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Paddang à la poursuite des fantômes…

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Marcel et son Orchestre

C'est pas à vous qu'ça m'arriverait

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Après 12 ans d'attente, Marcel et son Orchestre ont gravé un nouvel elpee intitulé « C’est pas à vous qu'ça m'arriverait ». Très actifs dans les années 2000, les membres de de la formation originaire de Boulogne-sur-Mer, usés par le rythme effréné des tournées, se sont imposés un break en 2012.

Le groupe, à l’humour décapant, toujours la cervelle en ébullition, plus imprévisible et insaisissable que jamais, incarne incontestablement le représentant le plus digne que la région Nord-Pas-de-Calais.

Une étiquette malgré tout réductrice, tant les carnavaleux n’hésitent pas à s’aventurer dans de multiples directions sans jamais perdre de vue leur faculté à électriser leur auditoire pour l’inviter à danser. Une équipe de joyeux lurons, donc, pour qui une technique hors du commun n’est pas forcément une fin en soi. Il est d’ailleurs difficile d’imaginer ce qui pourrait freiner Marcel et Son Orchestre dans sa vertigineuse quête d’absolu. Mieux vaut écouter ce nouvel elpee une première fois et en conclure que l’on n’a pas fini d’en faire le tour en prenant le temps d’y réfléchir. Dans un style où l’innovation n’est pas une évidence, les Nordistes confirment leur identité tout en étant capables d’y apporter quelques touches d’originalité qui les empêchent de tourner en rond. Enfin bref, la bande à Marcel n’est pas morte !

L’opus s’ouvre par un total déjanté « Stigmatisez-Moi ». Avec eux, une seule promesse : du fun, du son et une furieuse envie de chanter à tue-tête. La fête se poursuit par « Maudit Karma », un autre morceau festif teinté de sonorités ska et reggae, qui sent bon le soleil et le sable chaud de Kingston, où ils taclent le sourire carnassier d’une Marine érigée en épouvantail utile d’un macronisme dérouté. On enchaîne par le festif et afrobeat « Autocentré », un son venu d’Angola, un kuduro bien persuasif, copieusement balisé par un ensemble cuivré très intéressant.

En mode vintage french rhythm’n’blues à la Nino Ferrer, « L’Empathie » et « Bertrand, Pas Rassurant » persistent dans cette éloquence dénonciatrice. Le rocksteady « Le Dégoût » et ses claviers façon Tyrone Downie (NDR : le Jamaïcain qui a joué en compagnie de Marley atteste que le style festif issu de Kingston coule toujours dans les veines des Marcels).

En outre, c’est ludique, enrichi d’excellentes références, de citations, de Bashung à La Reine des neiges ; comme un blind-test pour grands érudits de la chanson, à l’instar de « L’Empathie ».

Évidemment, le collectif dégage toujours cette ambiance tonitruante, entre ska, punk, afrobeat et rock insulaire. Franck, le meneur de l’équipe, est intarissable sur les riches heures des années 70/80… Branchez-lui Stranglers, Fela Kuti ou Talking Heads, et il s’emballe. Un air d’Acadie souffle sur « Dans ma Boudinette », un cajun pur jus. Introduit par quelques cris de mouettes, le funky rap en ch’ti « V’là l’Dégât » pastiche le Sugarhill Gang et Kool & The Gang, sur un flow de cuivres arrangés aux petits oignons.

Festif, déjanté, schizonévrosé à souhait et délirant !

marcel

marcel sur les charbons ardents

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« basho basho basho » constitue le troisième et dernier single de marcel, avant la sortie de son deuxième album « ô fornaiz ».

A la base de ce morceau de noise-punk un peu primitif, il y a cette ligne de basse insistante, obsédante, qui fait écho à une image : un trou noir, symbole de création et de destruction, de permanence et de changement à la fois. Une image qui rend fou. La source de chaleur par excellence, qui glace le sang des humains lorsqu’ils tentent d’en aborder le mystère. L’incarnation du mystère-même, tellement énorme qu’il en devient presque hilarant.

