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Cali

Un show épuré, mais d’une intensité rare…

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Entre folklore et fêtes, Mons est une ville historiquement et culturellement riche. Elle s’est d’ailleurs vu octroyer le titre de Capitale Européenne de la Culture, en 2015.

Elle accueillait, en son sublime théâtre, un lieu hautement symbolique au style néo-classique, ce samedi 24 février 2024, un artiste de choix, Cali.

À mi-chemin entre chanson française et rock, Bruno Caliciuri, à l’état-civil, revendique depuis toujours une position d'artiste concerné par les problèmes de société et du monde, sans hésiter à s’investir publiquement.

Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature que, bien sûr, de la musique.

Ce soir, il est accompagné de Steve Nieve, brillant musicien, mais surtout claviériste d'Elvis Costello, qui a aussi travaillé et joué pour Morrissey, Paul McCartney, Mick Jagger, David Bowie, Vanessa Paradis, Alain Bashung ainsi que Daniel Darc ; et est resté un grand ami, jusqu’à la fin, de Lou Reed et Laurie Anderson.

Steve et Cali se connaissent bien. Le premier a participé à l’enregistrement de plusieurs albums du second, dont l’hommage à Léo Ferré, « Cali chante Léo Ferré », publié en 2018…

D’une capacité d’environ 500 personnes, la salle est bondée. Ce théâtre ‘à l’italienne’, avec ses balcons et ses murs drapés de velours grenat, est le parfait endroit pour des spectacles intimistes.

C’est sans doute pourquoi il a choisi cet endroit afin de fêter les 20 ans de « L'Amour parfait », son premier opus paru en 2003, mais suivant la formule piano/voix, alors qu’en général, il se produit en compagnie d’un groupe.

Alors qu’il est un peu plus de 20 heures, l’homme de petite taille et son comparse bardé d’un bandonéon, grimpent sur le podium en chantant « Roberta », une compo issue de l’elpee « Menteur ». La toute première claque d’une série puisque plein d’autres déferleront comme un rocher qui déboule sur une route à toute vitesse et que l’on ne peut éviter.

Très inspiré et inspirant, Cali possède en lui de grandes valeurs humaines. Il a ce besoin du contact avec le public. Ni une, ni deux, il prend la main d’une petite fille au premier rang et l’invite à monter sur scène pendant « Sweetie » ou encore s’approche de cette femme enchantée de porter un pull du même coloris que celui du troubadour tout en s’amusant sur « La fin du monde pour dans 10 minutes ». Et si la vie ne tenait qu’en quelques secondes d’une poésie fine ?

Les doigts du pianiste glissent sur les ivoires dans un exercice de style virtuose, nous réservant d’impressionnantes descentes fracassantes de plusieurs gammes. Un concert où il fait aussi bon d’entendre que de voir.

Alors que jusque-là, il était resté très intimiste, il adopte tout à coup un ton plus pêchu, tantôt grâce à l'utilisation d’une boîte à rythmes sur « Menteur » ou encore sautillant de siège en siège en clamant ‘mon amour’...

Puisque l’enjeu est de rendre un hommage à ses débuts, Bruno embraie par « C’est quand le bonheur », avec en toile de fond, un écran géant reproduisant son image et celle de son chat, ravivant l’illustration de la pochette de cet LP.

Un des titres majeurs dans sa carrière qui lui a permis de se faire connaître auprès du grand public.

Une compo miroir, car malgré la reconnaissance, le succès, les rencontres, les critiques positives et le rendu du public, tout reste relatif. La seule, vraie et unique question serait ‘C’est quoi le bonheur’ ? Il ne lui reste plus qu’à affronter les méandres de la vie et à arracher le précieux sésame.

Un bonheur prétendu partagé en tout cas par les quelques centaines de personnes présentes ce soir.

Cali est on ne peut plus heureux de célébrer cet anniversaire avec le public belge qui le lui rend bien depuis le début de sa carrière.

Entre amour désordonné, hasards de l’existence et affres du temps passé, l’artiste se livre joyeusement tout au long de « Elle m’a dit », une compo empreinte de nostalgie, écrite seul dans une petite chambre, lors d’une rupture fracassante. Il n’hésite pas à clamer qu’il ‘s’est fait jeter comme une merde’. De quoi raviver chez certains de vieux souvenirs que l’on pensait définitivement enterrés.

Cet inconditionnel de U2, Simple Minds, The Waterboys ou encore Hubert-Félix Thiéfaine, sait se montrer humble et empathique. Il raconte avoir reçu la demande d’un fan dans sa loge au cours de l’après-midi. Sa mère n’a d’yeux que pour lui et fête son anniversaire ce soir. Quoi de mieux, dès lors, que l’icône de la chanson française lui offre un bouquet de fleurs…

Sans hésitation, Caliciuri s’exécute sur l’éblouissant « Pensons à l’avenir », tandis que Nieve, dans un français approximatif, se charge des vocalises avec une jubilatoire colère qui masque mal l’infinie tristesse et le désespoir de ne pas injurier cet avenir qui semble à nouveau prometteur.

