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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Suede

Suede sous antidépresseurs ?

Le 10ème opus de Suede, « Antidepressants », paraîtra ce 5 septembre 2025.

En attendant, il a partagé le tout nouveau single « Disintegrate », une déclaration d'ouverture urgente d'antidépresseurs. Publiée il y a quelques jours, la vidéo réduit la performance live de Suede à sa plus simple expression.

Lors de la présentation de ce futur elpee, Brett Anderson a déclaré : ‘Si « Autofiction » était notre album punk, « Antidepressants » est notre album post-punk. Il traite des tensions de la vie moderne, de la paranoïa, de l'anxiété, de la névrose. Par ailleurs, nous cherchons tous à nous connecter dans un monde déconnecté. C'est le sentiment que je voulais donner aux chansons’.

Alors que Suede commençait à créer la nouvelle musique qui allait former « Antidepressants », il a fait volte-face. Ce qui avait d'abord été conçu comme la bande sonore d'une performance artistique conceptuelle a été mis de côté. L'expérience communautaire de masse que Suede a rencontrée au cours des trois dernières années de tournée d'« Autofiction » était si magnétique que le groupe a dû changer complètement ce qu'il allait faire par la suite. Ainsi, en 2025, Suede a transposé son approche du jeu devant un public directement dans son nouvel LP studio.

« Antidepressants » a été enregistré en direct, sous la houlette d’Ed Buller, le producteur de longue date de la formation, qui mettait déjà en forme son premier single, « The Drowners », en 1992. Pourtant, 35 ans après le début de sa carrière, Suede a le sentiment de n'en être qu'à ses débuts. ‘C'est vraiment excitant de faire partie de ce groupe. On a l'impression d'être toujours en train de pousser la créativité’, déclare Brett à propos du long playing’.

Le clip consacré à « Disintegrate », tourné en noir et blanc, est à voir et écouter

 

 

Suede

Un pacte oxymoronique pour Brett Anderson…

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Suede publiera « Autofiction », son neuvième album studio, le 16 septembre 2022…

Ce 23 mai, la formation a interprété son tout nouveau single « She Still Leads Me On » sur scène lors d'un concert en Belgique, au Cirque Royal de Bruxelles. Et la prise ‘live’ est à visionner ici

Quant à la version studio, elle est disponible en clip,

Cette chanson a été écrite par Brett en hommage sa défunte mère.

« Autofiction » a été enregistré en direct aux studios Konk au nord de Londres sous la houlette d’Ed Buller, collaborateur de longue date de Suede.

 

Suede

Intemporel…

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Assister à un concert de Suede est toujours une expérience unique. Et si on y croise des sosies de Brett, le chanteur à la dégaine unique, c’est parce que les quadragénaires reconnaissent en lui l’incarnation du sex symbol absolu. Et ce soir sera une soirée bien particulière, car il ne s’agit que de la deuxième date de la tournée, entamée la veille, jour de l’anniversaire d’Anderson, à Berlin.

Mais avant de découvrir « The Blue Hours », le 8ème opus du groupe, en ‘live’, place à Gwenno, programmée en première partie. Et force est de constater que ce set va se révéler une toute bonne surprise. Signé chez Heavenly Records, label mythique qui a hébergé Slowdive et d’autres gloires à l’époque des shoegazers, Gwenno Mererid Saunders s’est échappée des Pipettes (NDR : en compagnie desquels elle a enregistré un album, après avoir remplacé la chanteuse originelle), pour se consacrer désormais à sa carrière solo… Particularité, elle chante en en gallois voire en cornique, dialecte de la région des Cornouailles. Fervente disciple de cet idiome en perdition, elle transforme toutes ses chansons en curiosités linguistiques. Et il faut admettre que sa démarche fonctionne, y compris face à un auditoire, clairsemé au départ, mais conquis à mesure que les titres défilent. Entre une jeune Chrissie Hynde pour le look et Björk pour la voix, son concert est aérien, constellé de moments de grâce, naviguant quelque part à la croisée des chemins du shoegaze et de la new wave. Entre chaque titre, Gwenno nous encourage à apprendre des langues en voie de disparition. La poésie singulière qui nourrit ses compos et les anecdotes qu’elle raconte nous ont permis de passer un agréable moment en attendant la tête d’affiche…

Car un concert de Suede se vit, se danse et communique d’excellentes vibrations… Suede, c’est 25 ans de carrière, une séparation, 8 albums et une verve intacte, probablement le seul représentant de la britpop qui s’en est sorti parce qu’il a continué à proposer une musique de qualité. Brett pourrait d’ailleurs écrire un manuel sur la manière de diriger un team tant il se donne toujours à fond.

