Ozark Henry a enregistré une nouvelle version de « Sweet Instigator » avec la chanteuse et actrice néerlandaise Ellen ten Damme. Le titre original figurait sur « Birthmarks », l’album le plus vendu par Piet Goddaer. Cet opus était paru, il y a déjà 20 ans.…

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Sang Froid, c’est un trio nantais réunissant des membres de Regarde les Hommes Tomber et de The Veil. Il sortira un Ep éponyme, ce 7 octobre. Passionné par le rock gothique, la new et cold wave, la formation reconnaît pour influences majeures, Cocteau Twins,…

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Penguin Cafe

A matter of life…

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C’est en 2009 qu’Arthur Jeffes décide de relancer le Penguin Cafe Orchestra, un projet monté par son père Simon, décédé en 1997, alors qu’il n’avait que 48 ans. Fort d’une formation musicale (et accessoirement archéologique), il cherche alors faire renaître de ses cendres, les desseins de feu son paternel. Pour y parvenir, il invite alors différents musiciens aux solides références. En l’occurrence Cass Browne (Gorillaz), Neil Codling (Suede), Oli Langford (Florence and the Machine) ou encore Darren Berry (Razorlight) et rebaptise le projet Penguin Café, orphelin donc, de son ‘Orchestra’…

« A Matter of Life » constitue le premier album d’Arthur Jeffes. Il est paru en 2011 sur un label méconnu. Et pour célébrer le 10ème anniversaire de sa sortie, le musicien anglais et l’écurie Erased Tapes (hébergeant aujourd’hui Penguin Cafe) ont décidé de ressortir le disque remastérisé. Pour la circonstance, un titre supplémentaire a été ajouté, « Harry Piers », un morceau qu’il a composé, en souvenir de la mort son père…

Tout au long de ce long playing, Arthur Jeffes pose les bases de la future production de Penguin Cafe. Sans recours à l’électronique, le collectif privilégie l’aspect classique de l’expression sonore à travers la mise en exergue du piano. Une musique qui nous invite également au voyage. Les interventions d’une cornemuse nous entraînent jusqu’au Northumberland tout au long de « Landau » et « Two Beans Shaker », mais aussi en Amérique du Sud sur « Ghost in the Pond ». Et si les autres pistes sont moins aventureuses, elles n’en restent pas moins intéressantes.

Cette réédition devrait inciter certains mélomanes à sonder la discographie de Penguin Cafe, voire du Penguin Cafe Orchestra...

Equipe de Foot

Geranium

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Equipe de Foot, c’est une formation dont tous les joueurs auraient été exclus, à l’exception d’Alex et Mike, un duo aux qualités techniques indéniables. Ce tandem est responsale d’une musique offensive et « Geranium », son nouvel album, en est la plus parfaite démonstration. Sur cet opus, un véritable melting-pot de musique indie est parfaitement mis en forme par Johannes Buff (Thurston Moore, Lee Ranaldo, Dalëk).

Au programme : de véritables murs de guitares mais aussi du piano et de la flûte. Et le tout est dispensé avec un sens assez pointu de la mélodie…

Trois années après avoir gravé son dernier elpee, Equipe de Foot remonte définitivement en première division (un comble lorsqu’on connaît le destin des Girondins de Bordeaux…) grâce à une disposition tactique euphorisante qui aligne ballades (« An Empty Space Is Not Just Filled With Air »), salves grunge déchirantes (« 15 Octobre ») ou power rock aux caractéristiques définitivement pop (« Quatre-vingt-quatorze »).

Ne boycottez pas Equipe de Foot !

Day Wave (USA)

Pastlife

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Après avoir publié plusieurs Eps et un elpee, le groupe californien Day Wave nous propose son second album, « Pastlife », un disque qui adopte une approche différente de celle du dernier Ep, « Crush ». Le travail de production est mieux soigné. Le climat de l’œuvre est empreint d’une nostalgie qui se ressent autant dans les mélodies que l’instrumentation particulièrement atmosphérique. Les interactions entre la guitare et la basse communiquent davantage de profondeur et même une certaine fraîcheur, à l’instar de « Where Do You Go ». Et puis, l’équilibre entre cordes de guitare acoustiques et électriques (« Loner ») est parfait ; ce qui est rarement le cas dans ce genre de combinaison.

Les compos semblent cependant sortir d’un même moule, ce qui rend l’opus, au fil de l’écoute, quelque peu longuet. Les dynamiques s’avèrent assez plates et la voix évolue dans un même registre sur tous les titres.

