Outre ses activités musicales, Zap Mama travaille avec des organisations militantes et humanitaires. Médecins Sans Frontières, Amnesty International et Care.org (USA) ont utilisé sa musique pour sensibiliser le public. Zap Mama agira également en tant…

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Julian Lennon vient de publier deux nouvelles compos sur la toile, "Breathe" et "Save Me", deux titres qui figureront sur son prochain elpee, "Jude", dont la sortie a été fixée au 9 septembre 2022. Interprété au piano, « Breathe" (clip d’animation disponible…

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Midnight Oil

Quand musique rime avec politique et changement climatique…

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Fondé en 1972 sous le patronyme de The Farm, avant d’opter pour celui de Midnight Oil en 1976, cette formation australienne s’est séparée en 2002, moment choisi par son leader, Peter Garrett, pour se lancer en politique. Il deviendra même ministre de l'environnement du gouvernement australien suite à la victoire du Labor Party, aux élections. Entre 2005 et 2009, le band remonte circonstanciellement sur les planches, mais il ne se reforme réellement, qu’en 2017.

Le groupe a gravé un quinzième elpee, en février dernier. Baptisé « Resist », il s’agit du premier opus studio enregistré depuis 20 longues années ; un excellent album, il faut le rappeler. Auquel le bassiste Bones Hillman et le producteur Warne Livesey, décédés récemment, n’ont pu participer. Une œuvre qui perpétue le combat écologique de Peter, surnommé le géant vert (NDR : 1,93 m, quand même) qu’il livre depuis longtemps, tant à travers son groupe que son action politique. Que ce soit dans le domaine de la crise climatique, la dégradation de l’environnement ou le rôle des citoyens face aux immenses défis de notre temps.  

Le supporting act est assuré par Mooneye, une formation issue du Nord de la Belgique drivée par le chanteur/guitariste Michiel Libberecht. Le line up implique également le drummer Ramses Van den Eede, le bassiste Stan Holvoet ainsi que les sixcordistes Jesse Maes et Guillaume Navarro. Fondée en 2019, elle avait remporté le concours ‘De Nieuwe Lichting’ de StuBru. A son actif un Ep et trois singles. Mélancoliques, voire romantiques, les compos de Mooneye s’inspirent de la pop britannique, tant des Beatles, des débuts de Coldplay que de Travis. Faut dire que la voix aérienne et harmonieuse de Michiel correspond parfaitement à ce type de compos…

Setlist : « Are You Lonely », « Not The One », « Thinking About Leaving », « Black River », « Bright Lights », « Fix The Heater ».

L’instrumental préenregistré « Kingdom of Flaunt » précède l’entrée sur le podium des musicos. Garrett se plante au centre. Il est épaulé par le guitariste et claviériste Jim Moginie, un stetson noir enfoncé sur le crâne, le fidèle drummer Rob Hirst (NDR : à sa gauche trône un immense fût métallique et sur sa grosse caisse est imprimée l’image de la pochette du dernier opus, symbole de la crise climatique), le second sixcordiste Martin Rotsey, le bassiste Adam Ventoura (NDR : il remplace feu Bones Hillman, décédé en 2021), et circonstanciellement un saxophoniste et deux choristes. En toile de fond, on remarque la présence d’une toile tendue sur laquelle est reproduite une main humaine tenant un globe en feu. Elle servira également d’écran pour les projections.

Rock énergique, « Nobody's Child » ouvre le concert. Peter ne tient pas en place. Il arpente l’estrade de long en large. Ses mains s’agitent constamment. Le light show plonge les musicos dans une forme de mystère de l’ombre jaune tout au long de « At The Time Of Writing ».

Issu de l'excellent « The Makarrata Project », paru l'année dernière, « First Nation » exprime le désir de rendre justice et de donner une voix au chapitre aux premiers habitants de l'Australie. Pendant la chanson, Garrett est rejoint à l’avant du podium par la choriste Leah Flanagan afin de partager un duo.

Des décennies de protestation –à  la fois d'archives et plus récentes– sont projetées sur l'écran derrière la scène, ainsi que des images de l'environnement naturel, à la fois dans sa majesté et a détérioration rapide due aux feux de brousse et aux inondations. Entre les chansons, Garrett aborde les échecs du parti au pouvoir actuel et l'urgence de prendre des mesures radicales contre le changement climatique.

