Under the Reefs Orchestra est un power trio naviguant entre post rock hypnotique et jazz tempétueux. Sa musique ne semble trouver son rythme de croisière que dans la tempête et le chambardement permanent. Etabli à Bruxelles et drivé par le guitariste Clément…

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Ex-Girl Band, Gilla Band sortira son nouvel album, "Most Normal", le 7 octobre 2022. Il s'agit du troisième opus du groupe, autoproduit, enregistré et mixé par Daniel Fox aux Sonic Studios, son lieu de répétition. Pour son premier elpee sous le patronyme de…

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Midnight Oil

Quand musique rime avec politique et changement climatique…

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Fondé en 1972 sous le patronyme de The Farm, avant d’opter pour celui de Midnight Oil en 1976, cette formation australienne s’est séparée en 2002, moment choisi par son leader, Peter Garrett, pour se lancer en politique. Il deviendra même ministre de l'environnement du gouvernement australien suite à la victoire du Labor Party, aux élections. Entre 2005 et 2009, le band remonte circonstanciellement sur les planches, mais il ne se reforme réellement, qu’en 2017.

Le groupe a gravé un quinzième elpee, en février dernier. Baptisé « Resist », il s’agit du premier opus studio enregistré depuis 20 longues années ; un excellent album, il faut le rappeler. Auquel le bassiste Bones Hillman et le producteur Warne Livesey, décédés récemment, n’ont pu participer. Une œuvre qui perpétue le combat écologique de Peter, surnommé le géant vert (NDR : 1,93 m, quand même) qu’il livre depuis longtemps, tant à travers son groupe que son action politique. Que ce soit dans le domaine de la crise climatique, la dégradation de l’environnement ou le rôle des citoyens face aux immenses défis de notre temps.  

Le supporting act est assuré par Mooneye, une formation issue du Nord de la Belgique drivée par le chanteur/guitariste Michiel Libberecht. Le line up implique également le drummer Ramses Van den Eede, le bassiste Stan Holvoet ainsi que les sixcordistes Jesse Maes et Guillaume Navarro. Fondée en 2019, elle avait remporté le concours ‘De Nieuwe Lichting’ de StuBru. A son actif un Ep et trois singles. Mélancoliques, voire romantiques, les compos de Mooneye s’inspirent de la pop britannique, tant des Beatles, des débuts de Coldplay que de Travis. Faut dire que la voix aérienne et harmonieuse de Michiel correspond parfaitement à ce type de compos…

Setlist : « Are You Lonely », « Not The One », « Thinking About Leaving », « Black River », « Bright Lights », « Fix The Heater ».

L’instrumental préenregistré « Kingdom of Flaunt » précède l’entrée sur le podium des musicos. Garrett se plante au centre. Il est épaulé par le guitariste et claviériste Jim Moginie, un stetson noir enfoncé sur le crâne, le fidèle drummer Rob Hirst (NDR : à sa gauche trône un immense fût métallique et sur sa grosse caisse est imprimée l’image de la pochette du dernier opus, symbole de la crise climatique), le second sixcordiste Martin Rotsey, le bassiste Adam Ventoura (NDR : il remplace feu Bones Hillman, décédé en 2021), et circonstanciellement un saxophoniste et deux choristes. En toile de fond, on remarque la présence d’une toile tendue sur laquelle est reproduite une main humaine tenant un globe en feu. Elle servira également d’écran pour les projections.

Rock énergique, « Nobody's Child » ouvre le concert. Peter ne tient pas en place. Il arpente l’estrade de long en large. Ses mains s’agitent constamment. Le light show plonge les musicos dans une forme de mystère de l’ombre jaune tout au long de « At The Time Of Writing ».

Issu de l'excellent « The Makarrata Project », paru l'année dernière, « First Nation » exprime le désir de rendre justice et de donner une voix au chapitre aux premiers habitants de l'Australie. Pendant la chanson, Garrett est rejoint à l’avant du podium par la choriste Leah Flanagan afin de partager un duo.

Des décennies de protestation –à  la fois d'archives et plus récentes– sont projetées sur l'écran derrière la scène, ainsi que des images de l'environnement naturel, à la fois dans sa majesté et a détérioration rapide due aux feux de brousse et aux inondations. Entre les chansons, Garrett aborde les échecs du parti au pouvoir actuel et l'urgence de prendre des mesures radicales contre le changement climatique.

La setlist alterne morceaux extraits du dernier opus et puis classiques du groupe. Dont l’un ou l’autre morceau élégiaque et atmosphérique. A l’instar du titre maître du dernier long playing, « We Resist ». Des roadies apportent des cymbales et une caisse claire à l’avant du podium. Elles sont destinées à Rob Hirst qui en profite pour également se réserver le lead vocal tout au long de l’hypnotique « Kosciusko ». Et le band n’en n’oublie pas « Rising Seas », un message qui avait été transmis à la dernière COP26, avant qu’elle ne débute. Une compo qui avait également fait l’objet d’un clip explicite (à voir ou revoir ici).

Pendant « Blue Sky Mine », Garrett souffle dans son harmonica. « Power And The Passion » rend hommage au défunt batteur de Foo Fighters, Taylor Hawkins. Pour l’occasion, Rob se déchaine littéralement sur ses fûts lors d’un solo musclé. C’est également le morceau choisi par le saxophoniste pour s’illustrer à travers une intervention qui tranche avec la ligne de basse luxuriante d’Adam Ventoura.

Lors du rappel, Midnight OIl attaque une version extatique de la protestation nucléaire de l'époque de la guerre froide, « Hercules », avant d’achever le concert par « Wiyathul », une chanson signée par feu Geoffrey Gurrumul Yunupingu, une figure importante dans la promotion de l'harmonie raciale, ainsi qu'un porte-parole des Aborigènes d'Australie.

Bien que d’une durée de 2h30, le show a tenu le public en haleine de bout en bout.

Assister à un tel spectacle, c’est rien que du bonheur et cette énergie communicative devrait booster les spectateurs tout au long de la semaine.

