Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

logo_musiczine

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
Ora Cogan

Low

Comme si demain n'existait pas...

Il y a trois ans, dans une église située en plein centre de Louvain, résonnaient les arpèges lents et douloureux de Low, trio baptiste à l'aura incandescente, géniteurs sensibles d'un genre aujourd'hui adoubé par tous les gobeurs d'anxiolytiques : le slowcore. Un rock pesant mais lumineux, surtout dans la tourmente. Et de ce brouillard électrique surgissait, le temps d'une messe spectrale, l'image d'une musique fébrile, en prise directe avec le cœur. A l'intérieur chacun priait, que ce spectacle dure à jamais.

Ancienne Belgique, 2005 : Alan Sparhawk, Mimi Parker et Zak Sally sont de retour avec un nouvel album, « The Great Destroyer », plus rock et plus tendu, mais toujours aussi gracieux. « Monkey » en ouverture, et déjà l'ambiance est à l'anesthésie : percussions ouateuses mais insistantes (Mimi au milieu de ses deux hommes, debout derrière ces fûts – une Moe Tucker des temps modernes), riffs qui bourdonnent, chant presque liturgique. Le public, subjugué, arrête de boire et de parler, pour contempler cet instant en suspens : Rubens en aurait fait un surprenant tableau. Scènes de foi. En un rock qui prend aux tripes, parce qu'il envisage sans ego la détresse sentimentale : Low, c'est du Tranxène sonique pour romantiques en herbe, de la morphine rythmique pour ralentir l'excitation. Il faut tâter de ce pouls, de temps en temps, pour se rappeler combien 'rien ne sert de courir…', surtout qu'autour de nous le monde sature. Kundera-Low, même combat ? La lenteur comme répit, face au dépit ressenti chaque jour par chacun, qu'il soit sentimental, professionnel, existentiel. Sur scène, Low déballe ses nouveaux titres (« California », « Silver Rider », « When I Go Deaf », « Everybody's Song »,…) dans l'urgence, comme si demain n'existait pas. « Amazing Grace » sonne l'heure de l'hostie : nos péchés expiés, on se rappelle notre mortalité, et donc la vie. Avant d'être notre oraison funèbre, la musique captivante de Low rythmera encore souvent nos crises de doutes. Et même de joie. La destruction est en chacun de nous, indissociable de toute (r)évolution.

The Ex

Après eux, le néant...

Écrit par

Quelque part entre un squat, un hangar et un train fantôme, le Magasin 4 est l'endroit rêvé pour vivre le rock'n'roll. L'endroit parfait pour aller applaudir les mythiques The Ex. Une soirée partagée par trois groupes, trois atmosphères pour un même radicalisme.

Zea a pour mission d'ouvrir le bal. Le duo est une sorte d'alternative entre Suicide et Stéréo Total. Un guitariste bricole des airs sombres mais pop, tandis qu'un bidouilleur probablement sous EPO parcourt des kilomètres dans le mince espace qui lui est dévolu. Un set qui inclut le "Ya Ya Ya (Looking For My Baby)" (re)popularisé par les Detroit Cobras et s'achève dans un cataclysme électro-indie du plus bel effet. Attachant à défaut d'être bouleversant.

Lorsque le groupe suivant investit la scène, le public se fait plus dense, l'ambiance monte d'un cran. Combo à la géométrie plutôt insolite qui se compose d'un contrebassiste au micro, d'un batteur et d'un clarinettiste, Rosette ne fait rien comme tout le monde. Comprenez un free jazz syncopé tout en ruptures et soubresauts. Onomatopées, hululements et autres jappements pour tous lyrics, crissements d'ongles sur ballon gonflable et solos de poupée décapitée nourrissent leur univers décalé. Affichant une incroyable cohésion, le trio emporte l'adhésion d'une assistance désormais chauffée à blanc.

Vient le clou de la soirée. Accueilli comme le messie, The Ex incarne depuis 1980 et le fondateur Disturbing Domestic Peace, l'indépendance et l'intégrité les plus respectables qui soient. Véritable objet de culte, la formation néerlandaise va amplement justifier son statut. D'une intensité volcanique, d'une précision d'horloger, le groupe impressionne. La voix d'écorché vif de G. W. Sok empoigne et percute. Les guitares cisaillent jusqu'au sang, Terrie est redoutable d'efficacité. Un rock sec et tendu, violent et hypnotique. On reste sans voix alors que les premiers rangs pogotent à s'en démembrer. The Ex terrasse et fait l'effet d'une balle entre les deux yeux. The Ex écrase tout le monde. Ne les ratez plus. Jamais.

