"Variations", le nouvel album de Mermonte, sortira le 20 septembre 2022 ! Près de quatre années se sont écoulées depuis la sortie de son dernier opus, « Mouvements ». Le band voulait l’enregistrer dans les meilleures conditions pour permettre à sa musique…

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« How to burn », c’est le titre du nouvel elpee de The Afghan Whigs, dont la sortie est prévue pour le 9 septembre 2022. Il s’agira de son 9ème opus. La pandémie mondiale a contraint les musicos à bosser séparément et dans des lieux différents : Greg Dulli,…

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Fontaines D.C.

Skinty Fia

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« Skinty Fia » (NDR : sorte de juron gaélique signifiant ‘damnation du cerf’) constitue le 3ème opus de Fontaines DC, une œuvre qui reflète notamment le sentiment d’exil éprouvé par les musicos, depuis qu’ils se sont établis à Londres. Pour le produire, le band a de nouveau bossé en compagnie de Dan Carey (Wet Leg, Squid, black midi, The Lounge Society, …)

L’album s’ouvre par « In ár gCroíthe go deo », une chanson interprétée en gaélique, dont le début est presque chanté a cappella. Puis, sous l’impulsion de la batterie, l’intensité monte en crescendo, avant que les cordes de guitares se mettent à tourbillonner, sur fond de chœurs liturgiques. Et le plus souvent, c’est ce drumming qui dynamise les compos, même les plus indolentes. Autre compo inspirée par la tradition irlandaise, « The couple across the way », dont la vulnérabilité est entretenue par la mélodie jouée à l’accordéon…

Outre le contagieux « Jackie down the line », on épinglera encore le subtilement psychédélique « Roman holiday », la ballade mélancolique « Bloomsday », dont la gratte est judicieusement traitée à la slide ainsi que le plus complexe titre maître, imprimé sur un tempo spasmodique.

Excellent, parsemé de références politiques et culturelles, « I love you » baigne au sein d’un climat gothique, peut-être réminiscent du Cure. Et l’œuvre de s’achever par « Nabokov », une plage qui se réfère probablement à Vladimir Nabokov, écrivain russo-américain auteur, notamment, du roman polémique « Lolita » …

Si le second opus du groupe irlandais avait déçu, « Skinty Fia » devrait figurer dans de nombreux tops de l’année 2022.

Get Well Soon

Amen

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Get Well Soon, c’est le projet de Konstantin Gropper, et « Amen » constitue son sixième elpee. Pour le concocter, l’artiste allemand s’est entouré de son backing group, réunissant la bagatelle de 7 musiciens, dont des cuivres (trompette, saxophone, trombone), un flûtiste et un violoniste, de manière à communiquer une emphase symphonique et lyrique à l’expression sonore que n’aurait pas reniée l’Arcade Fire originel. D’ailleurs la voix de Konstantin est quand même assez proche de celle de Will Butler. Vous vous doutez donc que les compos bénéficient d’arrangements sophistiqués et luxuriants. Et c’est le cas. Aussi bien organiques que synthétiques (NDR : tout comme sur les derniers essais de la formation canadienne) ! Et Konstantin vient poser sa voix de crooner, que soulignent parfois des chœurs exaltants.

En matière d’emphase « I love humans » s’enfonce même dans le kitsch, alors que « A song for myself » adopte un profil baroque, rappelant ainsi qu’à l’instar de The Divine Comedy et The Dears, Scott Walker et Burt Bacharach sont des références communes. Et puis il ne faut pas oublier que Gropper est compositeur de musique de films. 

Si l’une ou l’autre chanson baigne dans une certaine forme de romantisme (la ballade « Richard, Jeff & Elon », « Golden days »), la plupart des pistes libèrent une belle énergie ; à l’instar de « Us vs. Evil », dynamisé par un drumming syncopé et ample ou de « This is your life », imprimé sur un tempo krautrock.