Parmi les plages les plus intéressantes, on épinglera « We Used To Be Young ». Elle prend une autre dimension, à cause de son approche davantage DIY. Et puis en final, « Apartment Complex », qui se distingue par le magnifique duo échangé entre Jackson Phillips et Hazel English.

Orion Sun

Entre r&b et néo-soul…

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Soirée soul et r’n’b, ce jeudi au club de l’Ancienne Belgique, qui accueille, en première partie, Emy, aka Emy Kaboré, et la nouvelle sensation américaine, Orion Sun.

Mieux connue sous le patronyme Orion Sun, Tiffany Majette est née à Mount Laurel, dans le New Jersey, au sein d’une famille chrétienne conservatrice. Ce qui explique pourquoi, très tôt, elle a été endoctrinée par l’église baptiste de Bethany. Agée aujourd’hui de 26 printemps, elle vit à Philadelphie. Influencée par le jazz de Billie Holiday, le r&b emblématique de Lauryn Hill et la soul profonde de Bill Withers ainsi que de Stevie Wonder, l'auteure-compositrice-interprète et productrice propose une musique atmosphérique et propice à la méditation.

A ce jour, elle a publié un album en 2020 (« Hold Space For Me »), un opus qui a cartonné sur la bande FM et un Ep, (« Getaway), en mars dernier. Sur cette dernière sortie, elle propose des morceaux de plus en plus incisifs, poignants et intimistes. Deux ans plus tôt elle a manifesté dans les rues de Philadelphie, pour protester contre la discrimination raciale. Blessée par la police, elle a traduit son traumatisme en chanson (« Mama's Baby »), une initiative qui a permis de recueillir plus de 18 000 $ pour le GoFundMe de Breonna Taylor et la Loveland Foundation. Une compo qu’elle n’interprétera cependant pas lors de son set.

Emy Kaboré (23 ans) pratique de la néo soul qui intègre des éléments de fusion, pop, jazz, funk et de temps à autre de rap. Bien que Gantoise, elle est née à Paris. Elle a terminé troisième lors de l’édition 2018 du fameux ‘Humo Rock Rallye’.

Sur les planches, Emy est soutenue par un backing group constitué de deux guitaristes (Brian Bogaert et Sander Huys), d’un bassiste ainsi que d’une claviériste et d’un drummer de session. On remarque la présence de trois plantes vertes sur la gauche du podium ainsi que d’un lierre qui retombe devant le synthé…

Sur scène, Kaboré semble plutôt cool. Elle ouvre le concert par le single « Inconvenient ». Mais n’en n’oublie pas pour autant ses deux autres, « Freestyle » et « Inconvenient », deux morceaux qui ont bien marché tant en radio que sur les sites de streaming. Mais aussi le tout nouveau, « Chasing », qui figurera sur son premier véritable album (NDR : jusqu’à présent elle n’a gravé que deux compiles), dont la sortie est prévue pour l’automne 2023. Une chanson sensuelle mais percutante, qui puise ses sources aussi bien dans le rhythm’n’blues, la house, le disco que le rap, évoquant même, tour à tour, Little Simz, SAULT ou Sampa The Great. La compo est enrichie d’une intervention au saxophone. Elle dépasse donc largement les 2’ de la version originale….

La voix d’Emy est vraiment bouleversante. A vous flanquer la chair de poule. Et lorsqu’elle se fait suave, sucrée/salée, elle rappelle, celle de Selah Sue. Enfin, à travers ses textes introspectifs et intimistes qui dépeignent notre société, elle dévoile un esprit ouvert sur le monde contemporain…

Grâce à son style catchy et éclectique, Emy a confirmé, en 30’, tout le bien qu’on pouvait penser d’elle…

Setlist : « Inconvenient », « Painfull », « Ignore It », « Bitch », « Freestyle », « Chasing », « Illusions ».

Les musicos d’Orion Sun débarquent sur l’estrade. Son band implique un guitariste, un bassiste, un drummer et une claviériste. Cette dernière est vêtue d’une salopette, mais surtout affiche de superbes dreadlocks surmontées d’un bonnet. Les plantes vertes ont été débarrassées du plancher. Tiffany apparaît ensuite. Elle pose un épais agenda à ses pieds. Elle a enfilé un t-shirt de couleur blanche et un pantalon de teinte brune. Elle est chaussée de baskets.