 

The Flaming Lips

God Bless The Flaming Lips

Écrit par

Concertzaal du Vooruit, un dimanche soir. La soirée affiche 'complet'. Quelques promo boys tendent aux arrivants des singles gratuits de « Roscoe ». Le groupe Midlake, auteur de ce titre et d'un nouvel album intitulé « The Trials Of Van Occupanther », va bientôt entrer en scène. Leurs vidéos à l'esprit bricoleur et mélancolique sont prêtes à tourner et le groupe fait son entrée sur scène.

Pas facile d'ouvrir pour les Flaming Lips, mais ils s'en sortent bien. La scène est plongée dans l'obscurité. Les 5 membres du groupe sont quasi invisibles devant l'écran vidéo qui conte des histoires d'amours contrariées. Beaucoup de claviers aux sons aériens, un batteur simple mais efficace pour illustrer de longues plages pop psychédéliques plutôt belles, clairement influencées par les maîtres d'Oklahoma City, à qui Midlake dédiera un titre tandis que Wayne Coyne apprécie l'hommage en bord de scène. Le son en salle manque un peu de précision. Après une heure placée sous le calme et la contemplation, Midlake remercie le public pour son accueil chaleureux et quitte la scène. Bonne prestation, mais dommage que le groupe n'ait pas un peu plus de présence scénique.

La voie est libre pour les Flaming Lips. Ils arrivent pour placer leur complexe équipement musical et para-musical qui va transformer la soirée en dessin animé Walt Disney sous acides. Wayne Coyne, fringué classe dans costume beige, s'amuse à tester la caméra placée sur son micro, une caméra qui crée des images étranges sur l'écran derrière la scène. Il a l'air plutôt content d'être présent et adresse de grands signes au public.

Le concert s'ouvre par un instrumental. Wayne Coyne opère son entrée avec ses mains géantes tandis que l'écran vomit des images psychédéliques et multicolores qui nous rappellent que « Our life is a short blimp in an infinity of time and space ». Les ballons et les confettis envahissent le Vooruit et on a tous l'impression de retomber en enfance, le sourire aux lèvres. Les magnifiques cordes de « Race for the Prize » suivent, tandis que Wayne Coyne fait virevolter une lampe au-dessus de sa tête entre deux couplets.

Et entre les morceaux, il présente le groupe d'aliens et de santa claus postés aux deux côtés de la scène. Ils se livreront une bataille cosmique sur l'instrumental « Yoshimi ». Alors que Superwoman prend des photos, les classiques du groupe se succèdent, magnifiés par la scène et joués avec une énergie incroyable par un groupe qui existe depuis 1983 ( !). Quelques titres du tout neuf « At War With The Mystics » sont également interprétés aussi, mais « The Soft Bulletin » et « Yoshimi… » se taillent la part du lion. Quel que soit le morceau, la magie est omniprésente. Wayne Coyne demande au public de chanter son « She don't Use Jelly », joue avec ses marionnettes et invite les couples à faire leurs demandes de mariage : « Tom wil je met mij trouwen ? ». Il fait exploser des ballons gigantesques au milieu d'un jeu de lumière qui transforme la scène en enfer blanc stroboscopique. Le public participe à la fête et manifeste son approbation. Après quelques rappels et une reprise de Black Sabbath où Wayne Coyne tient à faire savoir au combien il pense que George Bush est un imbécile, le rideau tombe. Une heure et demie de pur plaisir qu'on n'oubliera pas de sitôt.

Miguel Anga Diaz

Une fin de set sacrifiée sur l'autel de la danse...

Écrit par

C'est dans une ABBox clairsemée que la Brésilienne Cibelle est venue présenter son deuxième album. Intitulé « The Shine Of Dried Electric Leaves », il devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires. Le single « London London », auquel a participé Devendra Banhart, commence à se frayer un chemin dans les playlists des radios nationales. Il est chargé de faire connaître un peu plus du grand public une chanteuse qui n'a jusqu'ici touché que les amateurs de nouvelle pop brésilienne.

