La série australienne ‘Love Me’ a choisi pour réaliser sa bande-annonce, Hooverphonic. Il ne s’agit pas seulement d'un classique de son catalogue, mais une toute nouvelle chanson. Elle puise ses influences dance dans les années '90 et les paroles adressent…

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Odanata est une formation limougeaude dont le style oscille entre rock doom et psychédélisme. Peu d’infos sur ce groupe, mais un single dont la musique et le clip nous replongent au cœur du psychédélisme de la fin des sixties. Son titre ? "Oriental Memories".…

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Fishbach

La New-Wave ? Je l'aimerai éternellement…

De son véritable nom Flora Fischbach, cette chanteuse française est née en Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. Sa musique est fascinante et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et Mylène Farmer. En dépit de ces touches rétro-futuristes, l'artiste est parfaitement ancrée dans la modernité et navigue au sein d’un mouvement musical hautement rafraîchissant qui épingle La Femme, Clara Luciani, Juliette Armanet et Christine. Le deuxième elpee de l'artiste, « Avec Les Yeux », publié par le petit label Entreprise et distribué par Sony Music, révèle à nouveau une flopée de titres jouissifs, très orientés années 80 et traversés par deux obsessions : l'amour et la mort.

Musiczine a rencontré Fishbach au Botanique, à Bruxelles, avant le concert organisé dans le cadre des Nuits. Vu que nous avions déjà abordé les sujets 'classiques' lors de la première interview, en 2017, nous avons proposé à Flora un exercice hors du commun, sous la forme d'un ‘blind test’. Elle devra reconnaître les extraits musicaux joués à la guitare par votre serviteur.

Extrait n° 1

Fishbach :  C'est Blondie ?

Non.

Ah, oui ! C'est “Cambodia”, de Kim Wilde !

Bravo !

C'est un morceau qui figure dans la série “Vernon Subutex”, à laquelle j'ai participé.

Tu connais bien la musique de Kim Wilde ?

Oui, mais je ne connais pas toute sa discographie. Et c'est mieux ainsi. Aussi, découvrir un morceau que je ne connais pas me permet de retomber amoureuse, ce qui est génial.

Et la new wave en général, tu l'aimes toujours autant ?

Oui ! Je crois que je l'aimerai éternellement. J'en joue énormément lors de mes dj sets.

Il paraît que tu passes aussi du Jean-Pierre Madère et du Nana Mouskouri lors de ces soirées ? (rires)

Oui ! Nana Mouskouri, c'est pour casser l'ambiance en fin de soirée et pour dire : 'Il est 5 heures du matin, il faut aller se coucher'. En général, je compose des playlists très éclectiques. J'aime bien diffuser des morceaux de Charlotte Adigéry, une artiste belge justement, qui se consacre à l'électro. Une de ses compos s’intitule “HaHa”. Elle n'est cependant pas new-wave, mais très chouette pour danser.

Extrait n° 2

Hervé Christiani : “Il Est Libre, Max” !

Bien vu !

Mon premier émoi musical, au cours de mon enfance. C’est la première fois que je me suis approprié une chanson que j'entendais à la radio, en regardant le ciel à travers le velux, chez ma grand-mère. Je me rappelle exactement des tapisseries bleues et des petites fleurs jaunes.

Et le premier morceau que tu as enregistré sur cassette ?

C'est sans doute une chanson de Yannick Noah... Eh oui, désolée... mais j'assume... (rires)

Extrait n° 3

Ce titre, je l’ai enregistré sur cassette...

C'est pas David Bowie ? Un des plus grands mélodistes de tous les temps !

Oui ! Il s’agit de “Life On Mars”. Tu connais l'histoire de cette chanson ?

Non.

Dans les années 60, Bowie travaillait comme auteur-compositeur professionnel, attaché à un éditeur. Et Claude François cherchait quelqu'un pour traduire “Comme d'Habitude” en anglais. Bowie a proposé une version, “Even Fools Fall in Love”, qui n'a pas été retenue. C'est celle de Paul Anka qui a été choisie et elle est devenue “My Way”. Piqué au vif, Bowie a alors décidé de composer une chanson sur la base des mêmes accords que “Comme d'Habitude” et le résultat a débouché sur “Life On Mars”...

Pauvre Claude... Il avait un côté dont on gardera des mauvais souvenirs et l'autre qui restera éternel. Claude François traîne des énormes casseroles derrière lui, même si c'est difficile de juger une période où ces comportements étaient monnaie-courante. Tu avais les Mazneff et autre Cohn-Bendit qui affichaient leur pédophilie sur les plateaux de télévision et personne ne réagissait. Au final, je ne peux plus encadrer les chansons de Claude François, alors qu'auparavant, elles étaient représentatives d'une certaine chanson française populaire, un peu ringarde, celle qu'on écoutait au cours de ma jeunesse, dans les bals populaires.

La même chose pour Michel Sardou, non ?

Sardou, c'est pareil. Il essaie de se justifier en disant qu'il chantait des personnages, que ce n'était pas son opinion mais il ne peut pas se cacher. On voit bien que c'est un vieux réac'.

Extrait n° 4

Ah, c'est Prince ?

Oui. “Kiss”.

Eh bien, tu sais, je n'ai jamais été fan de Prince. Autant je suis capable d'apprécier l'artiste, autant son œuvre ne me touche pas. J’éprouve le même sentiment pour Madonna. Et puis, il paraît qu'il était un peu 'nazi' à l'égard de ses musiciens, à la limite du harcèlement moral. Il a composé de très belles chansons mais elles ne parlent pas à mon cœur.

Mais le côté 'funk' de Prince, on le retrouve dans tes chansons. La preuve dans l'extrait suivant...

Extrait n° 5

Oui, ça c'est un riff qui figure dans “Masque d'Or” !

Le riff évoque Prince ou même James Brown.

Oui, mais je dirais que cette influence vient plutôt du funk blanc, un funk de blanc-bec, plutôt germanique. Un groove froid.

Extrait n° 6

Ecoute, il aurait pu relever du répertoire de Simple Minds mais c'est un de mes morceaux : “La Foudre” (rires).

Pourquoi Simple Minds ?

Par rapport au “Hey hey hey hey” (rires).

Ah oui, comme au début de “Don't You Forget About Me” ?

Exactement. Et il y a aussi un côté U2 dans “La Foudre”. Je sais que beaucoup de gens les détestent mais perso, j'ai une tendresse particulière pour eux car un des premiers CD que l'on m'a offert, c'était “The Joshua Tree”, qui est, à mon avis, leur meilleur album. C'est ce genre de musique qui m'a incitée à composer “La Foudre”.

Il est dingue, ce morceau. Et sa voix est hallucinante. Tu as changé le 'pitch' ?

Je ne fais jamais ça !

Je m'en doutais. C'était une question rhétorique... (rires)

Une chose que j'accepte, c'est quand des chanteurs doublent leurs voix une octave plus bas. Mais l'auto-tune et tous ces effets, je suis contre.