L’artiste va bien évidemment puiser l’essentiel de sa setlist au sein de son dernier Ep et du long playing, « Hold Space For Me ».

Le concert s’ouvre par « Lightning », une chanson qui met en exergue sa voix onctueuse.

Dans la chanson « Intro », le courage et la détermination de la population philadelphienne transparaissent à travers les lignes de basse épaisses et les sonorités croustillantes, sonorités qui squattaient les stations de radio r’n’b et hip-hop de la région, au début des années 2000. Tiffany reste très attachée à cette région.

Elle mêle r’n’b et rap sur l’envoûtant « El Camino ».

Sobres et élégantes, ses compos naviguent à mi-chemin entre r&b alternatif et néo-soul cotonneuse. Et il lui arrive de triturer un contrôleur de marque ‘akaï’. Dans la salle, on remarque la présence de nombreuses fans anglo-saxonnes. Et pour cause, à plusieurs reprises, elles reprennent en chœur les refrains et même les chansons. D’ailleurs, Tiffany tourne régulièrement son micro vers l’auditoire, appréciant tout particulièrement l’attention que portent ces aficionados, à ses textes…

Un drumming hip-hop/jazz caresse délicatement « Concrete ». Un morceau issu de « Getaway », dont les vibrations finissent par nous emporter, tout comme les paroles chargées d’espoir…

Elle dévoile facilement son jardin secret. A l’instar de « Ne Me Quitte Pas (Don’t Leave Me) », qui n’est pourtant pas une reprise de Jacques Brel, n’en déplaise aux mélomanes… Mais également de « Dirty Dancer », où elle raconte se languir de son amour alors qu'elle fait des courses pendant la semaine, dans les rues de Philadelphie. Elle s’allonge alors sur le sol pour mieux apprécier sa chanson…

Et en rappel, elle va nous accorder deux titres, dont une sorte de potpourri, intitulé « Space Jam - An Odyssey » …

Setlist : « Lightning », « El Camino », « Stretch », « Ne Me Quitte Pas (Don't Leave Me) », « Smooth », « So Tall From Down Here », « Voicemail », « Birds Gave Up », « Valentine », « Intro », « Pressure », « Concrete », « Dirty Dancer », « Celebration », « Coffee For Dinner ».

Rappel : « Space Jam - An Odyssey », « Antidote ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Arcade Fire

Toujours plus proche de son public…

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Arcade Fire se produisait au Sportpaleis d’Anvers, ce lundi 12 septembre. Le concert n’affiche pas complet. Cependant il ne reste que peu de sièges libres et la fosse est pleine à craquer.  

Venu défendre son sixième opus, sobrement intitulé « WE » et paru le 6 mai dernier, Arcade Fire compte bien démontrer à travers cette tournée mondiale, que malgré le récent départ du frangin Will Butler, il reste l’un des groupes les plus impressionnants, influents et innovants de ces vingt dernières années.

« Le plat pays » de Jacques Brel résonne lorsque votre serviteur débarque dans la salle (NDR : procédure obligatoire pour les photographes). Première constatation, une petite estrade est disposée au beau milieu du parterre au Sportpaleis, sur laquelle a été installée, au centre, un piano translucide ainsi qu’une énorme caisse claire de couleur blanche. Etincelante, elle brille de mille feux sur son socle en attendant sagement de résonner. En levant les yeux, on peut apercevoir une immense boule à facettes (NDR : ‘Monday night fever... ?’) Les inscriptions ‘End of the Empire’ sont reproduites en blanc et bleu par des néons sur ce mini-podium au look particulièrement sixties.

Quant à la ‘main stage’, elle est dominée par un écran gigantesque en forme d’arcade (forcément) qui recouvre la quasi-totalité du podium.

A 21h04 précises, Arcade Fire débarque par l’entrée ‘tout public’ et s’enfonce au cœur de la fosse, fendant la foule qui, un instant, imagine que le show va démarrer sur cette ‘mini stage.’ Erreur de jugement, puisque les musicos s’installent derrière leurs instruments sur la scène principale. Régine Chassagne et Jeremy Gara se postent derrière leur drum set, la violoniste Sarah Neufeld opte pour le côté droit, tout comme Richard Reed Parry qui reprend la position… de Will. Légèrement en retrait, derrière Wim, le très discret Tim Kingsbury va se contenter de quelques interventions au piano droit. A contrario, l’auteur-compositeur-multi-instrumentiste Dan Boeckner (NDR : âgé de 44 ans, il est également de nationalité canadienne) va se révéler très productif au moog et aux synthés sur les morceaux du nouvel opus. Et ‘last but not least’, un jeune-homme aux dreadlocks à faire pâlir Bob Marley, va se consacrer aux percus (NDR : surtout des djembés) et à la sèche. Mais surtout il va apporter son grain de folie au show, déambulant d’un côté à l’autre du podium afin d’haranguer la foule, en plein ascenseur émotionnel dès le second titre, « Ready to Start », et n’hésitant pas à franchir les barrières afin de rejoindre les premiers rangs…