Un moment inoubliable pour les artistes et cette dame dont la joie irradiait sur son visage et le public. Les yeux, d’abord embués, ont ensuite laissé place à des larmes qui se sont mises à couler, inévitablement, sur les joues.

Lorsqu’il ne caresse pas les ivoires, Steve, multi instrumentiste dans l’âme, se consacre au mélodica (un instrument de musique à vent, plus précisément à anches libres) ou encore au xylophone dont il joue en intro sur « Tes désirs font désordre », un morceau aux accents dramaturgiques. Et il est à l’aise sur tous ces instruments.

Bruno fixe tendrement sa propre image projetée en filigrane, contemple le temps passé et revit les moments intenses à travers le rétroviseur de sa vie. Il remercie l’ange qui lui a porté la main sur l’épaule lorsqu’il était petit tout en fixant le ciel, le regard vide, s’interrogeant d’une part sur cette double décennie passée et d’autre part sur la fierté de ses parents maintenant disparus.

Et puis, il passe au « Grand Jour est Arrivé », une comptine fébrile et immensément positive où il est question de prendre le temps de savourer sa séparation sur fond d’humanité et l’auto-flagellation, le tout posé sur drap d’humour léger.

Après ses nombreuses ‘turpitudes’ et voltefaces, le Perpignanais se pose au côté de son musicien et entame paisiblement un « Fais de moi ce que tu veux ». Le public s’émerveille devant la complicité qui s’opère entre les deux compères.

Cali prend ensuite place derrière le piano et, en véritable mélomane, s’approprie instinctivement l’instrument. Steve quant à lui, quitte l’estrade, plonge dans la fosse, armé de son mélodica pour un « Différent », qui ne laisse personne indifférent…

Interprété en mode piano/voix, « Tout va bien » constitue un des moments forts du concert. Un morceau au cours duquel on discerne un peu mieux la face obscure des textes de l’enfant perdu et les cicatrices du temps passé.

Un show épuré, mais d’une intensité rare ! Tout y est parfait. Le spectacle, Cali, son musicien, sa complicité avec le public, le choix des chansons, la richesse des émotions et « L’Amour parfait », chanté tantôt en français, tantôt en anglais, prouvant une fois de plus qu’une amitié sincère et durable lie les deux personnages.

Sous une expression toujours aussi théâtrale, en mode piano/voix, Cali est parvenu à imposer son style en revisitant les chansons d’un album devenu culte et à transformer des épreuves difficiles en épisodes énergiques grâce aux variations ludiques et aux mots d’une force puissante dont seul l’artiste a le secret.

Les uns et les autres s’éclipsent derrière les rideaux, le public haletant d’impatience reste sur sa faim. Il en veut encore et encore…

Les faisceaux des projecteurs déclinent, comme pour faire durer la douleur des spectateurs… lorsque soudain les notes de « Quoi » de Jane Birkin retentissent, comme pour rendre un bel hommage à la femme qui nous a quittés en juillet 2023. Une belle personne aux multiples talents, à la fois actrice et chanteuse. Un moment suspendu et un Cali tout en retenue, mais aux anges.

Il y a plus de deux heures que l’artiste se livre et pourtant il a encore de belles surprises à offrir. A commencer par cette version ultra vitaminée de « 1000 cœurs debout » où, accompagné par Baptiste Lalieu, aka Saule, il va mettre littéralement le feu. Ils se connaissent très bien, et se sont déjà produits ensemble pour « Avant qu’il ne soit trop tard », qui figure sur le dernier album de Saule, « Dare-Dare ».

Des dizaines de fans n’y tenant plus finissent sur la scène afin d’y fêter la joie, le bonheur, l’extase et un onirisme sans fin. Les sourires deviennent rires, les yeux s’écarquillent et alors que l’amour entre les générations s’invite, les différences culturelles et sociales s’estompent également.

Afin de taquiner son ami de toujours, Bruno lance pour défi à son acolyte de chanter du Led Zeppelin. En l’occurrence « Whole lotta love ». Challenge parfaitement relevé sous les cris hilares d’un public qui ne s’attendait pas à pareille surprise, il faut bien l’avouer.

Enfin, Caliciuri, à l’instar de « Pas la guerre », rappelle aux aficionados que derrière le conflit, se cache, au milieu, les enfants.

Concerné par la vie et les problèmes du monde et la bêtise des hommes, le concert de ce soir sera dédié au charismatique militant anticorruption et ennemi numéro un de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, assassiné honteusement alors qu’il n’avait que 47 ans.