Ou alors doubler sur le même ton, à la manière de John Lennon ?

Deux fois la même chose ? Ah oui, c'est une pratique à laquelle j’ai eu pas mal recours au début, sur mes maquettes, mais maintenant, beaucoup moins.

Mais le riff que j'ai choisi, c'était aussi dans le but de susciter une réaction par rapport aux guitares. Il y en a énormément sur ton dernier opus, électriques, un peu 'metalleuses', et elles sont complètement typiques des années 70 et 80, à la limite du kitsch. Inutile de dire que j'adore !

Oui, elles sont carrément exag'.

C’est une parfaite transition pour l'extrait suivant...

Extrait n° 7

Oui ! C'est les Scorpions !

Fishbach chante le début de “Still Loving You”...

Sur ton album, les guitares 'à la Scorpions' réalisent des (superbes) mélodies doublées à la tierce, pratique que plus personne n’ose depuis 30 ans...

Si, tu serais étonné. Il y a encore beaucoup de musiciens qui font ça, mais ils ne sont pas en France...

Ou alors, ils sont dans le 'metal' ?

Soit dans le metal, soit dans l'hyperpop.

Extrait n° 8

Wow, c'est magnifique ! Qu'est-ce que c'est ? Je sèche...

C'est “Love of My Life”, de Queen, paru sur l'album “A Night At The Opera”.

Oh ! Comment ai-je pu louper ça ! C'est la honte ! Freddie était un des plus grands chanteurs du monde. Il y a des 'a capella' sur Internet dans lesquels on entend juste les voix du duo entre Freddie Mercury et David Bowie, “Under Pressure” (*). Tu écoutes l'a capella de Bowie et les poils se hérissent et puis tu entends Freddie et là, tu te dis...

Y'a pas photo...

Ouais : Bowie est touchant mais Freddie, c'est un truc de fou furieux. Ils jouaient un peu à qui a les plus grosses et c'est clairement Freddie qui a gagné. Il est au-dessus du lot (rires).

En concert, Queen était incroyable.

Freddie Mercury est mort un mois avant ma naissance, donc je ne les ai jamais vus.

Je les ai vus 3 fois, du vivant de Freddie Mercury.

Oh, quelle chance !

J'ai même une photo de Freddie qui porte mon écharpe, car j'étais au premier rang et je la lui ai lancée.

Wow, c'est dingue. Et que penses-tu du biopic sur Queen ?

Je n'ai pas aimé du tout.

Moi non plus.

L'acteur ne parvient pas à reproduire toute la puissance de Freddie. J'aurais préféré que ce soit Sacha Baron Cohen, qui avait été sélectionné au départ, car il possède le côté extravagant de Freddie.

En effet, il aurait pu faire le job. En même temps, ce n'est pas Rami Malek qui est à blâmer, c'est la direction artistique du film, beaucoup trop romancée. Il est où, le rock, là-dedans ?

Exact. Et l'homosexualité de Freddie, qui est édulcorée, voire gommée.

Complètement !

Extrait n° 9 : “Jesus died for somebody's sins but not mine...”

Merde, je ne vois pas.

Attends, je vais jouer le début du morceau...

Ah, mais c'est Patti Smith ! “Gloria”.

Fishbach chante le début de “Gloria”.

Ah oui, et en plus tu imites très bien sa voix !

Ben oui, Patti Smith, c'est la mascotte, la marraine de tout le monde, l'amoureuse de Rimbaud, qui, forcément, a rendu de multiples visites à mes chères Ardennes, là où l'écrivain a vécu. J'ai eu l'occasion de la rencontrer : grande dame, grande émotion. Elle a une aura incroyable, physique et vocale. Les gens de tous les âges, y compris les mômes, sont impressionnés.

Elle a une aura et toi, tu as une Flora... (rires)

Tada !

Extrait n° 10

Mylène Farmer, “Pourvu qu'elles soient douces” ! En écoutant le son de ta guitare, j'imagine ce que la chanson apporterait si elle était jouée à la mandoline.

Extrait n° 11

Je ne trouve pas. C'est sans doute parce que je suis à la cigarette électronique. J'ai besoin d'une vraie cigarette pour réfléchir. (rires)

Attends, le refrain arrive...

Ah mais c'est encore Mylène !

Oui, accompagnée de Jean-Louis Murat dans “Regrets”.

C'est beau.

Extrait n° 12 : “Ne faut-il pas commencer par se haïr lorsque l'on doit s'aimer ?”

C'est une grande question, pour laquelle je n'ai pas encore trouvé de réponse.

Sais-tu qui est l’auteur de cette citation ?

Non.

C'est Nietzsche.

Ah, tu es au courant. J'ai lu du Nietzsche et du Schopenhauer pendant le confinement. Ils vont tellement mal que quand tu les lis, tu vas mieux (rires).

Extrait n° 13

Ah ça, c'est les Sparks ! Enormes. Ils ont encore beaucoup de succès en France !

Et en Belgique aussi !

C'est quoi encore, le titre ? “This Town is not…” ?

“This Town Ain't Big Enough For Both of Us”

Extrait n° 14

Ah, je connais ça, c'est très beau. Mais je ne trouve pas.

C'est Twin Peaks.

Ah oui, Angelo Badalamenti ! C'est magnifique. C'est le thème de ‘Laura’.

Tu as vu la vidéo où il explique comment il a composé ce morceau, aux côtés de David Lynch ?

Oui, elle est sur Internet. C'est super !

C'est Lynch qui décrit la situation : ‘She is in the woods and she is coming closer... Yes, it's good, Angelo, continue like this...’ Frissons garantis.

Oui, c'est génial. 

Extrait n° 15

Je crois que c'est une chanson d'une chanteuse française un peu ringarde... C'est “Mortel”...

Ma chanson préférée de Fishbach... Jouée à la guitare de cette manière, on constate que la mélodie, bien que toute simple, constitue d'ores et déjà un classique.

Merci pour ce compliment !

Extrait n° 16 : “Invisible désintégration de l'univers” !

Encore du Fishbach !

Oui et tu sais pourquoi j'ai choisi cette mélodie chromatique, qui descend note par note ? C'est parce que je l'ai composée dans la sainte chapelle du Château de Vincennes, quand j'y bossais. J'aimais y effectuer des vocalises et la réverbération, figure-toi, durait 13 secondes !

Non !

Si, je t'assure. Du coup, les notes se bouffaient les unes les autres. J'étais donc obligée de dénicher des notes qui puissent se combiner harmonieusement.

Et quand tu réalisais la descente chromatique, c'était comme un canon...

Exactement. 

Les arrangements de synthés de la version studio me font penser à Suicide mais surtout Klaus Schulze.

Ah, j'adore ! Klaus Schulze, un des pionniers de la musique électronique. C'est bien lui qui jouait de dos, tout en blanc, assis en tailleur ?

Oui. Malheureusement, il vient de nous quitter.