Le concert embraie par deux compos mélancoliques, dont le profond « Afterlife » qui, inexorablement, va déclencher des ‘oh oh oh oh’ au sein de l’auditoire. Et manifestement il ne demande qu’à reprendre refrains ou onomatopées, en chœur.  

Alors que l’arcade géante coiffant le podium ne diffusait jusqu’ici que des images très sombres, elle s’illumine de couleurs vives, pendant que des lasers balaient la fosse de haut en bas afin d’impulser le ‘survolté’ « Reflektor ». Une boule à facettes descend du plafond et ses faisceaux transforment cette immense salle en une gigantesque piste de dance ! Les spectateurs du Sportpaleis sont debout et remuent le popotin au rythme des ‘Air Dancer Sky’ (acteurs principaux du superbe clip « Unconditional (Lookout Kid) »). Wim s’autorise un bref stagediving lors du passage ultra explosif de « Here Comes the Night Time », Régine utilisant judicieusement, comme d’habitude, la boule à facettes depuis la ‘main stage’ ; puis elle se faufile au sein de la foule avant de performer seule, debout sur le piano translucide de la ‘mini stage’ pour interpréter le titre « Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) ».

« Everything Now » clôture en apothéose ces 17 titres enchaînés à toute allure par un groupe maîtrisant son répertoire aussi bien ancien que nouveau. Mais au lieu de rentrer backstage, les musicos descendent du podium et se dirigent vers la ‘mini stage’ en retraversant la foule. Les centaines de personnes agglutinées derrière cette estrade espèrent alors profiter de cette position quelque peu privilégiée, mais frustrante depuis le début du set. Il est vrai qu’après plus 1h de concert passé sur la pointe des pieds afin d’entr’apercevoir au loin le groupe ou de rabattre son champ de vision vers les écrans latéraux, cette ‘mini scène’ n’était pas vraiment une bonne idée. Heureusement, le groupe va plutôt se mêler à l’auditoire pour accorder un rappel de trois morceaux empreints d’humilité, et clore sa prestation par l’inévitable « Wake Up ». Mais, les musiciens ne rentrent toujours pas via les backstage. Ils quittent la salle, comme ils sont arrivés, par la sortie du public. Tout un symbole, comme si le groupe voulait adresser un message à son public en se montrant accessible…

En conclusion, un concert alternant, de manière arithmétique, des tubes issus des précédents elpees et des morceaux récents. Même si le nouvel LP est loin de faire l’unanimité, sur les planches, ces nouveaux titres viennent compléter de manière fantastique une setlist bien balancée. Un concert pour lequel on ressort rempli de joie et de bonheur, pendant que certains des hits du band résonnent encore, des heures et des jours plus tard, dans la tête...

A noter également que Régine et Wim soutiennent KANPE, une fondation qui aide les communautés rurales sous-desservies d’Haïti à devenir autonomes. Des membres de cette association accompagnent Arcade Fire tout au long de la tournée ‘WE’ et disposent d’un stand pour y proposer des t-shirts, badges et autocollants aux couleurs et dessins entièrement réalisés par Régine. 100% des bénéfices générés par la vente sont reversés à cette fondation. Après avoir longuement échangé avec ces Québécois, on peut affirmer qu’ils ont un cœur grand comme ça ! Et sont d’une gentillesse incroyable. Des infos ? C’est ici.

Setlist :

Intro : Le plat pays (Jacques Brel)
1. Age of Anxiety I
2. Ready to Start
3. Deep Blue
4. Afterlife
5. Reflektor
6. Put Your Money on Me
7. Age of Anxiety II (Rabbit Hole)
8. The Lightning I
9. The Lightning II
10. Rebellion (Lies)
11. Keep the Car Running
12. The Suburbs
13. The Suburbs (continued)
14. Unconditional (Lookout Kid)
15. Here Comes the Night Time
16. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
17. Everything Now

Encore :

  1. End of the Empire I-III
    19. End of the Empire IV (Sagittarius A*)
    20. Wake Up

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos

 

 

Parkway Drive

Parkway Drive brûle-t-il ?