Cali retourne définitivement en coulisses, alors que Steve s’enfonce dans la foule pour reprendre « Your Late Night Evening Prostitute » dans sa langue natale avec pour seule arme, son instrument de prédilection, le mélodica.

Cette fantaisie façon ‘Cali 2.0’ aura duré en tout et pour tout pratiquement deux heures trente. L’homme dont la réputation est de mettre le feu partout où il passe n’a pas failli à la règle. Une fois de plus, mais certainement pas une fois de trop.

 

 

 

 

 

And Also The Trees

Mother of pearl moon

Écrit par

« Mother of pearl moon » constitue le 16ème opus d’And Also The Trees. Première constatation, la musique du groupe britannique devient de plus en plus atmosphérique, davantage acoustique aussi... 

L’elpee s’ouvre par une intro ambient. Romantique, « The whaler » est une ode à la contemplation au cours de laquelle la clarinette frémit comme des vaguelettes sonores qui s’échouent sur la plage.

On retrouve le climat filmique des dernières œuvres, réminiscent du long métrage ‘Docteur Jivago’, sur plusieurs plages. A cause de Justin Jones qui transforme les sonorités de sa guitare en concert de mandolines. Et tout d’abord sur « Town square ». Souple et complexe à la fois, le drumming y ajoute des nuances jazzyfiantes. « Field After Field », ensuite. Simon semble y réciter sa poésie comme une prière. Sur l’instrumental propice à la rêverie, « Ypsilon », encore. Après un début de parcours embrumé par les claviers. Et le tout est enrichi d’arpèges de sèche, alors que le sillon tracé par la clarinette se met à onduler. Des arpèges que l’on retrouve sur « Away From Me », et dans un même climat, nonobstant le drumming subtil et complexe. Et enfin, le contemplatif, mais sournoisement angoissant, « This path through the meadow », tandis que la clarinette flâne comme le hautbois dans le conte symphonique ‘Pierre et le loup’ de Prokofiev.   

La bande aux frangins Jones aime voyager, puisque si sur le précédent long playing, elle nous entraînait en ex-Yougoslavie, le nouveau, à travers la valse « Valdrada », s’inspire d’une cité imaginaire décrite par Marco Polo à l'Empereur de Chine Kubilaï Khan dans le roman ‘Les villes invisibles’ d'Italo Calvino

« No Mountains No Horizons » constitue le second instrumental. Au début on entend comme le bourdonnement d’un essaim d’abeilles, puis progressivement la composition monte en intensité avant de redevenir paisible, malgré le gémissement d’une six cordes (NDR : ce sera la seule incursion véritablement électrique)

Baignant au sein d’une ambiance étrange et vaporeuse, « Visions Of A Stray » s’ouvre sous une forme incantatoire, puis, au milieu du gué, le tempo s’élève et la chanson devient instrumentale.

Un excellent album, auquel il manque, sans doute, deux titres plus percutants pour satisfaire pleinement votre chroniqueur…

And Aslo The Trees se produira le 2 avril dans la Nef de l'Eglise Notre Dame d'Harscamp, à Namur.

8

Chelsea Wolfe

She Reach Out To She Tends Out To She

La toujours poignante Chelsea Wolfe vient de réaliser un nouveau coup gagnant sur son illustre échiquier. Sur « Hiss Spuné, elle a flirté avec le doom metal fantasmagorique, sur « Birth Of Violence », elle est entrée dans un donjon acoustique sur le brûlant « Bloodmoon : I », elle a ricané avec les voyous de Converge au sein d’un bain de métal noir rempli d’acide sulfurique.

Chaque nouvel opus apporte invariablement de nouvelles révélations, perspectives et découvertes à cette muse sombre. Ses disques sont tous des perles à couper le souffle qui, à première vue, sont différentes les unes des autres mais ont une constante : elles ne tolèrent pas la lumière du jour.

Sur « She Reach Out To She Tends Out To She », la déesse de la nuit franchit une nouvelle étape dans son évolution excentrique. Au cœur de ses sonorités menaçantes omniprésentes, se sont glissés de minces synthés et une électronique oppressante. Sous cette nouvelle approche, elle niche encore en grande partie dans son biotope préféré : l’obscurité. Pour la circonstance, les compos ont été épargnées par les riffs de métal ‘ricanants’, mais le ténor est toujours terrifiant et la voix rêveuse de Chelsea navigue immuablement au sein d’endroits aussi mystérieux et brumeux.