Trois musiciens accompagnent la donzelle habillée de noir pour l'occasion : un batteur et deux guitaristes. L'un d'eux n'est autre que Mike Lindsay, préposé aussi à l'électronique et coauteur (avec Cibelle) de la majeure partie des titres du nouvel album. Certains d'entre vous en ont peut-être déjà eu un avant goût à l'écoute du quatre-titres « About A Girl », paru il y a quelques mois. Le concert débute par ce mélange d'avant-garde électronique et de bossa nova propre à la chanteuse, qui pour ce soir semble avoir du mal à entrer dans son concert. La faute peut-être à une salle un peu trop grande pour sa musique intimiste ou alors à l'éclairagiste de l'AB qui devait s'être endormi sur sa table pour ne laisser qu'une bien triste lumière blanche éclairer une bonne partie du concert, avant que Cibelle le prie gentiment de varier ses effets. La chanteuse lance des boucles vocales dans un de ses micros et se sert de ce tapis pour poser sa voix sur des chansons vaporeuses qui se disloquent aussi soudainement qu'elles sont apparues, renforçant l'atmosphère rêveuse déjà présente sur les disques. Les musiciens ne semblent pas être tout à fait à l'aise lorsqu'ils jouent sur les bandes pré programmées de Mike Lindsay. C'est quand l'électronique passe à l'arrière plan que la magie opère. La musique se simplifie alors dans des structures plus pop qui permettent à la magnifique voix de Cibelle de s'imposer, moments malheureusement un peu trop rares dans ce concert en demi-teintes…

Après un rappel expédié en vitesse, Cibelle laisse la place au groupe du percussionniste cubain Miguel 'Anga' Diaz. L'homme possède un solide cv : Irakere, Afro Cuban All Stars, et d'innombrables collaborations. Il vient défendre son album « Echu Mingua », paru en 2005 chez World Circuit. Une œuvre hybride où l'homme touche au funk et le marie aux éléments latins. Plus chaleureux et visiblement contents d'être là, les musiciens livrent une première partie de concert irréprochable. Dee Nasty, dj symbole du hip-hop français, est aux platines et balance des scratches inspirés tout au long du concert. Il en va de même pour les autres musiciens (chant, contrebasse, trompette, instruments traditionnels africains et congas joués par Baba Sissoko) qui se lanceront pendant une heure dans des joutes musicales jamais gratuites et pratiqueront du latin jazz de  tout premier ordre. Seulement voilà les personnes présentes sont quand même là pour danser et le groupe finira par se sacrifier à jouer des titres un peu plus accessibles ; loin d'être indignes, mais quand même beaucoup plus convenus.

 

KT Tunstall

Un souffle de fraîcheur...

Écrit par

KT Tunstall est de nationalité écossaise. Une dame ravissante et charmante qui s'était illustrée lors de sa première apparition au festival de Werchter. Elle y avait accordé un set d'excellente facture. Et sur la scène principale, excusez du peu ! 

Fruit d'un mélange de pop, de rock, de folk et de country, sa musique est attachante et mélancolique. Un style dominé par son vocal limpide, dont le timbre peut évoquer tour à tour Bonnie Raitt, Melissa Etheridge, Lucinda Williams, Suzanne Vega, Sheryl Crow ou Dido.

Ouvrant son set par 'Eye to the telescope', elle est parvenue à tenir le public en haleine pendant une bonne heure et demie. Flanquée d'un quatuor bien huilé, qui se partage orgue/piano, contrebasse, trompette et percussions, elle aligne pop songs mélodiques, subtiles et empreintes d'émotion, tout en se réservant la guitare. Faut dire que son répertoire est constitué de chansons intimistes, rafraîchissantes et vivifiantes. Dès les premiers accords, "Other side of the world" et l'hypnotique "Miniature disaster" recueillent les applaudissements du public. Tour à tour défileront ensuite le solide et enfiévré "Another place to fall", "Black horse et cherry tree", que la foule reprendra en chœur ainsi que le fragile "Silent sea", fragment balayé par le violoncelle. Dans un style plus atmosphérique, elle nous a gratifié de deux nouvelles chansons : "Girl'n'ghost" et "Dirty water". Solidement construit, "False alarm" s'achevait sous une forme très intense. Et en guise d'apothéose, elle nous a livré "Suddenly I see", un morceau gracile dynamisé par la double percussion. Une interprétation qui a reçu de vives acclamations.