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Trois formations se produisent, ce soir, à Forest National : Lorna Shore et While She Sleeps en supporting acts et Parkway Drive en tête d’affiche. C’est la troisième fois que votre serviteur assiste à un concert du band australien. Son dernier elpee, « Darker still », vient de sortir. Si les premiers albums émargeaient au metalcore, parfois teinté de deathcore, ses dernières œuvres relèvent davantage du heavy metal classique. Mais surtout, en ‘live’, la formation propose un show pyrotechnique digne de Rammstein…

Lorna Shorne est un combo issu du New Jersey, aux States. Son style ? Du deathcore bien burné. A son actif, quatre Eps et trois albums. Mais un nouveau long playing, intitulé « Pain remains », paraîtra ce 14 octobre 2022. Le line up actuel implique les guitaristes Adam De Micco (lead) et Andrew O'Connor (rythmique), le drummer Austin Archey, le bassiste Michael Yager ainsi que le chanteur Will Ramos, (ex-Monument of a Memory, ex-A Wake in Providence).

« To the Hellfire » ouvre le bal et met littéralement le feu. La musique proposée par Lorna Shorne est féroce, brutale et puissante. « Of The Abyss » embraie. Un extrait du dernier Ep, « ... And I Return To Nothingness ». Les cordes de grattes galopent et tonitruant, le drumming s’emballe (NDR : deux grosses caisses, quand même !).

Mais c’est surtout la voix de Will Ramos qui impressionne, aussi bien capable de basculer des tonalités les plus ténébreuses (et déformées) vers les plus aigües. Elle est même parfois poursuivie par les accords des guitares. On se demandait d’ailleurs s’il allait tenir la route durant les 30’ de set. Eh bien oui !  Les circles pits et les rounds circles éclatent dans la fosse. Manifestement, le public est chaud-boulette, malgré un son pas vraiment au top, parce qu’il souffre d’un excès d’infrabasses. Le light show mitraille l’auditoire. Tous les gratteurs sont perchés sur une estrade surélevée.

Destructeur dans le bon sens du terme !

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « To the Hellfire », « Of The Abyss », « Sun, Eater », « Cursed To Die », « Into The Earth ».

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié quatre elpees, dont le pénultième, « So what » (2019), est jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon et Architects, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore.

Votre serviteur les suit à la trace depuis plus de 10 ans. Dès le début du concert, Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Et un immense drapeau à l’effigie de l’artwork du dernier elpee est tendu derrière lui. Taylor, le chanteur, fait tournoyer ses cheveux. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

La setlist va puiser généreusement dans le dernier LP du band, « Sleeps Society » (2021). Mais l’indispensable single « Anti-social » (NDR : paru en 2018, il figure également sur l’album While she sleeps ») n’est pas oublié. Le light show est aveuglant. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs des sixcordistes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux.

Bref, un tremplin idéal pour la tête d’affiche ! Et puis secrètement, votre serviteur aimerait revoir cette formation en salle, et pourquoi pas à l’AB…

(Pour les photos, c’est )

Setlist : « Sleeps Society », « Anti-Social », « You Are All You Need », « The Guilty Party », « I've Seen It All », « You Are We », « Eye To Eye », « Fakers Plague », « Silence Speaks », « Systematic ».

Pour accueillir Parkway Drive, le premier étage de Forest National est blindé, mais le second est condamné par de grands rideaux de couleur noire. Quant à la fosse, elle est pleine à craquer.

Des images d’une faille terrestre sont projetées sur un immense écran tendu derrière la scène. La crevasse s’ouvre, de gros rochers commencent à tomber. Un brouillard de fumée inonde le parterre et le podium. Huit personnages revêtus de capes noires débarquent de l’arrière, un flambeau à la main et s’installent de part et d’autre de l’estrade. Tout de blanc vêtu, Winston McCall, surgit du smog, depuis l’arrière du podium. Il semble en grande forme. Dès la fin de l’intro, les porteurs de flambeaux s’éclipsent.