La setlist alterne morceaux extraits du dernier opus et puis classiques du groupe. Dont l’un ou l’autre morceau élégiaque et atmosphérique. A l’instar du titre maître du dernier long playing, « We Resist ». Des roadies apportent des cymbales et une caisse claire à l’avant du podium. Elles sont destinées à Rob Hirst qui en profite pour également se réserver le lead vocal tout au long de l’hypnotique « Kosciusko ». Et le band n’en n’oublie pas « Rising Seas », un message qui avait été transmis à la dernière COP26, avant qu’elle ne débute. Une compo qui avait également fait l’objet d’un clip explicite (à voir ou revoir ici).

Pendant « Blue Sky Mine », Garrett souffle dans son harmonica. « Power And The Passion » rend hommage au défunt batteur de Foo Fighters, Taylor Hawkins. Pour l’occasion, Rob se déchaine littéralement sur ses fûts lors d’un solo musclé. C’est également le morceau choisi par le saxophoniste pour s’illustrer à travers une intervention qui tranche avec la ligne de basse luxuriante d’Adam Ventoura.

Lors du rappel, Midnight OIl attaque une version extatique de la protestation nucléaire de l'époque de la guerre froide, « Hercules », avant d’achever le concert par « Wiyathul », une chanson signée par feu Geoffrey Gurrumul Yunupingu, une figure importante dans la promotion de l'harmonie raciale, ainsi qu'un porte-parole des Aborigènes d'Australie.

Bien que d’une durée de 2h30, le show a tenu le public en haleine de bout en bout.

Assister à un tel spectacle, c’est rien que du bonheur et cette énergie communicative devrait booster les spectateurs tout au long de la semaine.

Setlist : « Kingdom of Flaunt », « Nobody's Child », « At The Time Of Writing », « Truganini », « Put Down That Weapon », « Stand In Line », « First Nation », « The Dead Heart », « My Country », « Short Memory », « Luritja Way » (Tour debut), « Kosciusko », « Only The Strong », « We Are Not Afraid », « Redneck Wonderland », « Rising Seas », « Read About It », « Blue Sky Mine », « Beds Are Burning », « Power And The Passion », « Forgotten Years ».

Rappel : « Hercules », « Wiyathul » (Geoffrey Gurrumul Yunupingu song).

(Organisation : Gracia Live)

The Chats

The Chats : et si on en parlait…

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Après les concerts de Wet Leg, Dry Cleaning ou encore Squid, le Botanique accueillait, juste avant les vacances, celui d’une nouvelle sensation : The Chats. Malgré une discographie limitée (deux Eps parus en 2017 et un single, « Smoko », qui a fait le buzz sur Youtube en comptabilisant plus de 16 millions de vues), il est rapidement devenu l’un des groupes à suivre. Depuis, la formation australienne a sorti son premier elpee, « High Risk Behaviour » (NDR : un titre qui s’inspire du sport pratiqué par le drummer, skateur professionnel). Sorti fin mars 2020, il avait été quelque peu éclipsé par la pandémie.

Dans les couloirs du Botanique, il est agréable de croiser de nombreux jeunes dont la moyenne d’âge oscille autour de 20 ans, au sein d’un public relativement international.

Mais la question habituelle se pose dans ce cas de figure : le show de ce soir sera-t-il à la hauteur du buzz provoqué par l’ascension fulgurante de ce band juvénile ? D’emblée on peut répondre : oui. !

« Nambored » donne le ton. Une courte intro à la batterie suivie d’un déferlement de riffs. C’est un peu comme si GBH, Toy Dolls ou The Adicts (dont la typographie semble avoir aussi été imitée) faisaient peau neuve. Ou que NOFX mettait de côté ses aspects foutraques.

Les compos vont s’enchaîner, tambour battant, entrecoupés de quelques brefs commentaires adressés à la foule. Dont l’annonce de l’anniversaire du bassiste, et chanteur, Eamon Sandwith (24 ans). Un gâteau est même amené sur scène par la crew, avant que le guitariste encourage la foule à scander le traditionnel ‘Happy birthday to you’.

En deuxième moitié de set, les singles se suivent en rafale, « 6L GTR », « Struck by Lightning », « Identity Theft », etc. Mais surtout « Smoko » puis « AC/DC CD » qui contribuent à conserver l’intensité des pogos, qui ne cesseront jamais de tout le concert, par ailleurs.