Lors du rappel, KT s'est installée derrière le piano pour nous accorder une version originale, empreinte d'une grande sensibilité du "Fake plastic trees" de Radiohead. Et pour clore son set, elle s'est replongée au cœur de l'intimisme en nous concédant "Through the dark".

Energique et très à l'aise, KT Tunstall livre ses chansons avec grandeur d'âme et passion. Une prestation 'live' impressionnante ! Et son message est clair : 'I said don't look back, just keep on walking'.

En première partie, Willy Mason, s'est produit en solitaire. Après un début timide, son set est devenu progressivement plus énergique et chaleureux ; surtout lorsqu'il s'est décidé à lui imprimer un rythme plus soutenu. Et ma foi, les spectateurs semblent avoir apprécié son récital…

Traduction: Dominique Cordonnier (adaptation Bernard Dagnies)

Organisation: France Leduc Productions

 

Slayer

Face The Slayer

Tool et Mastodon le mercredi 8 et le vendredi 10 novembre, et Slayer entre les deux : si nos calculs sont bons ça fait trois jours de metal dans le bide, un acouphène enfin disparu après trois visites chez le nez gorge oreilles, et une envie funeste de repeindre notre salon en rouge sang et noir corbeau, après avoir relu la Bible.

On évitera de s'appesantir sur les prestations heavy metal de Children of Bodom et d'In Flames, ridicules dans leurs futes moule-bites…  « In Your face » : c'est pourtant le titre d'un des morceaux des Finlandais de Bodom, mais 'en pleine poire' on n'a reçu que des paquets de tignasses, le headbanging restant une valeur sûre chez les métalleux de tous poils.

A la pause pipi l'ambiance monte d'un cran, et tous ces valeureux cosaques de la chose trash d'entonner de vigoureux cris de guerre, car c'est le moment du 'plat de résistance', comme on dit en anglais. 'Slayer ! Slayer ! Slayer !': dans ce hall de foire qu'est le Branbanthal quelques hirsutes vident rapidement leur bière, avant de rajuster leur marcel en jean décoré d'écussons à la gloire de Metallifuckin'ca. Il fait noir et fiévreux, Slayer déboule et balance « Disciple », seul track de la période Bostaph : c'est parti pour une heure de riffs sanguinolents et de raclements massifs, un peu comme en quarante (la guerre, vous savez ?) Jeff Hanneman et Kerry King, tous deux postés à chaque extrémité de la scène, tronçonnent leur manche comme des forcenés de la branlette salvatrice. Dave Lombardo, revenu d'entre les morts après ses escapades chez Fantômas, martèle sa batterie avec force et précision : le son est bel et bien énorme, et les titres s'enchaînent sans qu'on ait le temps de dire 'Fuck yeaaaaah !' La guerre ? Slayer n'a jamais caché son intérêt pour l'esthétique martiale, détournant les codes du genre pour mieux les pervertir. Que ceux qui considèrent encore le groupe comme une bande de nazillons relisent leur cours d'histoire, car Slayer n'a rien du bazar facho pour décérébrés en manque de viande fraîche. « War Ensemble », « Jihad », « Cult » : sur l'écran défilent des images de Bush, de Ben Laden, de Riefenstahl et de tours jumelles qui s'écrasent. L'amalgame est dangereux, mais Slayer a toujours aimé jouer avec le feu, sans pour autant se compromettre. Un petit « Seasons in the Abyss » remet les pendules à l'heure, avant le doublon « Mandatory…. Suiciiiiiiide ! » (gueule le public) et « Dead Skin Mask ». Aux premiers rangs certains esprits s'échaudent, les poings volent en cadence et les mâchoires se tendent dans un rictus famélique. « Consfearacy » et « Eyes of the Insane » rappellent que les Américains viennent de sortir un bon disque (« Christ Illusion »), le meilleur depuis quasi quinze ans. Un tremblement de terre surgit alors aux tréfonds de nos tympans en berne : c'est « Raining Blood », hymne métal d'une violence inouïe, suivi des non moins cultissimes « South of Heaven » et « Angel of Death ». L'épitaphe est monstrueuse, et laisse pour mortes nos vertèbres cervicales. La fin des hostilités ? Nos quatre soldats quittent la scène après quelques remerciements, tandis qu'apparaît sur l'écran une photo de Dimebag Darrell, assassiné il y a deux ans. Heureusement qu'avec lui le metal n'est pas mort : la preuve par Slayer, 25 ans au compteur et toujours la 'niak'. Hell yeah !!!