Dérision du savoir, de la certitude et de tous les dogmes fondateurs, le trou noir est ainsi mis en perspective avec le concept de basho (場所), découvert dans un livre d’initiation ‘à la phénoménologie japonaise’ de l’école philosophique de Kyoto, qui tentait de concilier la tradition du bouddhisme zen avec les travaux d’Heidegger sur l’ontologie.

Haha ! Attendez, la suite est encore plus trépidante. 

Ce que marcel en a retenu vaut bien une messe : c’est à dire rien de bien folichon. Mis à part que le monde et la conscience proviennent du néant absolu et aspirent à y retourner. En gros. Entre le départ et l’arrivée, un ensemble de mues, plus ou moins consenties, agitent l’individu qui déterre une version différente et semblable de lui-même chaque fois qu’il se réveille dans son lit, tout cela sans jamais comprendre pourquoi il se sent poussé à se déterrer chaque jour, même lorsqu’il prend le temps de lire un livre d'initiation à la phénoménologie japonaise. On tâtonne, on lève les sourcils en émettant des ‘hmm...hmm...’ Tout cela ne nous protège même pas du fascisme. Autant lire un manuel de pêche sur l’amorçage pratique, c’est plus rigolo. Quoique.

Le clip consacré à « basho basho basho » est à voir et écouter

 

Marcel

Marcel s’en foot…

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Tout débute (encore) par 4 notes au kazoo. Distordues, décuplées, comme jouées par une centaine d'enfants enragés, prêts à en découdre lors d'une bonne vieille bagarre entre cabanes ennemies ! Un peu comme si Crass, DJ Furax et This Heat avaient marché sur des clous en dansant une bonne vieille bourrée populaire sur un plancher branlant.

L'engagement vocal, hargneux et tendu, traduit la fureur millénaire qui a vu s'affronter les peuples européens dans la violence, plus ou moins jusqu'à l'apparition de la Ligue des Champions de football en 1955. Date où la guerre est devenue une affaire de gentlemen en short, parfaitement maîtres de leurs pulsions martiales. Sur papier. Ainsi, le feu habite les joueurs de foot comme il irriguait les veines des chevaliers du Moyen-Âge les plus remontés. Aujourd'hui, ce feu est plus ou moins domestiqué, toutou-isé, hanounaïsé si on veut. C'est un feu de stade, un feu de ‘camp’, circonscrit par le béton. Mais il est toujours là, imbibant l'humanité, obstiné. ‘Part maudite’, diront certains, ‘cadeau divin’, diront d'autres.

Pourquoi l'être humain, en particulier l'être masculino-masculin, ne peut-il rester assis pépère sur une chaise face au soleil plus de deux heures, sans vouloir prouver quelque chose ?

Produit et mixé par Ben Hampson (DITZ, Lambrini Girls, ...), "Spirit of eden hazard kicking ball-boy" est le premier single du second elpee de Marcel, prévu au printemps 2025 sur Luik Music et Geographie Records.

L'opus parle du feu, sous toutes ses formes : folie productiviste, obsessions dévorantes, éruptions volcaniques, désir charnel, burn-out bureautique, ruades de cheval, pulsions de mort héroïque au combat, etc. Tout ça dans la joie et la bonne humeur.

Le clip est à voir et écouter ici

Et celui consacré à « task force diane »,

Le second album de Marcel, « o fornaiz » sortira le 21 mars sur Luik Music & Geography Records.

Si ‘spirit of eden hazard kicking ball-boy’ était une joyeuse et brève sortie de route pour visiter le commissariat du noise-punk le plus déchaîné, ‘task-force diane’ est la remise en liberté sous conditionnelle qui voit marcel revenir à son bercail de post-punk mélodique et ludique. Les pieds sous la table, la tête haute, mais toujours remplie d’orages et de cauchemars burlesques.