C'est pas vrai. Il est mort quand ?

Il y a quelques jours.

Oh, c'est triste ! Sans lui, la musique n'aurait pas été la même. Il y a énormément de gens qui ont commencé à en faire grâce à lui tout en puisant leurs influences dans son œuvre.

Oui, il a participé au premier album de Tangerine Dream et, dans sa carrière solo, mon album préféré, c'est “X”, sorti en 1978.

Extrait n° 17

Oh mais oui, c'est La Femme !

“Le Sang de Mon Prochain”. C'est ça qu'on appelle l'hyperpop ?

Non, l'hyperpop, c'est un style fourre-tout qui contient tous les styles ringards des 30 dernières années, comme le dubstep, la tektonic, etc.

Ah bon ? Je croyais que cette expression désignait le style vintage un peu années 80 auquel vous émargez, toi, La Femme, Clara Luciani, etc.

Non, nous on fait de la ‘pop morte... De la ‘death pop’ (rires).

De la ‘wave pop’ ?

Nous sommes des enfants qui concevons de la musique qu'on entendait au cours de notre enfance, mais notre son est plus moderne. Alors que l'hyperpop, c'est un truc de kids de moins de 20 ans.

J'avais pas du tout capté la nuance.

Extrait n° 18

Qui compose ça ? Je trouve pas. C'est complètement discordant.

Pourtant c'est un morceau que tu m'as fait découvrir. Les paroles sont : ‘Je suis l'Oiseau de Feu...’

Le Groupe Obscur ! Il y des années que je n’ai plus de leurs nouvelles.  

Ils ont arrêté.

Oh ! C'est bien dommage parce qu'ils étaient vachement bons ! Un groupe breton de psyché. Je croyais beaucoup en eux. J'aurais voulu qu'ils signent sur la maison de disques dont je relève.

Les Disques Entreprise ?

Oui. J'étais 'en crush' pour eux et je suis un peu triste qu'ils aient arrêté. Dommage qu’il n'y ait pas plus de groupes comme eux. Mais bon, ils feront peut-être autre chose.

Ils étaient bien barges. Ils avaient inventé une langue, comme Magma.

Ils avaient créé toute une mythologie, intrigante, très 'Lovecraftienne'.

Voilà, c'est la fin du blind test. Merci, Flora.

Merci à toi, c'était génial, mais je n'ai pas été très forte au blind test.  

Mais si !

J'ai même loupé Queen!

Ne t'en fais pas. Je fais souvent ce genre de blind tests et l’exercice est très difficile. Les morceaux sont joués à la guitare et sans les références de l'original ; donc il est normal qu'on sèche un peu. Mais dans l'ensemble, tu t'en es très bien sortie !

Merci !

Merci au Botanique, à Pascale Bertolini, Louise Mailleux et Lætitia Van Hove (Five Oh). Merci aussi à Les Disques Enterprise et Sony Music.

Pour écouter l'interview en version audio, c'est ici

Pour écouter la première interview de Fishbach, qui date de 2017, c'est ici 

(*) Pour écouter les a capella de Bowie et F. Mercury, c'est

 

 

 

 

Beechwood

Un final en boulet de canon !

Écrit par

Beechwood s’était produit à la Cave aux Poètes de Roubaix, en mai 2018. A l’issue de ce concert, les trois musiciens avaient accordé une interview à Musiczine. A l’époque, votre serviteur avait déclaré que la formation avait un fameux potentiel ; surtout à la suite de ses deuxième et troisième opus, « Songs from the land of nod » et « Inside the flesh hotel ». Le band vient de graver son quatrième, « Sleep without dreaming », et après avoir pu écouter le disque en streaming (NDR : Bertus France n’a reçu aucune promo de la part d’Alive Natural Sound ; et ce soir, il n’y a ni vinyle, ni cd à vendre au stand merchandising), manifestement, l’impression générale est toujours bonne.  Une bonne raison pour aller revoir le combo new-yorkais, à l’Aéronef de Lille, ce mercredi 28 septembre 2022.

Non seulement le trio est passé à un quatuor, mais le redoutable drummer Isa Tineo a cédé les baguettes à Russ Yussuf alors que Jensen Gore a débarqué pour reprendre la basse à Sid Simons qui se consacre donc à la guitare, tout comme Gordon Lawrence.    

Lorsque nous arrivons au club de l’Aéronef, le septuor Cash Savage & The Last Drinks termine sa prestation. Drivé par la très charismatique songwriteuse/chanteuse, le groupe de Melbourne recueille de chaleureux applaudissements d’un auditoire, qu’on peut estimer à 150 âmes…

Après le ballet des roadies pour démonter le matos du supporting act et remonter celui de la tête d’affiche, le concert de Beechwood peut commencer. Yussuf, le batteur, s’installe, bien évidemment, en retrait. Jensen, le bassiste, au centre, Gordon, vêtu d’un sweet-shirt à losanges, à gauche, Sid, collier de perles autour du cou à droite. Ces deux derniers sont chaussés de santiags. Et ils portent tous des cheveux longs, mais davantage comme au cours des sixties que des seventies.

Le set s’ouvre par « Heroin honey » et immédiatement, le ton est donné : la musique sera bien électrique et les deux sixcordistes vont s’en donner à cœur joie. Alors que le bassiste dynamise les compos et ajoute les contrepoints, le drummer se charge de lier l’ensemble, même si on le sent particulièrement stressé, jetant régulièrement un œil vers les autres musicos, pour savoir si sa prestation tient la route. Elle le sera, mais métronomique, à contrario de celle d’Ineos, l’ex-batteur, bien plus sauvage et imprévisible. Conséquence immédiate, la musique s’avère moins garage, plus structurée, sorte de pop/rock à guitares, dans l’esprit des Lemonheads, de Nada Surf, d’Allah-Las voire de Big Star, mais en plus glam, alors qu’à l’origine, elle s’inspirait surtout de New York Dolls, des Stooges, des Troggs et du Velvet Underground. On retrouve cependant chez le band cet art à torcher de bonnes chansons. Contagieuses, elles sont raffinées par les superbes harmonies vocales. Lors du troisième morceau, « She’s a criminal », Sid déclare qu’il s’agit d’une nouvelle compo. Ce ne sera pas la seule, car une bonne moitié du concert est constituée de titres qui ne figurent sur aucun disque. A croire que le band a déjà suffisamment de morceaux pour sortir un nouvel LP. Il est vrai que lors de l’interview accordée en 2018, les musicos avaient déclaré se consacrer constamment à l’écriture.  

On est bercé par ces cordes de guitares brimbalantes, carillonnantes, limpides ou lancinantes, mais tellement savoureuses. De temps à autre, les deux sixcordistes se font face, comme s’ils voulaient entrer en duel. Et puis, lors d’un blues bien rythmé, Sid et Jensen assurent les chœurs dans le même micro. Côté vocal, Lawrence possède une voix plus éraillée, alors que Sid a un superbe grain de voix, susceptible de rappeler George Harrison ou Tom Petty.

