Mark Hummel est un des meilleurs harmonicistes contemporains, et je l’avoue, un de mes favoris. Ce passionné de la musique à bouche organise depuis de nombreuses années de remarquables concentrations de souffleurs baptisées ‘Harmonica blowouts’, au cours desquelles il partage la scène en compagnie des plus adeptes les plus notoires de cet instrument de poche. James Cotton, Billy Boy Arnold, Magic Dick, Jerry Portnoy, Charlie Musselwhite, Rick Estrin, James Harman, et bien d’autres y ont déjà participé. Responsable d’une bonne quinzaine d'albums à ce jour, et après avoir décroché une nomination aux Blues Music Awards, en 2010, Mark nous propose une nouvelle et excitante collection de 16 plages ; et comme d’habitude, toute une série de potes sont venus l’épauler…
L’ouverture est surprenante. Une plage funky et dansante intitulée "Funky way", que Mark chante d'un timbre soul très assuré. Rusty Zinn imprime une rythmique implacable et Chris Burns colore le tout de son orgue Hammond. La première sortie à l'harmonica est particulièrement puissante. La voix de Mark est convaincante tout au long de "The price of love", un R&B soutenu par les cuivres. Zinn s’y révèle remarquable. Une tonalité R&B qui s’étend sur "Never no more", même si tous les acteurs y glissent une touche swing jazz. Hummel retrouve son partenaire des Blues Survivors, Charles Wheal, aux cordes, pour attaquer "One more time", du west blues classique d’excellente facture. Un Wheal qui remet le couvert lors du tout aussi étincelant "It's my life, baby". Plages instrumentales, "Rollercoaster" et "Ready steady stroll" démontrent toute la maîtrise de Hummel à l’harmo. Mark, Zinn et Kid Andersen conjuguent leurs guitares sur "My baby's so sweet", une plage rythmée, aux accents des swamps louisianais. Mark est également un spécialiste du slow blues classique. Et "Honeybee blues" en est une parfaite illustration. Balisée par le piano de Bob Welsh, la reprise du "I want to be loved" de Muddy Waters passe bien la rampe. Mais c'est sur "Strange things happening" que Mr Hummel se réserve sa meilleure sortie. Un véritable sommet ! Andersen se charge des drums pour "Lord oh lord blues", un country blues chaleureux. Invité, Steve Lucky siège derrière les ivoires, pour le ludique, "Highway rumba", une compo imprimée sur un tempo syncopé. "Before the beginning" réverbère les accents ténébreux des bayous. Un autre summum de l’opus. Bob Welsh est passé à l'orgue, Paul Revelli se charge des percussions, alors que dans un style très proche du grand Peter Green, Steve Feund nous prodigue une merveilleuse intervention aux cordes. Et pour couronner le tout, Mark ose une sortie très originale à l'harmo. Hummel a de nouveau réalisé un album de haute facture et se retire en acoustique, lors d’un "Can't be successful" au cours duquel il échange un duo bouleversant en compagnie d’un certain Charlie Musselwhite, à la guitare…

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