Les morceaux flottent sur des rythmes hypnotiques, des drones obsédants, des guitares endormies et des synthés brumeux. Ainsi, ils filent à la recherche d’horizons inconnus. « Whispers In The Echo Chamber » pose les lignes et saisit immédiatement la gorge au moyen d’une électronique fantomatique et d’une explosion ultime. « House Of Self-Undoing » grogne durement sur un lit de percus émanant de la jungle. « Tunnel Lights » nous entraîne dans un paradis souterrain. « Salt » erre dans le Portisheadland et le morceau de clôture, « Dusk », s’enfonce implacablement dans la nuit lors d’une solide apothéose.

Perle noire, « She Reach Out To She Tends Out To She » ne révèle pas ses secrets tout de suite ; il exige un certain effort de la part de l’auditeur. Il s’agit d’une exploration captivante à travers les cavernes sombres de l’âme de Chelsea Wolfe. Apportez donc votre lampe de poche…

Parquet

Sparkles & Mud

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Mis sur pied en 2014 par Sébastien Brun, le projet Parquet (qui n’est pas pris de Courts…) marche sur les traces très dynamiques de formations telles que La Jungle, la Colonie de Vacances ou Electric Electric, en choisissant de mixer sonorités de guitares et résolument techno… Parquet ou comment faire valser l’indie-rock sur le dance-floor en quelque sorte ! Entre techno et noise (« Brute »), math-rock chamanique et délurée (« Mud »), électro-rock endiablé (« Speedrun »), divagation ultra dansante (« Manaquin ») ou électro indus (« Tahiti »), la musique de cette formation hexagonale ne se contente pas de convaincre de bout en bout, mais se distingue par son énergie débordante. En fait, le quintet ne sacrifie jamais le sens mélodique sur l’autel de cette énergie. Une œuvre et un univers uniques à explorer !

Hark ! & Co

The Playful Maziness of Art

Écrit par

Après avoir sondé l’univers de Robert Louis Stevenson sur son précédent elpee, « My Treasures », Hark ! & Co raconte, sur une texture d’une rare liberté, les poèmes du fameux écrivain Edgar Allan Poe (1809-1849), tout au long de « The Playful Maziness of Art ». La bande à Harke Jan van der Meulen, qui bénéficie, pour la circonstance, du concours de la magnifique voix de Henk Hofstede (The Nits), agrège, tout au long de cet album, pop et musique de chambre traduite par les interventions du violon de Josje ter Haar, du violoncelle de Brendan Conroy ou du piano de Lineke Lever. L’expression sonore de cet ensemble batave est exigeante, mais délicatement exécutée, elle permet à tous les instruments de s’épanouir. 

Ada Oda

Des tas d’invités en fin de concert…

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En réinventant le romantisme transalpin sur fond de guitares sautillantes, Ada Oda s’est imposé comme l’un des meilleurs groupes de scène, en Belgique. Au point de la représenter la Belgique à Euro Sonic, le supermarché de l’industrie musicale qui s’est déroulé à Groningen la semaine dernière.

Le groupe pratique un rock binaire et up-tempo qui combine l'aplomb post-punk des eighties et les grandes envolées mélodiques typiques de la variété italienne (sicilienne ?). Initié en 2020, pendant le premier confinement, par César Laloux (The Tellers, BRNS, Italian Boyfriend), le projet est rapidement rejoint par Victoria Barracato, la fille de Frédéric François… Au crédit del Gruppo, un long playing, « Un Amore Debole », un condensé de chansons émouvantes, interprétées dans la langue de Verdi, balancées avec joie et exaltation. Bref, un excellent remède contre la morosité.

Programmé à l’AB Box, le concert est archicomble.

Le supporting act est assuré par Plush Baby, un duo art pop anversois réunissant Caitlin Talbut (BLUAI, BLOND) et Nicolas Anné (Saving Nico).

Caitlin est vêtue tout de blanc : robe, tee-shirt, chapeau stetson et genouillères de type ‘Convert’. Elle se charge du micro, des machines et synthés. Nicolas a enfilé un costume de teinte verte et est coiffé d’un chapeau de couleur rouge. Il se consacre à la basse, les synthés et le MPD ; parfois, il donne de la voix, à travers un vocoder. Celle de la fille est plutôt sucrée mais énergique ; et c’est particulièrement évident tout au long du single, « Run Run » (le clip, enrichi d’un jeu vidéo, est à voir et à écouter ici

L’indie pop de Plush Baby est à la fois fraîche, cinématographique, contagieuse et empreinte de nostalgie. Mais elle véhicule des textes un peu détraqués qui finalement, forment une sorte de comédie musicale. Très interactif, le tandem va nous réserver deux nouveaux morceaux : « Green Light » et « You And Me ». Le meilleur moment du set ? « Electricity ». Les aficionados des synthétiseurs eighties, de guitares colorées et de punchlines incisives, ont certainement dû apprécier… 

Setlist : « Green Light », « Taxi Driver », « Run Run », « More », « You And Me », « Electricity », « Plush Baby Anthem »

Place ensuite à Ada Oda.