Alors que les ¾ du set sont imprimés sur un mid tempo bien dosé, la fin du show va se révéler autrement euphorisant. Le tempo s’élève et l’expression sonore s’enfonce dans un psychédélisme digne de Brian Jonestown Massacre. Puis lors du morceau final, c’est sur le rythme du chemin de fer que la musique s’emballe, et lors des refrains transparaissent, en filigrane, des réminiscences de western spaghetti.

Beechwood va accorder deux rappels, chacun d’un seul morceau. Tout d’abord la reprise du « Should I stay or should I go » du Clash, moment choisi par quelques spectateurs d’entamer un pogo, puis une dernière compo autant percutante que psychédélique, rappelant que le groupe ne joue pas seulement des morceaux clean mais aussi chargés d’intensité électrique. Une fin en boulet de canon ! ‘Smashing !’ comme concédé à Sid, à l’issue du show, après s’être échangé quelques mots, analyse qu’il partageait totalement…

Un chouette concert !

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Aéronef de Lille)

 

 

Peter Hook

Entre ombres et lumières

Écrit par

Peter Hook & The Light

Si la salle de la Madeleine a l’avantage d’être située à deux pas de la gare centrale, elle peut vite virer au cauchemar quand on s’y rend en voiture. On en a fait l’expérience, ce lundi soir, suite au nouveau plan de circulation –controversé– instauré au centre-ville de Bruxelles. Un lecteur prévenu (à la suite de cet article) en vaudra deux, dorénavant. En outre, le concert avait été avancé de 20h à 19h30 (NDLR : afin de le clôturer à 22h30 pour permettre aux navetteurs de prendre leur dernier train). Conclusion : on manque la première des trois parties du spectacle.

Le set proposé ce soir est en effet découpé en autant d’actes distincts. Le premier (le plus court, d’une trentaine de minutes), était consacré aux covers de New Order, section au cours de laquelle l’inévitable « Blue Monday » a servi d’ouverture.

Après une pause d’une dizaine de minutes, le band est de retour sur l’estrade. La bande au bassiste/chanteur Peter Hook entame alors deux sessions de sa première formation fétiche : Joy Division. D’une bonne heure chacune, elles sont consacrées aux albums « Unknow pleasures », puis « Closer ». Et chaque titre respecte le ‘tracklisting’ des elpees.

Vêtu d’un t-shirt pour touriste, sur lequel est imprimé le slogan ‘United states of Belgium’, le leader déclare brièvement, en remontant sur le podium : ‘Brussels is a very important place for us. It’s the first city where we played’ (NDR : si on ne tient pas compte du Royaume-Uni, il avait foulé les planches du Plan K en octobre 1979, avant d’y revenir en janvier 1980).

Le concert s’ouvre par l’indolent « Atmosphere », dont le climat plutôt religieux finit par devenir oppressant. Plus rythmé, « Disorder » suscite davantage d’enthousiasme au sein de la foule, et déclenche un pogo, mais limité à une dizaine de personnes. Il faut attendre « She’s lost control » et « Shadowplay » pour que l’ambiance monte d’un cran. En fait, le band alterne ces ambiances, oscillant de l’ombre à la lumière. La salle est souvent plongée dans l’obscurité, mais régulièrement l’éclairage et les guitares refont surface…

Après une nouvelle pause, place donc aux plages du second elpee, « Closer ». Le percutant « Atrocity exhibition » (NDR : c’est le titre du roman de J.G.Ballard, qui a d’ailleurs également inspiré le reste de l’opus) entame les hostilités. Et quel plaisir d’entendre l’intro de basse originale d’« Isolation », ce morceau ayant été accommodé à tellement de sauces différentes par des tas d’autres artistes (NDR : et notamment Therapy ?)

Au beau milieu de « Colony », Hook entame le refrain final en chuchotant ‘God in his wisdom made you understand. God in his wisdom took you by the hand’. Une partie vocale quasi-parfaite qui tranche avec le reste de la soirée, au cours de laquelle, sa voix plus rauque semblait accablée par la fatigue (NDR : à sa décharge, il faut reconnaître que le band vient d’accomplir, jusque mi-septembre, une longue tournée aux USA). Un chuchotement qui précède une dernière minute explosive. A contrario, les longs titres qui clôturent ce chapitre, « The eternal » et « Decades » nous replongent dans le climat déprimant entretenu, à l'époque, par Ian Curtis. Pas étonnant, dès lors, que de nombreux spectateurs quittent déjà la salle.

Ces derniers risquent d’avoir des regrets ; car enfin, Peter Hook et surtout le public vont se lâcher lors du rappel, en communiant au sein d’une ambiance positive et collective. Célébrant même au passage les 48 ans du claviériste. Plus rien à jeter cette fois-ci dans les « Dead souls », « Ceremony » (petite parenthèse de retour à New Order), « Transmission ». Et bien entendu, en final, l’inévitable « Love will tear us apart », résonnant tel un hymne repris en chœur par la foule, auquel le leader abandonne volontiers son chant (et son t-shirt qu’il lance dans la fosse, terminant torse nu), pour répercuter ses accords de basse cotonneux.

Bref, si ce n’était pas le meilleur set accordé par Peter Hook and The Light ce soir, ni le meilleur endroit, ni le meilleur public, c'était un plaisir d’avoir revécu une soirée cérémoniale proche de celle du groupe post-punk le plus culte. D’autant que les reports se sont multipliés et que l’attente a été longue. Ce concert avait été reprogrammé en septembre 2021. Mais alors que les nouvelles dates avaient été maintenues en Grande-Bretagne, et postposées en France (dont l’Aéronef de Lille) au mois de mai 2022, celle-ci avait été reportée radicalement d’un an. Soit après cette interminable tournée américaine qui a sans doute bien épuisé la formation…

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Calum Scott

A écouter religieusement…

Écrit par

Ce samedi 24 septembre, Calum Scott se produit au Cirque Royal de Bruxelles. Cet auteur-compositeur britannique (NDR : il est originaire du Yorkshire) a été révélé en 2015, lors de l’émission Britain’s Got Talent 2015, concours au cours duquel il avait décroché la sixième place. Depuis, outre ses deux albums (« Only Human » en 2018 et « Bridges » en 2022), il aligne les tubes : « Rhythm Inside », « You Are The Reason » (NDR : son duo en compagnie de Leona Lewis), « No Matter What », « Only Human », « Where Are You Now » (NDR : une compo issue de sa collaboration avec Lost Frequencies) et enfin, sa version du « Dancing On My Own » de Robyn, désormais pratiquement plus connue que l’originale…

Mitch James assure le supporting act. Issu d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, ce chanteur-auteur-compositeur-guitariste est également responsable de deux elpees, à ce jour. Il a acquis une solide réputation pour sa franchise affichée sur les réseaux sociaux, mais aussi lors de ses prestations en ‘live’, à travers des chansons chargées d’émotion et convaincantes. Il a aussi décroché quelques tubes, à l’instar de « Bright », « Blue Skies », « 21 » ou « Old News ».