Avec ses riffs mêlant flamenco et noise-rock, Manitas de Plata et Sonic Youth, ‘task-force diane’ confirme la volonté de marcel de gratter sous l’épiderme de l’inconscient collectif et d’explorer les passions humaines associées au feu, à l’incendie, au Grand Brasier de l’Univers, thème central de leur album à venir, ‘ô fornaiz’, désormais annoncé pour le 21 mars chez Luik et Géographie / Modulor Records.

Le clip animé qui accompagne ce single a été réalisé par Simon & Vincent Lynen, frères infernaux au sein du groupe bruxellois Frankie et du collectif L.I.A.R.Ensemble (Exag Records, Bruxelles). Il se base sur les paroles d’Amaury Louis, elles-mêmes inspirées de récits sur les vies des premières béguines vivant dans l’actuelle Belgique autour des XIIe et XIIIe siècles…

 

 

Marcel et son Orchestre

Le punk conscient et déjanté de Marcel et son Orchestre

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Nous prétendons tous combattre les généralités, les idées reçues, les clichés alors pourquoi oublions-nous ces fondamentaux dans certains combats d’aujourd’hui ?

La guerre des sexes remplacera-t-elle la lutte des classes ?

Faut-il désormais ranger les individus dans telle catégorie, telle case, définir un dominant ou un dominé d’un seul coup d’œil ?

Peut-on encore être jugé pour nos actes indépendamment du reste ?

‘Ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres’ répond Valère à Elise, dans l’‘Avare’.

Découvrez le clip de « Stigmatisez-moi ! »

 

Marcel

Marcel en toute intimité…

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Marcel, c’est un fantôme carnavalesque qui aime faire beaucoup de boucan en se frottant à la joue des humains avec tendresse. Comme un chat boiteux à la queue duquel on aurait attaché des cymbales. Insupportable mais bizarrement sympathique, sa musique doit autant à Jonathan Richman qu’aux frappes tendues de Steven Gerrard ; aux guitares tordues de Sonic Youth qu’à la peinture expressionniste allemande ; aux dessins-animés idiots de leur adolescence qu’à la philosophie présocratique.

Fondé à Arlon, ville la plus ancienne de Belgique avec la plus haute concentration de cafés par habitants, Marcel prend le plus souvent la forme d’un quintet. Les guitares et la basse font comparaître 50 ans de musique saturée devant un tribunal révolutionnaire : rock’n’roll, post-punk, punk-rock, grunge, noise et indie ; et le tout défile joyeusement devant la barre, dans le désordre le plus complet. La batterie malaxe le tout avec des beats qui emportent l’auditeur dans une vieille locomotive fêlée, sans trop regarder dans le rétro. Enfin, la voix ressuscite le Sprechgesang de Brecht et la chanson dadaïste du Cabaret Voltaire dans une langue anglo-wallonne, comme un monsieur Loyal qui aurait fait ses armes au CBGB tout en gardant la nostalgie des paysages de Lorraine belge.

La vidéo d’« Intimité » feat. Blank est à voir et écouter

 

Marcel

Le charivari de Marcel

Écrit par

Marcel est un fantôme de carnaval qui aime faire beaucoup de bruit en frottant sa joue sur les humains avec tendresse. Comme un chat boiteux avec des cymbales attachées à sa queue. Insupportable mais étrangement sympathique. Sa musique doit autant à Jonathan Richman qu'aux traits tendus de Steven Gerrard, aux guitares tordues de Sonic Youth qu'à la peinture expressionniste allemande, aux dessins animés débiles de leur adolescence qu'à la philosophie présocratique.

Sur scène, c'est joyeusement décousu, mais avec nostalgie, puisque le groupe a recours à des sifflets, des kazoos, de l'auto-tune et une darbouka.

Son premier elpee, « Charivari », est prévu pour début 2023. Entre rock n'roll, post punk, punk, grunge, noise et indie-rock, il nous propose son clip « bbl » et il est disponible

 

 

Marcel et son Orchestre

Hits, hits, hits, hourra !