Mais le plus étonnant, c’est l’illustration de la pochette (une pierre tombale sur laquelle est mentionnée l’inscription ‘Amen’), quand on sait que les lyrics, inspirés de réflexions philosophiques personnelles, sont plutôt optimistes (a contrario de ceux dispensés sur « The Horror », l’elpee précédent). Une forme d’ironie ou de second degré que Gropper aime cultiver…

Jon Spencer & the HITmakers

Spencer Gets it lit

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Jon Spencer a donc décidé de remiser au placard son Blues Explosion et de monter un nouveau groupe, The HITmakers. Le line up recèle Sam Coomes (Quasi) au claviers, M. Sord (Boss Hog) aux drums et l’ex-Pussy Galore, Bo Bert, aux percus. Dans le cadre de l’édition 2019 du Roots & Roses, ce dernier se servait d’un bric-à-brac constitué de pièces métalliques, parmi lesquels figuraient une poubelle et des pièces d’automobile, dont des amortisseurs, un rotor de freins, et on en passe ; et sur lequel il frappait régulièrement avec des marteaux. Ce qui vous donne une petite idée de la nature des percussions.

Bref, on en vient à cet opus qui semble parfois hanté par Suicide. A cause de ce mélange de bruitages insolites, de cordes de guitares distordues, psychédéliques, surf, funk, fuzz ou spasmodiques, de synthés bourdonnants, de sonorités électroniques et de percus indus. On y rencontre même des infiltrations de farfisa sur le morceau d’entrée, « Junk man » ainsi que sur « Get it right now » et probablement de moog sur « Worm town », une piste dont les variations de tempo finissent par donner le vertige. Mais plus complexe encore, « Rotting money » aurait pu figurer au répertoire de Captain Beefheart, alors que « Push comes to shove » pourrait servir de B.O. à un thriller.

Heureusement le garage punk bien groovy n’a pas été oublié. A l’instar du bien rock’n’roll « Get up and do it », de « Death ray » et ses accès de gratte surf, une compo au cours de laquelle Jon aborde le thème de la mort, et puis de quelques plages explosives comme « My hit parade » ainsi que le blues dépouillé « Get up and do it ». On y retrouve également la voix déclamatoire de de Spencer qui récite et/ou croone suivant qu’il nous parle d’amour, de perte, de luxure ou tout simplement de l’existence…

Edwige

Corps & âme (single)

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« Corps & âme » a été co-écrit et composé par Joachim Jannin. Manuel Roland l'a produit, joué et mixé.

Ce nouveau single d’Edwige, autrice et interprète belge, évoque la pop des 60’s, et tout particulièrement celle des Beatles. Quel bonheur d’écouter un morceau au cours duquel on entend des sonorités assumées d’instruments acoustiques. Pas d’auto-tune, ni d’électronique…

La voix d’Edwige, voilée et douce, nous emmène à travers un texte poétique relatant un parcours d’âme qui subit des averses mais tient bon envers et contre tout. Une recherche d’équilibre avec son corps.

On est impatient de découvrir son album dont la sortie est prévue pour bientôt. En 2022, elle l’a annoncé !

En concert le 25 juin 2022 à la Citadelle de Namur, dans le cadre du Verdur Festival.

Méthode chanson

 

 

The Clash

Ranking Roger (Ep)

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Ranking Roger, un des chanteurs du groupe britannique de ska The Beat est décédé en 2019. D’origine antillaise, il avait milité comme batteur chez les Dum Dum Dum Boys, avant de rejoindre le band de Birmingham, à la fin des 70’s. Et il avait également intégré le Big Audio Dynamite pour participer aux sessions de « Higher Power », en 1994, avant de rallier définitivement le line up lors de la réalisation du dernier opus de BAD, « Entering a New Ride » (1997).

Ranking Roger avait enregistré ses propres versions de « Red angel dragnet » et « Rock the casbash » du Clash (NDR : deux titres qui figuraient sur l’album « Combat rock »), mais elles étaient demeurées au stade de démo, avant de paraître sur un bootleg, sous la forme d’un single, en 2013.

Sony a donc décidé d’exhumer ces deux morceaux. En version numérique et sur un vinyle 7 pouces (NDR : sa sortie est prévue pour la fin du mois de mai).

