité des fans ondulant doucement dans un lent mouvement de 'headbanging’.

‘La prochaine chanson est la plus difficile’, annonce d'emblée Wilson... ‘So, guys, don't f*ck up!’ C'est en effet une ‘impossible corde raide’ (“Impossible Tightrope”) que les musiciens franchissent avec maestria. On aurait peut-être préféré un autre titre que celui-là, vu qu'il présente des redites par rapport à “The Overview” (la vidéo) et qu'il manque de véritables mélodies. Heureusement, Wilson se rattrape, et de merveilleuse façon, grâce à “Harmony Korine”, une composition issue de son premier opus solo, “Insurgentes”: ‘Un album très important pour moi’, précise l'artiste. Le concert s’achève par "Vermillioncore", un instrumental jubilatoire, une apothéose incandescente.

Au moment du rappel, Wilson souligne qu'il ne possède pas de véritables hits, mais introduit quand même “Pariah” comme une chanson qui ‘aurait pu devenir un hit dans un univers parallèle’. Il faut dire que tout prédisposait la compo à faire mouche dans les charts. Car elle est basée sur la même série d'accords que “Purple Rain” et lorgne efficacement sur le “Don't Give Up” de Peter Gabriel, la chanteuse israélienne Ninet Tayeb apparaissant sur l'écran pour le 'contre-chant'. "Ancestral" clôture la soirée, bien que certains auraient préféré l’éclat tragique de "The Raven That Refused to Sing", que Wilson lui-même considère comme sa plus belle composition.

Finalement, ce qui frappe dans ce concert, c’est la capacité de Wilson à condenser les différentes périodes de la carrière en une encyclopédie sonore. On y retrouve les crescendos dramatiques de Porcupine Tree, des échos spatiaux, une touche d’indie-pop, mais jamais l’ombre du passéisme. Wilson ne regarde pas en arrière ; il projette sa musique vers un futur incertain, où le rock progressif devient un miroir de notre place dans l’univers, un chant fragile face à l’immensité cosmique…

Setlist :

Set 1 - The Overview :

Objects Outlive Us

The Overview

Set 2 :

The Harmony Codex

King Ghost

Luminol

What Life Brings

No Part of Me

Dislocated Day (Porcupine Tree song)

Impossible Tightrope

Harmony Korine

Vermillioncore

Encore :

Pariah

Ancestral

(Organisation : Live Nation - Accréditation: Cirque Royal)

Page 1 sur 29