Cannonball nous avait mis l'eau à la bouche, lorsqu'en 97, le label avait ressorti l'album "Extra napkins", un disque paru initialement en long playing, sur Riviera, en 1988. Durant ces sessions, pas moins de 53 plages avaient été mises en boîte.
Ce nouvel opus débute par de la pure dynamite avec "Mo' Na'kins, please! #2". Le personnel est de rêve, puisqu'on y retrouve Junior Watson à la guitare, Tom Mahon au piano, ainsi que Larry Taylor et Jim Bott aux rythmes. James retrouve Junior pour un saignant "Chumpman blues". Le groove est réellement enivrant. James souffle à en crever ses poumons et nous tire des larmes de sang des yeux. "Annalee" débute par une partie de guitare de Kid Ramos. Assez extraordinaire par sa simplicité, sa tonalité, ce shuffle saturé de swing permet à James d'intervenir pour la 1ère fois avec un maximum de pugnacité. Dès les notes d'ouverture de "Too much family", on reconnaît sans crainte le style direct, carré, puissant de Michael Mann, autrement connu sous le sobriquet de Hollywood Fats. C'est la fête totale! Très roots, "Icepick's pawnshop blues" a été écrit en hommage aux grands pianistes, Little Brother Montgomery, Roosevelt Sykes et Big Maceo. Fred Kaplan y tient les ivoires avec bonheur. "Icepick boogie" est tout aussi dévastateur. Les musiciens ont tout compris et éprouvent une réelle jouissance d'œuvrer ensemble. Kid Ramos est ici au top, et les saxes de Lawrence White et de Jeff Turmes font preuve d'une rare efficacité. James est un chanteur qui aime le travail vocal. "Messin' up" est un intermède doowop accordé en hommage aux Five Royales, et les chœurs sont un tremplin idéal pour sa voix. Le pote Gene Taylor s'installe derrière son clavier pour chanter le "Don't you lie to me" de Tampa Red. Gene tout échauffé s'exerce au boogie woogie sur "The falcon's nest". La guitare au son sur le fil du rasoir de Ramos est seule pour seconder la voix de James sur "Jake-Head boogie". Le fantôme de Lighnin' Hopkins vient de passer! Ce superbe album se termine par une autre prise de "Mo' Na'kins please". Pas de section rythmique, mais l'harmo, la guitare et le piano. Un climat rude, très primaire, restitue parfaitement cette atmosphère des années 50. Chez Cannonball, on nous promet encore un "Napkins" de plus. Notamment la réimpression du "Strictly Live in 85" ainsi qu'une autre live inédit. Je piaffe d'impatience! James est sur la route du blues depuis 1964. Il drive le Icehouse Blues Band depuis 1970, devenu le James Harman Band en 1977.

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