21 heures tapantes, Brett apparaît en ombres chinoises et se dévoile doucement sur le 1er titre de l’opus en s’époumonant : ‘Here I am !’... et comment qu’il est là !!! « As one! », première plage du nouvel album est parfait pour introduire langoureusement le combo, dont le dernier concert accordé en Belgique, remonte à deux ans. Les guitares sont denses, sombres, et le morceau s’achève brutalement pour mieux enchaîner par « Wastelands » et faire la part belle, en ce début de set, à « Blue Hours ». Brett tend les bras et la salle s’enflamme. Elle n’attendait que ce geste pour littéralement exploser, malgré le côté calme, mais intense des deux premiers morceaux. Il ne faudra pas cependant pas attendre plus longtemps pour que le naturel de Brett revienne au galop. Dès le 3ème morceau, « I do not know how to reach you », toujours issu du dernier LP, chemise déboutonnée, cheveux au vent, il serre les premières mains...          

Brett harangue la foule et aligne les classiques comme autant de brûlots, transformant l’Ancienne Belgique en une gigantesque piste de danse : « She »,  « We are the pigs » ainsi que « So young », caractérisé par sa guitare si mélancolique, défilent. « Killing of a flashboy » termine cette première salve de hits. Rarement joué en live, cette flip side de « We are the Pigs », issue du premier long playing, constitue un des moments forts de la soirée.

L’ambiance descend d’un cran à l’entame de « Tides ». Le climat devient plus sombre, à l’instar de « Roadkill » au cours duquel Brett déclame plus qu’il ne chante.

« Sabotage » est subliment réarrangé pour mieux enchaîner sur « No Tomorrow », un des titres phare de « The Blue hours ». Les guitares crissent pour mieux se préparer à un retour dans l’histoire du groupe : « Filmstar », « Metal Mickey », « Trash », « Animal Nitrate » sont autant d’occasion pour Brett d’aller prendre un bain de foule qui exulte littéralement.

L’ambiance se feutre, le groupe dépose ses instruments à l’exception de Brett qui revient sur le devant de la scène, guitare à la main pour entamer « Europe is our Playground », seul, à la sèche. Sa voix est magnifique, pure et rocailleuse. Le concert s’achève par deux titres plus paisibles, « The Invisible » et « Flytipping », alors que le public attendait des morceaux plus énergiques…

Suede referme la soirée par « Beautiful ones », toujours aussi fédérateur et « Life is golden ».

Depuis 25 ans, Suede a toujours résisté à la tentation de se transformer en autre chose que Suede. Il a certes évolué, mais son ADN est intact et c’est sûrement ce qui le différencie des autres groupes de l’époque qui n’ont pas résisté à l’assaut du temps…

(Organisation : Live Nation)

Suede

Night thoughts

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Suede, c’est en quelque sorte la réincarnation de la face la plus glam de Bowie. Ce n’est pas nouveau. A cause de Brett Anderson, bien sûr, dont la voix a toujours évoqué celle de son maître. Enfin, lors de sa période la plus décadente ; celle de « Ziggy stardust » voire de « Diamond dogs » ou encore d’« Aladdin Sane ». Pourtant, musicalement, Suede a toujours émargé à la britpop. Mais son style emphatique lui a permis de se démarquer des autres formations. Il faut cependant avouer que lors de sa séparation, en 2003, l’inspiration semblait tarie. Faut dire que depuis le départ du guitariste, Bernard Butler, on avait l’impression que le ressort était cassé. Lorsque le groupe se reforme en 2010, c’est avant tout pour se produire sur scène. Ce qui ne l’empêche pas de publier « Bloodports » en 2013, un opus d’honnête facture. Et puis ce « Night thoughts ». Un elpee précédé par la sortie d’un clip vidéo consacré à « Outsiders », relatant l’histoire d’une tragédie familiale qui a poussé un homme à se suicider, en se noyant dans la mer (voir ici).

