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Respect the dead

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Une année à peine après avoir commis le remarquable "White african" (NDR : un disque qui lui avait permis de décrocher le WC Handy Award du meilleur nouvel artiste), le bluesman du Colorado nous revient avec ce " Respect the dead ". Toujours sur le même label.

A l'âge de 52 ans, on peut dire qu'il a de la bouteille. Avant de militer chez Zephyr, il a côtoyé fin des sixties le guitariste de rock, Tommy Bolin. Mais curieusement, entre 1977 et 95, il a complètement disparu de la circulation, avant de réapparaître avec ses musiciens ; c'est à dire le bassiste Kenny Passarelli et le guitariste Eddie Turner. Il enregistre alors deux albums: "Blue eyed monster" en 96 et "When negroes walked the earth" en 98.

"Respect the dead" défend les mêmes objectifs sociaux entamés par le précédent opus. Il souligne à nouveau et sans compromission les injustices de ce monde. Armé de son banjo et avec une certaine dose de colère contenue, il relate la condition (in)humaine de 10 millions d'esclaves africains introduits voici deux siècles ("Ten million slaves"). En guise d'ouverture, c'est un fameux manifeste. "Hands on your stomach" est imprimé sur un rythme quasi hypnotique. Tramé en boucle, ce tempo ne le quitte guère. A l'instar de "Changing rules", qui bénéficie du concours de la basse de Passarelli, et de "32nd time", enrichi par les cordes d'Eddie Turner qui se fondent aux siennes. Il retrace les luttes passionnées des Noirs qui se sont produites au cours des 60's, pour acquérir leurs droits civiques, et en particulier celui de vote ; des luttes qui s'enflammaient lorsque des blancs du Nord descendaient vers le Sud, parfois au péril de leur vie. Otis ne laisse sporadiquement souffler sa voix que…dans son harmonica. A travers "Baby so", il nous narre l'histoire d'une partie triangulaire entre deux femmes et un homme qui a mal tourné. Une tragédie qui s'est produite dans les années 30. Et il projette cette aventure minimaliste dans l'espace sonore. Le son devient plus dense sur "Shaker woman". Il fait le deuil de ses passions. Les guitares libérées sont rejointes par l'orgue Hammond et le piano de Passarelli, au sein d'une atmosphère qui flirte avec le psychédélisme. "Black witch" entretient un même climat impénétrable et oppressant : un homme blanc est venu débaucher une sorcière noire dans son quartier misérable ; elle est même devenue sa maîtresse. En toile de fond, les claviers synthétisent les sonorités aériennes. "Seven hours of light" adopte le style de l'un de ses mythes : John Lee Hooker. Un instant de pureté dans son blues ; mais également un moment saisissant, au cours duquel l'émotion est à son paroxysme. Sa manière de chanter et de plaquer ses accords sur la guitare me fait penser à Richie Havens ; même si chez Taylor, on a droit à de petites et savantes doses de guitare rythmique, de la basse et des claviers. "I like you, but I don't love you" est un coup de maître. Sur "Jump Jelly Belly", il donne l'ordre, avec beaucoup d'autorité à ce soldat de la deuxième guerre mondiale, de sauter de la barge de débarquement sur laquelle il se trouve. Otis renoue avec le rythme pour nous conter une nouvelle histoire triste : celle des morts d'une fille mexicaine et d'un couple de compétiteurs, survenues lors d'une course de voitures. Tout au long de ce "Three stripes on a Cadillac", la voix doucereuse de sa fille Cassie lui répond comme si elle venait d'outre-tombe. Cet opus s'achève par "Just live your life". Une composition qui s'achève dans un climat empreint de quiétude, une atmosphère plutôt inhabituelle pour lui. Le blues de Taylor est un blues bien personnel, mais tellement original…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Otis Taylor
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Northernblues / Parsifal
  • Date: 2002-12-31
  • Rating: 0
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