Victoria, la vocaliste, a enfilé un short et une tunique de couleur verte. Elle est tout comme Caitlin, chaussée de genouillères, mais de teinte noire. Coupe mulet, Aurélien Gainetdinoff (Almost Lovers, Yolande Bashing) porte des lunettes orange ! Tout comme César Laloux, il se charge des parties de guitare. Longs cheveux qui lui cachent régulièrement les yeux, Alexandre De Bueger (Alaska Gold Rush, Gros Cœur) se consacre aux drums. Et Clément Marion se charge de la basse.

La formation est venue défendre, mais aussi rôder son premier elpee, « A Amore Dabole » paru en 2022. Car dans un mois, elle débarque aux States pour participer au célèbre festival ‘SXSW’ d’Austin.

Le concert s’ouvre par « Stanca Di Te ». La foule, qui connaît le refrain par chœur, le reprend à l’unisson. Trépidante, Victoria va au contact du public et descend de temps à autre dans la fosse. Sa voix est puissante. « Mi Guarda » est dans la même veine. Tout au long de sur « Si Fermerà », les trois guitares se révèlent addictives et entêtantes, et parfois, les sonorités bifurquent vers le surf.

Sauvage, « Mai Mai Mai » oscille entre post punk et le rock garage. Puis, surprise, le père de Frédéric, le bas en écharpe, monte sur les planches, pour interpréter « La Maschera », en compagnie de sa fille, Victoria. Un beau moment rempli d‘émotion. Une partie du public devient même hystérique. Sur « Figlia », un titre, pour le moins festif, César mène la barque et chante, dans la langue de Verdi…

La banane aux lèvres, les musicos semblent prendre du plaisir sur les planches.  

En fin de show, Marc Pirard, le premier bassiste du combo, rejoint le team, pour attaquer « Domani », alors que Clément a empoigné une six cordes. A cet instant, il y a quatre guitaristes sur le podium ! De quoi nous permettre de savourer une version speedée « Niente Da Offrire » et de l’hypnotique « In Piazza ». Au terme d’un « Avevo Torto » de feu, de nouveaux invités se joignent au groupe pour boucler le set principal. Dont Caitlin, qui a enfilé un jeans et s’est enfoncé in bonnet sur le crâne, pour partager le vocaux sur « Il Caos », mais également Romain Benard (Ropoporose, Primevère) qui s’installe derrière les fûts, réduisant Alexandre à jouer du triangle.

Un set bien réglé de 60 minutes. On attend impatiemment le second opus !

Setlist : « Stanca Di Te », « Mi Guarda », « Bobbio », « Un Amore Debole », « Si Fermerà », « Mai Mai Mai », « La Maschera », « Figlia », « Vino Naturale », « Niente Da Offrire », « In Piazza », « Domani », « Avevo Torto », « Il Caos ».

Rappel : « Gioventù », « Non So Che Cosa Ne Sarà Di Me »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Orchestral Manœuvres in The Dark (OMD)

Des papys qui font de la résistance…

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Inauguré en 1878, le Cirque Royal était alors l'unique cirque permanent de Bruxelles, se distinguant même par ses shows équestres. Ce n’est que depuis les années 50 qu’il est devenu une salle consacrée aux concerts et au ballets. Aujourd’hui, il également devenu un temple du stand-up et de l'humour. Il est donc naturellement considéré comme un lieu emblématique de la culture, au sein de la capitale de l’Europe…

Ce jeudi 15 février 2024, il accueillait Orchestral Manœuvres In The Dark, dont c’était le premier concert au sein de cet hémicycle, pour la première fois de sa longue carrière.

La pop et le rock, en général, ont connu un nouvel essor, dès le début des 80’s, et notamment sous une forme plus électronique. Les synthés et les boîtes à rythmes se sont donc intégrés à la solution sonore, quand ils ne se sont pas substitués à l’instrumentation organique. Un choix qu’a donc fait, le duo anglais OMD.

Originaire de Glasgow, Walt Disco, assure le supporting act.

Les membres s’étaient rencontrés en 2016 à l’université. A son actif, plusieurs Eps, dont le premier, « Young Hard And Handsome », est inspiré d’une cassette porno gay, pour son titre, et un elpee, « Unlearning », paru en 2022. L’envie est d’explorer les questions de genres et d’identités est immédiate. Ils se revendiquent donc ‘queer’ ; c’est-à-dire qu’ils ne se reconnaissent pas dans la sexualité hétérosexuelle ou ne pensent pas appartenir à un genre défini…

Et ce n’est pas sans conséquence sur le look, puisque les musicos sont vêtus élégamment de fringues féminines et chaussés de souliers à talons. Et ils assument complètement ce travestissement.