Et de famille, il est encore ici question, tout au long de « Night thoughts », puisque thématique, cet LP traite notamment des rapports conflictuels entre le père et le fils, au cours desquels Brett a l’impression de devoir assumer les deux rôles…

Proposant 12 plages, ce long playing s’achève par trois pistes au cours desquelles on retrouve toute la grandiloquence de Suede. Des morceaux atmosphériques, mélancoliques, luxuriants, gonflés aux orchestrations symphoniques, même si la seconde version de « When you were young » est tramée sur un piano et autorise des effets électroniques. Mais venons-en aux trois premiers quarts de l’œuvre. Au cours desquels, Suede réussit la fusion entre arrangements somptueux et instrumentation basique. Parfois même en y ajoutant un zeste de psychédélisme (Love ?) Certains aspects sont cependant parfois davantage accentués. A l’instar de ce fameux « Outsiders » et de l’excellent « No tomorrow », deux plages ciselées dans des cordes de guitares limpides, cinglantes, réminiscentes de Bauhaus voir de Sad Lovers & Giants. Et lors de la deuxième, la voix overdubbée de Brett évoque tout bonnement… Bowie ! D’autres sont encore plus complexes. Comme « I don’t know how to reach you », la valse lente « Tightrope » ou encore la première version de « When you are young », qui ouvre l’oeuvre.

Et on épinglera encore le très offensif « Like kids », un titre contagieux, dont le riff accrocheur se mue en chorale d’enfants, lors de la finale. Génial ! Et comme toutes les plages de cet album se fondent l’une dans l’autre, on a l’impression de n’écouter qu’un seul morceau, démontrant ainsi que ce « Night thoughts est bien conceptuel…

 

Suede

Epique…

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Suede, vieille gloire britpop est de retour, ce vendredi 1er novembre, à l’Ancienne Belgique. Le groupe, qui avait été gratifié d’un prestigieux ‘Meilleur groupe anglais’ par feu le Melody Maker, en 1991, alors qu’il n’avait gravé qu’un single, s’était séparé de son guitariste, Bernard Butler en 1994, après la sortie de « Dog Man Star », somptueux album, considéré comme un classique des nineties. Richard Oakes avait ensuite rejoint le line up. Suede a cependant splitté en 2003, le temps de laisser à leur charismatique leader, Brett Anderson, de commettre 4 albums solo et de partir en tournée, dans la foulée. La formation décide néanmoins de se reformer en 2010, uniquement pour se produire sur les planches. C’est au départ, ce qui est prévu. Elle participe aux festivals et visite les salles entre 2011 et 2012 ; et finalement entre en studio. Alors que les Pixies et Blur peinent à concevoir un single, Suede 2.0 publie « Bloodsports » début 2013, un elpee particulièrement bien reçu par la critique, un disque digne des premiers long playings.

L’AB est pleine à craquer, ce soir de Toussaint. Le concert affiche sold-out depuis quelques mois. Le combo envisage d’immortaliser ce set sur un disque ‘live’, ce qui nous autorise à penser que la prestation sera épique… Et elle le sera…

