Brim est un vétéran du blues contemporain. Né dans le Kentucky en 1922, il fêtera donc ses 80 ans l'année prochaine. Il prend ses 1ères leçons de blues au contact de Tampa Red et de Big Bill Broonzy. Il monte à Indianapolis en 41 et enfin à Chicago en 45. A partir de 1950, il enregistre plusieurs 45 tours sur différents labels, avant d'atterrir chez Chess. En 53, il y sort son seul hit, "Ice Cream man". Il a joué en compagnie de grosses pointures telles que Little Walter, Robert Jr Lockwood, Willie Dixon et Fred Below. Il a également disparu régulièrement de la scène musicale, avant de sortir un 1er album solo en 1994, "Ice cream man" sur Tone-Cool, sur lequel Bob Margolin et Jerry Portnoy ont collaboré.
Il nous revient en 2001, flanqué de son backing band au grand complet, line up renforcé par la présence du réputé Billy Flynn aux cordes. "Jake's blues" s'ouvre par "Tougher times", une toute nouvelle version de son "Tough times", qui date d'un demi-siècle. Brim possède la voix caverneuse du vieux noir ; une voix un peu terne et limitée, mais qui chante le blues sans concession. Son style, vous vous en doutez, appartient au Chicago blues du début des 50s, période Chess. Sur le lent mais exquis "What may be your name", il chante comme un Muddy Waters un peu atone. Il shoute sans passion "Hey woman", sous les coups d'harmo de Rick Gerek et surtout la slide de Billy Flynn, dont le jeu transmet sans difficulté la flamme du prestigieux passé. En voilà un qui a tout compris ! Cette même impression se dégage sur "Hey baby". Soutenu par le rythme soudainement injecté, il reprend "You put the hurt on me", en compagnie de ses Tough Time Boys ; une chanson qu'il avait enregistrée en 1971, avec sa femme Grace à la batterie et son fils John Jr à la guitare. Le fantôme de Grace Brim, qui a disparu en juin 1999, est omniprésent. Lorsque le guitariste Jan Artenas lui fait découvrir en studio une bande qu'elle chante et dont il ne connaissait même pas l'existence, son cœur chavire. Il trouve l'inspiration et le feeling sur le champ pour mettre en boîte deux prises de "Dedicated to Grace". Elles figurent sur cet opus. Le chant inédit de Grace apparaît cependant tout en fin d'album, sous le sigle "*". L'émotion se dégage à l'écoute de deux fragments, "No place I go" et surtout, "Oooowee", au cours duquel le vieil homme dialogue avec ses cordes Un moment très intense !

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