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The Fall

L’ultime chute de Mark E. Smith

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Mark E. Smith, le cerveau de The Fall, est décédé ce mercredi 25 janvier. Il avait 60 ans. Il avait été hospitalisé en 2017, suite à de graves problèmes de santé. Décidément, la nécrologie du début de l’année 2018 est aussi meurtrière que celle qui a entamé 2016…

Mark E. Smith avait fondé The Fall en 1977, à Manchester, groupe au sein duquel plus de 60 musiciens vont transiter au fil de son parcours. Faut dire qu’il a souvent été considéré par ses musiciens comme un despote. Il reconnaissait pour influences majeures, Elvis Presley, le Velvet Underground, Can Faust et le rockabilly. Expérimental, son post punk a marqué des tas de groupes ou artistes, dont Pavement, Franz Ferdinand, Happy Mondays, LCD Soundsystem, Suede, Mouse on Mars, les Pixies et la liste est loin d’être exhaustive. Sans oublier Sonic Youth, dont la noisy a même été considérée tout un temps, comme la réponse américaine à The Fall. Mais ce qui rendait l’expression sonore si caractéristique, c’était la voix déclamatoire et acrimonieuse de Mark, dont les textes abordaient des sujets propices à la polémique, comme par exemple, les tares de la société britannique. Boulimique autant que créatif, il a également écrit des articles pour la presse ainsi qu’une autobiographie, monté une pièce de théâtre et même collaboré à la création d’un ballet, outre la publication d’une trentaine d’albums, en quarante ans de carrière, sans compter ses coopérations et ses rôles d’acteur pour la TV ou le cinéma. Feu John Peel en était un fervent admirateur. Début des années 80, sous l’influence de Brix, alias Laura Elise, qui sera tout un temps son épouse, ses compos deviendront relativement plus accessibles et surtout davantage mélodiques (NDR : « M. Pharmacist » et la cover du « Victoria » des Kinks » en sont certainement les plus beaux exemples), avant d’en revenir, après la séparation, à une musique plus élaborée. Ce qui explique sans doute pourquoi, de véritable succès commercial, The Fall n’en a jamais connu. Confronté à des problèmes liés à l’alcool, il affichait un physique filiforme. Il n’empêche qu’il était, et restera toujours, une référence incontournable dans l’histoire du rock…

RIP

The Fall

Vol au-dessus d’un nid de coucou…

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The Fall est une formation mythique mancunienne née en 1976. A sa tête, Mark Edward Smith, un leader imbuvable qui doit avoir consommé une bonne trentaine de musiciens en 35 ans de carrière (NDR : il est âgé de 55 balais !) Mais il est aussi une figure culte qui a eu une influence prépondérante sur la scène underground. Même s’il appartient au mouvement post punk, il est à la noisy insulaire ce que Sonic Youth est à la noisy américaine. M’enfin ne soyons pas trop réducteur, puisqu’un jour le célèbre Dj insulaire John Peel a déclaré, au sujet de la formation britannique, qu’elle était toujours différente, mais toujours pareille. Sans doute parce que le goût prononcé pour l’expérimentation, affiché par Smith, n’a jamais été pris en défaut. Et les 27 albums publiés à ce jour en sont la plus belle démonstration. Le groupe se produisait donc ce mardi 6 mars à l’Aéronef de Lille, devant un peu plus de 300 personnes.

Il doit être 9h40, lorsque les musiciens montent sur les planches et entament une longue intro instrumentale. Un drummer, un bassiste, un guitariste et une claviériste habillée de rouge, un sac en bandoulière. Il ne lui manquait plus que le bonnet de laine, et elle pouvait aller faire son shopping à Oxford Street. Mark E. Smith débarque ensuite sur le podium. Chemise blanche, pantalon de tergal, veste en cuir, mince comme un fil de fer, son physique ressemble plutôt à celui d’un alcolo. Quant à son faciès, on dirait un hybride entre Michel Daerden et feu Raymond Goethals. Il a quatre micros à sa disposition, mais régulièrement, vient se servir de celui du gratteur ou de la claviériste. La musique est hypnotique, pour ne pas dire répétitive. Mais elle est diablement excitante. C’est toujours du post punk impétueux et sans concession, malgré les interventions un peu kitsch, aux sonorités eighties, dispensées par la claviériste… Smith déclame ou plus exactement braille des mots incompréhensibles. Tout au long du set, il laisse tomber ses micros (NDR : apparemment, ils sont incassables !), les ramasse, ne sait plus trop bien ou il les replace, et semble parfois surpris, lorsqu’il empoigne un support, au sommet duquel son porte-voix a disparu. Quand il ne déblatère pas, c’est pour déambuler sur l’estrade, afin de dérégler les amplis ou jouer sur les modulations du son. Ah oui, il lui arrive aussi de tripoter un micro-ordinateur. On ne sait d’ailleurs pas trop à quoi il sert. Le type doit avoir un grain, et on se demande si on n’est pas occupé d’assister pas à un remake du film ‘Vol au-dessus d’un nid de coucou’, avec Smith dans le rôle de Nicholson. Tout un cinéma au cours duquel, ses musicos restent imperturbables. En outre, ils sont très talentueux. Et tout particulièrement le drummer. Il est même époustouflant. Progressivement, on est totalement envoûté par le set. Et on ne sait vraiment pas pourquoi…

The Fall va même accorder un rappel de deux morceaux, avant d’abandonner un public séduit, mais interloqué…

(Organisation Aéronef)

 

