Ce jeune bluesman insulaire a le vent en poupe. Flanqué de son Redeye Band, il a gravé plusieurs albums qui se sont bien écoulés sur le marché, et tout particulièrement "Just as I am", paru en 2010 et "Night life", en 2012. Son nouvel opus, il l’a publié sous son propre nom. Mais si la présence de son backing group n’est plus mentionnée, son paternel, Ken Bryant se réserve toujours la basse. En outre, la formule trio est préservée.
Danny démarre en force par "Prisoner of the blues". Puissant et percutant, ce blues rock libère énormément d’intensité dramatique. L'envol aux cordes est étincelant. "Greenwood 31" rend hommage à l'un des grands guitaristes du blues de Chicago, Hubert Sumlin, pionnier de la guitare électrique blues, et longtemps gratteur de service auprès de Howlin' Wolf. Danny restitue parfaitement le phrasé de Sumlin. Complainte blues indolente, "Can't hold on" met bien en exergue la voix expressive de Danny. L'orgue de Richard Hammerton soutient judicieusement l’ensemble, et à nouveau, la guitare est au sommet de son art. "Hurricane" adopte un profil pop, pas tellement adapté à l’artiste. Hanté par le diable, "Devil's got a hold on me" est imprimé sur un tempo boogie enlevé. Autre blues lent, "I'm broken" libère une fameuse dose d'émotion. La voix du fils Bryant, tout particulièrement. Une compo empreinte d’une grande sensibilité, au cours de laquelle, Danny libère des notes improbables. Beau à pleurer ! "All or nothing" opère une nouvelle incursion dans le pop/rock. Et elle est réussie cette fois, avouons-le ! "Losing you" nous replonge dans un univers mélancolique, un univers que Bryant aime explorer. Désenchanté, "Painkiller", le titre qui achève l’elpee, en est une nouvelle démonstration. Une compo au démarrage plus acoustique, caractérisé par les interventions d’un piano, mais également d’une mandoline, pincée par le frère cadet, Kirby. Avant que Danny ne reprenne le collier en rebranchant l’électricité.

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