Sur les planches, il assure les vocaux et s’accompagne à la gratte semi-acoustique. Il est soutenu par un préposé à la guitare électrique. Première constatation, Mitch a une belle gueule. Il doit faire des ravages auprès du sexe féminin. Simple, interactif, il est très proche de son public et dégage un fameux capital sympathie. Lorsque les compos s’emballent, elles se chargent d’électricité. Son acolyte, à la sa six cordes, ne lésinant alors pas sur l’intensité de ses riffs. Mais la plupart du temps, il se contente de faire consciencieusement son job.

Le set s’ouvre par le hit semi-acoustique « No Fixed Above ». Les émotions de Mitch transpirent littéralement au travers de ses chansons. Les morceaux défilent : « Bright », « Blue Skies », « 21 », « Old News » deux extraits du second opus, ainsi qu’une cover de Kodaline, « All I Want ». A l’issue de sa prestation, on en est convaincu, Mitch pourrait suivre le chemin tracé par Ed Sheeran...

Trois plateformes sont posées sur le podium. Celle de gauche va accueillir un drummer, du milieu, un claviériste, et de droite, une violoniste ainsi qu’une violoncelliste. Devant cette dernière estrade, vont opérer un bassiste et un guitariste.

Scott Calum, c’est d’abord une voix, une voix captivante, grisante naturellement puissante, mais aussi capable d’une infinie douceur qu’il met au service de chansons qui traitent d’amour, d’intimité, de soutien à ceux qui l’entourent, et notamment à l’égard de sa sœur Jade, mais surtout de spiritualité. A l’instar de morceaux comme « Run With Me », au cours duquel Calum Scott chante ‘I Will Be Your Church’ qui semble être l'amour de sa vie. De « Rise », également. Un titre mystique, dont l’énergie est boostée par les applaudissements. Et bien évidemment de « Biblical ». Le piano épouse sa voix à travers une histoire d'amour profonde et dévotionnelle. Il va d’ailleurs interpréter plusieurs compos en mode piano/voix, moment choisi par les autres pour se retirer derrière la scène. Mais manifestement, le concours du violon et violoncelle apporte une autre dimension à son répertoire.

Tel un évangélisateur, il fait participer la foule. Mais au lieu de bougies, ce sont des iPhones qui s’allument régulièrement au sein de l’auditoire. Féérique !

Tout au long de « Boys in the street », la reprise de Greg Holden, il lui communique ses sentiments et à la fin de cette adaptation, il verse même une larme. Et dans le même esprit, « Heaven » baigne au sein d’un océan de mélancolie.

Scott ne va pas oublier ses tubes « You are the reason et « Where Are You Now », mais sans Lost Frequencies ; et puis en rappel, sa reprise de l’inévitable « Dancing on My Own » de Robyn, manifestement supérieure à la version originale.

Setlist : « Rise », « I’ll Be There », « Cross Your Mind », « Last Tears », « Biblical », « Flaws », « The Way You Loved Me », « Boys In The Street » (Greg Holden cover), « Bridges », « This Love (Maroon 5 cover), « Where Are You Now » (Lost Frequencies & Calum Scott cover), « Run With Me », « If You Ever Change Your Mind », « You Are The Reason », « Heaven ».

Rappel : « Dancing on My Own » (cover de Robyn)

(Organisation : FKP SCORPIO)

 

Penguin Cafe

A matter of life…

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C’est en 2009 qu’Arthur Jeffes décide de relancer le Penguin Cafe Orchestra, un projet monté par son père Simon, décédé en 1997, alors qu’il n’avait que 48 ans. Fort d’une formation musicale (et accessoirement archéologique), il cherche alors faire renaître de ses cendres, les desseins de feu son paternel. Pour y parvenir, il invite alors différents musiciens aux solides références. En l’occurrence Cass Browne (Gorillaz), Neil Codling (Suede), Oli Langford (Florence and the Machine) ou encore Darren Berry (Razorlight) et rebaptise le projet Penguin Café, orphelin donc, de son ‘Orchestra’…

« A Matter of Life » constitue le premier album d’Arthur Jeffes. Il est paru en 2011 sur un label méconnu. Et pour célébrer le 10ème anniversaire de sa sortie, le musicien anglais et l’écurie Erased Tapes (hébergeant aujourd’hui Penguin Cafe) ont décidé de ressortir le disque remastérisé. Pour la circonstance, un titre supplémentaire a été ajouté, « Harry Piers », un morceau qu’il a composé, en souvenir de la mort son père…

Tout au long de ce long playing, Arthur Jeffes pose les bases de la future production de Penguin Cafe. Sans recours à l’électronique, le collectif privilégie l’aspect classique de l’expression sonore à travers la mise en exergue du piano. Une musique qui nous invite également au voyage. Les interventions d’une cornemuse nous entraînent jusqu’au Northumberland tout au long de « Landau » et « Two Beans Shaker », mais aussi en Amérique du Sud sur « Ghost in the Pond ». Et si les autres pistes sont moins aventureuses, elles n’en restent pas moins intéressantes.

Cette réédition devrait inciter certains mélomanes à sonder la discographie de Penguin Cafe, voire du Penguin Cafe Orchestra...

Equipe de Foot

Geranium

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Equipe de Foot, c’est une formation dont tous les joueurs auraient été exclus, à l’exception d’Alex et Mike, un duo aux qualités techniques indéniables. Ce tandem est responsale d’une musique offensive et « Geranium », son nouvel album, en est la plus parfaite démonstration. Sur cet opus, un véritable melting-pot de musique indie est parfaitement mis en forme par Johannes Buff (Thurston Moore, Lee Ranaldo, Dalëk).

Au programme : de véritables murs de guitares mais aussi du piano et de la flûte. Et le tout est dispensé avec un sens assez pointu de la mélodie…

Trois années après avoir gravé son dernier elpee, Equipe de Foot remonte définitivement en première division (un comble lorsqu’on connaît le destin des Girondins de Bordeaux…) grâce à une disposition tactique euphorisante qui aligne ballades (« An Empty Space Is Not Just Filled With Air »), salves grunge déchirantes (« 15 Octobre ») ou power rock aux caractéristiques définitivement pop (« Quatre-vingt-quatorze »).

Ne boycottez pas Equipe de Foot !

Day Wave (USA)

Pastlife

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Après avoir publié plusieurs Eps et un elpee, le groupe californien Day Wave nous propose son second album, « Pastlife », un disque qui adopte une approche différente de celle du dernier Ep, « Crush ». Le travail de production est mieux soigné. Le climat de l’œuvre est empreint d’une nostalgie qui se ressent autant dans les mélodies que l’instrumentation particulièrement atmosphérique. Les interactions entre la guitare et la basse communiquent davantage de profondeur et même une certaine fraîcheur, à l’instar de « Where Do You Go ». Et puis, l’équilibre entre cordes de guitare acoustiques et électriques (« Loner ») est parfait ; ce qui est rarement le cas dans ce genre de combinaison.