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Marre de cette grisaille qui vous colle au train du matin au soir ? Vous en avez assez du spleen qui vous tanne dès l’aube ? Alors, Marcel et son Orchestre pourraient vous aider à retrouver un peu de joie de vivre.

Originaires de la région Hauts-de-France, Marcel et ses sbires font dans la déconne depuis 1986, en proposant des compos de rock festif qui véhiculent des accents punk et ska.

Séparée en 2010, usée par le rythme effréné des tournées, la formation renaît en 2017 pour quelques dates seulement avant de disparaître à nouveau pour mieux revenir sur le plan médiatique grâce à ce « Hits, hits, hits, hourra ! ».

Cet (ultime ?) hommage propose un condensé de bonne humeur en revisitant 26 morceaux sous un angle contemporain et 22 inédits, de quoi dresser le bilan de 33 années d’une carrière aussi riche que surprenante.

Cet ouvrage est loin d’être une blague facile. Disgracieuses à souhait, les compos puent le dixième degré sous un air faussement léger ! Mais ne manquent jamais d’originalité. En se servant d’une musicalité pétillante et de textes à l’opprobre miraculeux, ils décrivent des faits de société avec un humour pleinement assumé. C’est sérieux sans vraiment s’y prendre.

Il faut voir cet opus comme une recette où tous les ingrédients nécessaires sont réunis pour faire naître un vent libérateur, à l’instar du Carnaval de Dunkerque dont la bande revendique l’appartenance sur scène en arborant costumes et froufrous colorés.

Ce disque est à écouter pour ce qu’il est : une farce rigolote, curieuse et sérieuse dont on se plait à écouter les complaintes.

Bref, glissez ce CD dans votre lecteur et laissez-vous charmer par cette signature artistique iconoclaste. C’est résolument absorbant.

En finalité, tout est bon… dans le bouffon !

Marcel Dettmann

Conducted

Écrit par

Marcel Dettmann est un artiste allemand devenu résident comme DJ au ‘Berghain’, un club notoire situé au cœur de Berlin, et consacré comme ‘Temple de l’Electro’. Selon la presse spécialisée, il s’agit d’un des meilleurs night-clubs du monde. Chaque week-end s’y réunissent des centaines de personnes avides de beats. Inutile de préciser que Dettmann est par conséquent considéré comme grosse pointure dans son domaine.

Après avoir enchaîné différents Eps en ‘underground’, il publie en 2010 un premier album sobrement éponyme, très bien reçu par la critique. Il nous propose aujourd’hui son second mix officiel, « Conducted » ; et cet opus semble suivre le même chemin que le premier, c'est-à-dire celui du succès.

Et pourtant, je dois vous avouer une confession presque honteuse : je n’ai pas apprécié le travail effectué par le Teuton sur cet elpee. Probablement parce que je ne suis pas trop branché sur la techno minimaliste. Car si je reconnais son incontestable talent pour mixer, ce Dj ne possède pas, à mon humble avis, la capacité de faire vibrer les foules à l’aide de sa musique. 

En outre, les morceaux qu’il choisit souffrent d’une carence mélodique. Et en général, il les imprime sur un tempo bien trop lent pour nous imposer un rythme de croisière. Pourtant, en ‘live’, il s’est bâti une réputation plus qu’enviable. Il y manifeste tout son potentiel. A cause de mix endiablés. Je n’ai malheureusement jamais eu le loisir d’assister à un de ces sets ; mais une chose est sûre, cet elpee m’a laissé sur ma faim et ne m’a pas vraiment convaincu.

« SandWell Dictrict – Immolare », ouvre la plaque. Un titre un peu trop mollasson, à mon goût. Tout au long de sa prestation, Dettmann greffe progressivement de nouveaux éléments sonores. Et une belle impression d’harmonie est renforcée par l’absence de césure entre les titres.