Le set s’ouvre par « Glitch » et embraie par « Prey », moment choisi par les lance-flammes pour déjà cracher leur feu. Et conséquence immédiate, la température monte d’un cran. D’autant plus que Winston incite le public à jumper. Ce dernier reprend en chœur les paroles. Au centre de la fosse un immense round circle se forme. C’est dingue, ce n’est que le deuxième titre et c’est déjà la folie dans l’auditoire. C’est la fête au métal ! Puissant, le light show oscille entre le rouge et le jaune. Véritable bête de scène, Winston est omniprésent. Les gratteurs entrent en duel. La frappe du drummer est particulièrement sauvage. Des pétards explosent sur les planches. Pendant « Dedicated », Winston se frappe violement la poitrine et balance un ‘fucking’ 2 year’s’. Dans la foulée, les lance-flammes redoublent d’intensité alors que des faisceaux lumineux éblouissent l’auditoire, au propre comme au figuré. Du haut de son estrade, le batteur participe également au show. Planté derrière les différentes machines pyrotechniques, il doit transpirer ! Lors de « Ground Zero », la plage d’entrée du dernier opus, « Darker Still », une multitude de petites lumières blanches scintillent au sein du public. Le firmament avant l’heure ! Bien que puissante, la voix de Winston est supplantée par les sonorités de la guitare rythmique. On entend le bruit des pales d’un hélicoptère dès l’intro du plus paisible « Cemetery Bloom ». On se croirait replongé dans une scène du long métrage ‘Apocalypse Now’ de Francis Ford Coppola. D’ailleurs, tout au long de « The Void », on a l’impression d’être un figurant au sein de ce film de guerre.

Pour les deux dernières compos, une violoncelliste et trois violonistes débarquent sur l’estrade et vont apporter un peu de douceur au cœur de cet univers metalcore ; slow langoureux, « Darker Still » permettant même à Jeff, le guitariste, de connaître son moment de gloire…

En rappel, Parway Drive attaque « Crushed », un des morceaux favoris du public. La pyrotechnie est à son summum. Un véritable mur de flammes brûle derrière Winston. Votre serviteur ignore si ce sont les flammes de l’enfer, mais la facture de gaz va être salée !

Les cinq porteurs de flambeaux sont de retour. La foule est en délire lorsque le combo entame « Wild Eyes », alors que les deux sixcordistes s’avancent auprès de Winston à l’avant-scène. Le show est terminé (pour les photos, c’est ici)

Ce soir, Forest National a accueilli trois prototypes du metal contemporain. Un spectacle de ‘ouf ‘, percutant, qui a fait kiffer la majorité des spectateurs et constitue un des meilleurs concerts de l’année 2022 pour votre serviteur.

Setlist : « Glitch », « Prey », « Carrion », « Vice-Grip », « Dedicated », « Ground Zero », « Cemetery Bloom », « The Void », « Karma », « The Greatest Fear », « Shadow Boxing », « Darker Still », « Bottom Feeder ».

Rappel : « Crushed », « Wild Eyes ».

 

 

Pomme

Consolation

Écrit par

Pomme, alias Claire Pommet, nous livre un album subtil, d’une très belle maturité artistique.

Il y a de l’authenticité, de l’humilité. Elle ne cherche pas à plaire mais nous livre son univers, son intimité sans fard, avec générosité.

La musique est douce, sa voix, caressante.

Ses textes sont poétiques, bruts et touchent au cœur. Tous les premiers couplets de ses chansons commencent fort.

Portés par du soundpainting, la musique et les arrangements nous invitent à un voyage empreint de délicatesse.

Pas de doute, c’est de la grande chanson française.

Alors qu’elle remporte le prix de l’Artiste féminine aux Victoires de la Musique en février 2021, Pomme s’attèle à l’écriture de son troisième opus, « Consolation », qui succède à « Les Failles », paru en 2019, et acclamé depuis.

Attirée par l’électronique, Pomme se tourne vers Flavien Berger pour l’accompagner dans cette voie encore inconnue. Au sein de la campagne québécoise, ils coréalisent, un mois durant, l’album qui, à la différence du précédent LP, ne porte pas sur ‘ce qui ne va pas’, mais plutôt sur ‘ce qui fait du bien’. Oscillant entre l’envie de parler de son enfance et de femmes qui l’inspirent, les deux sujets s’entremêlent logiquement dans cette nouvelle œuvre entièrement signée Claire Pommet, également productrice du disque.

Écrit en Bourgogne, à Paris, à Montréal, sur l’Île d’Orléans au Québec ou encore en Ontario, « Consolation » sera d’abord pensé comme un long playing en piano-voix. S’ajouteront par la suite les teintes synthétiques et électroniques auxquelles aspiraient Pomme, qui confèrent au disque une maturité supérieure, traduisant l’ambition et le renouvellement de l’artiste, tout en conservant son identité propre.