Setlist : « Kingdom of Flaunt », « Nobody's Child », « At The Time Of Writing », « Truganini », « Put Down That Weapon », « Stand In Line », « First Nation », « The Dead Heart », « My Country », « Short Memory », « Luritja Way » (Tour debut), « Kosciusko », « Only The Strong », « We Are Not Afraid », « Redneck Wonderland », « Rising Seas », « Read About It », « Blue Sky Mine », « Beds Are Burning », « Power And The Passion », « Forgotten Years ».

Rappel : « Hercules », « Wiyathul » (Geoffrey Gurrumul Yunupingu song).

(Organisation : Gracia Live)

The Chats

The Chats : et si on en parlait…

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Après les concerts de Wet Leg, Dry Cleaning ou encore Squid, le Botanique accueillait, juste avant les vacances, celui d’une nouvelle sensation : The Chats. Malgré une discographie limitée (deux Eps parus en 2017 et un single, « Smoko », qui a fait le buzz sur Youtube en comptabilisant plus de 16 millions de vues), il est rapidement devenu l’un des groupes à suivre. Depuis, la formation australienne a sorti son premier elpee, « High Risk Behaviour » (NDR : un titre qui s’inspire du sport pratiqué par le drummer, skateur professionnel). Sorti fin mars 2020, il avait été quelque peu éclipsé par la pandémie.

Dans les couloirs du Botanique, il est agréable de croiser de nombreux jeunes dont la moyenne d’âge oscille autour de 20 ans, au sein d’un public relativement international.

Mais la question habituelle se pose dans ce cas de figure : le show de ce soir sera-t-il à la hauteur du buzz provoqué par l’ascension fulgurante de ce band juvénile ? D’emblée on peut répondre : oui. !

« Nambored » donne le ton. Une courte intro à la batterie suivie d’un déferlement de riffs. C’est un peu comme si GBH, Toy Dolls ou The Adicts (dont la typographie semble avoir aussi été imitée) faisaient peau neuve. Ou que NOFX mettait de côté ses aspects foutraques.

Les compos vont s’enchaîner, tambour battant, entrecoupés de quelques brefs commentaires adressés à la foule. Dont l’annonce de l’anniversaire du bassiste, et chanteur, Eamon Sandwith (24 ans). Un gâteau est même amené sur scène par la crew, avant que le guitariste encourage la foule à scander le traditionnel ‘Happy birthday to you’.

En deuxième moitié de set, les singles se suivent en rafale, « 6L GTR », « Struck by Lightning », « Identity Theft », etc. Mais surtout « Smoko » puis « AC/DC CD » qui contribuent à conserver l’intensité des pogos, qui ne cesseront jamais de tout le concert, par ailleurs.

La prestation s’achève par « Pub feed », encore un single. Soit 25 titres courts et incisifs de deux bonnes minutes pour un total de cinquante minutes.

On suivra de près l’évolution de cette formation australienne, et en particulier son accueil à Werchter ce vendredi 1 juillet, ou encore le toujours délicat deuxième elpee, « Get fucked », dont la sortie est prévue pour ce mois d’août 2022.

Et on en reparlera de The Chats

(Organisation : Botanique)

Agnes Obel

Un univers féérique, creusé par des fjords à la beauté cristalline…

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Agnes Caroline Thaarup Obel est née le 28 octobre 1980, à Gentofte, au Danemark. Après avoir milité au sein du groupe Sohio, elle se lance dans une carrière solo, à partir de 2009. Agnes Obel écrit, compose et interprète l'intégralité des titres de son premier album « Philharmonics », sorti en 2010, à l'exception de « Close Watch », une compo issue de la plume et arrangée par John Cale. Travaillant principalement en solitaire, elle produit elle-même ses travaux afin de limiter le plus possible les interventions extérieures. Son dernier elpee, « Myopa » est paru en février 2020. C’est son quatrième.

Ce spectacle devait se dérouler le 23 mars 2020. Il avait été reporté suite à la pandémie. Ce soir, le Cirque Royal est archicomble. Votre serviteur la suit depuis ses débuts. C’est peut-être la raison pour laquelle, ce soir, il occupe la loge royale…

Le supporting act est assuré par Boris Groneberger. Il avait accordé un concert, la semaine dernière, en compagnie de son groupe, River Into The Lake, dans le cadre de la fête de la musique, au Bois de la Houssière, à Braine-le-Comte.

Avant de monter son nouveau projet, River Into Lake, en 2019, ce multi-instrumentiste a sévi au sein d’une multitude de groupes, dont Castus, Blondie Brownie, Grinberg, Venus, Zop Hopop, The Grandpiano… Girls in Hawaii, pendant quatre ans aux drums ainsi qu’auprès de Françoiz Breut, comme choriste et percussionniste. Depuis qu’il est adolescent, il écrit des chansons. Dès qu’il trouve le temps, entre ses multiples activités et ses nombreux intérims, il prend la plume. Sous le patronyme R.I.L., Boris a gravé un Ep 4 titres, baptisé « The Crossing », en 2020. Un disque qui fait suite à un premier LP, intitulé « Tel The Beast Out », en 2019, une œuvre de pop orchestrale combinant malicieusement mélodies acérées, harmonies complexes et sonorités héritées des 70’s.

Ce soir, il se produit en mode guitare/voix, flanqué d’un multi-instrumentiste qui se charge notamment des synthés, des percus et de la basse. Hormis « Bounced », issu de son premier Ep, son répertoire est essentiellement extrait de son dernier opus. Il désaccorde volontairement sa gratte pour attaquer « Far From Knowing », un morceau qui nous entraîne au sein d’un univers sonore intimiste et feutré, aux mélodies raffinées, qui rappelle tour à tour Grizzly Bears, Girls In Hawaii (« Everest » ?) ou alors carrément Yes, surtout lorsque l’expression sonore se frotte à la prog. Et c’est encore plus flagrant sur « When You See Red », une nouvelle compo particulièrement élaborée….