« Red angel Dragnet » relate la violence qui sévissait dans les rues de New York, à l’époque, les lyrics se référant aux films ‘Taxi Driver’ et ‘Jack The Ripper’. Plus lente, l’adaptation ne convainc pas. A contrario, particulièrement dansante celle de « Rock The Casbah » nous entraîne sous le soleil des Antilles…

 

Vangelis

L’Odyssée a pris fin pour Vangelis…

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De son véritable nom Evángelos Odysséas Papathanassíou, Vangelis est décédé ce 17 mai 2022, à Paris. Ce compositeur, claviériste et percussionniste grec y avait d’ailleurs déjà vécu à la fin des 60’s.

Autodidacte, il a pourtant d’abord sévi dans le milieu du jazz. Ses premiers pas, il les accomplit au sein de The Forminx. Mais déjà, il s’intéresse à la musique électronique (certains médias le considèrent comme un des pionniers), puis commence à adapter des thèmes classiques pour les transformer en chansons pop, un peu dans l’esprit de Procol Harum (NDR : notamment pour l’orgue). Son premier grand succès, il le rencontre au sein d’Aphrodites’s Child, en compagnie du chanteur, feu Demis Roussos, du batteur Lucas Sideras et du guitariste Silver Koulouris. Son titre ? « Rain & Tears », une chanson inspirée du canon de Pachelbel. Le groupe va aussi publier un album culte incontournable, « 666 », en 1972, un œuvre qui va pourtant mettre fin à l’aventure du groupe hellène. Mais en même temps préfigurer la nouvelle orientation musicale de Vangelis : la prog. Il émigre d’ailleurs à Londres, fin des 70’s, et se lie d’amitié avec Jon Anderson, le chanteur de Yes. Il devait d’ailleurs remplacer Rick Wakeman, mais refuse finalement la proposition ; et c’est Patrick Moraz qui va reprendre la place derrière les claviers. Jon et Vangelis vont publier trois albums au cours des eighties et surtout décrocher deux énormes tube, « I hear you now » et « I'll Find My Way Home » (NDR : deux elpees qui portent le même titre, mais sans leur consentement mutuel, sortiront pendant les 90’s).

Vangelis se replonge alors dans les expérimentations synthétiques, mais surtout compose de nombreuses musiques de films qui deviendront cultes, comme celles consacrée à « Blade Runner », « Missing » et « Les Chariots de feu » … En tenant compte de ses collaborations, il doit avoir gravé une cinquantaine d’albums…

RIP

 

Dodie

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…

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Manifestement, les restrictions imposées dans l’univers des spectacles, par la pandémie, provoque aujourd’hui, chez le mélomane, une envie de retourner vivre des concerts en ‘live’. Après celui de Fletcher, on assiste, de nouveau, à la formation de files interminables, devant l’AB et ses rues adjacentes, pour celui de Dodie. Différence quand même, l’âge des spectateurs oscille entre 20 et 50 ans.

Dorothy Miranda Clark, aka Dodie, est née le 11 avril 1995. Originaire d'Epping, dans l’Essex, cette autrice-compositrice-interprète, autrice et vidéaste web s'est d'abord fait connaître grâce à ses vidéos de reprises de titres musicaux au piano et au ukulélé, avant de composer ses propres chansons.

Son dernier elpee, « Build a problem », est paru en 2021. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une tournée destinée à promouvoir cet album, qu’elle se produit à Bruxelles, ce soir.

Sophie Dyson aka Sody assure le supporting act. C’est également une chanteuse et autrice-compositrice-interprète anglaise. Elle est née le 27 septembre 2000, à Londres Sur les réseaux sociaux, elle se présente comme suit : 'Being really honest is my thing' (Trad : Être vraiment honnête, c'est mon truc'). Un engagement qui se ressent dans l'écriture et l'interprétation de ses chansons, à la fois personnelles et empreintes d’une grande sensibilité.

Elle chante depuis l’âge de ses 10 ans, et après avoir participé à plusieurs concours, elle décroche un contrat chez Universal, en 2016. Pas d’albums à son actif, mais une trentaine de singles et/ou Eps.