De quoi perturber le public qui semble plutôt vieille école. Question de génération !

Jack Martin, Finlay McCarthy, Lewis Carmichael, Charlie Lock et Dave Morgan accompagnent le chanteur et leader James Potter. Probablement davantage androgyne que ses comparses, Mister Potter, possède une grande maîtrise de la scène. Ado, il avait suivi des cours de chant auprès d’un prof, fan d'opéra. Ce qui explique aussi pourquoi il possède un spectre vocal capable de grandes envolées lyriques comme Freddie Mercury sur « Bohemian Rhapsody ».

Pourtant, en parvenant à mêler judicieusement post-punk et rock expérimental eighties, la musique de ce band suscite l’adhésion de l’auditoire ; et de titre en titre, elle déclenche même son enthousiasme.

Dès les premières lignes mélodiques, on ressent, chez Walt Disco, une détermination totalement libre et assumée, melting pot futuriste, audacieux, aéré et très libertin dans l’âme. Un laboratoire d’essais de sons et de genres qui fait vraiment beaucoup de bien dans un monde où les stéréotypes radiophoniques sont nombreux.

Les compos sont joyeuses, pétillantes et délurées, portées par le temps, à l’image de « How Cool Are You ? ». 

Bien que dessinant ci et là des contours plus contemporains, la formation écossaise se sert de lignes de synthés, parfois un tantinet ‘new age’, et explore, à travers ses chansons, le genre humain, à l’image d’un journal intime.

Les guitares sont cinglantes, alimentées par une série de pédales à effets. Quant à la batterie, elle est percutante. Celui (celle) qui se cache derrière les fûts exécute des gestes amples pour accentuer encore un peu plus librement ses allures fantasques.

Naturellement, le set se termine par un « Weightless », signe de l’acceptation de qui l’on est, avec toute la difficulté inhérente à ce processus.

Entre dramaturgie et glamour, Walt Disco en concert, c’est un show théâtralisé. Et neuf chansons ont suffi à convaincre un public quelque peu réfractaire au début, mais qui très rapidement, a balayé ses a priori. Et c’est tant mieux !

Une quinzaine de minutes plus tard, les lumières s’éclipsent progressivement, alors qu’on entend les premières notes de « Evolution of Species ». Un morceau au son très contemporain, parcouru par une voix féminine en off, qui constitue à lui seul la parfaite synthèse de la carrière du groupe. De l’électronique, de l’intelligence dans la composition, de la simplicité et cette dose d’on ne sait quoi qui fait la différence !

La fan base est constituée de quinquas, arborant fièrement cheveux gris, ventre bedonnant et peaux craquelées par les années.

Faut dire que le groupe fondé par Andy McCluskey (chant, basse, guitare) et Paul Humphreys (chant, claviers) a enregistré son premier single, « Electricity », en 1979, et son premier album, début 1980. Un éponyme.

Et de leur propre aveu, la tournée –sa 14ème, baptisée ‘Bauhaus Staircase’ sera la dernière de leur carrière. Ce qui explique l’engouement manifesté par les centaines de personnes présentes ce soir.

Les deux amis semblent impressionnés par l’accueil très chaleureux que leur livre le public noir/jaune/rouge.

Le décor est minimaliste. Un écran géant est dressé en toile de fond. Paul Humphreys est planté à droite devant son synthé. Un autre préposé au clavier est posté à gauche du podium. Le drummer s’installe légèrement en retrait. Son kit recèle des tas de fûts en tout genre. Vêtus de noir, ils ont tous la soixantaine bien sonnée. Ils sont perchés sur des estrades ; ce qui permet de les distinguer très distinctement.

Particulièrement en forme, Andy McCluskey entame son tour de chant par « Anthropocene », issu du dernier opus, alors que les lettres OMD apparaissent sur le mur LED.

La communion s’opère rapidement entre les musiciens et la foule. Andy devient complètement hystérique dès le début du concert. Sans doute peu doué pour la danse, son corps est tout à coup pris de saccades violentes. Ses bras ne cessent de faire des roulis, tout en faisant les cent pas. Attitude qui va perdurer l’intégralité du set. Son visage dégouline de sueur.

Parfaitement à l’aise tant à la guitare qu’à la basse, il est aussi proche de son public. Il vient très souvent taper ses paluches dans celles de ceux qui ont la chance d’assister au show près des crash barrières, ces éléments qui permettent de délimiter les zones, restreindre l'accès, retenir la foule et faciliter les déplacements du service d'ordre.

Très vite, OMD nous réserve des compos incontournables comme « Messages » ou « Tesla Girl ». De quoi rappeler de bons vieux souvenirs de jeunesse. Une période que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, comme dirait l’autre.

À 64 ans, la voix d’Andy McCluskey est quasiment intacte, un exploit par rapport à d’autres artistes. C’est vraiment impressionnant.