Setlist : « Bounced », « Fibreglass », « Far From Knowing », « When You See Red », « Let The Beast Out », « Misunderstanding », « Devil’s Hand »

Vêtue d’un pantalon et d’un body noir, de longs cheveux dénoués tombant sur les épaules, Agnes Obel est resplendissante. Elle grimpe sur l’estrade suivie par trois musiciennes habillées de blanc. En l’occurrence une percussionniste (batterie électronique, glockenspiel et caisse claire), également commise au mellotron, et deux violoncellistes. Le trio assure également les chœurs. Quant à Agnes, outre le micro, elle se consacre aux ivoires et au synthé.

Le light-show privilégie trois teintes : le rouge, le bleu et l’orange ! Au rythme des morceaux, un show de lumière simple et puissant alterne ces couleurs. En parallèle, les musiciennes floutées ou des figurations abstraites apparaissent sur la toile tendue à l’arrière du podium.

A partir de « Red Virgin Soil », une plage issue de l’album « Cityzen Of Glass », on est plongé au sein de l’univers sonore sophistiqué de l’artiste. Un instrumental cinématographique au cours duquel les violoncellistes ont recours à la technique du ‘col legno’, une pratique qui consiste à frapper les cordes à l’aide du bois de l’archet.

« Dorian » et « Trojan Horses » s’enchaînent sur une même rythmique électronique. Cette batterie électronique est cependant parfois un peu trop envahissante et gomme alors le reste les subtilités des autres instruments. Heureusement, après le magnifique single « Familiar », au cours duquel Agnes chante en duo avec elle-même, par la grâce de la technologie moderne, ce déséquilibre va disparaître. Si sa musique navigue quelque part entre folk, pop, néo-classique et jazz, la Scandinave excelle en mode piano/voix surtout dans les chansons intimistes. Comme tout au long de la ballade délicate et mélancolique « Philharmonics », sublimée par sa voix angélique. Rien que le titre nous rappelle qu’elle voue un culte à Debussy et Satie. Les silences incitent à fermer les yeux et à s’enfoncer dans univers féérique, creusé de fjords à la beauté cristalline…

Elle nous réserve son premier single, « Riverside », dont on ne se lasse décidément pas.

Agnes Obel dispose de plusieurs claviers, mais elle les délaisse parfois, alors avec bonheur, pour le celesta, un instrument plus authentique, sorte d’hybride entre le glockenspiel et le piano.

Mais ce qui provoque une forme d’éblouissement et même d’exaltation, ce sont ces montées en puissance qui subliment la fin de ses morceaux, à l’instar de « The Curse », désespérément intense.

En rappel, « Won’t You Call Me » est interprété en piano/voix, mais la compo prend une forme magique lorsque les chœurs se joignent à Agnes. Et en finale, « On Powdered Ground » achève le concert dans la plus pure tradition obelienne…

Setlist : « Red Virgin Soil », « Dorian », « Camera’s Rolling », « Run Cried   The Crawling », « Trojan Horses », « Island Of Doom » », « Stretch Your Eyes », « Familiar », « Riverside », « Philarmonies », The Curse ».

Rappel : « Won’t You Call Me », « On Powdered Ground »

(Organisation : Live Nation)

Einstürzende Neubauten

Sans la fin, on restait sur sa faim…

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Si la température extérieure atteint des sommets en ce samedi 18 juin 2022, à l’intérieur de l’Ancienne Belgique, il fait aussi étouffant ! Mais que ne ferait-on pas pour revoir, à nouveau, les maîtres berlinois de l’Indus ? D’autant plus que son concert a été reporté à maintes reprises ; si bien que le band a rebaptisé sa tournée ‘Year of the tiger’ au lieu du ‘Year of the rat’ initial.

Le concert est sold out et une seconde date est programmée ce lundi. Faut dire que Blixa Bargeld et ses acolytes sont particulièrement respectés à l’AB. D’ailleurs, le combo avait fêté son 25ème anniversaire d’existence, en 2005. Pour la circonstance, un ‘live’ avait même été enregistré. Et dans la foulée, il y avait soufflé ses 30 et 35ème bougies. Ce dernier événement avait ainsi coïncidé avec la sortie du pénultième elpee, « Lament ». Cette nouvelle tournée a cependant été organisée dans le cadre de la sortie du dernier elpee, « Alles in Allem », paru il y a tout juste un an.

Ce soir, la setlist est d’ailleurs constituée essentiellement de morceaux issu de ce long playing, une œuvre, en général, bien reçue par la critique. Première constatation, les morceaux sont imprimés sur un tempo plutôt lent et évoluent au sein d’un climat sensuel et ténébreux qui correspond parfaitement à l‘esprit du groupe ; un climat entretenu par la voix grave du maestro Blixa qui ravit les nombreux aficionados, dont la plupart se savent en terrain conquis. Pourtant, dans l’ensemble, le set manque de relief. Il y a bien le mélodieux « Nagorny Karabach », mais il faudra attendre la fin de parcours, soit lors du second rappel, pour véritablement s’enthousiasmer, moment choisi par Einstürzende Neubauten pour attaquer « Rampe » et le fabuleux « Let's Do It a Dada », au cours duquel on verra (enfin) le percussionniste N.U. Unruh (NDR : qui est à l’origine de la fondation du groupe, tout comme Blixa) se déchaîner sur ses percussions expérimentales, constituées essentiellement de ferrailles. Toute la soirée, malgré la chaleur, il aura supporté un chapeau et un masque de protection. Sur ces deux morceaux, il parvient à galvaniser la foule qui a certainement dû regretter un réveil si tardif ainsi que l’absence de titre phares comme « Sabrina », « Redukt » ou « Die Interimsliebenden » …

Setlist : “Wedding“, “Möbliertes Lied“, “Nagorny Karabach“, “Die Befindlichkeit des Landes“, “Sonnenbarke“, “Seven Screws“, Grazer Damm“, Alles in Allem“, “Zivilisatorisches Missgeschick“, “How Did I Die?“, “Am Landwehrkanal“, “Ten Grand Goldie“, “Susej“

Rappel : “Taschen“, “La guillotine de Magritte“, “Tempelhof“

Rappel 2 : “Rampe“, “Let's Do It a Dada”

(Organisation : Ancienne Belgique)

Yard Act

En attendant de décrocher la timbale, plutôt que la lune…

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Issu de Leeds, Yard Act appartient à la nouvelle vague du rock indé britannique, au sein de laquelle on retrouve Fontaines D.C., IDLES, Slaves, Sleaford Mods, The Murder Capital et on en passe. Il a publié, en janvier dernier, « The Overload », un tout premier elpee d’excellente facture qui devrait figurer parmi les Tops de nombreux médias indépendants.