Les cheveux blond platine, Sody est vêtue de noir. Une couleur qui lui va très bien, d’autant qu’elle est jolie. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste et un claviériste. Une TV led a été plantée au milieu du podium, et sur l’écran, on peut lire son nom en lettres capitales.  

Elle entame son set par « Scary Part Of Me ». D’abord paisibles les ivoires finissent par s’emballer, dynamisés par l’intervention généreuse de beats électro. Surprenante, tantôt douce et chaleureuse ou alors mystérieuse, sa voix campe un hybride entre celles de Robyn, Gabrielle Aplin et Anne-Marie. Elle interprète une nouvelle compo, « Bedroom Ceiling » ; et elle est vraiment superbe. Dodie va d’ailleurs nous réserver l’un ou l’autre morceau en primeur, à l’instar de « Charlotte ». Elle se dirige vers les claviers avant d’attaquer « Hold It All Together », mais rencontre un petit problème de pied de micro qui se barre. Elle en rigole. D’ailleurs le souci technique est rapidement résolu. Elle semble ravie d’être sur scène. Classieuse, sa pop fait mouche. Et quand elle se limite au piano/voix, ses chansons deviennent magiques. « Maybe It Was Me » est légèrement teinté électro.

D’une durée de 40’, ce set s’achève par « Bitch (I Said It) », un morceau caractérisé par une intervention à la guitare particulièrement élégante. Une star en devenir ! Amazing show !!!

Setlist : « Scary Part Of Me », « Bedroom Ceiling », « Hold It All Together », « Charlotte », « Maybe It Was Me », « Butterfly », « Star Potential » (unreleased song), « What We Had », « Bitch (I Said It) ».

A 21h00 pétantes, les baffles crachent une musique préenregistrée. Le rideau s’ouvre, et on découvre, sur le podium, une estrade qui s’étale sur toute la longueur de la scène et sur laquelle ont pris place un drummer et deux claviéristes, une féminine qui se consacre également à la guitare (parfois les pecus, sur une caisse claire) et un masculin, à la basse. Sans oublier la violoncelliste et la violoniste.

Habillée d’une robe blanche à froufrous et d’un body blanc un peu trop court, Dodie joue d’une multitude d’instruments : guitare semi-acoustique, clarinette, claviers, percussions, ukulélé ou mandoline. Mais c’est surtout le duo violoncelle/violon qui apporte une dimension majestueuse aux compos, même si le falsetto mélodieux de Dorothy est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Quant aux deux claviéristes, ils n’hésitent pas à s’affronter, à l’aide de leurs grattes, en duel, en front de scène.  

Très présente sur les planches, la Britannique se révèle également particulièrement interactive. Deux spectateurs fêtent leur anniversaire, ce soir. Aussi elle leur souhaite joyeux, en s’accompagnant aux ivoires. Et elle a la gentillesse de dédicacer un ukulélé que l’un d’entre eux lui présente. En outre, entre chaque chanson, l’artiste discute et plaisante avec son public. Elle est vraiment sympa. Autant que Lisa Hannigham, que votre serviteur a toujours portée haut dans son cœur.

Si la setlist réunit de nombreuses chansons romantiques, la fin de parcours est nettement plus engagée. Ainsi, dans « Rainbow », elle évoque les luttes auxquelles sont confrontées les personnes qui tout comme elle, s'identifient à la communauté LGBTQ+. Cette chanson représente pour Dodie une redéfinition de sa bisexualité par rapport à l'époque où elle l’a déclaré publiquement, en 2017, à travers la vidéo « I'm bisexual - a coming out song ».

Et dans le même esprit, elle clôt son set par « She », une chanson qui explore le thème de la bisexualité.

Généreuse, Dodie va encore nous accorder six titres lors du rappel.

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…  

Setlist : « Air So Sweet », « Cool Girl », « I Kissed Someone (It Wasn’t You) », « Guilltless », « Human », « Special Girl », « Bad Song Mashup », « Sick of Losing Soulmates », « Non identifié », « Four Tequilas Down », « Non identifié », « Sorry », « When », « Before The Line », « Rainbow », « She ».

