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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Travis

10 songs

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Le mélomane lambda imagine certainement que Travis a disparu des radars depuis un belle lurette et que son nouvel elpee coïncide avec une reformation récente. Pas du tout ! Fondé en 1990, le combo écossais ne s’est jamais séparé, même s’il y a eu du changement au sein du line up ; en outre, il a continué à se produire en ‘live’ et compte aujourd’hui 9 albums studio à son actif. Simplement, depuis 2003, il s’est toujours écoulé un temps certain entre la sortie de ses albums. Son tour premier (« Good feeling ») est d’ailleurs paru 7 ans après sa formation.

Pour enregistrer ce « 10 songs », le band a reçu le concours de Jason Lytle (Grandaddy), du maître de la steel guitar Greg Leisz (il a notamment collaboré aux albums de Ryan Adams, Beck, Eric Clapton, Joe Cocker, Joni Mitchell, Bruce Springsteen, Wilco et la liste est loin d’être exhaustive) et de Susanna Hoffs (Bangles) pour un titre. En l’occurrence « The only thing », une plage enrichie d’arrangements symphoniques, au cours de laquelle elle partage un duo avec Fran Healy. Des arrangements qu’on retrouve sur la ballade romantique classique, « Kissing in the wind ».

La plupart des compos sont construites sur des accords de piano sémillants. Ils sont même martelés tout au long de l’excellent « Valentine », un morceau qui s’ouvre en acoustique avant de virer à une forme d’électricité glamoureuse que n’aurait pas renié Elbow voire Blur. Le meilleur titre de l’opus !

Sans quoi on retrouve la voix mélancolique, parfois un peu gémissante de Fran, ces cordes semi-acoustiques et ce sens mélodique mélancolique qui rendent les chansons de Travis, si familières.

Energique, « A ghost » est hanté (?!?!) par Marcus Mumford, la piste s’autorisant un intermède au cours duquel piano, drums et (contre)basse adoptent un profil jazzyfiant.

Le reste du long playing nous réserve d’inévitables ballades romantiques qui devraient séduire le public féminin, des ballades parfois mid tempo ou encore soulignées de chœurs angéliques, à l’instar de « Nina’s song » ou de « Butterflies »…

Un album plein de charme mais qui nous replonge un peu plus de 20 ans dans le passé…

Travis

Ode to J. Smith

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Lorsque Travis sort son premier album en 1997, on ne peut que tomber sous le charme de leur musique à la fois énergique, électrique et mélodique. Même Oasis se proclame fan du groupe. Ce qui explique sans doute pourquoi la presse britannique va comparer leur « Good Feeling » au « Definitely Maybe » de la bande aux frères Gallagher. Et puis, on ne sait pas trop pourquoi, la formation écossaise va s’évertuer à rechercher la pop song parfaite. En oubliant ce qui avait fait sa marque de fabrique. Bien sûr, des hits comme "Why Does It Always Rain On Me?" ou encore “Sing” vont faire un malheur dans les charts. Et des groupes comme Keane, Coldplay ou encore Starsailor vont reprendre leur concept originel à leur compte. Et Travis alors ? Ben, il continuera bien à sortir des disques ; mais il sera incapable de se remettre en question et deviendra un autre groupe de

« Ode to J. Smith » constitue donc son sixième opus. Un elpee au cours duquel le combo écossais s’est enfin réconcilié avec la fée électricité. Enfin, sur la moitié de l’opus. A l’instar de « Chinese blues » contaminé par un son sale et hanté un piano omniprésent. Du titre maître déchiré entre angélisme et agitation. Du vivifiant « Something anything », une plage très rock, caractérisée par ses rythmes contrastés. De « Broken mirror », réminiscent de Radiohead circa « The bends ». Malheureusement, sur la seconde partie de l’album, l’intensité faiblit. Il y a bien encore ça et là quelques nappes de brouillard d’électricité. Mais aussi et surtout des ballades (« Quite free » aurait même pu figurer au répertoire de Coldplay !), des berceuses mélancoliques ou allègres. Un clin d’œil adressé aux Thrills (« Last words »). Mais plus rien de vraiment transcendant. 

