Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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dimanche, 15 juin 2008 14:01

Calexico emporté par la poussière…

« Carried to dust », c’est le titre du prochain opus de Calexico qui paraîtra ce 8 septembre. Il fait suite à « Garden Ruin », paru voici déjà deux ans. Le groupe a bien entendu reçu la collaboration de quelques invités, parmi lesquels figurent Sam Beam, Douglas McCombs et Pieta Brown. Enfin, la bande à Joey Burns et John Convertino se produira le 13 octobre à l’AB de Bruxelles, le lendemain à La Cigale de Paris et le 15 au Paradio d’Amsterdam, dans le cadre d’une tournée mondiale qui débutera ce 20 juin en Allemagne. Il ne serait dès lors pas étonnant de les voir lors de l’un ou l’autre festival d’été…

Pour plus d’infos : http://www.casadecalexico.com/index.php

 

lundi, 13 février 2006 02:00

Collisions

Encore un groupe issu de New York. Responsable de quatre albums à ce jour, il a connu toute une série de changements de line up depuis sa fondation, c'est-à-dire depuis 1997. Finalement, la formation est aujourd’hui réduite à un trio. « Collisions » constitue déjà son quatrième opus. Un disque pour lequel le groupe a reçu le concours de Chris Zane (Televised) à la production et surtout de Victor van Vught (Nick Cave, PJ Harvey) au mixing. Découpé en 11 titres, « Collisions » évolue au sein d’un univers sonore tout à tour cosmique, psychédélique ou noisy. Le spectre de My Bloody Valentine n’est jamais très loin, même si les mélodies pop prennent le plus souvent une forme hymnique. A l’instar du superbe « It dawned on me », plage balayée de cordes de guitare bringuebalantes, cristallines, et raffinée par des harmonies vocales limpides, qui aurait pu relever du répertoire des Byrds voire de Teenage Fan Club. Ou mélancolique. Une mélancolie douce, ténébreuse, infusée par les vocaux caressants d’Aurelio Valle, dont le timbre, sis quelque part entre celui de Conor Oberst et d’Elliott Smith, semble chuchoter au creux de votre oreille. Ce qui n’empêche pas le band d’explorer d’autres formes musicales. Et je pense tout particulièrement à l’atmosphérique, presque trip hop, « Pulverized », au cinématique « Stumble », ou au final « Oveshadowed », profilé sur un crescendo épique. Mais la quintessence de cette œuvre est atteinte sur les morceaux qui libèrent l’adrénaline la plus pure, la plus sauvage. « Swagger » en est probablement le plus bel exemple ; mais également le tribal « Testify » ou encore le capricieux et luxuriant « So far, so what ». Un bien bel album !

 

 

lundi, 27 mars 2006 03:00

At Folsom Prison / At San Quentin

Vu la sortie du film “Walk the line”, un long métrage retraçant la vie tumultueuse de Johnny Cash, Columbia a eu l’idée judicieuse de ressortir les deux albums qu’il avait enregistré dans les prisons de Folsom et de San Quentin en 1968 et 1969. Deux des pièces maîtresses de sa discographie, sous un même coffret. Il y chante de sa voix de baryton si caractéristique, virile, des chansons aux textes sombres, mélancoliques, mais aussi ironiques qui parlent de problèmes sociaux, d’histoires d’amour tragiques, de meurtre et de rédemption… Et si sa musique était taxée de minimaliste, elle était souvent interprétée sur un tempo allègre, sans jamais tomber dans la répétition. A cette époque, on la considérait même parfois comme une forme alternative de rockabilly. « A boy named Sue », mais aussi « Jackson », « Green green grass of home », “I walked the line », “Cocaine blues”, « Ring of fire » et les inévitables « At folsom prison blues » et « San Quentin » figurent donc bien parmi les 37 morceaux de ce box. Décédé à l’âge de 71 ans, le 13 septembre 2003, The Man In Black a enregistré plus de 1500 chansons en plus de 40 années de carrière et décroché 11 Grammys. Non seulement, il constitue une des figures emblématiques de l’histoire de la musique country, mais il a exercé et exerce encore aujourd’hui une influence majeure chez des artistes ou des groupes aussi notoires que Bob Dylan, Léonard Cohen et dans un registre plus contemporain Nick Cave.