Organisation Live Nation

Montevideo

Hot, Hotter, Hottest

Écrit par

C'est dans le cadre très privé du bar de l'Atelier 240 que Montevideo présentait son premier album devant un public pour la majorité déjà conquis. Après un petit drink offert par la maison dans un hall d'entrée surpeuplé, direction le premier étage, où le groupe s'apprête à jouer un set court mais entraînant.

Là-haut, il fait au moins 40 degrés. Malgré la chaleur, le parterre, composé de personnalités (membres de Ghinzu, de Sold-out, etc.), semi personnalités et autres gagnants de concours, se serre afin d'apercevoir la minuscule scène au fond du bar. Après une petite introduction de Jean au clavier, les trois autres gaillards prennent place et voilà déjà que quelques groupies se mettent à hurler. Avec une énergie revigorante, Montevideo enchaîne les titres de leur disque éponyme pour un public assez enthousiaste mais que la chaleur croissante de la salle empêche de bouger. Les morceaux « Boys From Brazil », leur inévitable reprise du « London Calling » des Clash, « Groovy Station », « Sluggish Lovers » ou encore « Liberation For Women (Sexy Girl) » accompagné justement d'une jolie demoiselle aux chœurs, prouvent que le quatuor n'a pas volé sa réputation scénique. Entre les chansons, Jean s'adresse généralement au public en anglais. Ce que certains trouvent prétentieux n'en est pas moins pratique dans un pays comme le nôtre. Terminant le showcase sur un deuxième service de « Sluggish Lovers », Montevideo s'éclipse en remerciant toute leur équipe et son public, qui, même s'il n'aura pas vu grand-chose, semble, en général, repartir le sourire aux lèvres.

 

Tony Joe White

Born on the bayou...

Écrit par

Le Handelbeurs est un bâtiment historique. Un monument classé dont la plus ancienne partie remonte à 1739. La décoration intérieure a été restaurée, puis aménagée à l'aide des techniques les plus modernes pour offrir aujourd'hui son caractère contemporain. Une entreprise qui a été achevée en septembre 2002. La salle principale (442 m2) peut contenir 390 places assises mais surtout 800 places debout. La sonorisation est parfaite. En outre, cette structure ultramoderne s'adapte suivant les circonstances au spectacle. On se doute bien que les infrastructures ne servent pas qu'aux concerts pop/rock, mais la centaine de spectacles qui y sont programmés par an constitue manifestement l'activité majeure de cette salle. Qui dispose, en outre, d'un bar particulièrement vaste. Afin de vous rendre compte de l'architecture des locaux, vous trouverez quelques clichés en rubrique 'photos du public'.

Tony Joe White est une légende vivante. Il a composé, entre autres, pour Elvis Presley, Tina Turner, Ray Charles, Joe Cocker, Etta James, Hank Williams Jr. et même Johnny Hallyday (NDR : est-ce une référence ?) Et tourné en compagnie d'une multitude de mythes du rock et du blues, dont JJ Cale et Clapton, qui lui ont filé un petit coup de main, lors de la confection de son dernier album, « Uncovered ». De passage en Belgique pour trois dates, le Louisianais a joué à guichets fermés. Y compris lors de son set accordé au Handelbeurs de Gand. Une popularité acquise sut le tard. Surtout lorsqu'on sait qu'il compte aujourd'hui 63 balais.