Le show s’ouvre par « Europe is our Playground », une compo qui baigne dans une douceur presque sensuelle. « Barriers » opère le lien entre l’ancien et le nouveau répertoire. Une manière de bien équilibrer le tracklisting. Qui aligne ensuite des titres du dernier long playing. Des morceaux aux rythmes plus marqués. Le public est extatique. Brett danse de façon frénétique. « Snowblind » constitue le premier moment de grâce de la soirée ; et les ‘hoo hoo hoo’ résonnent majestueusement dans la salle. Quand retentit « It starts and ends with you », notre cœur se met à battre plus vite, et l’auditoire communique son enchantement en sautillant sur le parquet. « Filmstar », « Trash », « Animal Nitrate » s’enchaînent sur un rythme endiablé. Brett Anderson n’hésite pas à prendre l’un ou l’autre bain de foule. Le climat devient incandescent. On sent venir la petite mort, lorsque les paroles de ‘We all watch them burn’, tirées de « We are the pigs », se transforment en litanie hypnotique. « He is gone » rend hommage au père de Brett, décédé en 1989. Un moment de recueillement judicieux en ce 1er novembre. « Still Life » nous réservera le deuxième moment de grâce. Et Suede de clore les débats par une trilogie de morceaux incontournables, dont « So Young » et « Metal Mickey », qui figurent sur le premier opus (NDR : éponyme !) et « Beautiful Ones », extrait de « Coming up ». La foule entre alors en plein délire, jouissant pleinement du moment présent. Suede ne concèdera cependant qu’un seul rappel ; en l’occurrence « Hit Me », deuxième single issu du dernier LP.

J’ai rarement vu un public entrer dans une telle transe, à l’AB. En général, il reste statique ; mais pour la circonstance, il bondissait en cadence, fustigé par un Brett Anderson plus entertainer que jamais, un Brett se livrant même carrément à son auditoire, en allant plusieurs fois à sa rencontre, tout en continuant à chanter. On sent qu’il aime ce qu’il fait, qu’il aime être là. Une vraie belle soirée et assurément un des concerts à épingler pour cette année 2013…

(Organisation Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Suede

A new morning

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Souffrant, le claviériste Neil Codling a donc été remplacé par un deuxième guitariste, qui répond au nom d'Alex Lee. Facile donc d'imaginer que Suede en soit revenu à une formule plus électrique. Pas du tout. Hormis le très enlevé " Street life " (Roxy Music ?), une superbe chanson sordide, up tempo, tempétueuse, presque britpop, traversée par un harmonica cinématique, intitulée " Obsession ", et " Beautiful lover ", dont les arpèges méticuleusement tissés font immédiatement penser au style que pratiquait Bernard Butler, l'électricité est toujours aussi discrète. Ce qui n'empêche pas ce disque de receler quelques chouettes compositions. Et je pense tout particulièrement au hit single " Positivity ". Pur jus Suede, il est enrobé de somptueux arrangements de cordes. Tout comme le tendrement folk " Lonely girls ". Si l'hymnique " One hit to the body " ou encore le ‘lennonesque’ " Astro girls " ne manquent pas d'allure, le reste s'enlise un peu trop facilement dans la balade sirupeuse. Dépouillée aussi. Un dépouillement qui ne sied guère à des chansons aussi nonchalantes (NDR : qui a dit soporifiques ?). Je me demande même ce que Stephen Street est venu faire à la production. Il avait pourtant pris le relais de Tony Hoffer, dont la bande à Brett Anderson, n'était pas satisfait. Mais en participant à la mise en forme d'un opus trop inégal, il n'a certainement pas enrichi sa carte de visite…

 

Suede

Head music

En enregistrant sous la houlette du producteur des Happy Mondays, Steve Osbourn, Suede prenait le risque d’être contaminé par la dance. Il n’en est rien. Bien sûr, on y ressent la griffe très personnelle de Steve, qui n’a d’ailleurs pas lésiné sur les boucles, samples et autres bidouillages, dont il a le secret. Plusieurs compositions de " Head music  " épousent ainsi un profil funk plus ou moins marqué. Et on pense tout particulièrement au single kravitzien " Electricity ", au fiévreux, languissant et sensuel " Asbestos " ainsi qu’à " Savoir faire ", qui s’ébroue dans un climat " Prince ", avant d’évoluer vers le trash de T Rex. Mais Suede ne s’est pas seulement contenté de soigner son groove. Accordant, suivant sa bonne habitude, une bonne place, au raffinement des arrangements. Comme sur la ballade pure Suede " Everything will fly ". Ou lorsque les orchestrations flirtent allègrement avec l’Orient. Tout d’abord sur " Indian Strings ". Et puis également tout au long de " She’s in fashion " ; même si la chanson est enrichie d’un piano électrique jazz funk post Steely Dan et abordée avec une attitude glamour, plus Cockney Rebel que Bowie. Un Bowie dont le spectre, traversé d’éclairs d’électricité " Frippertronics ", plane au-dessus d’ " Elephant man. Mais également sur " Hi fi ", sorte de " Station to station " revisité par le Human League adolescent. Et dans le domaine de l’alternatif, Suede a encore fait plus fort. Sur le luxuriant " Can’t get enough ", un morceau qui navigue à la croisée des chemins du Chicago Transit Authority, circa " I’m a man ", de la cold wave joydivisionnesque de " She’s lost control " et du psyché punk de Sonic Youth. Excusez du peu ! Autre innovation, Neil Codling, le claviériste, et Richard Oakes, le guitariste, commencent à participer à la composition, alors que de son côté, Brett Anderson s’est mis à la guitare, mais acoustique. Et dans cet exercice, ce n’est pas un manchot…

