Ce chanteur/guitariste nous vient de Floride. Il s’est intéressé à de multiples styles avant de se forger le sien. Du blues tout d’abord. Dont Muddy Waters et Guitar Slim. Du jazz. Notamment Django Reinhardt et Wes Montgomery. Et enfin du métal. En l’occurrence Black Sabbath et Slayer. Excusez du peu! Il joue sur une Epiphone, mais également, une guitare cigar-box maison à deux cordes.
En 2009, à la tête de son trio, baptisé les Red Hots, il décroche le réputé International Blues Challenge de Memphis. Il remporte aussi l'Albert King Award, comme meilleur nouveau guitariste. En 2011, il publie son premier album, "Back of my mind", et embraie l'année suivante par "More bees with honey". Il rejoint ensuite le gratteur Damon Fowler et le claviériste Victor Wainwright pour participer à l’aventure du super groupe floridien Southern Hospitality. Le band grave "Easy Livin'", chez Blind Pig, en 2013. La même année, il immortalise sa tournée européenne, qu’il accomplit en compagnie de ses Red Hots, "Live from the Netherlands". Il apporte encore sa participation à l’ex-Nighthawks Jimmy Thackery, pour un autre opus ‘live’, "As live as it gets".
"Full moon night in Memphis" constitue donc son premier elpee solo, un disque dont les sessions se sont déroulées au Studio 13 de Jeremy Staska, à Fort Lauderdale. JP et Staska, plus souvent impliqué dans la mise en forme d’albums de groupes de hardcore et de métal, coproduisent le long playing. Qui réunit 14 plages dont treize sont signées par JP. Pour la circonstance, il a reçu le concours de son backing group, soit le drummer Chris Peet et le bassiste Todd Edmunds. Mais également d’une belle brochette d’invités.
La guitare largement amplifiée introduit "Full moon night in Memphis". Les cordes sont même menaçantes. La voix de JP s’impose instantanément. Puissante, impressionnante, elle est ensuite rejointe par l'harmonica du redoutable Brandon Santini, un souffleur dont la réputation ne fait que croître. Solides, les riffs de grattes dialoguent et accrochent tout au long de "Back to broke", un funk caractérisé par les interventions vocales élimées, reflet de leur vécu… Volontiers cool et indolent, "Make no sense" adoucit le tempo. La voix profonde et les cordes échangent leur point de vue. JP double à la basse qui épouse les percussions de Raul Hernandez sur "Somethin' ain't right", un blues rock plutôt âpre. Les percussions exotiques de Chris Peet et surtout la guitare réverbérée tirent leur épingle du jeu sur la superbe reprise de "Mean old world" (NDR : attribué ici à T Bone Walker). Caverneuse et charismatique, la voix rappelle le légendaire Howlin' Wolf. JP est rejoint par un autre gratteur, Steve Laudicina, pour "Savin' all my lovin'", blues indolent propice à un excellent duel entre les deux musicos. Steve participe régulièrement aux tournées de la formation. "Reefer man" est un tube décroché jadis par Cab Calloway. La version déménage dans un style pas tellement éloigné du western swing et du dixieland. D’ailleurs, Scott Ankrom au saxophone et Chaim Rubinov à la trompette sont à la fête. "Way back home" adopte un tempo répétitif et hypnotique. Les sonorités dispensées par la cigar box sont lancinantes, primaires et métalliques. Bref, on replonge dans l’univers de Howlin' Wolf. Du jazz manouche amorce "The back room", avant de se muer en funk sous l’impulsion de l'orgue Hammond dispensé par Mark Leach (Buddy Miles Express). "Thorn in my side" est une ballade R&B un peu particulière. Très roots, mais dans l’esprit de Soars, elle s’illustre par une texture de cordes à la fois surprenantes et tellement belles. Encore une ballade : "Viper". Des cordes acoustiques réverbèrent des sonorités gypsy. La clarinette de Scott Ankrom et la trompette s’incrustent dans l’ensemble. Mais cette voix venant d'outre-tombe refait surface. JP se réserve la lap steel, Santini l'harmonica, et la Texane Teresa James (NDR : encore une guest !) le chant sur la piste particulièrement country, "The road has got me down". "Lil' Mamacita" baigne dans une ambiance hispanisante et enflammée ; à cause des sèches flamenco et des percus de Hernandez. Surprenant, cet opus s’achève dans le jump. "Missin' your kissin'" est éclaboussé par le brio du saxophoniste Terry Hanck, alors que les cordes entrent en folie. Excellent!

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