Rappel : « If I'm Being Honest », « Boys Like You », « Monster », « In The Middle », « Hate Myself », « Would You Be So Kind ? ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Les Nuits Botanique 2022 : dimanche 15 mai

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Soirée de clôture pour l’édition 2022 des Nuits du Bota. Alors que DIIV se produit sous le chapiteau, un autre concert focalise l’attention d’un public branché indé/rock : celui de Wet Leg. Ce groupe s’était illustré fin 2021, lors de la sortie de ses deux premiers singles, vus des millions de fois sur les plateformes de streaming. Et aussi en décrochant cinq nominations aux NME Awards 2022, avant la sortie d’un premier elpee en avril dernier. Mais on peut déjà vous l’annoncer : le concert ne sera pas vraiment à la hauteur de ce buzz !

Heureusement les premières parties sont souvent le théâtre de bonnes surprises. Le Grand Salon (NDLR : baptisé le Musée le reste de l’année) est déjà bien rempli lorsque les locaux Ada Oda grimpent sur l’estrade. Et ses fans sont enthousiastes. Dans le public, juste à côté de votre serviteur, s’est glissé un vieil homme très élégant : Frédéric François. En fait, il s’agit du père de Victoria Barracato, la chanteuse du groupe. Elle accompagnait déjà son papa en duo dans certaines émissions de variété, il y a une bonne dizaine d’années. Heureusement, la musique proposée par le band, ce soir, sera résolument rock, teintée d’une petite touche de surf. Et pour en être persuadés, les membres du combo ont choisi des accoutrements estivaux mais bien punks…

Victoria est épaulée par des musicos expérimentés, dont le bassiste Marc Pirard ainsi que les guitaristes Alex De Bueger et Aurélien Gainetdinoff.

L’aspect binaire, limite schizophrène des compos et les paroles exclusivement chantées en italien constituent l’originalité de sa musique. Et parfois, elle nous fait penser à une variété un peu kitsch dispensée dans les shows télévisés en Italie. Les trente petites minutes du set sont toutefois bien remplies, les gratteurs s’autorisant des envolées de guitare rock garage, alors que la prima donna va manifester un dynamisme auquel on ne s’attendait pas…

Passons à univers diamétralement différent. En l’occurrence, celui des Américains Water From Your Eyes. Si à l’origine, la musique de ce duo baignait dans l’électro-pop, depuis la sortie de son cinquième opus, « Structure », elle a adopté un style indistinct, voguant quelque part entre rock, post-punk et synth-pop. De petite taille, la chanteuse semble effacée, alanguie, sa voix est même censée accentuer cette impression. Cependant, son air de ne pas y toucher intrigue et lui confère une certaine forme de charme. Entre ironie et introspection, elle parvient même à nous entraîner au cœur de son monde.  Déroutante, la musique Water From Your Eyes est alimentée par des riffs de guitares hypnotiques et contagieux. Difficile de croire que le combo est issu de Brooklyn, comme Big Thief ou A Place To Bury Strangers. En outre, l’énergie libérée en ‘live’ donne envie de suivre attentivement l’aventure de cette formation. 

La salle est bondée lorsque Wet Leg débarque. Il est 22 heures. On dénombre, quand même, pas mal de jeunes (sans tickets) à l’extérieur du Grand Salon, aussi. Pas étonnant, quand on sait que le site Ticketswap recensait plus de 500 demandes pour aucune offre. Dans la fosse, on croise de nombreux journalistes, sans doute à l’affût des mouvements opérés par cette nouvelle sensation anglaise. Produit par Dan Carey (NDR : déjà au service de Fontaines DC, Black Midi ou encore Squid) le premier elpee (NDR : un éponyme !), fraîchement sorti, laissait augurer une bonne soirée. Les deux natives de l’île de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers, occupent bien le devant de la scène en début de set, chacune dans son style, comme sur « Wet Dream ». Caractérisé par une ligne de basse omniprésente, ce titre nous replonge dans l’univers des sœurs Deal (The Breeders), à moins que ce ne soit celui de Kristin Hersh voire, et la référence plus récente, de Karen O des Yeah Yeah Yeahs.