Il est 21h50 lorsque Yard Act grimpe sur les planches du club de l’Aéronef. A vue de nez, il doit bien y avoir 350 personnes, dans la fosse. Le quatuor est emmené par le chanteur, James Smith. Chaussé de lunettes, on dirait un étudiant fraichement sorti de l’université, prêt à participer à une bonne guindaille (NDR : en réalité, c’est un ex-prof !) D’ailleurs, déjà, il brandit sa bière face à l’auditoire, puis en boit une gorgée. Le guitariste, Sam Shjpstone, a plutôt un physique de métalleux ; il pourrait même jouer le rôle de feu Ian ‘Lemmy’ Kilmister (le leader de Motörhead), dans un biopic, mais au début de sa carrière.

Le set démarre sur les chapeaux de roues par « The overload ». Paradoxal, mais pour assurer les backing vocaux, Sam se baisse pour atteindre son micro. Des backing vocaux auxquels collaborent également les trois autres musicos.

Le débit vocal de Smith est déclamatoire et plutôt hip hop, même si ses inflexions peuvent parfois évoquer Mark E. Smith. Le plus souvent, c’est la ligne de basse qui trace la mélodie, alors que la batterie se charge de fédérer l’ensemble, une section rythmique qui rend d’ailleurs souvent la solution sonore dansante. Et qu’on ne s’y trompe pas, dans la fosse ça déménage.

Imprimé sur un drumming tribal, « Witness » embraie. Mais c’est à partir de « Dark days » qu’on se rend compte que le sixcordiste est un remarquable gratteur. Dans un style bien personnel, même si cinglants, ses riffs de funk blanc sont très susceptibles de remémorer ceux que dispensait feu Andy Gill chez Gang of Four. Et ils virent au staccato tout au long de « Human sacrifice », une nouvelle compo. Avant d’attaquer le dansant et ‘blurien’ (« Parklife » ?) « Pour another », James lève sa chope et invite le public à l’imiter (NDR : ce qu’il fait dans un bel élan !), puis balance un ‘salud’. Interactif, il bavarde beaucoup entre les titres. En guise de préalable à « Fixer upper », il percute son micro contre l’estrade du drummer, un morceau qui fait exploser les basses. L’hymne post-Brexit « Dead horses » rappelle que le groupe défend une idéologie sociopolitique de gauche, n’hésitant pas à fustiger le capitalisme à travers des paroles satiriques. Au cours des premières minutes de « 100% endurance », « The end » des Doors hante l’esprit de votre serviteur, un morceau au cours duquel Smith alterne paradoxalement chant et spoken word. Parce qu’en général, les textes sont déclamés voire rappés, dans l’esprit de toute cette nouvelle vague post punk qui déferle en Grande-Bretagne, et tout particulièrement en Irlande. Et il faut reconnaître que James crache rapidement et avec aisance, ses mots complexes…

Tout au long de « The incident », Sam multiplie les accès spasmodiques de gratte. Mais manifestement, il en a encore sous les pédales…

Le concert s’achève par le single « Land of the blind ». James et la foule s’échangent des ‘ba-ba-bas’ hymniques. Sympa ! Puis, au milieu du morceau, il s’entretient avec la foule lui annonçant qu’il s’agissait de la dernière date de leur dernière tournée et qu’il fallait en profiter. Il s’éclipse ensuite et laisse le champ libre aux trois autres musicos. Shjpstone et Ryan Needham entament alors un dialogue de cordes. Mais au fil du morceau, Sam semble de plus en plus possédé par son instrument, s’autorisant des giclées fulgurantes alors que la section rythmique se déchaîne.

La formation issue de Leeds va accorder un rappel de deux titres. Tout d’abord « Rich », au cours duquel James s’agenouille comme s’il entamait une prière et puis « The Trapper’s Pelts », dont le final explosif va décupler les mouvements dans la foule… Et c’est sous de folles acclamations, avant de la saluer, bras dessus, bras dessous, que le quatuor quitte définitivement la scène. Manifestement, un futur grand groupe est occupé de naître…

Sur le chemin du retour, une immense lune se dressait devant nous, un peu comme si on voulait nous rappeler que dans un futur proche, Yard Act allait sans doute décrocher la timbale, plutôt que la lune…

(Organisation : Aéronef)

Voir notre section photos ici

Setlist

The Overload
Witness (Can I Get A?)
Dark Days
Payday
Human Sacrifice
Pour Another
Fixer Upper
Dead Horse
100% Endurance
The Incident
Land of the Blind

Rappel :

Rich
The Trapper's Pelts

 

 

Dodie

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…

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Manifestement, les restrictions imposées dans l’univers des spectacles, par la pandémie, provoque aujourd’hui, chez le mélomane, une envie de retourner vivre des concerts en ‘live’. Après celui de Fletcher, on assiste, de nouveau, à la formation de files interminables, devant l’AB et ses rues adjacentes, pour celui de Dodie. Différence quand même, l’âge des spectateurs oscille entre 20 et 50 ans.

Dorothy Miranda Clark, aka Dodie, est née le 11 avril 1995. Originaire d'Epping, dans l’Essex, cette autrice-compositrice-interprète, autrice et vidéaste web s'est d'abord fait connaître grâce à ses vidéos de reprises de titres musicaux au piano et au ukulélé, avant de composer ses propres chansons.

Son dernier elpee, « Build a problem », est paru en 2021. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une tournée destinée à promouvoir cet album, qu’elle se produit à Bruxelles, ce soir.