La prestation s’achève par « Pub feed », encore un single. Soit 25 titres courts et incisifs de deux bonnes minutes pour un total de cinquante minutes.

On suivra de près l’évolution de cette formation australienne, et en particulier son accueil à Werchter ce vendredi 1 juillet, ou encore le toujours délicat deuxième elpee, « Get fucked », dont la sortie est prévue pour ce mois d’août 2022.

Et on en reparlera de The Chats

(Organisation : Botanique)

Mademoiselle K

Chloroforme (single)

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Il y 5 ans que l’on avait plus entendu parler de Mademoiselle K. Il nous propose aujourd’hui son nouveau single, « Chloroforme ».

Fidèle à lui-même, sur ce morceau rock aéré au texte écorché, il libère une belle énergie. Ce qui fait du bien.

Il y a du bruit dans cette valse rock aussi bien comme Katerine Gierak le souhaite dans le texte que lorsque les sonorités de gratte se distordent entre moments plus doux…  

La piste s’ouvre par des sonorités de guitares saturées et une basse pour redescendre tout de suite à une voix et des claquements de doigts, de manière épurée, suivis d’une batterie et d’un synthé. C’est ce jeu entre le calme et la tempête durant toute la plage qui lui communique sa saveur. Sans oublier les chœurs qui viennent appuyer ses refrains.

Via son texte, Katerine se demande clairement si elle va pouvoir continuer à faire de la musique, sa carrière, son envie, plutôt que de terminer dans un taudis. Un appel à l’aide réussi car les fans l’ont bien soutenue dans sa demande d’aide à la création de l’album via la plateforme de crowdfunding Ulule. SI vous aussi vous souhaitez la soutenir c’est par ici

L’album ne sera disponible qu’en précommande via ce site. Contreparties sympas proposées. Attention, il ne reste plus beaucoup de temps pour participer !

Pour voir son beau clip en bord de mer c’est

En tous cas, on est heureux de son retour réussi et on lui souhaite une belle et longue vie musicale !

Méthode Chanson

 

Ya Tseen

Indian Yard

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Autrefois actif sous les patronymes Silver Jackson et Indian Agent, Nicholas Galanin revient aujourd’hui sous celui de Ya’Tseen et il est signé sur Sub Pop, gage d’une certaine de qualité.

Depuis son Alaska natal, cet artiste protéiforme concocte une musique assez futuriste, mêlant pop et r&b aux sonorités psyché. Unique en son genre et électrique, le résultat navigue à la croisée des chemins de TV on the Radio, Bon Iver et James Blake. Portugal the Man, Nick Hakim et Shabazz Palaces ont également, mais ponctuellement, participé aux sessions d’enregistrement…

Joseph Shabason

The Fellowship

Écrit par

Ce compositeur et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir posé ses lignes de saxophone au sein de groupes d’envergure tels que War on Drugs ou Destroyer. Joseph Shabason s’est cependant lancé dans une carrière solo, en 2020. « The Fellowship » constitue déjà son 3ème opus.

Partagé en huit morceaux, cet album est plutôt difficile d’accès. A la limite, il est même inaccessible. Pour l’apprécier, il faut être réceptif à ce type de jazz-electronica expérimental. En tirant parti essentiellement de claviers, Joseph Shabason exécute une musique contemplative. Aucune place n’est laissée aux mélodies. Et lorsqu’on pense être parvenu à repérer un fil conducteur, l’artiste prend plaisir à injecter des bruitages ou des sonorités instrumentales parasitaires, à l’instar de « 13-15 » …

Difficile dans ces conditions de réellement s’accrocher à « The Fellowship ». Hormis la plage finale (« So Long ») qui, nonobstant son tempo lent, se distingue par sa rythmique et d’élégantes notes de saxophone jazzyfiantes, il faut bien avouer que l’écoute de cet elpee est loin d’être une partie de plaisir…

Agnes Obel

Un univers féérique, creusé par des fjords à la beauté cristalline…

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Agnes Caroline Thaarup Obel est née le 28 octobre 1980, à Gentofte, au Danemark. Après avoir milité au sein du groupe Sohio, elle se lance dans une carrière solo, à partir de 2009. Agnes Obel écrit, compose et interprète l'intégralité des titres de son premier album « Philharmonics », sorti en 2010, à l'exception de « Close Watch », une compo issue de la plume et arrangée par John Cale. Travaillant principalement en solitaire, elle produit elle-même ses travaux afin de limiter le plus possible les interventions extérieures. Son dernier elpee, « Myopa » est paru en février 2020. C’est son quatrième.