Les compos semblent cependant sortir d’un même moule, ce qui rend l’opus, au fil de l’écoute, quelque peu longuet. Les dynamiques s’avèrent assez plates et la voix évolue dans un même registre sur tous les titres.

Parmi les plages les plus intéressantes, on épinglera « We Used To Be Young ». Elle prend une autre dimension, à cause de son approche davantage DIY. Et puis en final, « Apartment Complex », qui se distingue par le magnifique duo échangé entre Jackson Phillips et Hazel English.

Orion Sun

Entre r&b et néo-soul…

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Soirée soul et r’n’b, ce jeudi au club de l’Ancienne Belgique, qui accueille, en première partie, Emy, aka Emy Kaboré, et la nouvelle sensation américaine, Orion Sun.

Mieux connue sous le patronyme Orion Sun, Tiffany Majette est née à Mount Laurel, dans le New Jersey, au sein d’une famille chrétienne conservatrice. Ce qui explique pourquoi, très tôt, elle a été endoctrinée par l’église baptiste de Bethany. Agée aujourd’hui de 26 printemps, elle vit à Philadelphie. Influencée par le jazz de Billie Holiday, le r&b emblématique de Lauryn Hill et la soul profonde de Bill Withers ainsi que de Stevie Wonder, l'auteure-compositrice-interprète et productrice propose une musique atmosphérique et propice à la méditation.

A ce jour, elle a publié un album en 2020 (« Hold Space For Me »), un opus qui a cartonné sur la bande FM et un Ep, (« Getaway), en mars dernier. Sur cette dernière sortie, elle propose des morceaux de plus en plus incisifs, poignants et intimistes. Deux ans plus tôt elle a manifesté dans les rues de Philadelphie, pour protester contre la discrimination raciale. Blessée par la police, elle a traduit son traumatisme en chanson (« Mama's Baby »), une initiative qui a permis de recueillir plus de 18 000 $ pour le GoFundMe de Breonna Taylor et la Loveland Foundation. Une compo qu’elle n’interprétera cependant pas lors de son set.

Emy Kaboré (23 ans) pratique de la néo soul qui intègre des éléments de fusion, pop, jazz, funk et de temps à autre de rap. Bien que Gantoise, elle est née à Paris. Elle a terminé troisième lors de l’édition 2018 du fameux ‘Humo Rock Rallye’.

Sur les planches, Emy est soutenue par un backing group constitué de deux guitaristes (Brian Bogaert et Sander Huys), d’un bassiste ainsi que d’une claviériste et d’un drummer de session. On remarque la présence de trois plantes vertes sur la gauche du podium ainsi que d’un lierre qui retombe devant le synthé…

Sur scène, Kaboré semble plutôt cool. Elle ouvre le concert par le single « Inconvenient ». Mais n’en n’oublie pas pour autant ses deux autres, « Freestyle » et « Inconvenient », deux morceaux qui ont bien marché tant en radio que sur les sites de streaming. Mais aussi le tout nouveau, « Chasing », qui figurera sur son premier véritable album (NDR : jusqu’à présent elle n’a gravé que deux compiles), dont la sortie est prévue pour l’automne 2023. Une chanson sensuelle mais percutante, qui puise ses sources aussi bien dans le rhythm’n’blues, la house, le disco que le rap, évoquant même, tour à tour, Little Simz, SAULT ou Sampa The Great. La compo est enrichie d’une intervention au saxophone. Elle dépasse donc largement les 2’ de la version originale….

La voix d’Emy est vraiment bouleversante. A vous flanquer la chair de poule. Et lorsqu’elle se fait suave, sucrée/salée, elle rappelle, celle de Selah Sue. Enfin, à travers ses textes introspectifs et intimistes qui dépeignent notre société, elle dévoile un esprit ouvert sur le monde contemporain…

Grâce à son style catchy et éclectique, Emy a confirmé, en 30’, tout le bien qu’on pouvait penser d’elle…

Setlist : « Inconvenient », « Painfull », « Ignore It », « Bitch », « Freestyle », « Chasing », « Illusions ».

Les musicos d’Orion Sun débarquent sur l’estrade. Son band implique un guitariste, un bassiste, un drummer et une claviériste. Cette dernière est vêtue d’une salopette, mais surtout affiche de superbes dreadlocks surmontées d’un bonnet. Les plantes vertes ont été débarrassées du plancher. Tiffany apparaît ensuite. Elle pose un épais agenda à ses pieds. Elle a enfilé un t-shirt de couleur blanche et un pantalon de teinte brune. Elle est chaussée de baskets.

L’artiste va bien évidemment puiser l’essentiel de sa setlist au sein de son dernier Ep et du long playing, « Hold Space For Me ».

Le concert s’ouvre par « Lightning », une chanson qui met en exergue sa voix onctueuse.

Dans la chanson « Intro », le courage et la détermination de la population philadelphienne transparaissent à travers les lignes de basse épaisses et les sonorités croustillantes, sonorités qui squattaient les stations de radio r’n’b et hip-hop de la région, au début des années 2000. Tiffany reste très attachée à cette région.

Elle mêle r’n’b et rap sur l’envoûtant « El Camino ».

Sobres et élégantes, ses compos naviguent à mi-chemin entre r&b alternatif et néo-soul cotonneuse. Et il lui arrive de triturer un contrôleur de marque ‘akaï’. Dans la salle, on remarque la présence de nombreuses fans anglo-saxonnes. Et pour cause, à plusieurs reprises, elles reprennent en chœur les refrains et même les chansons. D’ailleurs, Tiffany tourne régulièrement son micro vers l’auditoire, appréciant tout particulièrement l’attention que portent ces aficionados, à ses textes…

Un drumming hip-hop/jazz caresse délicatement « Concrete ». Un morceau issu de « Getaway », dont les vibrations finissent par nous emporter, tout comme les paroles chargées d’espoir…

Elle dévoile facilement son jardin secret. A l’instar de « Ne Me Quitte Pas (Don’t Leave Me) », qui n’est pourtant pas une reprise de Jacques Brel, n’en déplaise aux mélomanes… Mais également de « Dirty Dancer », où elle raconte se languir de son amour alors qu'elle fait des courses pendant la semaine, dans les rues de Philadelphie. Elle s’allonge alors sur le sol pour mieux apprécier sa chanson…

Et en rappel, elle va nous accorder deux titres, dont une sorte de potpourri, intitulé « Space Jam - An Odyssey » …

Setlist : « Lightning », « El Camino », « Stretch », « Ne Me Quitte Pas (Don't Leave Me) », « Smooth », « So Tall From Down Here », « Voicemail », « Birds Gave Up », « Valentine », « Intro », « Pressure », « Concrete », « Dirty Dancer », « Celebration », « Coffee For Dinner ».

