Il aura fallu deux années de travail à l’artiste Alexis Gideon pour finaliser ce projet. Ajoutez-y une année pour qu’il traverse l’Atlantique, et le cap des trois années s’est donc facilement écoulé depuis le début des sessions de ce « Video Music II : Sun Wu-Kong ». Un concept qui a nécessité deux ans de travail à l’Américain ; période au cours de laquelle il a multiplié les collaborations afin de monter sa vidéo-opéra inspirée d’un récit chinois issu du XVIème siècle, relatant l’histoire d’un homme-singe. Ce personnage avait été porté à l’écran, dans un Manga japonais, le célèbre Dragon Ball, mettant en scène Sangoku, héros de toute une génération. Afin de concrétiser ce projet, Alexis Gideon a reçu le concours de personnages notoires dans le monde de l’animation comme Becca Taylor et Cynthia Star ainsi que d’artistes impliqués dans la musique contemporaine, tels que Rachel Blumberg (il a notamment bossé en compagnie de M. Ward) ou encore Shelley Short (Hush).
A l’instar de l’homme-singe mis en scène dans cet ‘opéra’, l’Américain nous propose une création hybride. Hybride tout d’abord, à cause de cette rencontre entre l’art visuel et musical. Mais hybride également au niveau musical. Les sons atypiques (électroniques ou expérimentaux) se mêlent à l’instrumentation plus traditionnelle (guitare, piano). Et tout au long de ce cocktail non-conventionnel, Gideon vient poser un flow fluide et plein d’assurance. Au fil du temps, il faut reconnaître que ce flow est en constante amélioration.
Seul reproche à adresser à cette œuvre (je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir la vidéo dans son intégralité), la longueur. 40 morceaux se succèdent en une bonne heure. Il faut donc s’accrocher.
Par ce projet ambitieux, Alexis Gideon parvient à gommer les frontières entre les genres. « Video Music II : Sun Wu-Kong » est en tout cas la preuve que l’Américain vient de franchir une étape qui devrait le conduire définitivement dans la cour des Grands.