 

Suede

Sci-fi lullabies

Double compact disc, " Sci fi lullabies " réunit les faces B des singles de Suede enregistrés depuis 1992. En d'autres termes, les titres subsidiaires de leurs singles. 27 en tout. Le box est en outre enrichi d'un booklet de 32 pages, conçu par Peter Saville, booklet qui inclut toutes les paroles des chansons. Du bon, du moins bon, mais également d'excellentes choses sur ce recueil. Notamment " My insatiable one ", repris plus tard par Morrissey. " To the birds ", " The big time ", " Europe is our playground ", " The sound of the streets ", " My dark star " et " Killing the flash boy "...

 

Suede

Coming up

Après un album de qualité plutôt médiocre, conjugué au départ de Bernard Butler, guitariste génial, considéré comme le principal moteur du groupe, rien ne laissait prévoir un avenir pavé de bonnes intentions pour ce groupe britannique, pourtant doté de rares qualités. Qui aurait donc pu imaginer que Suede sortirait un troisième CD d'une telle classe? Un opus qui démontre également qu'Oakes, le substitut, possède des qualités de guitariste et de compositeur exceptionnelles; au moins égales à celles de Butler. Musicalement, " Coming up " est un voyage intemporel entre les seventies et les nineties. Une croisière faisant escale dans la période angélique, glamoureuse de T-Rex, dans le groove excitant d'un Bowie du plus grand cru (Ziggy Stardust?), de Pulp (mais alors privé de synthés), et même de Babyloon Zoo! Un tout bon album qui risque fort bien de figurer parmi les meilleurs de l'année...

 

Suede

Brett de scène ou Brett de cirque ?

Pour repérer Brett Anderson, le chanteur de Suede dans le palace bruxellois où il reçoit les journalistes, pas besoin d'une tête chercheuse. Le grand gaillard –sorte de Valentin le Désossé en quête de sa Goulue– a remplacé le chapeau déformé par une belle mèche transversale qui lui barre les sourcils. Il tranche nettement d'avec tous les autres clients. Son accoutrement d'abord, ses manières surtout, font ‘star en terrain conquis’. Tout est noir chez lui, parce que c’est une couleur qui vous investit quasi immédiatement d’une apparence d’artiste, allez savoir pourquoi… Les cheveux ? Noirs. La chemise ? Noire. La barbe d'un jour ? Noire. Le jeans ? Noir. Les chaussettes ? Noires. Les yeux ? Bleus…

Brett, chanteur-leader à la grosse boucle d'oreille en argent, est évidemment présent pour présenter ‘Coming up’, son nouvel album, le 3ème de Suede, le plus ambitieux peut-être, le plus réussi sans doute. Parce que, pour une fois, le groupe anglais a mis en sourdine son immense arrogance pour vraiment travailler un disque qui contient, dès lors, de très bons moments (‘Film star’, par exemple). "‘Coming Up’ n'est pas un album moins sophistiqué que ‘Dog Man Star’. Disons qu'il est sophistiqué différemment", avoue un Brett sans trop de sympathie, mais sans trop de prétention non plus…

Eclipse volontaire

L'album dure 43 minutes, c'est-à-dire à peu près exactement la durée d'un bon vieux vinyle... "Là, c'est un hasard. En fait, on recherchait un format plus pop, plus direct, on voulait aller à l'essentiel. Le but était de réunir une dizaine de chansons, les plus immédiates possibles, quitte à en éliminer certaines. Les CD, selon moi, sont actuellement beaucoup trop longs. Et on perd quelque chose à ainsi rallonger la sauce. L'impact est dilué. On a donc choisi de choisir, si je peux ainsi m'exprimer."