Sophie Dyson aka Sody assure le supporting act. C’est également une chanteuse et autrice-compositrice-interprète anglaise. Elle est née le 27 septembre 2000, à Londres Sur les réseaux sociaux, elle se présente comme suit : 'Being really honest is my thing' (Trad : Être vraiment honnête, c'est mon truc'). Un engagement qui se ressent dans l'écriture et l'interprétation de ses chansons, à la fois personnelles et empreintes d’une grande sensibilité.

Elle chante depuis l’âge de ses 10 ans, et après avoir participé à plusieurs concours, elle décroche un contrat chez Universal, en 2016. Pas d’albums à son actif, mais une trentaine de singles et/ou Eps.

Les cheveux blond platine, Sody est vêtue de noir. Une couleur qui lui va très bien, d’autant qu’elle est jolie. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste et un claviériste. Une TV led a été plantée au milieu du podium, et sur l’écran, on peut lire son nom en lettres capitales.  

Elle entame son set par « Scary Part Of Me ». D’abord paisibles les ivoires finissent par s’emballer, dynamisés par l’intervention généreuse de beats électro. Surprenante, tantôt douce et chaleureuse ou alors mystérieuse, sa voix campe un hybride entre celles de Robyn, Gabrielle Aplin et Anne-Marie. Elle interprète une nouvelle compo, « Bedroom Ceiling » ; et elle est vraiment superbe. Dodie va d’ailleurs nous réserver l’un ou l’autre morceau en primeur, à l’instar de « Charlotte ». Elle se dirige vers les claviers avant d’attaquer « Hold It All Together », mais rencontre un petit problème de pied de micro qui se barre. Elle en rigole. D’ailleurs le souci technique est rapidement résolu. Elle semble ravie d’être sur scène. Classieuse, sa pop fait mouche. Et quand elle se limite au piano/voix, ses chansons deviennent magiques. « Maybe It Was Me » est légèrement teinté électro.

D’une durée de 40’, ce set s’achève par « Bitch (I Said It) », un morceau caractérisé par une intervention à la guitare particulièrement élégante. Une star en devenir ! Amazing show !!!

Setlist : « Scary Part Of Me », « Bedroom Ceiling », « Hold It All Together », « Charlotte », « Maybe It Was Me », « Butterfly », « Star Potential » (unreleased song), « What We Had », « Bitch (I Said It) ».

A 21h00 pétantes, les baffles crachent une musique préenregistrée. Le rideau s’ouvre, et on découvre, sur le podium, une estrade qui s’étale sur toute la longueur de la scène et sur laquelle ont pris place un drummer et deux claviéristes, une féminine qui se consacre également à la guitare (parfois les pecus, sur une caisse claire) et un masculin, à la basse. Sans oublier la violoncelliste et la violoniste.

Habillée d’une robe blanche à froufrous et d’un body blanc un peu trop court, Dodie joue d’une multitude d’instruments : guitare semi-acoustique, clarinette, claviers, percussions, ukulélé ou mandoline. Mais c’est surtout le duo violoncelle/violon qui apporte une dimension majestueuse aux compos, même si le falsetto mélodieux de Dorothy est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Quant aux deux claviéristes, ils n’hésitent pas à s’affronter, à l’aide de leurs grattes, en duel, en front de scène.  

Très présente sur les planches, la Britannique se révèle également particulièrement interactive. Deux spectateurs fêtent leur anniversaire, ce soir. Aussi elle leur souhaite joyeux, en s’accompagnant aux ivoires. Et elle a la gentillesse de dédicacer un ukulélé que l’un d’entre eux lui présente. En outre, entre chaque chanson, l’artiste discute et plaisante avec son public. Elle est vraiment sympa. Autant que Lisa Hannigham, que votre serviteur a toujours portée haut dans son cœur.

Si la setlist réunit de nombreuses chansons romantiques, la fin de parcours est nettement plus engagée. Ainsi, dans « Rainbow », elle évoque les luttes auxquelles sont confrontées les personnes qui tout comme elle, s'identifient à la communauté LGBTQ+. Cette chanson représente pour Dodie une redéfinition de sa bisexualité par rapport à l'époque où elle l’a déclaré publiquement, en 2017, à travers la vidéo « I'm bisexual - a coming out song ».

Et dans le même esprit, elle clôt son set par « She », une chanson qui explore le thème de la bisexualité.

Généreuse, Dodie va encore nous accorder six titres lors du rappel.

Un concert empreint d’émotion et chargé de sensibilité…  

Setlist : « Air So Sweet », « Cool Girl », « I Kissed Someone (It Wasn’t You) », « Guilltless », « Human », « Special Girl », « Bad Song Mashup », « Sick of Losing Soulmates », « Non identifié », « Four Tequilas Down », « Non identifié », « Sorry », « When », « Before The Line », « Rainbow », « She ».

Rappel : « If I'm Being Honest », « Boys Like You », « Monster », « In The Middle », « Hate Myself », « Would You Be So Kind ? ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Arsenal

Prêt pour les festivals d’été…

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Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est capable de remplir l’AB, six soirées sur une courte période, et pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, Lokerse feesten…), en Belgique.

Chaque album nous plonge au sein d’un univers différent et nous invite à traverser, tantôt le Brésil, le Japon, le Mali ou l’Afrique de l’Ouest, suivant les voyages opérés par les deux têtes pensantes, –en l’occurrence Hendrik Willemyns et John Roan– pour y puiser l’inspiration. Mêlant pop, hip hop et world music, et suivant les circonstances, électro, sa musique incite naturellement à la danse. Arsenal vient de publier un ‘best of’ sous la forme d’un double vinyle, mais son tirage est limité. Les supporting acts sont assurés par Tin Fingers et High Hi