En général, l’ajout successif d’instruments et de sonorités est un procédé que j’apprécie beaucoup en électro. Sauf qu’ici, la structure est très longue à se mettre en place. Trop longue même. L’accroche est souvent excellente au départ, mais cette intro s’éternise, et on se demande même quand la plage va véritablement démarrer. Et il faut attendre la sixième piste, « Bluemoon Productions – Night », pour qu’enfin apparaisse une jolie mélodie. Puis, basta ! Pourtant, les mixes sont irréprochables et en fin de parcours méritent même un prix d’excellence. Des qualités qui sont cependant insuffisantes pour me séduire complètement. Pourquoi ? Difficile de répondre à cette question. Pourquoi ne pas partager l’avis de Monsieur et Madame Toutlemonde ? C’est sans doute aussi le rôle de votre serviteur d’avoir et surtout de conserver l’esprit critique…

 

Marcellus Hall

The First Line

Écrit par

Artiste complet, Marcus Hall est surtout connu pour son travail d’illustrateur pour la presse ; et en particulier pour le Times, The Wall Street et The New-Yorker. Mais les plus perspicaces d’entre vous ont peut-être aussi remarqué son investissement dans l’univers musical. Et pour cause, le New-yorkais a sévi chez les Railroad Jerk et White Hassle.

Il a cependant délaissé le bues et le r&b électrique pour s’investir dans le folk traditionnel et authentique. En solitaire. Son potentiel a quand même convaincu Isaac Brock de Modest Mouse de le signer sur son propre label, Glacial Pace. « The First Line » propose toute une série d’histoires  vécues par un éternel loser issu d’une Grosse Pomme qui rythme sa vie (« It’s My Life »). Si les compos sont essentiellement acoustiques, elles sont parfois soulignées d’un harmonica ou soutenues de cuivres (« Back Where I Started »). Manifestement, pour concocter son premier opus, Marcellus Hall a choisi Bob Dylan comme référence absolue. Faut dire aussi que le Zim est son idole de toujours (le bouleversant « Neon, Not the Light »). Bref, si nous sommes en présence de ses ‘First Line(s)’ tracées en solitaire, elles se révèlent d’emblée, des plus inspirées ! Et pour couronner le tout, l’elpee est enrichi d’un booklet recelant toute une série de ses très belles illustrations…

 

Marcel et son Orchestre

E=CM2

Écrit par

Il y a ceux qui, comme d’habitude, vont adorer le détester. Et il y a ceux qui vont se jeter dessus, impatients de découvrir les nouveaux délires ska-punk-rock de ce bon vieux Marcel et de son infatigable orchestre magique. Ces derniers auront raison : la formation originaire de Boulogne-sur-Mer a le mérite de rester fidèle à elle-même et de ne pas prendre ses fans pour des pseudo-férus de sonorités nouvelles. Résolument axé sur la fête, les textes faussement pourris et les rythmes sauvagement cadencés, Marcel se délecte devant ce monde absurde où tout fout le camp et où les têtes pensantes feraient bien de se mettre à… penser. Cousin (très) éloigné d’Elmer Food Beat et improbable descendant des Bérus, il parle d’amour et de politique sans jamais prétendre détenir les mots exacts. Malgré quelques redites parfois fatigantes, la pilule s’absorbe sans chichis, ne fut-ce que pour sa faculté à ne jamais se prendre au sérieux. Et honnêtement, de nos jours, ça fait du bien…

Marcel et son Orchestre

Les sept samouraïs de la musique divergente

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Les Marcel et son Orchestre revendiquent " le droit à être multiple, la sympathie pour le débile, l'antipathie pour le stérile " ! Le ton est donné. Mais sous leurs airs de " mauvais garçons ", les sept musiciens ne sont pas aussi " légers " qu'ils n'y paraissent. Rencontre avec un groupe généreux…

Comment définiriez-vous un collectif de divergence ?