Ce spectacle devait se dérouler le 23 mars 2020. Il avait été reporté suite à la pandémie. Ce soir, le Cirque Royal est archicomble. Votre serviteur la suit depuis ses débuts. C’est peut-être la raison pour laquelle, ce soir, il occupe la loge royale…

Le supporting act est assuré par Boris Groneberger. Il avait accordé un concert, la semaine dernière, en compagnie de son groupe, River Into The Lake, dans le cadre de la fête de la musique, au Bois de la Houssière, à Braine-le-Comte.

Avant de monter son nouveau projet, River Into Lake, en 2019, ce multi-instrumentiste a sévi au sein d’une multitude de groupes, dont Castus, Blondie Brownie, Grinberg, Venus, Zop Hopop, The Grandpiano… Girls in Hawaii, pendant quatre ans aux drums ainsi qu’auprès de Françoiz Breut, comme choriste et percussionniste. Depuis qu’il est adolescent, il écrit des chansons. Dès qu’il trouve le temps, entre ses multiples activités et ses nombreux intérims, il prend la plume. Sous le patronyme R.I.L., Boris a gravé un Ep 4 titres, baptisé « The Crossing », en 2020. Un disque qui fait suite à un premier LP, intitulé « Tel The Beast Out », en 2019, une œuvre de pop orchestrale combinant malicieusement mélodies acérées, harmonies complexes et sonorités héritées des 70’s.

Ce soir, il se produit en mode guitare/voix, flanqué d’un multi-instrumentiste qui se charge notamment des synthés, des percus et de la basse. Hormis « Bounced », issu de son premier Ep, son répertoire est essentiellement extrait de son dernier opus. Il désaccorde volontairement sa gratte pour attaquer « Far From Knowing », un morceau qui nous entraîne au sein d’un univers sonore intimiste et feutré, aux mélodies raffinées, qui rappelle tour à tour Grizzly Bears, Girls In Hawaii (« Everest » ?) ou alors carrément Yes, surtout lorsque l’expression sonore se frotte à la prog. Et c’est encore plus flagrant sur « When You See Red », une nouvelle compo particulièrement élaborée….

Setlist : « Bounced », « Fibreglass », « Far From Knowing », « When You See Red », « Let The Beast Out », « Misunderstanding », « Devil’s Hand »

Vêtue d’un pantalon et d’un body noir, de longs cheveux dénoués tombant sur les épaules, Agnes Obel est resplendissante. Elle grimpe sur l’estrade suivie par trois musiciennes habillées de blanc. En l’occurrence une percussionniste (batterie électronique, glockenspiel et caisse claire), également commise au mellotron, et deux violoncellistes. Le trio assure également les chœurs. Quant à Agnes, outre le micro, elle se consacre aux ivoires et au synthé.

Le light-show privilégie trois teintes : le rouge, le bleu et l’orange ! Au rythme des morceaux, un show de lumière simple et puissant alterne ces couleurs. En parallèle, les musiciennes floutées ou des figurations abstraites apparaissent sur la toile tendue à l’arrière du podium.

A partir de « Red Virgin Soil », une plage issue de l’album « Cityzen Of Glass », on est plongé au sein de l’univers sonore sophistiqué de l’artiste. Un instrumental cinématographique au cours duquel les violoncellistes ont recours à la technique du ‘col legno’, une pratique qui consiste à frapper les cordes à l’aide du bois de l’archet.

« Dorian » et « Trojan Horses » s’enchaînent sur une même rythmique électronique. Cette batterie électronique est cependant parfois un peu trop envahissante et gomme alors le reste les subtilités des autres instruments. Heureusement, après le magnifique single « Familiar », au cours duquel Agnes chante en duo avec elle-même, par la grâce de la technologie moderne, ce déséquilibre va disparaître. Si sa musique navigue quelque part entre folk, pop, néo-classique et jazz, la Scandinave excelle en mode piano/voix surtout dans les chansons intimistes. Comme tout au long de la ballade délicate et mélancolique « Philharmonics », sublimée par sa voix angélique. Rien que le titre nous rappelle qu’elle voue un culte à Debussy et Satie. Les silences incitent à fermer les yeux et à s’enfoncer dans univers féérique, creusé de fjords à la beauté cristalline…

Elle nous réserve son premier single, « Riverside », dont on ne se lasse décidément pas.

