Basé à Hamilton, au bord du lac Ontario, ce blues band canadien compte déjà 17 années d'existence. Le chanteur/harmoniciste Corey Lueck en est toujours le leader. Il est secondé par le guitariste Mike Stubbs. "Live in Hamilton" constitue leur 5ème opus. Le dernier, "It ain't easy", était paru en 2012. Ce nouvel elpee a donc été immortalisé en public, l'année dernière, au Stonewalls Music Hall, chez eux à Hamilton. La formation avait voulu capter cet événement sur support, afin de révéler leur manière de communiquer toute leur palette d’émotions à un auditoire susceptible d’apprécier leur musique. Le répertoire est essentiellement signé par la paire Lueck/Stubbs.
"Ain't no sunshine when she's gone" est une ouverture somptueuse, un blues lent écrit par Bill Withers, gravé sur son premier elpee, en 1971. Le piano de Nick Succi cède le relais à une intervention magistrale de Gordon Aiechele, au saxophone ténor. La voix de Nick est rocailleuse, puissante, et chargée de passion. Le son est impeccable. Les interventions de guitare, de piano électrique et surtout du saxophone sont remarquables. "Hen house hopping" accélère le tempo. Ce swing blues aux accents jazzy permet aux solistes de prendre un billet de sortie ; que ce soit l’harmoniciste, le pianiste, le guitariste ou le saxophoniste, tous les musicos sont pétris de talent. "Josephine" est une bien jolie chanson empreinte de douceur. Mike distille un solo en y injectant toute sa sensibilité avant de céder le témoin au fameux Aiechele. "Wrong side girl" marque un retour au swing et au rythme. Succi balise le boogie woogie à l’aide de son piano et Jason Colavecchia se réserve un solo sur sa lourde basse acoustique. Le timbre de Lueck est vraiment particulier, mais il sait comment le faire vibrer. Comme sur la douce ballade, "I can't change". Blues rythmé, "Fine furred Momma" nous permet de découvrir une autre facette du talent de Corey, à l'harmonica. Sans surprise, "Smoke wagon boogie" est un boogie qui laisse toute liberté aux différents solistes : guitariste, bassiste, harmoniciste et bien sûr le pianiste. Blues lent d’une grande pureté, "Lonesome whistle blues" adopte une ligne mélodique réminiscente de "Bring it on home". "Feeling of the witch" est une longue plage, une espèce de medley empruntant autant à "Feelin' alright" qu’à "Season of the witch". Et le style adopté par le piano nous renvoie à la Nouvelle Orléans ou encore à l'époque de Joe Cocker lorsqu’il était flanqué de ses Mad Dogs & Englishmen. Bref, ce qui va à la voix de Cocker va à celle de Lueck ! De toute haute facture, ce concert s’achève par la reprise du "Blow wind blow" de Muddy Waters.

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