Death Cab For Cutie célèbre son 25ème anniversaire en publiant son 10ème album studio "Asphalt Meadows". Produit par John Congleton (St Vincent, Sharon Van Etten, Wallows), l’elpee inclut le nouveau single "Asphalt Meadows", ainsi que les précédents "Here To…

logo_musiczine

Entre rock alternatif et pop expérimentale, The Somnambulist nous propose son nouveau single, "The Freewheelers", un morceau dont le clip a été produit par un collectif de théâtre numérique, dirigé par le chanteur du groupe en personne, qui, pendant les…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Rest now, Weary head ! You will get well soon Spécial

Écrit par Jérôme Grodek
&

« Rest now, Weary head ! You will get well soon » est la traduction –un peu à rallonge je le concède– d'un furieux talent. Get Well Soon est l'auteur de ce titre qui sonne comme une garantie ; mais Get well Soon n'est pas un groupe... il s'agit d'un homme, un seul, un vrai et talentueux qui plus est ! Konstantin Gropper est un jeune Berlinois de 25 ans. Il a eu l’idée géniale ou la folie de composer l’intégralité de cet album, se réservant tous les instruments, se chargeant de chaque arrangement, chantant ses propres textes ; et le résultat est épatant. Une seule imposture dans ce tableau de chasse édifiant : la douce et belle voix de sa sœur Verena. Elle vient au fil des élucubrations de l'artiste l'accompagner, le soutenir, lui répondre.

Mais venons-en à cet opus. « Rest now... » constitue donc la première œuvre d'un jeune homme de 25 ans. Il accomplit un parcours initiatique au sein d’un univers abouti, un recueil de chansons déterminées par des lois qui nous échappent complètement mais s'agencent de la façon la plus naturelle possible. Il règne tout au long de cet elpee, une même homogénéité atmosphérique que sur le « Fort Nightly » des White Rabbits. Peut-être davantage. Dans le monde de Konstantin, un sentiment naît, se meurt et ressuscite au fil des quatorze morceaux de l'elpee.

Dès les premiers accords du prélude, le jeu du Berlinois séduit. D'ailleurs si la première et la dernière plage de l'elpee évoquent une œuvre symphonique (prélude et coda), ce n'est pas une excentricité de plus à épingler au palmarès de Konstantin. Certains morceaux ont véritablement la dimension d'un grand orchestre. La musique, souvent progressive, s’alimente aux accords de violons, trompettes et orgue électrique qui réverbèrent des accents wagnériens. Quoi d'étonnant après tout ? Gropper a suivi une solide formation classique ; alors à mon humble avis, il aurait tort de ne pas s’en servir ! Cette touche orchestrale conjuguée aux thèmes évoqués et abordés suivant une technique de ‘questions/réponses’, renforce la cohésion de l'ensemble.

Mais attention, ce n’est pas le ‘classique’ qui domine ici l’expression sonore ; les chansons de Get Well Soon sont avant tout pop ! Lors de la deuxième chanson, l’intro nous entraîne dans une sorte de valse de salon interprétée au violon, avant que les trompettes ne se mettent à résonner en se mariant harmonieusement à la guitare et aux drums. Et le côté fanfare de cette plage refait surface par la suite.  Cependant, le ton est loin d'être joyeux. Dans la musique du Berlinois, on recèle même quelque trace d’inquiétude. Un sentiment qui ne fait que croître au fil de l’elpee. « Help to prevent forest-fires » marque un tournant dans l’œuvre. Après des débuts animés, la musique verse subitement au cœur d’une douce nostalgie et se mue même en mélancolie lors de l’excellent « We are safe inside while they burn down our house ». D’ailleurs, si on redécolle ensuite vers des sphères plus chaleureuses, la tristesse ne nous quittera plus.

Malgré la surenchère de regrets mélancoliques, on ne verse jamais dans le pathos. On le doit peut-être aux harmonies sans faille, au mélange savant des instruments, à la richesse musicale. A la capacité de l’artiste à préserver une ligne mélodique claire. On le doit certainement aux paroles signées par Konstantin. La mort hante la plupart des lyrics. Evoquer l’avenir trouble dans la saturation des basses et les effets Larsen d'un « I sold my hand fo food so please feed me » recèle une dimension glauque. Morceau sublime au passage qui a été taillé pour la scène !

On pourrait s’étendre encore pendant des heures pour tenter (vainement) décrire toute la magie de cet album. Une chose est sûre, sa musique vous travaille le corps et l'âme. La vie a une fin, c'est une évidence mais « Rest now... » a le mérite de nous le rappeler. Obstinément. Une obstination qu’il manifeste également pour nous remémorer aussi nos joies, nos peines, les souvenirs d'un désir acharné de vivre qui finiront par prendre toute la place, quand inexorablement, le temps qui passe, nous aura conduit devant la grande inconnue qu'est la Mort. Dans ces conditions dictées par Konstantin Gropper, nous nous interrogeons : à quoi bon ? Et je répondrai en citant l'artiste que je salue bien bas : « Shoot, baby ! Shoot ! Free us from the pressure ! With a rifle or a gun ! We can't live forever ! ». Définitivement, j'adore.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Get Well Soon
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: City Slang / V2
  • Date: 2008-01-18
  • Rating: 4
Lu 1683 fois
Plus dans cette catégorie : « Vexations (1) Afterlives »