Brett ne masque pas que ce disque-ci est important. Pas parce qu’il s’agit du 3ème elpee de Suede et que traditionnellement, c'est un disque qui ‘installe’ un groupe, mais les circonstances sont telles que Suede, monté au pinacle par une presse dithyrambique et quelque peu décalée, joue gros ; ca passe ou ça casse, comme on dit... "Bien sûr qu'il y a de l’enjeu, la vie est un grand enjeu. Chaque album est un pas important, il faut se concentrer pour qu'il soit le meilleur possible. L'échec, c'est la même chose, tu dois l'envisager! Ce n’est d’ailleurs pas propre à la musique ! L'échec, dans la vie, on y est confronté tôt ou tard. Mais là, j’ai une grande confiance : l'album que nous avons réalisé est excellent, j'en suis sûr. Je n'ai donc même pas à évoquer la possibilité qu'il se plante!"

Faut dire aussi que depuis l'éclipse volontaire de Suede, un autre groupe anglais a obtenu un retentissant succès mondial qui pourrait faire de l'ombre à Brett et ses sbires. "Non, Oasis n’est pas un sujet dont tout le monde me parle, contrairement à ce que tu crois... Mais je veux bien l'aborder. Pour dire qu'il n'existe pas de parallèle à établir : notre musique n’a rien de comparable."

Mais enfin, Brett, leur succès risque quand même de ternir, juste un petit peu, l'image flamboyante de Suede, non ? "Chacun doit miser sur ses qualités propres. Je veux bien qu'il y ait entre les groupes une certaine forme de compétition. L'émulation peut être bénéfique. Mais en aucun cas, elle ne doit tourner à l'obsession, parce que ce ne serait sûrement pas bon pour la créativité de l'un ou de l’autre…"

Du charme des répétitions

Pendant les deux ans où il a n'a pas été très présent dans les médias, Suede a répété intensivement, presque jusqu'à plus soif. Après le départ du guitariste Bernard Butler –responsable des compositions de deux premiers disques, il avait claqué la porte lors de l'enregistrement de ‘Dog Man Star’– il s'agissait d'apprendre à se connaître, vu l’arrivée de deux nouveaux membres : Richard Oakes, jeune guitariste inconnu au bataillon, mais à qui Brett, seul contre tous, a toujours accordé une confiance sans limites, et Neil Codling, cousin du batteur et premier claviériste à rejoindre officiellement le groupe. "Après ces différents changements de personnel, il fallait que nous donnions l’impression d’être un vrai groupe, pas une belle construction hi-tech montée en studio. On a choisi les répètes et je crois que c'était la bonne direction à prendre. C'était de toute façon nécessaire pour devenir un groupe soudé, qu'on sente cette alchimie particulière entre nous…"

Pourtant, la chanson ‘Chemestry between us’ ne parle pas vraiment des relations à l'intérieur du groupe. "C'est plutôt une chanson sur la drogue", explique Brett. Grand défenseur de l'ecstasy, le chanteur aborde fréquemment le sujet au cours de ses interviews, particulièrement en Angleterre. Alors Brett, c'est toi qui aimes en parler ou ce sont les affreux journalistes qui t'y forcent continuellement ? "Sans doute un peu des deux. C'est vrai que j’aime causer de la dope. Mais je crois aussi que certains journalistes m'y entraînent, estimant que le sujet est vendeur".