Rappel : « Space Jam - An Odyssey », « Antidote ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Arcade Fire

Toujours plus proche de son public…

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Arcade Fire se produisait au Sportpaleis d’Anvers, ce lundi 12 septembre. Le concert n’affiche pas complet. Cependant il ne reste que peu de sièges libres et la fosse est pleine à craquer.  

Venu défendre son sixième opus, sobrement intitulé « WE » et paru le 6 mai dernier, Arcade Fire compte bien démontrer à travers cette tournée mondiale, que malgré le récent départ du frangin Will Butler, il reste l’un des groupes les plus impressionnants, influents et innovants de ces vingt dernières années.

« Le plat pays » de Jacques Brel résonne lorsque votre serviteur débarque dans la salle (NDR : procédure obligatoire pour les photographes). Première constatation, une petite estrade est disposée au beau milieu du parterre au Sportpaleis, sur laquelle a été installée, au centre, un piano translucide ainsi qu’une énorme caisse claire de couleur blanche. Etincelante, elle brille de mille feux sur son socle en attendant sagement de résonner. En levant les yeux, on peut apercevoir une immense boule à facettes (NDR : ‘Monday night fever... ?’) Les inscriptions ‘End of the Empire’ sont reproduites en blanc et bleu par des néons sur ce mini-podium au look particulièrement sixties.

Quant à la ‘main stage’, elle est dominée par un écran gigantesque en forme d’arcade (forcément) qui recouvre la quasi-totalité du podium.

A 21h04 précises, Arcade Fire débarque par l’entrée ‘tout public’ et s’enfonce au cœur de la fosse, fendant la foule qui, un instant, imagine que le show va démarrer sur cette ‘mini stage.’ Erreur de jugement, puisque les musicos s’installent derrière leurs instruments sur la scène principale. Régine Chassagne et Jeremy Gara se postent derrière leur drum set, la violoniste Sarah Neufeld opte pour le côté droit, tout comme Richard Reed Parry qui reprend la position… de Will. Légèrement en retrait, derrière Wim, le très discret Tim Kingsbury va se contenter de quelques interventions au piano droit. A contrario, l’auteur-compositeur-multi-instrumentiste Dan Boeckner (NDR : âgé de 44 ans, il est également de nationalité canadienne) va se révéler très productif au moog et aux synthés sur les morceaux du nouvel opus. Et ‘last but not least’, un jeune-homme aux dreadlocks à faire pâlir Bob Marley, va se consacrer aux percus (NDR : surtout des djembés) et à la sèche. Mais surtout il va apporter son grain de folie au show, déambulant d’un côté à l’autre du podium afin d’haranguer la foule, en plein ascenseur émotionnel dès le second titre, « Ready to Start », et n’hésitant pas à franchir les barrières afin de rejoindre les premiers rangs…

Le concert embraie par deux compos mélancoliques, dont le profond « Afterlife » qui, inexorablement, va déclencher des ‘oh oh oh oh’ au sein de l’auditoire. Et manifestement il ne demande qu’à reprendre refrains ou onomatopées, en chœur.  

Alors que l’arcade géante coiffant le podium ne diffusait jusqu’ici que des images très sombres, elle s’illumine de couleurs vives, pendant que des lasers balaient la fosse de haut en bas afin d’impulser le ‘survolté’ « Reflektor ». Une boule à facettes descend du plafond et ses faisceaux transforment cette immense salle en une gigantesque piste de dance ! Les spectateurs du Sportpaleis sont debout et remuent le popotin au rythme des ‘Air Dancer Sky’ (acteurs principaux du superbe clip « Unconditional (Lookout Kid) »). Wim s’autorise un bref stagediving lors du passage ultra explosif de « Here Comes the Night Time », Régine utilisant judicieusement, comme d’habitude, la boule à facettes depuis la ‘main stage’ ; puis elle se faufile au sein de la foule avant de performer seule, debout sur le piano translucide de la ‘mini stage’ pour interpréter le titre « Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) ».

« Everything Now » clôture en apothéose ces 17 titres enchaînés à toute allure par un groupe maîtrisant son répertoire aussi bien ancien que nouveau. Mais au lieu de rentrer backstage, les musicos descendent du podium et se dirigent vers la ‘mini stage’ en retraversant la foule. Les centaines de personnes agglutinées derrière cette estrade espèrent alors profiter de cette position quelque peu privilégiée, mais frustrante depuis le début du set. Il est vrai qu’après plus 1h de concert passé sur la pointe des pieds afin d’entr’apercevoir au loin le groupe ou de rabattre son champ de vision vers les écrans latéraux, cette ‘mini scène’ n’était pas vraiment une bonne idée. Heureusement, le groupe va plutôt se mêler à l’auditoire pour accorder un rappel de trois morceaux empreints d’humilité, et clore sa prestation par l’inévitable « Wake Up ». Mais, les musiciens ne rentrent toujours pas via les backstage. Ils quittent la salle, comme ils sont arrivés, par la sortie du public. Tout un symbole, comme si le groupe voulait adresser un message à son public en se montrant accessible…

En conclusion, un concert alternant, de manière arithmétique, des tubes issus des précédents elpees et des morceaux récents. Même si le nouvel LP est loin de faire l’unanimité, sur les planches, ces nouveaux titres viennent compléter de manière fantastique une setlist bien balancée. Un concert pour lequel on ressort rempli de joie et de bonheur, pendant que certains des hits du band résonnent encore, des heures et des jours plus tard, dans la tête...

A noter également que Régine et Wim soutiennent KANPE, une fondation qui aide les communautés rurales sous-desservies d’Haïti à devenir autonomes. Des membres de cette association accompagnent Arcade Fire tout au long de la tournée ‘WE’ et disposent d’un stand pour y proposer des t-shirts, badges et autocollants aux couleurs et dessins entièrement réalisés par Régine. 100% des bénéfices générés par la vente sont reversés à cette fondation. Après avoir longuement échangé avec ces Québécois, on peut affirmer qu’ils ont un cœur grand comme ça ! Et sont d’une gentillesse incroyable. Des infos ? C’est ici.

Setlist :

Intro : Le plat pays (Jacques Brel)
1. Age of Anxiety I
2. Ready to Start
3. Deep Blue
4. Afterlife
5. Reflektor
6. Put Your Money on Me
7. Age of Anxiety II (Rabbit Hole)
8. The Lightning I
9. The Lightning II
10. Rebellion (Lies)
11. Keep the Car Running
12. The Suburbs
13. The Suburbs (continued)
14. Unconditional (Lookout Kid)
15. Here Comes the Night Time
16. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
17. Everything Now

Encore :

  1. End of the Empire I-III
    19. End of the Empire IV (Sagittarius A*)
    20. Wake Up

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos

 

 

Parkway Drive

Parkway Drive brûle-t-il ?