Agnes Obel dispose de plusieurs claviers, mais elle les délaisse parfois, alors avec bonheur, pour le celesta, un instrument plus authentique, sorte d’hybride entre le glockenspiel et le piano.

Mais ce qui provoque une forme d’éblouissement et même d’exaltation, ce sont ces montées en puissance qui subliment la fin de ses morceaux, à l’instar de « The Curse », désespérément intense.

En rappel, « Won’t You Call Me » est interprété en piano/voix, mais la compo prend une forme magique lorsque les chœurs se joignent à Agnes. Et en finale, « On Powdered Ground » achève le concert dans la plus pure tradition obelienne…

Setlist : « Red Virgin Soil », « Dorian », « Camera’s Rolling », « Run Cried   The Crawling », « Trojan Horses », « Island Of Doom » », « Stretch Your Eyes », « Familiar », « Riverside », « Philarmonies », The Curse ».

Rappel : « Won’t You Call Me », « On Powdered Ground »

(Organisation : Live Nation)

Sinner’s Day Summer Festival 2022 : vendredi 24 juin

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Le Sinner’s day s’est battu contre vents et marées afin de conserver la tête hors de l’eau ; et finalement, s’est associé au W Festival, pour se maintenir à flots, pendant et après la Covid. Préalablement à l’édition hivernale prévue du 29 au 31 octobre, l’édition estivale du Sinner se déroulait du vendredi 24 au 26 juin à Ostende. Compte rendu du premier jour.

Après avoir laissé passer les orages et surtout les embouteillages qui conduisent au littoral, votre serviteur débarque en début de soirée. Sis à deux pas de la gare, le festival est organisé au sein d’un grand parc, entouré d’étangs enjambés de petits ponts. Un cadre agréable, féérique même, comparable au Minnewaterpark, où est organisé le Cactus à Bruges. Ou dans un style goth, comme l’Amphi festival de Cologne, aménagé le long du Rhin. La capacité du site est cependant limitée ; et à vue d’œil, il doit y avoir quelques milliers de participants. En espérant que cette fréquentation puisse permette aux organisateurs (par ailleurs fort sympathiques) de rentrer dans leurs frais.

Votre serviteur aurait souhaité assister au set du groupe belge Ultra Sunn, programmé en ouverture, à 12h30. Un duo réunissant Gaëlle aux synthés et Sam au chant. Quelque part entre cold-wave et EBM, mais revu à la sauce techno, son style évoque DAF, John Maus voire le défunt Soldout. A revoir dans d’autres circonstances…

A 19h30, W.H. Lung grimpe sur l’estrade. Il avait fait forte impression au Botanique, un mois plus tôt. A ce jour, il compte deux elpees à son actif, « Incidental Music » en 2019 et « Vanities », en 2021, bien reçus par la critique.  Malgré leur jeune âge, les Mancuniens semblent déjà bien à l’aise sur les planches. Plantés de chaque côté du podium, le bassiste et le guitariste se montrent aussi discrets qu’efficaces. A l’arrière, le drummer est également effacé, mais bien concentré sur son sujet. Et au centre, une claviériste au look purement british et surtout excentrique ainsi qu’un chanteur aux cheveux bouclés, dont le physique et l’attitude évoquent Nic Offer (NDR : le leader de !!!) communiquent leur bonne humeur, s’embarquent dans des chorégraphies ou se relaient au chant. Rafraîchissantes, les compos baignent au sein d’une synth-pop imprimée sur un rythme dance ou punk, à laquelle on aurait ajouté quelques accents empruntés à Metronomy. Une découverte qui fait mouche au milieu des vielles gloires qui se produisent lors de ce festival.

