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Les Solidarités 2022 : vendredi 26 août Spécial

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Les Solidarités sont devenues, au fil du temps, un événement majeur dans le paysage musical belge, dont l’initiative et le succès croissant est à attribuer à la mutualité Solidaris.

Si l'année 2020 avait été marquée par une enfilade d'annulations dues à la Covid, les organisateurs avaient pris le contre-pied l’année suivante en proposant une version intimiste rebaptisée pour l'occasion Nuits Solidaires. Mais last, but not least…

Si, depuis huit ans, les festivités se déroulaient sur le site de la Citadelle, une colline au confluent de la Sambre et de la Meuse, il faudra attendre 2023 pour de nouveau se rendre sur le zoning Ecolys à Suarlée, des travaux rendant inaccessible ce lieu séculaire. Pour une durée de trois ans paraît-il …

Comme de coutume, des navettes TEC, disséminées à travers toute la ville, sont spécialement planifiées pour permettre aux festivaliers d’accéder au site. Les plus courageux (ils sont rares) peuvent cependant s’y rendre à pied ; de quoi rendre leurs fessiers un peu plus fermes après une période estivale arrosée (de rosé) pour certains.

Ce vendredi, la circulation est assez dense. Si d’ordinaire, le trajet est estimé à 7 minutes depuis Namur Expo, votre serviteur atteindra sa destination environ trente minutes plus tard.

Ce festival est très particulier. Si la musique est bien évidemment au rendez-vous, des espaces sont également prévus pour d’autres activités, dont des débats sur les enjeux de notre société, des expositions, un village associatif et une kyrielle d'animations. Sans oublier la terrasse estivale installée sur une pelouse, sa grande roue et le tourniquet qui fait le bonheur des petits… et des grands.

L'offre culinaire est aussi impressionnante, de nombreux stands placés aux endroits stratégiques permettent de se ravitailler sans devoir pratiquement faire la file.

Etrangement, aucun ‘cashless’ (terme qui désigne de manière générique l’ensemble des moyens techniques de paiement qui permettent d’utiliser un support comme porte-monnaie) n'est adopté. Il faut donc aller chercher des tickets, comme au bar d'une kermesse de village, ce qui est un peu dommage au vu de l’évolution technologique.

Grâce à une programmation au spectre fin, familial et populaire à la fois, les aficionados auront à cœur de s’enivrer de l’univers sulfureux d’artistes à la renommée internationale. Qu'ils en profitent, parce que les Solidarités sonnent aussi le glas d’une fin de saison, rappelant doucement la rentrée des classes...

Direction, l'Esplanade. La grande scène accueille Hoshi (étoile en japonais), une femme/artiste dont le physique a essuyé de vives critiques de la part du journaliste-chroniqueur Fabien Lecoeuvre. Détail cocasse, Grand Corps Malade qui partage l'affiche du jour, a réalisé le morceau « Des Gens Beaux » afin de lui porter secours et lui montrer tout son soutien face à ce déversement de haine issu d'une autre époque.

La demoiselle a offert une prestation de la même veine qu'à Ronquières, quelques semaines auparavant ; un concert d'une intensité rare avec ce brin de folie qui la caractérise. Sans oublier, cet amour pour son public et cette générosité communicative.

Arborant fièrement un t-shirt à l’effigie de Nirvana, Hoshi impose un style musical bien à elle. Des textes simples, mais touchants, une musique entraînante et une aura exceptionnelle. Sans oublier cette voix haut-perchée qui peut perturber les non-initiés. Pas étonnant donc que ce soit devenue l’une des révélations de la chanson française de ces dernières années.

Femme blessée au plus profond d'elle-même, sa prestation de « J'te pardonne » en piano-voix vous flanque des frissons partout. Titre rempli d'émotion au sujet du pardon face aux infidélités de la personne qu'elle aime.

Souffrant de la maladie de Ménière (un mal qui la poursuit depuis toute petite et provoquant des acouphènes et des pertes d'audition), elle s'avoue à demi-mot vaincue par cette affection sur l’époustouflant « Fais-moi signe », véritable appel de détresse auprès d’un public qui ne peut que l’encourager en applaudissant par le langage des signes. Il n’en faudra pas plus pour que les larmes ruissellent sur les joues de la jeune femme. Sans doute, est-elle convaincue qu’elle ne parviendra pas à éteindre ce fléau qui la brûle lentement.

« Amour censure » hymne à la tolérance, adopte des allures de manifeste lorsque la jeune chanteuse s'empare d’un drapeau arc-en-ciel dans le public. Une chanson qui prend un sens tout particulier puisqu’elle-même a été victime d'agression homophobe, devenant ainsi au fil du temps, la porte-parole de la cause homosexuelle. Sans doute, malgré elle.

Si « Ta marinière » est repris en chœur par un public particulièrement enchanté par cette extraterrestre, « Etoile Flippante », version électro, mettra un terme à une prestation sublimement marquante pour une première journée de festival.

Fabien Marsaud est fin prêt pour une consultation ! A la suite d'un accident de plongée l'obligeant à renoncer à une carrière sportive prometteuse, il découvre le slam en octobre 2003, lors d'une scène ouverte dans un bar de la place de Clichy, à Paris, où il déclamera ‘Cassiopée’, son premier texte ‘de scène’. C'est à cette époque qu'il choisit comme patronyme, Grand Corps Malade (GCM), en référence à son handicap et à sa grande taille.

Il est presque 23 heures, lorsque ce détraqué textuel déambule sur la main stage. Après la diffusion d'un clip léché explorant étrangement le cerveau (si, si !), le set peut débuter. Surprise, parmi les musiciens figure Quentin Mosimann, tour à tour DJ's, présentateur télé, chanteur et un multi-instrumentiste. Pas étonnant lorsqu'on sait que « Mesdames », album de duos, est issu de la rencontre entre le DJ et le slameur.

Alors que le soir est tombé, GCM interprète paradoxalement « Le jour se lève », un morceau aux penchants électriques pour ensuite s’épancher sur les femmes. Pas seulement pour en parler, mais aussi les entendre puisque de très jolis duos virtuels seront proposé, dont « 24 heures », en compagnie de Suzanne, « Derrière le brouillard », de Louane, et « Nos plus belles années », de Kimberose. Sans oublier, le touchant « Mais Je T’aime » avec une Camille Lelouche très convaincante. Une manière efficace de dénoncer harcèlement sexuel et inégalités. 

Soutenu par un light show percutant, Marsaud, tantôt pourfendeur, tantôt militant effréné, manie sa verve avec une précision et une flexibilité étonnante. Il dépeint les paraboles de l'existence sans jamais tomber dans les poncifs du genre, mais en les abordant à travers un second degré bien à lui.

D’une voix rauque, l'homme aux yeux d'un bleu profond mais au regard empreint de compassion, s'est livré avec une grande générosité dans une joute musicale d'une richesse et intensité rares.

Véritable showman, Mosimann livre encore un hommage vibrant au regretté Grand JoJo, tout en sollicitant le public à reprendre en cœur le célèbre ‘Chef Un P’tit Verre…’

Alors que « Pas Essentiel » sonne la fin de la récréation, le site est plongé dans le noir, invitant les chauves-souris qui se mettent alors à tournoyer afin de chasser leurs proies…

Peut-être que sur la route du retour, votre serviteur rencontrera Nyx, la déesse de la nuit... Qui sait ?

Hoshi + Grand Corps Malade

(Organisation : les Solidarités)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2022-08-26
  • Festival Name: Les Solidarités
  • Festival Place: Citadelle
  • Festival City: Namur
  • Rating: 7
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