Si « Les Failles » marquait assurément une forte émancipation de Pomme qui s’érigeait comme seule autrice et compositrice de son disque, « Consolation » permet à l’artiste de franchir un palier, assurée et déterminée à prouver que ses ressources sont loin d’être épuisées. Œuvre au charme alambiqué, la « Consolation » est une joie qui provient nécessairement d’une peine ; et, de ses belles cendres, renaît Pomme.

Passons les plages en revue.

« Jardin » est une chanson bien balancée dont le texte dur, très touchant, nous parle de son enfance troublée dans laquelle, malgré tout, la lumière a trouvé son chemin. On aimerait en savoir davantage pour mieux comprendre et prendre Pomme, enfant, dans nos bras pour la réconforter. 

« Dans mes rêves » commence par un couplet à l’effet d’une balle de revolver. Texte incisif. C’est l’histoire et le lot de beaucoup d’enfants dont les parents créent une relation hiérarchique et non d’amitié avec leurs enfants. Au début ils veulent leur ressembler et les respectent parce qu’ils sont obligés puis, étouffés par leur position dominante, ils n’ont d’autre choix que de les détester. Quand les parents perdent la faculté de devenir de bons amis, les enfants n’écoutent plus leurs conseils. Ils cherchent les réponses ailleurs. Ici, le rêve d’enfance, encore flou, était une réalisation de vie artistique, d’un projet épanouissant et de recevoir l’amour et la compréhension d’un auditoire désiré.

« La rivière » est un hymne poétique, une aile bienveillante, enveloppante pour aider ceux qui ont souffert. Le piano à la Debussy au début du morceau est un régal.

« Nelly » rend hommage à la défunte écrivaine québécoise Nelly Arcan. Sur son mur Facebook, Pomme a posté : ‘Quand j’ai découvert Nelly Arcan l’année dernière, j’ai pleuré tout au long de la lecture de ses livres. Parce que la beauté de ses écrits et la fatalité de son suicide m’ont anéantie. Elle savait ce qui la détruisait et elle savait qu’elle y participait. Elle était piégée. J’ai été frappée par son honnêteté et par la véracité de ses propos encore à notre époque. Découvrir que l’on est connecté à ce point à quelqu’un.e alors qu’il/elle n’est plus là, c’est toujours aussi douloureux que beau. Alors je lui ai écrit cette chanson comme une lettre, pour me consoler, pour au moins déposer tout ce paquet d’émotions quelque part et m’en délivrer. Cette chanson a donné son nom à l’album, « Consolation »’.

« Septembre » est plus énigmatique. S’agit-il d’une envie de continuer en compagnie de l’être aimé ?

Même flou artistique pour « Bleu ». Une envie d’être avec quelqu’un jusqu’à la démence ?

Pomme opère une transition en anglais sur la chanson « When I c u ». Elle ne se cloisonne pas à la langue de Molière et ose celle de Shakespeare de manière assez réussie. Ici c’est assez clair, elle parle de la douleur d’être loin de son âme sœur.

« Puppy », titre original, court, à deux voix, en français et en anglais superposées, parle de l’amour grandissant, de la mort, du changement et de la peur d’être séparée de son amour. Il est amusant d’essayer de distinguer les deux voix chantées.

« Tombeau » semble parler d’un proche au crépuscule de sa vie. Le refus du départ et la promesse de se souvenir des moments et de la joie partagés ensemble.

« Allô » évoque la rencontre d’une personne qui a vécu le même genre de vie, de frustrations et de questionnement que Pomme. Une amie et confidente qui l’aide à traverser la vie.

« B. » semble être la réponse d'une amie qui partage les mêmes sentiments de gratitude amicale.

Merci Pomme pour ce beau cadeau.

Méthode chanson

The Burning Hell

Garbage island

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« Garbage island » constitue déjà le 9ème long playing de ce trio canadien réunissant les multi-instrumentistes Ariel Sharatt, Jake Nicol et Mathias Korn. Auteur-compositeur, ce dernier assure également le lead vocal. Pour enregistrer cet album, le groupe a reçu le concours de quelques collaborateurs qui se consacrent également à toute une série d’instruments. Une équipe qui se partage synthés, harmonium, saxophone, flûte, lap steel, bouzouki, steel drum, percus insolites ou pas, et la liste est loin d’être exhaustive. Sans oublier les backing vocaux féminins qui apportent un chouette contraste au baryton profond de Matthias, sorte d’hybride entre ceux de Kevin Ayers, Kurt Wagner (Lambchop), Matt Berninger (The National) et Bill Callahan.