Fervent défenseur de la démocratie, le tandem dénonce la corruption passive menée par Poutine, Trump et Boris Johnson, mais aussi le rôle trouble de l’argent saoudien à travers « Kleptocracy », une chanson politiquement engagée, écrite il y a seulement trois ans.

Pour « (Forever) Live and Die » Andy se consacre au clavier, tandis que Paul, se charge des vocaux. Contrairement à son comparse, sa voix souffre, épisodiquement, de quelques petites faiblesses.

Le temps que Paul replace ses lunettes (il se dit vieux), « Bauhaus Staircase » permet à McCluskey de rendre un vibrant hommage à Kraftwerk, véritable légende de la musique électronique, groupe expérimental et novateur dont les sonorités ‘vintage’ ont influencé ont influencé bon nombre de groupes new wave des eighties…

« Maid Of Orleans » constitue le point d’orgue. La jouissance onirique est alors à son comble. Le public est au bord du malaise, l’ambiance à son paroxysme…

Andy invite l’auditoire à frapaper dans les mains, afin d’accompagner cette fameuse rythmique syncopée dont le groupe a le secret.

Le duo aime la Belgique. Pour le lui rappeler, il se livre dans un « Locomotion » qui n’a pas pris une ride. Les puristes se souviendront d’ailleurs que le clip a été tourné sur le célèbre ‘Mercator’, en 1984.

Caractérisé par ses beats froids et synthétiques, « Enola Gay » signe le clap de fin d’un concert qui restera ancré dans les mémoires.

Une chanson aux relents particuliers puisqu’elle narre l’histoire de l’avion qui a largué la bombe atomique sur Hiroshima. Une tragédie dans l’histoire de l’humanité, mais qui prend ici un sens ici tout particulier, la musique ayant le pouvoir de la transformer et de l’embellir…

Alors que la chanson prend fin, cette rythmique entêtante continue de résonner encore et encore dans les énormes haut-parleurs dressés de part et d’autre de la scène. Et pourtant, les musicos ont quitté l’estrade…

Sous l’effet de l’émotion, ils viennent saluer chaleureusement un public décidément très réceptif à cette musique d’une époque révolue, il faut bien l’avouer.

Puis, tandis alors que les lumières s’éteignent et que les techniciens viennent couper les machines, calmement, les spectateurs se dirigent vers la sortie.

Mais cette mise en scène est de courte durée puisque la troupe revient sur les planches et enchaîne successivement « Look at You Now », « Pandora’s Box » et le classique « Electricity », un morceau qui aborde le problème du gaspillage des sources d'énergie de la société, une composition d’ailleurs inspirée du « Radioactivity » de Kraftwerk. Et si Paul et Andy étaient aussi devenus de véritables visionnaires, conscients de l’empreinte écologique laissée par l’être humain, sur cette terre ?

La musique d’Orchestral Manœuvres In The Dark s’étend bien au-delà du champ d’algorithmes purement mathématiques, sinon elle n’aurait pas survécu au temps et aux modes.

L’œuvre de OMD est humaine et sensible et c’est sans doute pour cette raison que le duo est parvenu à résister au temps et aux modes…

Ne leur faites pas l’injure de les traiter de vieux ringards. Non ! Durant plus d’une heure trente, ils ont accompli un travail éblouissant, extraordinaire, bien loin des archétypes du genre.

Bref, Andy et Paul sont peut-être des papys, mais des papys qui font de la résistance.

Comme quoi, on peut prendre de l’âge, mais encore avoir de l’énergie à revendre…

Setlist Walt Disco

Sed - Gnomes - Cut Youri Hair - Come Undo ne - How Cool Are You ? - Pearl - Black Chocolaté - Macilent - Eighties

Setlist OMD

Anthropocène - Messages - Tesla Girls - Kleptocracy - History of Modern (Part I) - If You Leave - (Forever) Live and Die - Bauhaus Staircase - Souvenir - Joan of Arc - Joan of Arc (Maid of Orleans) - The Rock Drill - Veruschka - Healing - Don’t Go - So in Love - Dreaming - Locomotion - Sailing on the Seven Seas - Enola Gay - Look at You Now - Pandora’s Box - Electricity.