Sur le nouveau disque, on peut être un chouia irrité par les effets de voix élaborés à l'électronique. De la réverbération au max, de l'écho en pagaille... On ne supporte plus sa voix quand elle est nature, mon bon Brett ? "Ce n’est pas la raison. Plutôt par goût personnel. Et puis, je sens que la mode va conduire à ce genre d'effets de voix. Je ne peux dire autre chose… "

Une nouvelle fois, dans ce genre de décision, Suede montre tout l'excès dont le groupe est coutumier. Pourquoi se sent-on toujours obligé d'être excessif chez Suede "C'était peut-être vrai dans le passé. J'ai peut-être montré cette tendance ; mais je n'éprouve plus ce sentiment aujourd’hui. Je suis le chanteur d'un groupe. Mon extravagance est naturelle et sincère, d'ailleurs elle ne marcherait pas si elle était feinte ! Sur scène, je n'ai jamais eu l'impression d'incarner un personnage, d'avoir un rôle à jouer. Jamais! Parce que j'y suis moi. Cela dit, je comprends que les gens se posent la question. Même après être monté des centaines de fois sur scène, je ne peux pas affirmer qu’il soit tout à fait normal de chanter devant les gens, d'être le frontman d’un groupe de rock… J’aurais pu devenir une caricature, un chanteur à la Marc Almond, mais je suis quelqu’un de nature. Je reste très spontané, même sur scène."

Questions nulles et à chier

Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment?

Les oiseaux et le trafic essentiellement

Tu veux dire les Byrds et Traffic, c'est ça?

(rires) Non, non, le chant des oiseaux et le bruit du trafic...

Je voulais parler de musique...

J’avais compris. J'écoute beaucoup de trucs, des trucs nouveaux, et les classiques comme Bowie, les Sex Pistols.

Tu as été les voir sur scène?

Non, non, je suis beaucoup trop jeune pour les avoir vus sur scène.

Je voulais dire : récemment, suite à leur reformation...

Quelle reformation? Franchement, s'ils se sont reformés, je n'en ai rien à foutre.

C'est vrai que tu n'as jamais lu de livre?

Pas tout à fait, j'ai dû en lire l'un ou l'autre, dont ‘1984’ de George Orwell, qui est bien. Sinon, lire c'est emmerdant. Je ne lis pas.

Tu es plus heureux aujourd’hui que pendant ton adolescence?

Je crois, oui. Même si l'adolescence est une période de découvertes exaltantes. J'ai gardé de très bons souvenirs de la première fois où j'ai fait l'amour, de la première fois où j'ai pris de la drogue.

Si quelqu'un devait reprendre Suede, tu préférerais que ce soit qui?

(long silence) Frank Sinatra !

Pour l'argent que ça pourrait te rapporter?

Oui, bien sûr... Indépendamment de lui, je serais flatté si Kate Bush nous reprenait. Jacques Brel aussi, ce serait bien…

(Article paru dans le n° 46 de septembre 1996 du Magazine Mofo)

 

Suede

Dog Man Star

Il y avait longtemps que nous n'avions plus émis des appréciations différentes sur un même sujet. Le deuxième opus de Suede nous en a pourtant donné l'occasion...

Guy : Si "Dog Man Star" n'accroche pas instantanément, c'est parce qu'il nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié. Il recèle plusieurs perles, parmi lesquelles le single "We Are The Pigs" s'inscrit parfaitement dans la lignée des "Metal Mickey" et "Animal Nitrate". Mais ne vous attendez pas, pour le reste, à une débauche d'électricité crépitante, sournoise. Car les dix autres fragments pétillent dans un univers aux arrangements tantôt synthétiques, tantôt symphoniques, inoculant une passion rafraîchissante, suavement sophistiquée aux mélodies, que sensualise la voix ‘cockney’ de Brett...

Bernard : Désolé, mais ces orchestrations pompeuses, grandiloquentes me rappellent la décadence de l'empire du rock progressif. Pas encore à la solde d'Emerson Lake & Palmer et de Barclay James Harvest, mais avec le même esprit. Hormis ce fameux single, probablement oublié sur le premier elpee, le neo glam de ce "Dog Man Star" me semble beaucoup trop mélodramatique et poseur pour être honnête. Je comprends mieux pourquoi le guitariste Bernard Butler s'est taillé à l'issue de l'enregistrement de ce morceau de plastique...