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Trois formations se produisent, ce soir, à Forest National : Lorna Shore et While She Sleeps en supporting acts et Parkway Drive en tête d’affiche. C’est la troisième fois que votre serviteur assiste à un concert du band australien. Son dernier elpee, « Darker still », vient de sortir. Si les premiers albums émargeaient au metalcore, parfois teinté de deathcore, ses dernières œuvres relèvent davantage du heavy metal classique. Mais surtout, en ‘live’, la formation propose un show pyrotechnique digne de Rammstein…

Lorna Shorne est un combo issu du New Jersey, aux States. Son style ? Du deathcore bien burné. A son actif, quatre Eps et trois albums. Mais un nouveau long playing, intitulé « Pain remains », paraîtra ce 14 octobre 2022. Le line up actuel implique les guitaristes Adam De Micco (lead) et Andrew O'Connor (rythmique), le drummer Austin Archey, le bassiste Michael Yager ainsi que le chanteur Will Ramos, (ex-Monument of a Memory, ex-A Wake in Providence).

« To the Hellfire » ouvre le bal et met littéralement le feu. La musique proposée par Lorna Shorne est féroce, brutale et puissante. « Of The Abyss » embraie. Un extrait du dernier Ep, « ... And I Return To Nothingness ». Les cordes de grattes galopent et tonitruant, le drumming s’emballe (NDR : deux grosses caisses, quand même !).

Mais c’est surtout la voix de Will Ramos qui impressionne, aussi bien capable de basculer des tonalités les plus ténébreuses (et déformées) vers les plus aigües. Elle est même parfois poursuivie par les accords des guitares. On se demandait d’ailleurs s’il allait tenir la route durant les 30’ de set. Eh bien oui !  Les circles pits et les rounds circles éclatent dans la fosse. Manifestement, le public est chaud-boulette, malgré un son pas vraiment au top, parce qu’il souffre d’un excès d’infrabasses. Le light show mitraille l’auditoire. Tous les gratteurs sont perchés sur une estrade surélevée.

Destructeur dans le bon sens du terme !

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « To the Hellfire », « Of The Abyss », « Sun, Eater », « Cursed To Die », « Into The Earth ».

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié quatre elpees, dont le pénultième, « So what » (2019), est jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon et Architects, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore.

Votre serviteur les suit à la trace depuis plus de 10 ans. Dès le début du concert, Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Et un immense drapeau à l’effigie de l’artwork du dernier elpee est tendu derrière lui. Taylor, le chanteur, fait tournoyer ses cheveux. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

La setlist va puiser généreusement dans le dernier LP du band, « Sleeps Society » (2021). Mais l’indispensable single « Anti-social » (NDR : paru en 2018, il figure également sur l’album While she sleeps ») n’est pas oublié. Le light show est aveuglant. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs des sixcordistes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux.

Bref, un tremplin idéal pour la tête d’affiche ! Et puis secrètement, votre serviteur aimerait revoir cette formation en salle, et pourquoi pas à l’AB…

(Pour les photos, c’est )

Setlist : « Sleeps Society », « Anti-Social », « You Are All You Need », « The Guilty Party », « I've Seen It All », « You Are We », « Eye To Eye », « Fakers Plague », « Silence Speaks », « Systematic ».

Pour accueillir Parkway Drive, le premier étage de Forest National est blindé, mais le second est condamné par de grands rideaux de couleur noire. Quant à la fosse, elle est pleine à craquer.

Des images d’une faille terrestre sont projetées sur un immense écran tendu derrière la scène. La crevasse s’ouvre, de gros rochers commencent à tomber. Un brouillard de fumée inonde le parterre et le podium. Huit personnages revêtus de capes noires débarquent de l’arrière, un flambeau à la main et s’installent de part et d’autre de l’estrade. Tout de blanc vêtu, Winston McCall, surgit du smog, depuis l’arrière du podium. Il semble en grande forme. Dès la fin de l’intro, les porteurs de flambeaux s’éclipsent.

Le set s’ouvre par « Glitch » et embraie par « Prey », moment choisi par les lance-flammes pour déjà cracher leur feu. Et conséquence immédiate, la température monte d’un cran. D’autant plus que Winston incite le public à jumper. Ce dernier reprend en chœur les paroles. Au centre de la fosse un immense round circle se forme. C’est dingue, ce n’est que le deuxième titre et c’est déjà la folie dans l’auditoire. C’est la fête au métal ! Puissant, le light show oscille entre le rouge et le jaune. Véritable bête de scène, Winston est omniprésent. Les gratteurs entrent en duel. La frappe du drummer est particulièrement sauvage. Des pétards explosent sur les planches. Pendant « Dedicated », Winston se frappe violement la poitrine et balance un ‘fucking’ 2 year’s’. Dans la foulée, les lance-flammes redoublent d’intensité alors que des faisceaux lumineux éblouissent l’auditoire, au propre comme au figuré. Du haut de son estrade, le batteur participe également au show. Planté derrière les différentes machines pyrotechniques, il doit transpirer ! Lors de « Ground Zero », la plage d’entrée du dernier opus, « Darker Still », une multitude de petites lumières blanches scintillent au sein du public. Le firmament avant l’heure ! Bien que puissante, la voix de Winston est supplantée par les sonorités de la guitare rythmique. On entend le bruit des pales d’un hélicoptère dès l’intro du plus paisible « Cemetery Bloom ». On se croirait replongé dans une scène du long métrage ‘Apocalypse Now’ de Francis Ford Coppola. D’ailleurs, tout au long de « The Void », on a l’impression d’être un figurant au sein de ce film de guerre.

Pour les deux dernières compos, une violoncelliste et trois violonistes débarquent sur l’estrade et vont apporter un peu de douceur au cœur de cet univers metalcore ; slow langoureux, « Darker Still » permettant même à Jeff, le guitariste, de connaître son moment de gloire…

En rappel, Parway Drive attaque « Crushed », un des morceaux favoris du public. La pyrotechnie est à son summum. Un véritable mur de flammes brûle derrière Winston. Votre serviteur ignore si ce sont les flammes de l’enfer, mais la facture de gaz va être salée !

Les cinq porteurs de flambeaux sont de retour. La foule est en délire lorsque le combo entame « Wild Eyes », alors que les deux sixcordistes s’avancent auprès de Winston à l’avant-scène. Le show est terminé (pour les photos, c’est ici)

Ce soir, Forest National a accueilli trois prototypes du metal contemporain. Un spectacle de ‘ouf ‘, percutant, qui a fait kiffer la majorité des spectateurs et constitue un des meilleurs concerts de l’année 2022 pour votre serviteur.

Setlist : « Glitch », « Prey », « Carrion », « Vice-Grip », « Dedicated », « Ground Zero », « Cemetery Bloom », « The Void », « Karma », « The Greatest Fear », « Shadow Boxing », « Darker Still », « Bottom Feeder ».

Rappel : « Crushed », « Wild Eyes ».

 

 

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