Grosse déception en revanche pour le concert de IamX. Celui-ci avait publié un elpee durant la pandémie. Intitulé « Machinate », il compilait des sessions ‘live’, interprétées online pour les fans. Réputé pour ses shows époustouflants, à l’instar de ceux qu’il avait accordé à la Madeleine ou l’AB, Chris Corner revient à Ostende, mais dans un projet solo. Affichant un look définitivement androgyne (longue chevelure blonde, sweat élégant à capuche derrière lequel il se cache parfois), il revisite son répertoire. Un peu trop, car on a parfois des difficultés à reconnaître ses compos. Le plus bel exemple ? « After every party I die ». Faut dire que les arrangements sont saturés de sonorités de basses émanant d’un clavier et d’une table de bidouillages. Les fidèles aficionados, comme sortis d’une exhibition manga, se pressent aux premiers rangs. En général, ce public est conquis d’avance, mais là on se rend compte qu’il n’est pas trop enthousiaste…

The Mission est un des groupes préférés de votre serviteur. Donc, il sera nécessaire de prendre beaucoup de recul pur rester objectif afin de commenter la prestation du band issu de Leeds. Il est enfin à l’affiche de ce festival, après plusieurs reports et reprogrammations. ’C’est un plaisir d’être là enfin, on aurait dû jouer… je ne sais même plus à quelle date, mais le principal c’est qu’on soit ici’ s’exclame d’ailleurs Wayne Hussey, enclin à entrer en communion avec ses fans. Le set s’ouvre par l’inévitable « Beyond the pale », déjà repris en chœur par les aficionados agglutinés aux premiers rangs. Les tubes s’enchaînent. Seul « Metamorphosis » (issu de « Another fall from grace », paru en 2016) vient se glisser au milieu des singles parus au cours des 80’s et 90’s. Le band s’autorise un débordement de timing. 50 minutes sont prévues, The Mission s’en octroie une bonne heure. On regrettera cependant un son globalement mal maîtrisé et l’un ou l’autre raté à l’allumage. Mais les fans les plus conquis (dont votre serviteur) auront savouré la prestation du quatuor (les trois membres originels et un batteur fraîchement incorporé au sein du line up). En attendant un retour en salle qui passera par Arlon le 7 août (au lendemain du Mera Luna festival en Allemagne) et à Louvain (Het Depot), le 22 avril 2023.

Setlist : “Beyond the Pale”, “Hands Across the Ocean“, “Like a Hurricane“, “Metamorphosis”, “Severina”, “Butterfly on a Wheel”, “Wasteland”, “Tower of Strength”, “Deliverance”

Initialement prévu comme tête d’affiche, Front 242 a été remplacé par Echo and the Bunnymen, qui se charge de clôturer la soirée. Très vite la différence de qualité du son est palpable (par rapport aux autres sets de la soirée). Le côté pro et bien rôdé des compos y est sans doute la meilleure explication. Toujours vêtu de son long imperméable et chaussé de lunettes fumées (qu’il ne quittera jamais tout au long du concert), Ian McCulloch reste placide, raide comme un piquet, derrière son micro. A sa droite, le guitariste Will Sergeant, l’autre membre fondateur du band, en 1978 (NDR : encore un groupe qui fête plus de 40 ans d’existence !), est fidèle au poste. Les trois autres musicos sont plus jeunes. Plongés cependant dans l’obscurité, ils prennent le soin de se fondre dans l’esprit de la musique des Hommes-Lapins. D’ailleurs, les 5 comparses sont plutôt statiques. Ce qui ne les empêche pas d’enchaîner les titres sans jamais provoquer le moindre instant de lassitude au sein de la foule. De « Going up » (issu du tout premier album « Crocodiles ») en ouverture à « The cutter » joué en rappel, le set est particulièrement fluide. « Nothing lasts forever » est prolongé par la reprise du « Walk on the wid side » de Lou Reed. Et en final, le combo ne va pas oublier « The killing moon » (issu de « Ocean rain », ce titre date de 1984), un morceau toujours d’actualité, car il a servi à de nombreuses BO). Le band de Liverpool quitte alors sobrement la scène après quelques remerciements polis et une bonne heure quinze de prestation.

Setlist : “Going Up”, ”All That Jazz”, “Flowers”, “Rescue”, “Dancing Horses”, “Over the Wall”, “Seven Seas”, “Bedbugs & Ballyhoo”, “Nothing Lasts Forever/Walk on the wild side”, “Never Stop”, “Lips Like Sugar”.

Rappel : “The Cutter”, “The Killing Moon”.

