House of Cosy Cushions est le projet de Richard Bolhuis, un habitant de Groningen. "Spell" constitue son cinquième album. Un disque qui alterne morceaux instrumentaux plutôt introspectifs et ballades folk nocturnes. Ces dernières sont sans doute moins originales. Des accords de guitare bouclés à l'infini sont agrémentés de quelques drones offrant ainsi un écrin contemplatif à la voix fragile de Bolhuis. "The Mad Sisters" est le seul morceau chanté qui incorpore un harmonium et quelques notes de violons. Sans être lugubre, ce n'est jamais très marrant.
Ce violon de l'invitée Saskia Meijs parcourt également les meilleures plages de "Spell". On le retrouve notamment dans “Black Bat Dance” aux côtés de percussions martiales et d'un trombone tonitruant ou lors de la piste finale " Kerkje te Oostum", composée initialement pour accompagner de récentes installations dans le Groninger Museum. Un titre qui navigue entre ambient et neo-classique que l'on aurait pu retrouver dans la discographie du Kammerflimmer Kollektief. On pourrait aussi déceler certaines analogies avec les atmosphères les plus calmes du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble et de Bohren and Der Club of Gore (particulièrement sur "Charlotte Salomon"). Et Richard Bolhuis nous entraîne également dans des contrées post-rock indus minimalistes sur "Into The Words".
"Spell" est sans conteste l'album le plus audacieux de House of Cosy Cushions. Sans doute parce qu'il laisse plus de place à l'improvisation et à l'expérimentation. Assurément une étape majeure dans sa discographie. Reste à savoir jusqu’où Richard Bolhuis veut nous entraîner. Très touchantes, presque émouvantes, ses chansons ne sont pas dénuées d'intérêt ; mais on serait curieux de découvrir un elpee exclusivement instrumental qui incorporerait le violon, le trombone et la batterie sur tous les morceaux. Il y a, en tout cas, une vraie personnalité et beaucoup de maîtrise derrière ces compositions audacieuses et parfois un peu énigmatiques. Les climats nonchalants et pourtant tendus, désertiques et denses à la fois plongent l'auditeur dans une sorte de méditation dont il est tiré régulièrement par de petites aspérités sonores. Car les coussins sont effectivement douillets dans cette maison ; mais les bruits de la rue sont parfois perturbants.

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