Tony monte sur les planches en solitaire. Chapeau bien enfoncé sur le crâne, lunettes fumées, il s'assied sur un siège disposé à l'avant de la scène, branche sa guitare (NDR : il gardera la même râpe tout au long du concert) et pose un harmonica sur un rack. Le spectacle peut commencer. Après quelques titres, le citoyen d'Oak Grove est rejoint par un drummer : Jeff Hale. Pas n'importe qui, puisqu'il a sévi au sein du Jenning's Band. Un batteur qui allie efficacité, souplesse et vivacité. C'est tout juste s'il ne joue pas son propre show ! Le son est à la fois puissant et cool. Le baryton profond, musqué de White donne la chair de poule. Le swamp blues de TJW est insidieux, poisseux, ténébreux, hostile, venimeux, régulièrement hanté par son harmonica. Cependant, le Crocodile est vigilant et dispense ses riffs tranchants ou funkysants par giclées, lorsqu'il ne torture pas son instrument (NDR : la pédale wah wah !) à la manière de Jimi Hendrix ; mais en prenant toujours le soin de les sculpter dans le blues. Et puis, il est le maître du bayou. Aucune proie ne peut donc lui échapper… Les titres défilent : « Undercover agent for the blues », « Roosevelt and Ira Lee » (NDR : franchement on comprend mieux pourquoi il a influencé le Creedence Clearwater Revival !), « Saturday nite in oak groove, Louisiana », les blues lents « Did somebody make a fool out of you » et « Rainy night in Georgia », « Stud spider » qu'il parcourt d'onomatopées, ainsi que les inévitables « Cold fingers » et son tube « Polk salad Annie » qu'il réserve en fin de spectacle.

Le public en redemande, mais Tony Joe White se fera longuement attendre avant de revenir jouer trois morceaux dont l'excellent « Keeper of the fire », « (You're gonna) look good in blues » et « Steamy windows » sur un tempo tribal digne de Neil Young. Peu de titres issus de son dernier opus, et pas de trace du célébrissime « Groupie girl ». Une heure trente plus tard, le saurien se lève, salue la foule et disparaît dans son bayou...

 

Aston Villa

I wanna play Rock music...

Écrit par

Lors de l'enregistrement de son dernier album (« De jour comme de nuit »), on a pu constater qu'Aston Villa avait une nouvelle fois changé de line up : nouveau drummer et nouveau guitariste. Un disque beaucoup plus électrique, métallique même parfois. Et la présence de ces deux nouveaux membres n'y est pas étrangère. Dans ces conditions, il fallait donc s'attendre à des prestations 'live' musclées. Et pour vérifier, rien de tel que d'assister à un de leurs concerts. En l'occurrence celui accordé ce mardi 1er mars au Splendid de Lille, une salle que le groupe semble beaucoup apprécier, puisqu'il s'y produit cycliquement.

Et dès les premiers accords, on se rend déjà compte de la puissance du son développée. Pas pour rien que le tracklist de cette soirée va privilégier les compos du dernier opus. Peu ou pas de jeu de lumières, cependant, à cet instant. Un light show qui va cependant et progressivement inonder la scène de ses faisceaux, pour en devenir même au fil du temps, impressionnant. « Tête de lune », « A vendre » et « Croiser le fer » permettent rapidement de discerner le talent d'Emmanuel Baroux à la six cordes. Un instrument qu'il torture avec une habileté déconcertante. En bénéficiant du soutien d'une section rythmique à la fois solide et bigrement efficace. Frederic Franchitti n'a pas pour autant perdu sa verve lyrique. Heureusement d'ailleurs, car c'est toujours sa poésie contemporaine qui fait tout le charme d'Aston Villa. Superbe compo, « Ma blonde » ose ainsi la comparaison entre sa décision d'arrêter de fumer et une rupture amoureuse. En nous balançant même en final un 'Et vous ?' lourd de sous-entendus. Pour « Wash my soul », Fred se met à pianoter d'une main (NDR : il n'a qu'un bras, et n'hésite pas à ironiser sur son handicap), pour élever le timbre de sa voix à la manière d'un Tim Buckley (NDR : ou Jeff. C'est la même chose, ils sont tous les deux dans l'autre monde) ; et lors de « Soldier », autre ballade, il se met à siffloter à la manière de Bryan Ferry. Mais 'don't ask me why'… « Longtemps déjà » marque un retour à une forme plus rock, plus sauvage. Une phase prolongée par l'hymne "Rock music", "Voiture française", "Invincible" et le très Young Gods "Coming out". Fred retourne derrière son clavier pour interpréter le pétillant « Champagne », un morceau qui aurait pu relever du répertoire de Charlélie Couture voire de Tom Novembre. Le bassiste est passé à la sèche pour « Un million de lézards » ; mais si sa prestation n'est guère convaincante, elle permet au public de souffler avant le final. Au cours duquel lequel il reprend l'inévitable refrain de « Regarde moi ». Les spectateurs sont chauffés à blanc. Le quatuor aussi. C'est le moment choisi par Fred pour insérer « De jour comme de nuit ». Il y simule un orgasme. Et que celui qui n'a pas compris donne sa langue au chat. Une compo adaptée pour jouer les prolongations. Fred s'est barré. Et chaque musicien y va de son solo. Pas trop ma tasse de thé. Ce qui n'empêche pas le public de s'enflammer et de réclamer un rappel.