« Pieces of shit » et « Ur Mum » sont peuplés de gros mots. Parce qu’émargeant à la girl power, le band assume son féminisme, tant sur les planches que dans les lyrics.

Mais les morceaux qui s’enchaînent finissent par se ressembler, tellement ils souffrent d’un manque de relief. Et puis les deux frontwomen ne débordent vraiment pas d’enthousiasme, snobant tout dialogue avec le public. Même le (déjà) méga-tube « Chaise longue » sera rapidement expédié clôturant, au bout de 50 minutes, un set sans grande saveur.

Il n’y aura pas de rappel, malgré l’insistance de l’auditoire.

Paris-Match n’hésitait pourtant pas, dès le lendemain, à situer la performance parmi ‘les 5 concerts qui auraient enflammé les Nuits Botanique’ (sic).

 

Alors Wet Leg, plutôt un pétard mouillé ou un coup d’épée dans l’eau ? A vous de choisir !

Setlist Wet Leg : ‘Being in Love”, “Wet Dream”, “Supermarket”, “Piece of Shit”, ”Primo Skin”, “Too Late Now”, “Obvious”, “Oh No”, “I Don't Wanna Go Out”, ”I Want to Be Abducted”, ”Ur Mum”, ”Angelica”, ”Chaise Longue“

(Organisation : Les Nuits Botanique)

WET LEG - WATER FROM YOUR EYES - ADA ODA

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Arsenal

Prêt pour les festivals d’été…

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Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est capable de remplir l’AB, six soirées sur une courte période, et pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, Lokerse feesten…), en Belgique.

Chaque album nous plonge au sein d’un univers différent et nous invite à traverser, tantôt le Brésil, le Japon, le Mali ou l’Afrique de l’Ouest, suivant les voyages opérés par les deux têtes pensantes, –en l’occurrence Hendrik Willemyns et John Roan– pour y puiser l’inspiration. Mêlant pop, hip hop et world music, et suivant les circonstances, électro, sa musique incite naturellement à la danse. Arsenal vient de publier un ‘best of’ sous la forme d’un double vinyle, mais son tirage est limité. Les supporting acts sont assurés par Tin Fingers et High Hi

Tin Fingers c’est le band de Felix Machtelinckx. Une formation anversoise dont les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école. Elle pratique une dream pop vintage, catchy, mélancolique et terriblement efficace. Son premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021. Un nouvel opus devrait bientôt sortir… Après avoir gravé l’Ep « No Hero », en 2017, elle avait pris une pause et son leader s’était mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Le set s’ouvre à 19 heures, par « Adrenaline » (NDR : probablement une nouvelle compo) et à ce moment de la soirée, il n’y a pas grand-monde dans la salle. Outre Felix (NDR : il est vêtu d’une longue gabardine de couleur noire), préposé à la guitare et aux vocaux, le line up implique le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et le bassiste Simen Wouters, ce dernier se chargeant également des backing vocaux. La voix de Machtelinckx est vraiment superbe. Son amplitude navigue à la croisée des chemins de celles d’Antony Hegarty, de Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. Elle peut se faire douce, mélodieuse ou grimper dans les aigus…

Setlist : « Adrenaline », « I’m Lost With Move », « Islandheade », « Boy Boy » », « Happy Family », « I Love The Countryside »

Etabli à Louvain, High Hi réunit la guitariste/chanteuse Anne-Sophie Ooghe, le batteur/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Son dernier LP, « Return to dust » est paru en avril dernier, et le trio va nous en proposer de larges extraits.

Les harmonies vocales échangées entre Anne-Sophie et Dieter sont épatantes. La frappe du batteur est métronomique ; en outre, sa technique est impressionnante. Il dispose également d’un iPad, à sa droite. Vu le matos d’Arsenal, il n’y a guère d’espace pour déambuler sur le podium. Anne-Sophie tente quelques timides pas sur la scène qui s’avance dans la foule.

Oscillant entre shoegaze, new et cold wave, la musique du quatuor est manifestement influencée par les 80’s. Et tout particulièrement par U2 et Cure. Le concert s’achève par le single, Daggers » …

Setlist : « Due Date », « 94A9 », « Return To Dust », « Alligot », « Nu Nu », « All Cool All Fine », « Daggers ».