A noter qu’à côté de la scène principale, se relayaient en permanence des DJs sous un chapiteau rebaptisé ‘Batcave’. Et où une bonne cinquantaine de spectateurs se regroupaient pour s’autoriser un pas de danse tout au long de la journée… replongeant ainsi dans l’ambiance des soirées gothiques du défunt ‘Steeple Chase’ de Waregem, du ‘Coquin’ à Tournai ou des clubs new-wave de la ‘Bodega’ à Bruxelles.

(Organisation : Sinner’s day)

ULTRA SUNN, W.H. LUNG, IAMX, THE MISSION, ECHO AND THE BUNNYMEN

 

 

Einstürzende Neubauten

Sans la fin, on restait sur sa faim…

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Si la température extérieure atteint des sommets en ce samedi 18 juin 2022, à l’intérieur de l’Ancienne Belgique, il fait aussi étouffant ! Mais que ne ferait-on pas pour revoir, à nouveau, les maîtres berlinois de l’Indus ? D’autant plus que son concert a été reporté à maintes reprises ; si bien que le band a rebaptisé sa tournée ‘Year of the tiger’ au lieu du ‘Year of the rat’ initial.

Le concert est sold out et une seconde date est programmée ce lundi. Faut dire que Blixa Bargeld et ses acolytes sont particulièrement respectés à l’AB. D’ailleurs, le combo avait fêté son 25ème anniversaire d’existence, en 2005. Pour la circonstance, un ‘live’ avait même été enregistré. Et dans la foulée, il y avait soufflé ses 30 et 35ème bougies. Ce dernier événement avait ainsi coïncidé avec la sortie du pénultième elpee, « Lament ». Cette nouvelle tournée a cependant été organisée dans le cadre de la sortie du dernier elpee, « Alles in Allem », paru il y a tout juste un an.

Ce soir, la setlist est d’ailleurs constituée essentiellement de morceaux issu de ce long playing, une œuvre, en général, bien reçue par la critique. Première constatation, les morceaux sont imprimés sur un tempo plutôt lent et évoluent au sein d’un climat sensuel et ténébreux qui correspond parfaitement à l‘esprit du groupe ; un climat entretenu par la voix grave du maestro Blixa qui ravit les nombreux aficionados, dont la plupart se savent en terrain conquis. Pourtant, dans l’ensemble, le set manque de relief. Il y a bien le mélodieux « Nagorny Karabach », mais il faudra attendre la fin de parcours, soit lors du second rappel, pour véritablement s’enthousiasmer, moment choisi par Einstürzende Neubauten pour attaquer « Rampe » et le fabuleux « Let's Do It a Dada », au cours duquel on verra (enfin) le percussionniste N.U. Unruh (NDR : qui est à l’origine de la fondation du groupe, tout comme Blixa) se déchaîner sur ses percussions expérimentales, constituées essentiellement de ferrailles. Toute la soirée, malgré la chaleur, il aura supporté un chapeau et un masque de protection. Sur ces deux morceaux, il parvient à galvaniser la foule qui a certainement dû regretter un réveil si tardif ainsi que l’absence de titre phares comme « Sabrina », « Redukt » ou « Die Interimsliebenden » …

Setlist : “Wedding“, “Möbliertes Lied“, “Nagorny Karabach“, “Die Befindlichkeit des Landes“, “Sonnenbarke“, “Seven Screws“, Grazer Damm“, Alles in Allem“, “Zivilisatorisches Missgeschick“, “How Did I Die?“, “Am Landwehrkanal“, “Ten Grand Goldie“, “Susej“

Rappel : “Taschen“, “La guillotine de Magritte“, “Tempelhof“

Rappel 2 : “Rampe“, “Let's Do It a Dada”

(Organisation : Ancienne Belgique)

Calexico

El mirador

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Que de chemin parcouru depuis 1993 par Joey Burns et John Convertino, lorsqu’ils militaient encore chez Giant Sand ! Depuis, le tandem a fondé Calexico (1995/1996) et le groupe vient de publier son dixième opus, « El mirador », un disque enregistré au sein du studio de Sergio Mendoza (le claviériste), sis à Tucson.