Fred et Manu, ce dernier à la guitare sèche, opèrent leur retour et interprètent « Un homme bien ». Le duo est ensuite rejoint par la section rythmique pour « Raisonne ». Et on monte inévitablement le son. Frédéric aboie, bondit, monte sur un baffle : « Le chien ». Le public pogote. Visionnaire, Aston Villa achève le spectacle par « J'en rêve ». De qui ? De Noir Désir ? Les spectateurs en rêvent encore. Et Aston Villa de saluer son public, bras dessus bras dessous sous un tonnerre d'applaudissements…

 

dEUS

Sur une autre planète?

En Belgique, dEUS jouit d'un statut presque divin. A l'étranger, il n'est qu'un groupe comme les autres et doit mettre les bouchées doubles pour conquérir le public. Et finalement ce n'est pas plus mal ; car cette situation les oblige à ne pas trop planer sur la vague du succès. Mais aussi à rester concentrer sur l'essentiel : faire de la bonne musique. dEUS ce produisait donc à La Luna de Maubeuge, une salle sise à la frontière française, pas tellement loin de Mons. Pas d'auditorium comble, cependant, mais un parterre évalué à plus ou moins 800 personnes ; alors que paradoxalement, quelques jours plus tôt la formation anversoise jouait devant 16.000 fans.

Assister à un set du band à une échelle plus humaine s'est avéré une expérience très agréable. D'autant plus que dans cette situation, il a encore tout à prouver. Et en pleine forme, dEUS n'a pas manqué cet examen de passage. Manifestant un enthousiasme et une conviction jamais pris en défaut, le combo a mis le public français dans sa poche.

Le groupe parfaitement soudé, la machine bien huilée, dEUS a accordé un concert sans faille. Sans pour autant arrondir les angles. Au contraire ! Parfois même les musiciens ont érigé un mur sonore impressionnant ; des instants au cours desquels on avait l'impression que le groupe était sur une autre planète…

Tantôt violent et intense, tantôt sobre (le splendide et bouleversant « Serpentine »), le set a puisé très souvent dans le tracklist de l'excellent dernier opus, 'Pocket Revolution'. Et les nouvelles chansons se sont révélées aussi puissantes que les classiques (5 plages d''In a bar under the sea').

Les meilleurs moments du set ? Tous ! Même si j'ai flashé sur un « Theme from Turnpike » empreint de quiétude, le menaçant « Worst Case Scenario » et le somptueux « Instant Street », à l'intensité graduelle.

Lors du rappel dEUS se surpassait à nouveau, en dispensant le phénoménal « Bad Timing », le venimeux « If you don't get what you want » et le frénétique « Suds and soda » qui ponctuait le spectacle dans l'exubérance la plus totale.

Ce qui m'a cependant le plus frappé, c'est le talent incroyable de Mauro Pawloski. Manifestement, c'est du bonus pour dEUS. Et tant pis pour Stef Kamil Carlens, Craig Ward, Rudy Trouvé ou Tim Vanhamel, mais le line up actuel est, sans la moindre contestation, la meilleure formule de dEUS ! Après une longue absence, l'ensemble a démontré qu'il est bien le seul à pouvoir briguer le titre de meilleur groupe rock en Belgique ; et qu'il est également un 'headliner' judicieux pour le Rock Werchter.

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions