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Sarah Strutter est née en 1953. A Coldwater, dans le Mississippi. Elle s'est, cependant, installée dans le Southside de Chicago depuis bien longtemps. Elle avait déjà commis deux albums pour Delmark, " Lay it on'em girls " en 93, et " Blues in the year one-d-one " en 96. Elle est entourée d'une solide formation dont deux guitaristes, Rico McFarland et John Hill, ainsi que du claviériste Roosevelt Purifoy, que l'on a pu applaudir cette année chez nous en compagnie du Mississippi Heat!

L'album prend son envol de meilleure manière, par un titre imprimé sur un rythme implacable, " Train I ride ". Rico s'y montre intransigeant aux cordes. Responsable d'un tout bon album paru sur Evidence (Tired of being alone "). Rico McFarland est un gratteur noir particulièrement talentueux. Sarah puise au sein du répertoire d'Albert King pour adapter " Riverboat ". Rico et Hill s'y échangent des soli bien saignants. Sarah ne desserre guère l'étreinte. Le rythme reste roi pour l'exécution de son " Red dress ". McFarland ne peut tenir en place. Sûr de lui, il délivre des grappes de notes fluides avant de céder le relais à Purifoy aux ivoires. Le calme s'installe pour la plage titulaire. Une ballade lente qui démontre toute la puissance et la sensibilité de la voix de Miss Big Time. " Fanny Mae " est un blues rythmé qui ne peut venir que de la Cité des Vents. Purifoy y va d'un solo qui me rappelle, au passage, une galerie de grands pianistes du passé. Signée Elmore James, la cover du " The sky is crying " est exécutée de manière propre, sans slide. La guitare très classique de John Hill libère ses notes avec beaucoup de retenue et un maximum de feeling. Et la fête continue au rythme de " Daydreaming ", une composition marquée par l'arrivée des cuivres et qui concède un nouveau billet de sortie à Hill. Un peu jaloux, Rico remet les pendules à l'heure sur " Trying to make a living ". Brillant, vif et tranchant, il pousse Sarah à sortir le grand jeu. Le reste de l'album est toujours du même niveau. A l'instar du lent " I'll take care of you ", issu de la plume de Brook Benton et de l'instrumental " Blue guitar ". Une cover d'Earl Hooker, qui met en exergue l'art de McFarland. De " Stop your killing me ", également. Un fragment enveloppé de cuivres ; mais dans l'esprit Albert King, période Stax. Ou encore de " Don't make me pay ", un titre illuminé par l'harmonica magique de Monsieur Matthew Skoller. Un superbe album qui se referme par " Jump! ", composition caractérisée par une véritable bataille des guitares.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Sarah Strutter
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Delmark
  • Date: 2001-12-31
  • Rating: 0
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