Tin Fingers c’est le band de Felix Machtelinckx. Une formation anversoise dont les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école. Elle pratique une dream pop vintage, catchy, mélancolique et terriblement efficace. Son premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021. Un nouvel opus devrait bientôt sortir… Après avoir gravé l’Ep « No Hero », en 2017, elle avait pris une pause et son leader s’était mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Le set s’ouvre à 19 heures, par « Adrenaline » (NDR : probablement une nouvelle compo) et à ce moment de la soirée, il n’y a pas grand-monde dans la salle. Outre Felix (NDR : il est vêtu d’une longue gabardine de couleur noire), préposé à la guitare et aux vocaux, le line up implique le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et le bassiste Simen Wouters, ce dernier se chargeant également des backing vocaux. La voix de Machtelinckx est vraiment superbe. Son amplitude navigue à la croisée des chemins de celles d’Antony Hegarty, de Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. Elle peut se faire douce, mélodieuse ou grimper dans les aigus…

Setlist : « Adrenaline », « I’m Lost With Move », « Islandheade », « Boy Boy » », « Happy Family », « I Love The Countryside »

Etabli à Louvain, High Hi réunit la guitariste/chanteuse Anne-Sophie Ooghe, le batteur/chanteur Dieter Beerten et le bassiste Koen Weverbergh. Son dernier LP, « Return to dust » est paru en avril dernier, et le trio va nous en proposer de larges extraits.

Les harmonies vocales échangées entre Anne-Sophie et Dieter sont épatantes. La frappe du batteur est métronomique ; en outre, sa technique est impressionnante. Il dispose également d’un iPad, à sa droite. Vu le matos d’Arsenal, il n’y a guère d’espace pour déambuler sur le podium. Anne-Sophie tente quelques timides pas sur la scène qui s’avance dans la foule.

Oscillant entre shoegaze, new et cold wave, la musique du quatuor est manifestement influencée par les 80’s. Et tout particulièrement par U2 et Cure. Le concert s’achève par le single, Daggers » …

Setlist : « Due Date », « 94A9 », « Return To Dust », « Alligot », « Nu Nu », « All Cool All Fine », « Daggers ».

La salle est bondée lorsque le rideau se lève et le public découvre une forêt exotique luxuriante, tant en arrière-plan que sur les flancs. Un décor magique où on pourrait espérer que des oiseaux s’échappent. Ce ne sera pas le cas. Le line up du band accueille un nouveau venu, en l’occurrence le claviériste/ guitariste Lesley Troquet. Ce qui porte, circonstanciellement le nombre de guitaristes, à quatre ! Ils sont neuf musiciens sur les planches ! Léonie Ghysels se consacre toujours au chant et aux chœurs, épaulant ainsi les deux autres choristes, Judith Okon et Pauliene Mattheus. Installé à la droite du drummer, Dada Ravalison de Suarez se consacre aux djembés et percussions diverses.

Le set d’ouvre par l’excellent « Mr Doorman ». Le band entame ensuite un périple qui va nous conduire en Amazonie et tout particulièrement au Brésil ; un voyage dynamisé par une profusion de percus et de samples. Le public est de plus en plus chaud et sautille sur place. John et Léonie se trémoussent. A l’AB, Arsenal se sent comme à la maison. Il n’en oublie pas ses singles, « Amplify » mais également « In The Rush Of Shaking Shoulders ». John est partout à la fois : il danse, chante et se mêle aux chœurs. Et tout comme Léonie, il vient se mêler aux percus. Le groupe dépoussière son répertoire à l’aide de sonorités électro et de nombreuses percussions, à l’instar d’« Amelaka Motiga » ainsi que du magistral « Oyebo Soul ». « Temul (Lie Low) » est superbement interprété par une des deux choristes qui pour la circonstance, s’est postée sur l’avancée de scène. Le groupe s’autorise des morceaux moins connus comme « Rise & Fall », « Whale » ou l’atmosphérique « One Day At A Time ». Et « Saudade pt. 2 » nous rappelle que Hendrik et John ont également exploré l’Afrique de l’Ouest. Un titre parcouru de sonorités de guitares lancinantes. Felix monte sur l’estrade et interprète « Animal ». Léonie se dandine langoureusement pendant « Longee ». Et le concert de s’achever par Estupendo ». Avant qu’Arsenal n’accorde un rappel de quatre morceaux. Après avoir assisté à ce show, il ne fait aucun doute que le collectif est prêt à affronter les festivals d’été…

Setlist : « Mr. Doorman », « Amplify », « Amelaka Motinga », « Black Mountain (Beautiful Love) », « The Rise & Fall », « One Day at a Time », « Whale », « Either », « Temul (Lie Low) », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Eling Park », « Animal », « Sometimes », « Longee », « High Venus », « Estupendo ».

Rappel : « Fear of Heights », « The Coming », « Melvin », « Lotuk »

(Organisation : Live Nation)             

Larkin Poe

Du blues au roots en passant par le rock’n’roll sudiste…

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Le concert de Larkin Poe a été reporté à 4 reprises, à cause de la pandémie. Mais il se déroule enfin ce 7 mai, au Cirque Royal de Bruxelles.

Larkin Poe est une formation drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du band est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. Le combo s’est formé après la séparation du groupe de bluegrass familial, The Lovell Sisters. Pratiquant du folk à l’origine, le band s’est ensuite tourné vers le blues/rock. Votre serviteur avait pu assister au concert de Larkin Poe, à la Madeleine, en avril 2019.

C’est Ryan McMullan qui assure la première partie, un auteur-compositeur-interprète issu d'Irlande du Nord. Bien que talentueux pianiste et guitariste, son principal atout, c’est sa voix.

Sur scène, il est épaulé par un préposé aux ivoires. Ryan dispose de 3 guitares semi-acoustiques. Très interactif, il n’hésite pas à discuter avec le public… d’un accent irlandais à faire frémir n’importe quel interprète.

Le set d’ouvre par « Ghost ». Chargée d’émotion, sa voix est chaude et mélodieuse. Sincères et profondes, ses chansons sont parfois désenchantées. A l’instar de « Belfast City ». Sa version du « Jealous Guy » de John Lennon est absolument superbe. Cependant, il ne reprend pas « I am on fire » de Springsteen, comme on aurait pu l’espérer. Néanmoins, le public acclame la prestation de cet artiste dont la cote de popularité ne cesse de grimper en flèche…

Setlist : « Ghost », « If This Is The End », Jealous Guy » (cover John Lennon), « Static », « Belfast City », « Oh Susannah »

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) à la seconde voix et à une dobro trafiquée, dont elle se sert en position debout, comme une lap steel. Ben Harper y est d’ailleurs accro.