Si la musique de Calexico puise régulièrement ses sources au sein du folklore latino, et notamment mexicain, pour enrichir son americana qui agrège rock, blues, jazz et country, il faut reconnaître que tout au long d’« El mirador », elles sont encore plus manifestes. A cause des cuivres mariachi, bien sûr, mais également des rythmes cumbia, conjunto et même cha-cha-cha (le titre maître). « Cumbia Peninsula » s’inspire même de la tradition colombienne, une plage sur laquelle Jairo Zavalo se consacre également au chant. Car évidemment, les compos sont interprétées tantôt en anglais ou en espagnol, au cœur d’une belle harmonie. Dans le même style, la guitare de Joey glisse comme un serpent alors que John secoue ses pecus à main comme le crotale, sur « Cumbia del polvo », un morceau qui s’achève cependant au chant d’oiseaux tropicaux. Puisque nous sommes dans le monde animal, on entend un âne braire sur « The el burro song », une piste mariachi cuivrée, mais habilement survolée par une intervention au violon. Quant à « Liberada », il aurait pu figurer au répertoire de Buena Vista Social Club.

La chanteuse/compositrice guatémaltèque Gaby Moreno partage un duo avec Joey sur « Constellation ». Si « El paso » se frotte au tex mex, plusieurs morceaux affichent un profil cinématographique. D’abord « Turquoise », un instrumental qui pourrait servir de B.O. à un film noir. Et l’énigmatique « Then you might see », à un western spaghetti. Des références au Far West qu’on retrouve sur l’enlevé « Rancho azul », un morceau lacéré de coups de gratte cinglants. Sous un climat aride, Jacob Valenzuala s’autorise des interventions jazzyfiantes (Miles Davis ?) à la trompette, rappelant ainsi que Burns et Convertino sont toujours aussi passionnés par ce style musical. Enfin, des images du désert soufflent sur le mystérieux et mélancolique « Caldera », une piste au cours de laquelle on croise une pedal steel.

Caractérisé par sa superbe mélodie, Sam Beam (Iron & Wine) est venu poser sa voix, lors du refrain « Harness the wind », un morceau folk/pop.

« El mirador », un remède contre la mauvaise humeur…

 

Spice

Viv

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Au sein de Spice, on retrouve deux membres de Ceremony, en l’occurrence le chanteur Ross Farrar et le drummer Jake Casarotti. Mais également les guitaristes de Creative Adult, Ian Simpson et Michael Bingham ainsi que le bassiste de Sabertooth Zombie, Cody Sullivan. La violoniste Victoria Skudlarek semble avoir intégré le line up. Une chose est sûre, elle participe à une bonne moitié des morceaux de cet elpee.

« Viv » constitue le second opus de Spice. Il fait suite à un éponyme, paru en 2020.

Vu la présence des deux gratteurs de Creative Adult, l’expression sonore ne pouvait être que particulièrement électrique. Et elle l’est ; d’autant plus lorsque le violon de Victoria se fond dans l’ensemble, l’intensité atteint sa puissance maximale. Une intensité qui vire au shoegaze sur les deux dernières plages de cet LP. Tout d’abord « Bad Fade », qui véhicule des accents ‘mybloodyvalentinesques’ en fin de parcours, puis « Climbing down the ladder », mais davantage dans l’esprit de Swervedriver. Car tout au long de cet album, le drumming se révèle particulièrement offensif.

Une intensité également liée à la densité instrumentale. A l’instar du punchy « Any day now » qui aurait pu figurer au répertoire de Hüsker Dü. Ou de « Vivid », une piste qui s’ouvre sous une forme relativement dépouillée, avant de s’enfoncer profondément dans le noisy rock.

Une cascade de cordes de guitares cristallines alimente en énergie « Recovery », le titre qui ouvre les hostilités. Plus proche du punk, « Threnody » est imprimé sur un tempo frénétique. On épinglera encore « Melody drive », un instrumental atmosphérique, malgré ses conversations en ‘off’, puis « Love scene » tourmenté par la ligne de basse ‘pixiesque’, le mid tempo « Ashes in the bird bath », déchiré par ses gémissements de cordes et enfin « Dinning out », éclaboussé de petites décharges d’électricité alternative.

Enfin, il y a comme une forme d’angoisse dans la voix de Farrar, et il la communique dans ses compos, dont les lyrics se préoccupent d’un sujet souvent tabou : la maladie mentale.

Un superbe album qui donne une réelle envie de découvrir le groupe en concert.

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