Agé de 40 balais, Manu Lanvin est auteur, compositeur, interprète et producteur. C’est le fils de l'acteur Gérard Lanvin. Les premiers artistes qu'il écoute dans sa jeunesse sont Téléphone, Paul Personne et Bernie Bonvoisin (Trust). Au début de ce nouveau siècle, il publie plusieurs albums : "Venir au monde" en 2000, "Tout ou presque" en 2004, "Les Temps mauvais" en 2005 et "Faible humain" en 2007. Année au cours de laquelle il rencontre le chanteur texan Calvin Russell. Il coécrit et coproduit son opus, "Dawg eat dawg". Et collabore encore sur ses deux derniers elpees, "Contrabando" et "The last call, in the heat of the night". En 2012, Manu grave son quatrième long playing, "Mauvais casting", flanqué de The Devil Blues. Il croise alors un autre bluesman américain, devenu populaire dans l'Hexagone, Neal Black, en compagnie duquel il accomplit le "Paris - Texas Tour", en 2013. En janvier 2014, Manu représente la France à l'International Blues Challenge de Memphis.
Pour concocter son nouvel essai, il a pu compter sur le concours de Jimmy Montout à la batterie et Gabriel Barry à la basse. Soit sa section rythmique. En route pour une nouvelle tranche de blues urbain et rageur…
Le titre maître ouvre la plaque, un blues solidement amplifié réminiscent du ZZ Top. La voix est puissante et passionnée. Manu a de l'expérience à revendre, mais il la met au service de sa musique. La guitare suit constamment le chant empreint d’une certaine agressivité. "All night long" emprunte un riff à "Green onions" voire à "Help me". La lame de fond filtre davantage le blues au profit du rock. L’attaque est permanente et cette rage devient contagieuse, provoquant un climat de transe. Brutal, le réveil s’opère dans la langue de Voltaire. Soutenue par la basse de Gabriel et face aux cuivres fiévreux, ce "Merci" est une plage sculptée dans des accords de gratte sereins, légèrement rockabilly. "Just wanna drown" est certainement le meilleur morceau de l’elpee. Un titre imprimé sur un mid tempo et inspiré par le Memphis blues d'Albert King. Le chant est particulièrement soigné et les cuivres sont omniprésents. Mais l’irruption d’une voix proche de l’envoûtement, s’exprimant en français, est plutôt surprenante. Toujours interprété dans sa langue maternelle, "Laisse couler" est un titre bien ficelé qui autorise encore de chouettes envolées de cordes. Les percussions de Jimmy nous convient à une nouvelle fête du rythme tout au long de "Luzern", une piste entretenue par les sonorités artificielles et les cuivres. "Ain't gonna be your dawg" nous entraîne dans le delta. L’harmo impose sa rythmique implacable sur cette compo au son plus métallique. Un violon gémissant introduit "Lorsqu'une femme pleure", une ballade douce-amère, trempée dans le folk roots, que chante nonchalamment Manu, face aux instruments acoustiques. "Back in Montreux" est un rockin' blues plein de vigueur. Lanvin s’est forgé quelques uns de ses meilleurs souvenirs sur cette scène helvète, spectacle que feu Claude Nobs présentait en personne. "Ain't got time for love" concède un court exercice de rockabilly. Caractérisé par une slide incisive et acérée, "Hey hey hey" est le Lanvin boogie attendu. "Goin' down" clôt le long playing, un long blues que Manu interprète d'une voix moins impatiente. Sous un arrangement personnel, ce titre reflète un périple entre le Mississippi, une slide dans le décor, et la Nouvelle Orléans, où il retrouve un des nombreux brass bands locaux.

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