Concept album, « Garbage island » s’inquiète de l’état de notre planète en proie à une grave crise climatique, mais également qui croule sous les déchets. En fait, le thème de cet opus est venu à l’esprit de Mathias, lors de ses promenades quotidiennes jusqu’au rivage, lorsqu’il observait des oiseaux qui survolaient les tas de débris de plastique échoués sur les rochers. Ce paysage lui a rappelé la fameuse île aux ordures, le vortex du Pacifique Nord. Et pour accentuer ce sentiment de malaise, le band a fait appel à Emmie Tsumura afin de réaliser l’artwork de la pochette, concoctée à l’aide d’éclaboussures de couleurs aléatoires issues de chutes utilisées à l’usine de pressage. Dans le même esprit, l’opus s’achève par « The end of the end of the world », une plage dont le titre est suffisamment significatif.

Une œuvre qui ne souffre d’aucune faiblesse, mais qui recèle 12 pistes bien distinctes, dont on épinglera l’ouverture « No peace », pimentée par des touches de piano allègres et des sonorités de gratte surf, un « Nigel the gannet » dont les paroles se réfèrent au « Making plans for Nigel » de XTC, la douce sérénade « Dirty microphones », bercée d’élégantes cordes de sèche, le punchy « Empty world », traversé d’un saxophone débridé, le champêtre « Minor characters », le fringant « All I need » qui lorgne vers les Pogues (ton badin, sifflotements, tempo guilleret) avant de s’achever dans un chaos électrique ou encore le funky (Beck ?) titre maître.

Un album qui s’écoute d’une traite sans jamais souffrir d’un seul moment de lassitude…

Boy Harsher

The Runner (original soundtrack)

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Depuis Savannah (Géorgie, USA), le duo Boy Harsher –autrefois connu sous le patronyme de Teen Dreamz– s’est forgé une identité très forte. Augustus Mullet et Jae Matthews naviguent clairement dans les eaux sombres d’une synth-pop aux accents ‘dark’. Influencé par les 80’s, et tout particulièrement par DAF, mais aussi par le cinéma en général, il n’est pas surprenant qu’il produise une B.O. après 3 albums très bien reçus par la critique.

« The Runner », c’est le titre d’un court métrage d’épouvante réalisé par le tandem et le nom d’un synthétiseur modulaire aux sonorités proches de celles du drone, créé par la marque Moffenzeef.

Entre gore et thriller, ce film noir est abordé dans l’esprit d’Asia Argento, de John Carpenter et pourquoi pas de David Lynch. Huit titres sombres et atmosphériques mais mélodiques cadrant à merveille avec l’ambiance glaçante des images…

Une immersion au sein d’un univers aussi passionnant qu’angoissant...

 

Death Bells

Between here and everywhere

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Death Bells, c’est avant tout un duo réunissant Will Canning et Remy Vesselis, deux Australiens (NDR : ils sont issus de Sydney) qui se sont établis à Los Angeles à la recherche de l’inspiration. C’est d’ailleurs cette cité californienne qui leur a servi de muse pour composer les 9 plages de leur troisième opus, « Between here and everywhere ».

Pour enregistrer cet LP, le tandem a reçu le concours de quelques collaborateurs aux claviers, cordes, ivoires et chœurs.

Mais le plus étonnant procède du style pratiqué par cette formation, une forme de post punk probablement inspiré de Joy Division, The Murder Capital et Interpol. Parfois, le résultat peut paraître parodique, mais il tient parfaitement la route. Et puis la voix de Will est moins fragile que celle de Ian Curtis. Encore que sur « Last days », elle évoque davantage Grian Chatten (Fontaines DC), l’insouciance sarcastique se substituant à l’intensité sauvage.

Sur les 9 pistes, deux dépassent les 4 minutes pour un total de 35’. Deux valses quand même : « A better resolution », puis le titre maître. D’abord lente, la plage prend progressivement son envol et s’enrichit même de chœurs dramatiques.

Suivant les déclarations de Will et Remy, « Eternity street » serait né d’une obsession pour « The light » de Love & Rockets. Mais on en retiendra surtout les subtils arrangements de cordes et de synthés injectés par Laena Myers-Ionita et Jeff Fribourg, en fin de parcours.

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