The Fall

Fall heads roll

Écrit par

Près de trente années que Mark E. Smith a fondé son Fall (en référence à ‘La chute’ d’Albert Camus) ; et nonobstant les multiples (NDR : et le mot est faible !) changements de line up intervenus au cours de toute cette période, ce groupe est demeuré un des seuls de la période punk à avoir survécu tout en demeurant fidèle à ses principes. Cependant, établir la discographie exacte de cette formation est un exercice périlleux auquel je ne me risquerai pas. Elle doit compter à son actif entre 40 et 50 albums et une soixantaine de singles et/ou Eps, dont certains ne sont pas tout à fait officiels, d’autres sont parus sous un nombre limité lorsqu’ils n’ont pas été réédités, parfois sous un tracklist ou un emballage différent. Sans oublier les Peel Sessions ! Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à visiter le site non officiel du groupe qui me paraît plus ou moins tenir la route…

Mais venons-en à ce « Fall heads rock » que certains médias ont déjà taxé d’album le plus accessible du Fall. Une conclusion toute relative, car si les 14 morceaux de ce « Fall heads roll » captent plus aisément l’attention, la plupart d’entre eux n’en sont pas moins toujours aussi sauvages, féroces et viscéraux ; la parodie reggae « Ride away », le méditatif « Midnight in aspen », le mélancolique et bouleversant « Early days of channel führer » et la cover du « I can hear the grass grow », du Move, un hit que la bande à Roy Wood et à Carl Wayne avait décroché en 1967, constituant les exceptions qui confirment la règle. Bref, depuis l’hypnotique « Pacifying joint », abordé dans l’esprit de Devo, à l’allègre « Breaking the rules », en passant par l’hymnique et irrésistible « What about us ? (MC5 rencontre les B52’s), le frénétique « Assume » (Stranglers ?), nonobstant ses cordes de guitare bringuebalantes, les 7 minutes de l’obsessionnel, presque post-industriel « Blindness », les rockabilly « Bo Demmick » (NDR : dont la section rythmique semble avoir été pompée sur la bande sonore de ‘Visa pour le monde’, un jeu ‘ertébéen’ programmé il y a un bon quart de siècle) et « Clasp hands » (NDR : survolté celui-ci) ainsi que le stoogien « Youwanner », le groove fallien est omniprésent. Le tout infiltré régulièrement par le synthé kitch de sa nouvelle épouse, Eleonor. Et bien sûr parcouru par le marmonnement menaçant, nasillard de Mark, dont les lyrics sont toujours aussi satiriques et sardoniques. En final, le leader laisse pourtant les rênes à son groupe. Il y cède même les vocaux ! Comme s’il voulait contempler son œuvre…

 

The Fall

Oswald defence lawyer

Sincèrement, pour s'y retrouver dans la discographie du Fall, il faut vraiment être un inconditionnel du groupe. Et connaître leur histoire jusqu'au bout des ongles. En vingt années de carrière, Mark E Smith doit avoir gravé plus de vingt albums studio, une volée de singles, être victime d'une multitude de bootlegs et bien sûr faire l'objet de compiles et de gravures "live" en tous genres. Depuis quelques semaines, on constate d'ailleurs une recrudescence de ces deux derniers types de recueils. Le label "Receiver" a ainsi sorti successivement "Sinister waltz", "Fiend with a violin" et cet "Oswald defence lawyer". Ce dernier enregistré en public, d'ailleurs. Un elpee qui inclut la fameuse cover des Kinks, "Victoria", et puis surtout "Frenzy", "2 x 4" ainsi que "Guest informant", témoignages de la participation de Brix Smith, ex épouse de Mark. Dommage que le booklet ne se montre pas plus précis. Car, les titres repris sur ce morceau de plastique reflètent un aspect plutôt fidèle de leur feeling ‘live’...

 

The Fall

Cerebral Caustic

Le Fall doit certainement être un des rares groupes qui ne connaît absolument pas le mot compromis. Et pourtant, il en est à son 25ème elpee. Un fameux record pour une formation qui existe depuis dix-sept ans. Enfin, pas sous le même line-up, mais bien toujours sous le même leadership. Celui de Mark E Smith, bien entendu! "Cerebral Caustic" est cependant marqué par le retour de son ex-épouse. A la basse, bien sûr. Brix ne s'était d'ailleurs plus manifestée au sein du groupe depuis son divorce prononcé en 1989. Pas de mauvaise surprise sur cet opus, puisque Mark continue de dispenser ses observations acerbes, spirituelles, austères, voire impénétrables, dans son style vocal si caractéristique. Monologue âpre et radical que vulcanise ce bubblegum captivant, hypnotique, au feedback capricieux. Mark nous réserve même une petite surprise dont il a le secret. Un titre totalement expérimental, post industriel, cérébralement caustique(!), "Bonkers in Phoenix"...

 

The Fall

Middle Class Revolt

Aussi prolifique qu'imprévisible, Mark E Smith a enregistré la bagatelle de dix-huit albums depuis 1976. Soit une moyenne d'un elpee par année. Une performance hors du commun pour un artiste qui ne s'est jamais laissé submerger par l'évolution du temps ou des modes. Mieux encore, ces paramètres, il les a toujours anticipés, pour ne pas dire prophétisés. Et pourtant sa musique complexe, radicale, répétitive est toujours aussi reconnaissable. A cause de cette sensibilité chaotique qui transpire de ses mélodies. De sa voix laconique, impénétrable, glaciale, sorte de monologue ésotérique qui lui permet de marmotter ses lyrics merveilleusement enchevêtrés. Mais chaque elpee exhibe une nouvelle facette de son rock kaléidoscopique. Pour "Middle Class Revolt", il a ainsi recours tantôt aux cordes de guitares acoustiques fastueuses, capricieuses, tantôt aux claviers fluides, volatiles. Une œuvre fatalement difficile à décoder. Mais tellement fascinante et hypnotique, qu'il est inutile de lui résister...