Sept énormes phares leds ronds posés sur pieds métalliques et fixés à une hauteur de 2m50, derrière les artistes, vont inonder la foule de leurs rayons lumineux. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, et Chad Melton à la basse.

Dès le morceau d’ouverture, « She's a Self Made Man », Megan traite subtilement sa gratte singulière à la slide ; et tout en jouant de son instrument, elle déambule sur les planches. Pas étonnant qu’elle soit surnommée ‘The Slide Queen’ par sa sœur. Quant à Rebecca, c’est sa voix qui est vraiment superbe. Elle donne quand même l’impression de mener la barque. Pourtant, elles sont très complémentaires. Les filles peuvent aussi compter sur de solides lignes de basse, susceptibles de vous remuer les tripes. A l’instar du bluesy « Keep Diggin’ ». Et également de « Trouble In Mind », point d’orgue du show, mais également pièce maîtresse du répertoire de la fratrie Lovell. Dont la combinaison des grattes fait merveille. Un répertoire qui oscille du blues au roots en passant par le rock’n’roll sudiste.

Pendant la reprise du « Preachin' Blues » de Son House, la foule reprend le refrain en chœur. Tout comme au cours de « Holy Ghost Fire », alors que les musicos se balancent. Cool, la cover du traditionnel « John the Revelator » nous entraîne dans le Delta. N’y cherchez cependant pas la présence d’alligators… Une nouvelle compo quand même, le single « Bad Spell » qui figurera sur le prochain elpee, dont la sortie est prévue pour 2023. Mais dans l’ensemble, au cours du set, Larkin Poe s’est concentré sur ses morceaux de roots rock, tels que « Mad As A Hatter », « Blue Ridge Mountions » ou encore « Wanted Women-AC/DC » qui a clôturé le concert.

Enfin, en rappel, on a eu droit à une chouette adaptation du « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson.  

Setlist : « She's a Self Made Man », « Keep Diggin' », « Trouble In Mind », « Bleach Blonde Bottle Blues », « Preachin' Blues » (Son House cover), « Holy Ghost Fire », « John the Revelator » [traditional] cover), « Back Down South », « Summertime Sunset », « Mad as a Hatter », « Bad Spell » (nouveau single), « Black Echo », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman-AC/DC »

Rappel : « Come On in My Kitchen » (Robert Johnson cover)

(Organisation : Gracia Live)

Fletcher

Sexy et juvénile…

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La grande salle de l’Ancienne Belgique est en mode Ballroom, c’est-à-dire que les balcons et les places assises ont été condamnées. Le concert est complet depuis belle lurette. La queue débute à l’entrée de l’AB, s’étend tout le long de la rue des Pierres et atteint l’entrée de ‘Music village’. Jamais vu une telle file d’attente ! La majorité du public est composé de jeunes adolescentes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 17 printemps. Votre serviteur se sent un peu perdu au milieu de ces grandes ados…

Depuis la sortie de « Undrunk », Cari Elise Fletcher (28 ans), aka Fletcher, a le vent en poupe. Ce single remonte à janvier 2019. Depuis, l’artiste a gravé deux Eps et une volée de singles. Elle devrait bientôt publier son premier elpee.

Le supporting act est assuré par Taylor Cameron Upsahl, aka Upsahl. Née le 28 novembre 1998, cette auteure/compositrice/interprète et multi-instrumentiste américaine est issue de Phoenix, dans l’Arizona. A son actif, un album studio, un live, deux Eps et une volée de singles.

Vêtue d’un body et de bas noirs, elle alterne, guitare, basse et ivoires. Elle est soutenue par un sixcordiste et un drummer.  

Puissantes, les interventions d’Upsahl à la guitare évoluent à la limite du métal. Très interactive, elle affiche une présence scénique dynamique qui fascine l’auditoire. Tout au long de « Drugs », « Lunatic » et « Lady Jesus », elle parvient à faire chanter et danser la foule. Faut dire que ses refrains sont accrocheurs. On est sans doute en présence d’une future star. Enfin, c’est un avis qui n’engage que votre serviteur…

Fletcher débarque sur le podium vêtue d’un bermuda et d’une veste à franges aux épaulettes d’officier de l’armée. Elle est soutenue par un drummer et deux guitaristes, dont une de sexe féminin, très complice avec Fletcher.

Agressif, le light show se focalise aussi bien sur les musicos que sur la foule.

Fletcher réinvente « I Kissed A Girl » de Katy Perry, en utilisant quelques paroles de la version originale afin de raconter sa propre histoire lorsqu’elle est passée à l'âge adulte. Les paroles sont significatives de l’esprit de la chanson : ‘J'ai embrassé une fille et je l'ai aimée. Je l'ai sirotée comme une démodée’. La pop star du New Jersey l’interprète sur le refrain du hit décroché par la Californienne, en 2008, au cours duquel elle racontait : ‘J'ai embrassé une fille et elle a aimé ça. C'est mieux que ce que j'imaginais’.

Après ce morceau dansant, elle nous réserve le plus paisible « Forever », un morceau dont les lignes de guitares particulièrement souples canalisent sa voix qui fluctue constamment.

Elle n’oublie pas « Cherry », enregistré en compagnie de l’icône lesbienne Hayley Kiyoko. Et exécute son dernier Ep, « The s(ex) tapes », dans son intégralité. Manifestement, Fletcher est également devenue une sorte de symbole lesbien au sein de la communauté LGBTQ (NDR : dans la salle, il y avait pas mal de couples féminins). Sa version du « Happier Than Ever » de Billie Eilish est particulièrement entraînante.

Le show va traverser quelques moments cocasses ; notamment, lorsque des sous-vêtements féminins atterrissent sur la scène, mais munis de leur étiquette et du prix. Fletcher a de quoi s’habiller pour l’hiver prochain. Et puis, lorsqu’elle a failli perdre son bermuda. Ce qui a déclenché l’hilarité dans la fosse, la forçant à aller se réajuster en coulisses. De retour sur l’estrade, elle entame alors une danse sensuelle avec sa guitariste.