La salle est bondée lorsque le rideau se lève et le public découvre une forêt exotique luxuriante, tant en arrière-plan que sur les flancs. Un décor magique où on pourrait espérer que des oiseaux s’échappent. Ce ne sera pas le cas. Le line up du band accueille un nouveau venu, en l’occurrence le claviériste/ guitariste Lesley Troquet. Ce qui porte, circonstanciellement le nombre de guitaristes, à quatre ! Ils sont neuf musiciens sur les planches ! Léonie Ghysels se consacre toujours au chant et aux chœurs, épaulant ainsi les deux autres choristes, Judith Okon et Pauliene Mattheus. Installé à la droite du drummer, Dada Ravalison de Suarez se consacre aux djembés et percussions diverses.

Le set d’ouvre par l’excellent « Mr Doorman ». Le band entame ensuite un périple qui va nous conduire en Amazonie et tout particulièrement au Brésil ; un voyage dynamisé par une profusion de percus et de samples. Le public est de plus en plus chaud et sautille sur place. John et Léonie se trémoussent. A l’AB, Arsenal se sent comme à la maison. Il n’en oublie pas ses singles, « Amplify » mais également « In The Rush Of Shaking Shoulders ». John est partout à la fois : il danse, chante et se mêle aux chœurs. Et tout comme Léonie, il vient se mêler aux percus. Le groupe dépoussière son répertoire à l’aide de sonorités électro et de nombreuses percussions, à l’instar d’« Amelaka Motiga » ainsi que du magistral « Oyebo Soul ». « Temul (Lie Low) » est superbement interprété par une des deux choristes qui pour la circonstance, s’est postée sur l’avancée de scène. Le groupe s’autorise des morceaux moins connus comme « Rise & Fall », « Whale » ou l’atmosphérique « One Day At A Time ». Et « Saudade pt. 2 » nous rappelle que Hendrik et John ont également exploré l’Afrique de l’Ouest. Un titre parcouru de sonorités de guitares lancinantes. Felix monte sur l’estrade et interprète « Animal ». Léonie se dandine langoureusement pendant « Longee ». Et le concert de s’achever par Estupendo ». Avant qu’Arsenal n’accorde un rappel de quatre morceaux. Après avoir assisté à ce show, il ne fait aucun doute que le collectif est prêt à affronter les festivals d’été…

Setlist : « Mr. Doorman », « Amplify », « Amelaka Motinga », « Black Mountain (Beautiful Love) », « The Rise & Fall », « One Day at a Time », « Whale », « Either », « Temul (Lie Low) », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Eling Park », « Animal », « Sometimes », « Longee », « High Venus », « Estupendo ».

Rappel : « Fear of Heights », « The Coming », « Melvin », « Lotuk »

(Organisation : Live Nation)             

SIZ + Cosmopaark (Ep)

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Signées chez Flippin’ Freaks, les formations bordelaises SIZ et Cosmopaark ont décidé d’enregistrer un Ep ensemble. En studio, ils se sont servis d’un Moog pour les basses, une boîte à rythmes pour les drums, ainsi que d’un enregistreur 8 pistes K7. Sans oublier les guitares. Enfin on suppose, à l’écoute des 6 plages de ce disque, qu’i s’agit bien de grattes.

L’Ep s’ouvre par « You should call your mum », une piste aux harmonies vocales éthérées et aux sonorités sinusoïdales réminiscentes de My Bloody Valentine. Et chargé de fuzz, « Sceneries », morceau qui clôt la plaque, est également hanté par la bande à Kevin Shields.

Alternant passages enlevés ou plus cools, « Warm cheeks » fait davantage la part belle à l’électro. Bien noisy, « FFYM » emprunte régulièrement une rythmique à Smashing Pumpkins, alors que les vocaux s’élèvent de nouveau dans la stratosphère. Epopée électrique dynamisée par un drumming syncopé « F*** the olders » se révèle à la fois offensif et percutant, dans l’esprit de Sonic Youth.  

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