 

Travis

12 memories

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Au voleur ! On a piqué les guitares électriques de Travis. J'exagère, mais c'est le sentiment que l'écoute de ce " 12 memories " m'a laissé. En fait, hormis pour le chatoyant " The beautiful occupation ", fragment qui aurait pu célébrer une hypothétique rencontre entre les Nits et les Beatles (NDR : écoutez ces voix et ces contre voix !) et le cinglant, vivifiant " Hapy to hang around ", l'électricité a été reléguée au second plan. Résultat des courses, nonobstant un sens de la mélodie absolument intact, on est rapidement envahi par une sensation d'indolence. A la limite de la somnolence. Pourtant, chez " Quicksand ", " Re offender ", " Mid-life Krysis ", voire " Love will come through ", qui semble être tombé des sessions de " The Invisible Band ", la magie émotionnelle opère encore ses charmes. Mais c'est nettement insuffisant pour un groupe de la valeur de Travis. Et si à leur décharge, cet album a été concocté dans des circonstances un peu particulières (NDR : victime d'un stupide accident en plongeant dans une piscine, le drummer en a profité pour effectuer sa rééducation lors des sessions d'enregistrement), il faut reconnaître que Travis nous doit une revanche…

Travis

The invisible band

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Il n'aura fallu que cinq années et trois albums avant que ces surdoués de la pop anglaise ne s'imposent définitivement sur le marché mondial du disque. Après avoir rôdé un premier album (" Good feeling ") en 1998, et fait un tabac au volant de titres qui s'inscrivaient parfaitement dans le style britpop, le second CD, " The man who " leur a littéralement conféré un statut de star. Mieux produit, plus doux, plus mélodique et surtout plus accessible, il a atteint le sommet des charts britanniques. Et s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires, rien que pour les Iles Britanniques. Choisir pour titre de son nouvel opus, " The invisible band " m'a paru quelque peu ironique ; surtout lorsqu'on sait que leur premier single " Sing " est loin d'être passé inaperçu. Programmé en radio et en TV à une fréquence susceptible de rendre jaloux les dinosaures de la musique pop, il devrait permettre au combo d'entrevoir l'avenir en toute confiance. Et ce n'est pas un hasard ; car non seulement Travis est composé de musiciens hors pair, mais en outre, il a le nez creux pour concocter le cocktail musical le plus à la page. Tirant parti au maximum du mysticisme de The Verve, de la puissance mélodique d'Oasis et de l'expérimentation de Radiohead, pour pondre de chansons tout simplement craquantes, avec un zeste de fraîcheur qui nous rappelle parfois la belle époque de House Of Love. Lorsqu'elles n'adoptent pas un profil très McCartney à travers l'une ou l'autre ballade sentimentale. A moins qu'elles ne libèrent un groove digne du bon vieux Paul Weller. Avec simplement une basse, deux guitares, une batterie et un clavier, que souligne le timbre vocal exceptionnel, enrichi de quelques chorus, de Fran Healy, nous avons peut être là les Beatles du nouveau millénaire. C'est tout simple, mais il fallait y penser. Oasis s'est essoufflé, Radiohead a décidé de revenir à une configuration plus underground et The Verve s'est séparé. La voie était donc libre pour que ces " Gentle guys " endossent le rôle de leader de la scène anglo-saxonne, laissé vacant par ses illustres prédécesseurs. Reste à voir comment le groupe évoluera dans le futur. Parce que cet opus manque de titres percutants. Une carence qui pourrait être préjudiciable sur scène. En outre, je me demande comment nos amis écossais vont réagir face à la pression exercée par les grands médias internationaux…

 

Travis

The man who

Un bien bel album que celui de Travis, nouvelle coqueluche de la scène britannique. Son deuxième pour ne rien vous cacher. Qui promène son inspiration à la croisée des chemins empruntés par les suédois Kent, le divin quoique défunt The Verve et l’hymnique Radiohead. Tout au long de cet opus, le quartette réalise la jonction parfaite entre simplicité, raffinement et romantisme. Un romantisme qui nous rappelle les moments les plus intenses d’House of Love. La voix aux inflexions ‘yorkienne’ (pensez encore à Radiohead !) de Fran, fécondant des mélodies douces et chaleureuses, taillées tantôt dans les accords cristallins des guitares acoustiques, tantôt dans l’électricité atmosphérique. Un disque qui recèle quelques perles musicales irrésistibles. Des ballades chargées d’émotion et d’intensité comme ce " The last laugh of the laughter ", que Fran parvient à transposer dans notre bien jolie langue, un " ma vie toute ma vie ", avec ce petit accent anglais qui en fera craquer plus d’une. Travis vient probablement de signer un des plus chouettes albums de l’année. Indispensable pour toutes celles et tout ceux qui sont accros à la pop anglaise ! Et tant pis pour celles ou ceux qui imaginaient que l’essoufflement d’Oasis conduirait à la fin de l’aventure britpop…

 

Travis

Entre Kubrick et Shirley

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On ne parle que d’eux, pour l’instant, en Grande-Bretagne. Faut dire qu’au moment d’écrire ces lignes, Travis passait la barre des 600 000 albums vendus. Rien que dans l’Albion. Chez nous, la radio vous a sans doute permis d’entendre, voire d’écouter, l’un ou l’autre single. Malgré ce succès, le quatuor de Glasgow est resté simple, ouvert, tout en défendant des idées, pertinentes et personnelles. Un groupe très soudé, aussi, qui se présente au complet aux interviews…

Il y a peu, vous déclariez que tout ce que vous vouliez faire, c’était du rock. Mais aujourd’hui, vous n’en êtes plus tout à fait sûrs…

Cela pourrait être du rock, du roll ou n’importe quoi. Ce qui compte, c’est la direction émotionnelle du groupe. Prenons une chaise ; une chaise est destinée à s’asseoir. Or, Marilyn Mansun est une chaise sur laquelle on ne peut pas s’asseoir. En fait, on pourrait tout aussi bien la définir comme une chaise rock’n roll ou une chaise blah blah blah. La chaise pourrait se traduire par des vêtements que vous enfilez pour monter sur une scène de théâtre. Mais cette même chaise, vous n’allez pas l’emporter pour vous rendre au cinéma. Peut-on s’asseoir dessus ? Si oui, faites-le. Si pas abstenez-vous ! C’est un peu une nécessité. Comme si on disait qu’il fallait rejeter tel type, parce qu’il est blanc ou noir. Et pourquoi le rock est mieux que le roll ? D’un côté, il y a le rock et ses émotions. De l’autre, le roll et les siennes. Le public a soif de rock’n'roll et oublie les émotions. Evidemment, certains ont pris le titre de notre premier album (« All I want to do is rock ») au premier degré. Nous aurions tout aussi bien pu l’intituler « Je voudrais devenir un dessinateur de BD » ou « Un chauffeur de taxi ». Ce qui compte, c’est ce que vous voulez faire. Le mot rock, utilisé dans cette phrase, est un mot comme n’importe quel autre. C’est comme lorsque tu utilises le terme sexe. C’est un mot bien connu. Mais on aurait tout aussi bien pu opter pour « All I wanna do is blah blah blah ».

Noël Gallagher explique que Travis est le groupe qu’il préfère…

C’est sympa. Mais sa réaction n’a rien à voir avec une bénédiction papale. Si le souverain pontife nous avait bénis, le compliment aurait pris une autre dimension. M’enfin, il a un plus grand impact que si c’était une de nos mères qui nous tenait ce type de discours. Ce qui est cool aujourd’hui n’est pas nécessairement ce qui s’écoutera demain. Nous gardons la tête bien sur les épaules…

Peut-on dire que la sensibilité musicale de Travis est féminine, par rapport à celle d’Oasis qui est considérée comme essentiellement masculine ?

Oui, on partage ce point de vue. Tout ce qui est destructeur est masculin. Mais le plus intéressant procède de cette dynamique entre le feeling masculin et féminin. De ce choc entre ces deux mondes.

Apparemment, vous ne voyez pas Bowie d’un très bon œil. Une raison ?

Nous ne sommes pas des inconditionnels de Bowie, mais nous estimons que sa musique est superbe, fantastique. En fait, nous nous demandons si tous les artifices qu’il utilisait n’étaient pas destinés à camouffler la faiblesse de ses chansons. Mais aujoiurd’hui, il s’est débarrassé de tout le tralala, pour redevenir lui-même. Et ça, c’est Bowie ! Il demeure une énigme. Nous ne sommes pas intéressés par ‘fuck the artist’, mais par son œuvre. C’est elle qui est là avant l’artiste. Qu’on s’appelle Bowie ou quelqu’un d’autre. L’artiste est en fait utilisé comme un sachet de thé. On le trempe dans sa tasse pour qu’il infuse. Et lorsqu’on a fini de boire sa tasse de thé, il ne reste plus que le sachet. La musique est plus importante que nous en tant que personnes. Par contre, Marilyn Mansun est plus célèbre que sa musique. Parce qu’il a décidé de se mettre d’abord en évidence…

Y a-t-il une bonne raison pour dédier votre nouvel album à Stanley Kubrick ? Et puis à une certaine Shirley ?

Il y a un tas de spectateurs qui n’ont pas apprécié le film. Mais moi (NDR : Francis), le l’ai trouvé fantastique (NDR : ils ne paraissent pas trop d’accord sur la réponse). En fait, il aurait dû être parolier. Et ce qui transparaît à travers ses films aurait pu se traduire en chanson, en mélodie, en littérature. C’est comme un signal lumineux, comme quelqu’un qui tiendrait un flambeau. Hier, j’ai rencontré un critique de cinéma. Un type qui travaille pour la TV et la presse magazine. Il haïssait le film. Il s’attendait à voir quelque chose de plus sexy. Kubrick a conçu de telles œuvres d’art que le journaliste en fait une interprétation abusive. Il extrapole parce qu’il n’a pas aimé le film, en disant que si le film est nul, Kubrick est nul. En fait, lorsque les gens adorent ce que vous faites ou le détestent, vous êtes dans le bon. Par contre, si la conclusion est toujours accommodante, le résultat ne peut être que médiocre. Il faut que l’artiste soit un déclencheur. Son œuvre doit susciter une réaction. Il en est de même pour la musique. Il faut l’écouter avant de l’apprécier ou de la détester. L’œuvre n’existe pas si personne ne l’écoute, ne la sent, ne la touche. Toutes les tendances artistiques partagent cet objectif. Ce qui explique pourquoi nous avons rendu un hommage à la créativité de Kubrick.

Et Shirley alors ?

C’est un chien qui frétille la queue, lorsqu’il est heureux. Et nous, notre esprit vagabonde quelque part entre celui de ce chien et celui de Kubrick.

Merci à Vincent Devos.

Interview parue dans le n°79 (décembre 99) du magazine MOFO.

Travis

Good feeling

Noël Gallagher a déclaré, tout récemment, que Travis était, pour l'instant, son groupe préféré. Un fameux coup de chapeau, lorsqu'on sait que le guitariste d'Oasis est avare de compliments vis à vis de ses contemporains. Travis est en fait un combo glaswégien. Fondé en 1990, il vient seulement d'enregistrer son premier album. Un disque qui inclut bien évidemment le single " All I want to do is rock ", chanson qui rappelle instantanément " Mother " de Lennon, la voix de Francis Healy y proférant un cri primal aussi écorché que celui de regretté John. Tout au long de l'opus, le timbre vocal de Francis demeure d'ailleurs aussi lacéré, ses inflexions tantôt confidentes, tantôt fiévreuses, apportant une dimension pathétique à des chansons de britpop qui s'inspirent aussi bien de Radiohead, de Wonderstuff, des Faces que de Verve. De solides références, il faut l'avouer !