D'être curieux de tout, et spécialiste en rien. Pour nous, un collectif est synonyme de famille, et tous les musiciens qui ont joué avec nous depuis la fin des années 80 font toujours partie de cette famille. Disons que notre idée est d'afficher nos divergences, d'être capables de se moquer des ennemis de la liberté, et de faire du rire une arme. Même si cette année, peu d'événements nous ont fait sourire, il fallait montrer, coûte que coûte, que nous pouvions en rire, et que les conflits, quels qu'ils soient n'auraient pas raison de notre bonne humeur. En l'occurrence, nous avons été marqués par ce nouveau gouvernement ( " demain pour payer ses P.V / faudra la paye d'un député / et pour éviter la prison / avoir un statut d'exception " ), en particulier par le conflit des intermittents. Il n'y a pas beaucoup de subvention en musique, et pour résumer on nous annonce la mort des groupes. Comment font les groupes qui débutent sachant qu'il n'existe aucun statut de musicien amateur ? Autrement dit, un groupe qui joue dans un café est considéré comme un travail au noir. Il y a donc un vrai problème. Mais heureusement, le rire tue la peur…

Que vous inspire Nolwenn qui était invitée à chanter sur le plateau de la braderie, juste avant votre concert ?

En soi, la variété ne nous gêne pas. Par contre, il est très difficile pour les groupes de faire des concerts et monter sur scène. Alors qu'on nous laisse au moins la rue ou des occasions comme la braderie pour faire monter sur scène des groupes, et mieux encore, des groupes régionaux. Mais nous avons rencontré Martine Aubry, à qui nous avons exposé cela. Elle s'est engagée à faire une charte culturelle, ce qui est plutôt bien. Mais il est temps que la politique cesse d'être une opération de séduction. Nous attendons des actions. Sinon, nous reprenons comme Coluche, l'idée que nous préférons la grossièreté à la vulgarité. Et il n'y a rien de plus vulgaire que de faire chanter des Lolita de 9-10 ans déguisées en femme ; il n'y a rien de plus vulgaire que ce culte de l'artificiel, et de cette loterie musicale télévisuelle. On ne tient plus compte du travail, et on nous fait croire qu'en trois mois, on peut devenir chanteur. C'est d'ailleurs un thème que nous évoquons dans la chanson " Minimum requis " ( " Les gagnants du jeu fascinant / pondent des hits si croustillants / que quand ils nous chantent " je t'aime " / on en regrette Stone et Charden ") de notre nouvel album " Un pour tous…chacun ma gueule ".

Le déguisement est devenu un rite pour les Marcel et son Orchestre. A chaque tournée un nouveau déguisement ?

Oui et non. En réalité, nous portons ce que nous trouvons, et parfois, nous mettons des déguisements qui datent ! Mais le déguisement nous permet de rentrer dans la peau de personnages et peut-être d'être encore plus extravertis sur scène. Cela s'explique aussi par le fait que nous sommes dans une région où le carnaval est très important, et nous pourrions nous définir comme un " carnaval itinérant ". Enfin, nous étions fascinés par un groupe qui s'appelait " Au Bonheur des dames ", et qui faisaient du twist en " costard cravate " ! Nous aimons le décalage, et pour toutes ces raisons, nous aimons le déguisement, qui enlève aussi l'identité, et par conséquent amène à une certaine égalité.

Quels thèmes n'aviez vous pas encore abordé et que l'on retrouve dans " Un pour tous…chacun ma gueule " ?

L'acné, les vieux garçons, et plus généralement, tous ces gens ordinaires qui sont vraiment extraordinaires car ils ont le courage d'être eux-mêmes ! Nous abordons évidemment des sujets plus profonds et politiques, qui nous tiennent à cœur, notamment dans " Blasphème ", sur la religion dans ce qu'elle a de plus fanatique. Et puis entres toutes les dédicaces, nous avons voulu souligner aussi un triste événement : " Jean Yanne est mort, Brigitte Bardot est toujours vivante : quelle injustice ! "