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Takana Zion

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Né un 30 juin 1986 à Conakry, capitale de la Guinée, Zion Takana se sent très tôt interpelé par les inégalités dont sont victimes ses compatriotes ; et en règle générale la majorité de la population vivant sur le continent africain. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers un des seuls moyens d’expression autorisés sur cette partie de la planète : la chanson. Ses racines et ses goûts musicaux le poussent immédiatement vers un style qui oscille entre le rap et le reggae. Bien vite cependant, c’est ce dernier courant qui emporte ses suffrages. Le reggae est en effet un des styles musicaux les plus appropriés pour véhiculer tous les désespoirs et toutes les douleurs des hommes de couleur.

Responsable, entre décembre 2006 et janvier 2007 d’un premier pamphlet intitulé « Zion Prophet », pour lequel il avait reçu la collaboration de Manjul (rencontré à Bamako au Mali où il s’est exilé), Takana réalise et produit ce second album deux années plus tard.

Takana nous propose 13 plages d’un reggae tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Ses influences oscillent, à l’instar de nombreux interprètes du genre, entre Tosh, Marley et Joseph Hills. Entre autres. Contrairement aux deux premiers cités, Takana a l’audace d’interpréter la plupart de ses compos dans son idiome natal, le Soussou ; mais il n’hésite pas à utiliser l’anglais ou le français afin de toucher un public plus large encore.

Afin d’insuffler davantage d’authenticité à sa musique afro-jamaïcaine, Takana n’a pas hésité à demander la collaboration des chanteurs Victor Démé (Burkina Faso) et Winston McAnuff (Jamaïque), chacun pour un morceau. Il a également fait appel au grand ingénieur du son anglo-jamaïcain Godwin Logie, responsable de la mise en forme des meilleurs albums de Steel Pulse et Island de la grande époque, qui a, avec un énorme enthousiasme, accepté de mixer l’album.

On peut être sûr que cet album ne figurera pas au top des ventes. Sûr aussi que Takana Zion restera pour beaucoup d’entre nous un parfait inconnu. Cependant, si vous en avez l’occasion, tendez l’oreille. En effet, il est toujours agréable d’entendre et de remuer aux sons de ces rythmes ‘ensoleillés’ qui font référence aux grands du reggae. D’autre part, vu la noblesse du combat mené par Takana, il mérite évidemment tout notre respect.