Un peu de funk ou d’électro plus tard, elle n’oublie pas son tube « Undrunck ». Au sein des premiers rangs, les aficionados connaissent les paroles et les reprennent en chœur. Moment choisi par les spectateurs pour allumer leurs smartphones afin de parsemer l’auditoire d’étoiles. Pendant « If I Hated You », Fletcher s’allonge puis lève sensuellement les jambes en chantant « Sex (With My Ex) », une compo au cours de laquelle elle raconte avoir mal vécu une rupture amoureuse difficile. Très interactive, au cours du show, Fletcher prend plusieurs bains de foule, mais près du front de scène. Et le concert de s’achever par le très rock « Bitter », une nouvelle chanson.

Au cours du rappel, elle interprète « For cari », un inédit qu’elle déclare avoir écrit à un moment particulièrement déprimant de sa vie…

Setlist : « Girls Girls Girls », « Forever », « Cherry », « If You're Gonna Lie », « All Love », « Undrunk », « If You're Gonna Lie », « Fuck You for Ruining New York City for Me, Happier Than Ever » (cover Billie Eilish), « Silence », « If I Hated You », « Feel », « Sex (With My Ex) », « The One », « Shh...Don't Say It », « Bitter ».

Rappel : « For Cari », « Healing ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

Selah Sue

La transfiguration de Selah Sue…

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Ce soir Selah Sue est de retour pour présenter son troisième elpee, « Persona », paru le 25 mars 2022. Il aura fallu attendre 7 longues années entre « Reason » et ce nouvel opus. Entretemps, elle a gravé un Ep 5 titres (« Bedroom » en 2020) et surtout donné naissance à deux fils. Ce concert a été programmé dans le cadre d’une tournée mondiale, entamée depuis début janvier. 

Mot latin, « Persona » possède plusieurs définitions. L’une d’entre signifie ‘les différents masques que l’on porte sur scène’. Aujourd’hui, il évoque l’image publique et les facettes multiples et parfois paradoxales qui constituent chacun d’entre nous. Pour cet LP, Selah Sue n’a pas choisi ce titre au hasard. En passant en revue certaines personnalités qu’elle a incarnées au cours de son existence (l’amoureuse, l’hédoniste, l’angoissée…), la Louvaniste explore son propre moi à travers des morceaux sincères et lumineux, après plusieurs années de pause.

C’est Pomrad, le projet d’Adriaan Van De Velde, qui assure les supporting act. Anversois, il pratique une forme d’électro/hip hop mâtiné de funk, de trip hop et de drum&bass. A son actif, une volée de singles, Eps et deux albums.

Seul sur les planches, il est entouré de trois synthétiseurs installés en triangle afin de lui permettre de se dandiner au milieu de ses instruments. Et derrière son micro, il incite la foule à danser et applaudir. Toutes les sonorités, y compris les cuivres (trompette, bugle et saxophone) sont samplées et reproduites par les synthés. Une prestation qui a permis de faire monter la température dans la fosse avant l’arrivée de la tête d’affiche…

Vêtue d’un ensemble plutôt large et à franges, de couleur jaune, Selah Sue monte sur le podium. Elle est suivie par son claviériste (NDR : Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon) ainsi que deux nouveaux musicos, un drummer et un guitariste/claviériste. Une estrade basse est destinée aux musiciens, de manière à laisser tout la place à Selah sur la scène. Les trois choristes sont plantées l’une à côté de l’autre, à l’extrême gauche.

Le set s’ouvre par « Kingdom », un morceau qui tire quand même en longueur.  Selah est bien moins statique que dans le passé. Elle déambule constamment sur les planches, de long en large. Un va-et-vient qu’elle va accomplir pendant les 90 minutes du spectacle.

Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée et fragile, la voix si caractéristique de Selah Sue est à la fois gorgée de soul chaleureuse et traversée de fêlures blues.

Le rappeur Tobi débarque sur le podium pour partager le chant avec Selah sur « Hurray », une compo agrégeant judicieusement soul rap. Mais pas de Damso ce soir pour interpréter le single « Wanted You To Know ».

Au sein des choristes, la voix grave et puissante de Rika supplante parfois celle des deux autres.

Très interactive face au public, Selah signale est heureuse de reprendre la scène après 7 ans. Selah a réussi à chasser tous ses démons et n’est plus addict aux antidépresseurs, c’est une nouvelle femme transformée, bien dans sa peau, qui se produit devant nous.

Fusion de blues et de gospel, la ballade « All The Way Down » est parcourue d’un long solo de guitare ; moment choisi par Selah pour changer de fringues (NDR : elle va les troquer à trois reprises), et opter pour un pantalon et un tee-shirt de couleur rouge incandescent.

C’est Zwangere Guy vient enflammer la salle de son rap démoniaque pendant « Celebrate ».

Elle rend hommage à Arno en reprenant son incontournable « Putain, Putain ».

Bercé de tonalités jazzyfiantes, à la limite du lounge, le single « Pils » baigne dans une ambiance feutrée. D’abord funky, « Alone » vire à la pop puissante et sauvage. Avant d’attaquer « You », Selah déclare avoir composé cette chanson pour ses fils.

Selah n’a pas renié le reggae et le ragga de ses débuts en nous réservant « Peace Of Mind », « Raggamufin » et en clôture du show « This World », morceau qui nous entraîne jusque Kingston.

Sur les 11 titres de la setlist, une majorité était issue du dernier long playing, « Persona ». Nous avons retrouvé une Selah Sue transformée et épanouie. Espérons que ses démons ne reviennent pas la hanter. Une belle soirée au cours de laquelle les spectateurs sont repartis plein de petites étoiles dans les yeux…

Setlist : « Kingdom », « Hurray », « Karma », « Wanted You To Know », « Free Fall », « Peace Of Mind », « Raggamufin », « All The Way Down », « Celebrate », « Putain, Putain », « Pils », « Alone », « You », « This World ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

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