Chanteuse de blues et de soul, Deb Callahan nous vient de Philadelphie. Elle parcourt les routes depuis la fin des nineties. Son premier elpee, "If the blues had wings", est paru en 2002. Elle est alors comparée à la célèbre chanteuse/guitariste Bonnie Raitt.
"Sweet Soul" constitue déjà son cinquième opus, un disque réalisé au studio Ultratone de Los Angeles, sous la houlette du bassiste et producteur notoire, Tony Braunagel. Pour la circonstance, elle avait entraîné son fidèle guitariste, Allen James. Les autres participants ont été choisis parmi la crème des musiciens de studio de la Cité des Anges. Des musiciens qui ont régulièrement tourné et enregistré pour des artistes comme Bonnie Raitt, Etta James et Taj Mahal. Deb dédicace son album à son jeune fils de 4 ans, Elijah!
"Big Love" ouvre la plaque. L’ambiance est cool, décontractée. Très expressive et soutenue par des chœurs engagés, la voix de Deb est excellente, très expressive. L’ambiance est pourtant cool. La section rythmique est solide. L'orgue Hammond de Mike Finnigan chaleureux. Allen James opère déjà une première sortie sur les cordes. "I keep things burning" adopte un schéma semblable. La slide de Johnny Lee Schell introduit le saignant "Shackin up", une des meilleures plages de l’opus. Finnigan siège derrière le piano pour l’indolent "I am family", une ballade séduisante que chante classieusement Deb, face aux répliques vocales de la Texane Teresa James. Sculptée dans la soul, "Sweet feeling" est une chanson écrite à l'origine par Candi Staton, une spécialiste du style. La voix de Miss Callahan devient autoritaire sur "Born to love you", un R&B imprimé sur un mid tempo, alors que l’orgue et les chœurs apportent une coloration gospel. Bien que tout en retenue, la gratte de James prend un envol remarqué. Dansant, "Seven states away" est une autre plage soul. Surprise, Deb reprend une chanson de Tom Waits, "Way down in the hole" (NDR : elle figure sur "Franks wild years", un elpee gravé en 1987). Sa version est particulièrement réussie. Braunagel aux drums et Reggie McBride à la basse assurent une excellente assise rythmique. Et Jimmy Powers en profite pour souffler dans son harmo. Allen James et Mike Finnigan paraissent très en verve sur leur instrument. Superbe ballade lente, "Step back" véhicule des accents solennels, une plage caractérisée par l’intensité vocale de Deb. Roots, "You don't know your mind" est signé par les Louisianais David Egan et Buddy Flett. Et au sein de ce climat décontracté, James se réserve une bonne sortie. Un riff rythmique puissant prélude "Crazy 'bout you baby", une compo issue de la plume de Sonny Boy Williamson. Très rythmée, elle figurait au répertoire d'Ike et Tina Turner. Dépouillé, "Slow as molasses, sweet as honey" est un remarquable blues lent. Un instant de bonheur magnifié par l'orgue Hammond, le piano et les cordes limpides d'Allen. De toute bonne facture, cet LP s’achève par le "I been hoodood" de Dr John. Nous sommes alors plongés dans une atmosphère néo-orléanaise. Indispensables, les percus sont bien à l’avant-plan. L’orgue adopte un profil rythmique, la gratte est torturée, pendant que Teresa, Mike et Deb chantent à l’unisson. Et on soulignera encore le brillant travail de Braunagel à la mise en forme…

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