Issu de Porto Allegre, ce chanteur guitariste brésilien vient d’accomplir une tournée chez nous. Il est largement influencé par le blues rock texan, et notamment par Stevie Ray Vaughan. Depuis la formation de Black Soul, en janvier 95, il compte déjà plusieurs elpees à son actif : "Swamp blues" en 1996, "Heart full of blues" en 98, "Blues from hell" en 2000 (NDR : opus pour lequel il a reçu le concours de Ron Levy à l'orgue Hammond B3 et à la production) et "Live in Europe" en 2002 (NDR : un set immortalisé en automne 2001, au Gouden Leeuw de Dongen aux Pays-Bas). Fernando avoue s'inspirer de BB, Albert et Freddie King, Buddy Guy, Coco Montoya, Jeff Healey ainsi que Chris Duarte. Pour ce nouvel album, notre gratteur brésilien a reçu le concours du pianiste/organiste (NDR : un hammond, of course !) Luciano Leaes, du drummer Ronie Martinez et du bassiste Xico Pretto. Xico est également executive producer et manager ; mais plus que probablement le bailleur de fonds chez Black Soul. L'album a été produit et mixé par Chris Duarte depuis les studios de la School of Music d'Austin.
Dix des onze plages ont été écrites par Fernando. Black Soul s'embarque dans son trip texan dès "Nothing but love". Quelque peu brisée et passablement ravagée, la voix de Fernando passe bien dans ce type de répertoire. L'orgue Hammond B3 de Luciano est un élément indispensable au son de la formation. C'est la vieille guitare Stratocaster 1962 de Fernando qui occupe le centre de la scène. Il libère ses cordes sans pour autant en remettre une couche. L'empreinte de S.R.V. est scellée dès la seconde plage : "The hound". Principalement à cause de l’approche rythmique adoptée pour aborder ce shuffle. L'orgue reste bien présent pour colorer l’ensemble. La musique de Noronha est plus légère, manifeste bien moins de vécu et de groove que celle de son maître, mais l'approche assez mélodique de son expression sonore n'est certes pas désagréable à l’oreille. L’originalité du Brésilien procède de son souci à constamment maintenir dans son écriture un sens de la musicalité et de mélodie. Et "Driftin" est sans doute un des meilleurs exemples. Le jeu ne cherche pas à bouleverser par sa complexité, mais plutôt à s’inscrire dans un ensemble. Ici, tous les instruments font bloc. Fernando chante correctement "White trash", un slow blues classique. L'intervention sur les cordes est de bonne facture. Si le titre maître demeure dans la tonalité d'ensemble, Noronha s'inspire ici davantage de Jimi Hendrix. Son jeu est essentiellement focalisé sur les effets sonores produits par le recours aux diverses pédales, ainsi que sur le rythme même de cette composition. La formation de Porto Allegre se sent de plus en plus chez elle à Austin, et nous délivre un autre shuffle instrumental, "Pig foot". Ballade blues très personnelle, "Blues for Jimmy King" constitue un hommage au regretté Little Jimmy. Nouveau shuffle à la texane, "Love is just a gamble" déménage, alors qu’"On the road" flirte allègrement avec le funk. L’opus recèle une seule reprise : le "House of blues" d'Eric Gales (NDR : le frère de Jimmy King !). Typiquement rockin' blues, cette plage clôt ce "Changes", un album d’honnête facture commis par un artiste qui affiche live, une figure assez charismatique.