(Organisation : Live Nation)

Sprints

Letter to self

Écrit par

Pour enregistrer son premier elpee, Sprints a reçu le concours de Daniel Fox (Gilla Band), à la mise en forme. Pas étonnant, puisque le quatuor est issu de Dublin. Encore que la chanteuse, guitariste et compositrice, Karla Chubb, a passé une partie de sa petite enfance en Allemagne. Certaines paroles du titre qui ouvre l’elpee, « Ticking », sont d’ailleurs interprétées dans la langue de Goethe. Et cette langue gutturale colle parfaitement au morceau. En outre, au cours de cet opus, on parfois l’impression qu’elle emprunte certaines intonations à Nena. Musicalement, Sprints évolue dans un tout autre registre. Quelque part entre post/punk et rock garage, l’expression sonore se révèle abrasive, viscérale, percutante et bien électrique, notamment dans l’esprit du « Surfer Rosa » des Pixies, alors que Karla se sert de sa voix comme exutoire pour libérer ses émotions. Des émotions qui traduisent une certaine forme de vulnérabilité et oscillent de la colère à la tristesse, en passant par la passion et la douleur. Ses griefs ? Sa vindicte ? La religion et la sexualité. Sur son tout premier single, « The cheek », elle avait ainsi dénoncé les réactions misogynes dont elle a été victime face à sa bissexualité. Et « Cathedral », qui figure sur ce long playing, évoque la culpabilisation inhérente à son éducation catholique.

Si certains morceaux montent progressivement en intensité, d’autres alternent moments calmes et explosions frénétiques. A l’instar du sombre « Shadow of a doubt », qui se distingue également par des interventions de guitare tintinnabulantes. Ou encore de « Up and comer », au cours duquel la langueur est quand même chargée de rage… Quant à « A Wreck (A mess) » il est modulé suivant le flux et le reflux du rythme. 

Plus élaboré, « Shaking their hands » se signale par un bel équilibre entre voix et contre-voix. Incantatoire, « Can’t get enough of it » nous replonge dans l’univers du « Dry » de PJ Harvey. L’opus recèle une version plus calme du single « Literary mind ». Enfin, le long playing s’achève par le très vindicatif titre maître.

Un bien bel album, mais à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

Abstract Concrete

Abstract Concrete

Écrit par

Abstract Concrete, c’est le nouveau projet de Charles Hayward, un vétéran (NDR : il est né en 1951 !) de la scène expérimentale britannique. C’est un des membres fondateurs de This Heat et Camberwell Now. Il a joué en compagnie de Phil Manzanera, chez Quiet Sun Project, a transité brièvement par Gong et collaboré avec Bill Laswell et Fred Frith. Notamment.

Le line up de la formation implique également la violoniste française Agathe Max, le guitariste italien Roberto Sassi et enfin Otto Wilberg qui se consacre à la basse et à la double basse et Yoni Silver, qui a troqué sa clarinette contre des claviers. Tous des musicos dont le cv est long comme un bras.

Découpé en 6 plages, le nouvel opus d’Abstract Concrete est éponyme. Mais une des plages, « The day the earth stood still » s’étale sur 15 minutes. Une compo, vous vous en doutez, élaborée, mais aussi épique, construite comme dans la prog, entre périodes élégiaques, progressions en intensité et explosions furieuses, paradoxalement plus proches du punk que de la fibre progressive.

Autre titre aussi complexe, « Ventriloquist/Dummy » mêle jazz métropolitain, prog/rock hypnotique, folk et disco.

Si « Sad bogbrush » emprunte le rythme de la bossa nova, ce morceau s’achève dans la distorsion.

Les deux premières plages sont probablement les plus intéressantes. A cause du mariage de la voix de Charles et du violon d’Agathe qui rappellent Blaine L. Reininger. Tant le chant que les intervenions à l‘archet. Parfois, on même l’impression de replonger dans le climat du Tuxedomoon de « Desire ».

Enfin, l’elpee s’achève par le filmique « Tomorrow’s world ».

TORRES

What an enormous room

Écrit par

TORRES, c’est le pseudo de la chanteuse/guitariste/compositrice Mackenzie Scott. Pour enregistrer son sixième elpee, elle a reçu le concours (entre autres) de son amie, Sarah Jaffe, une auteure-compositrice-interprète texane qui a notamment bossé en compagnie d’Eminem. Elle s’est surtout chargée des parties de basse et de batterie. Mais aussi de la coproduction qu’elle partage avec Mackenzie. Et c’est probablement ici que le bât blesse, car si la plupart des compos tiennent la route, elles sont peut-être un peu trop sophistiquées. Ce qui nuit à l’abrasivité et au mordant des riffs de guitare.

Parmi les titres les plus percutants, on épinglera, quand même, « Life as we don’t know it » et ses accords de gratte dentelés, l’excellent « Wake to flowers » et sa ligne de basse menaçante, le sombre « Artificial limts » et sa sixcordes grondante.

En ouverture de l’elpee, « Happy man’s shoes » est caressé par une intervention d’orgue ouaté (Argent ?). Et en finale, riche en synthés, « Songbird forever » est tapissé de chants d’oiseaux. Si en ouverture de « Jerk into joy », l’artiste a recours au spoken word, sa voix est particulièrement proche de celle de St Vincent sur « Forever home ».

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