mardi, 11 juillet 2006 03:00

Personal file

Lors de la vente de la maison de ses parents décédés voici 3 ans, John Carter Cash a fait une découverte inattendue. Il est tombé sur des bandes sur lesquelles ne figurait comme annotation que ‘Johnny Cash – Personal files’. En fait, le fiston venait de dénicher des tas d’enregistrements concoctés par feu son père dans son studio maison. Ces compos inédites constituent un trésor inestimable, puisque non seulement il ne s’agit pas de fonds de tiroirs ou de demos (NDR : probablement des projets d’albums non aboutis) ; mais en outre, elles sont tellement nombreuses, qu’elles devraient faire l’objet de toute une série de futurs opus posthumes. Et ce « Personal file » en est la première concrétisation. Enregistrés entre 1973 et 1982, celles qui constituent ce double cd réunissent reprises (Louvin Bothers, John Prine, Carter Family, Johnny Horton, Lefty Frizzell), traditionnels irlandais, chansons gospel, poèmes, et inédits pour la plupart précédés de préambules explicatifs. 49 titres en tout. Le premier privilégie les anecdotes sinistres, alors que le second trahit ses convictions spirituelles. Des berceuses qu’il interprète de son baryton rocailleux, fragile, chaleureux, profond, sudiste, en s’accompagnant simplement d’une guitare sèche. The Man In Black n’est peut-être plus de ce monde, mais son œuvre n’a jamais été aussi vivante…

mardi, 23 mai 2006 03:00

The Greatest

Non, il ne s’agit pas d’un best of comme le titre le laisse supposer, mais d’un nouvel album de Chan Marshall. Son septième. En fait, « The greatest » est le morceau maître de cet opus, une chanson qui rend hommage à Mohammed Ali. Ce qui explique la présence de gants de boxe sur la pochette. Pour enregistrer cet elpee, Chan s’est rendue à Memphis. Soit dans le berceau de la soul sudiste. Elle a ainsi pu bénéficier du concours de collaborateurs particulièrement huppés ; et notamment des musiciens d’Al Green et de Booker T & The MG’s. Etonnant pour l’égérie ultime du mouvement lo-fi yankee. Bref, si ce disque n’est pas encore de la trempe d’un « You are free », paru en 2003, il s’avère de bonne facture et recèle d’excellentes plages. Bien sûr, vu le contexte au sein duquel les sessions d’enregistrement se sont déroulées, le blues, le jazz et surtout le rythm’n blues sont beaucoup plus présents. Ce qui n’empêche pas Chan de se réserver l’une ou l’autre compo plus minimaliste. Le plus souvent en s’accompagnant d’un piano honky tonk ; nous donnant même parfois l’impression qu’elle se produit dans un bar enfumé (« Willie », « After it all » et ses sifflotements guillerets). Mais aussi à la guitare électrique. A l’instar du sombre et minimaliste « Hate ». Cependant, l’essentiel des morceaux de cette plaque surprend par sa richesse instrumentale. Arrangements de cordes soyeux, claviers poussiéreux, piano électrique et drums syncopés, cuivres gominés ainsi que guitare électrique ronflante (« Love & Communication »), tissent la trame sonore pendant que Chan y pose sa voix sensuelle et voilée, dans un registre qui me fait tantôt penser à Janis Joplin, tantôt à Melanie, mais sans jamais monter dans les aigus. Sur « Islands », une des deux compos fondamentalement country, le spectre de Hope Sandoval (Mazzy Star) se met même à planer.

 

 

lundi, 20 mars 2006 02:00

Beyond respect

Née en 1982, cette formation australienne n’avait guère donné de signe de vie depuis l’an 2000. C'est-à-dire lors de la sortie de son dernier opus, "A Mid-Stream Of Consciousness". A un tel point qu’on se demandait si les Fusils Célibataires n’avaient pas déposé les armes… Et paradoxalement, chaque fois qu’on les compte pour morts, ils reviennent à vie. Du line up initial, seuls les deux guitaristes (Kent Steedman et Dave Morris) ainsi que le chanteur (Damien Lovelock) sont toujours au poste. Les différents changements opérés au cours de leur longue existence, n’ont donc affecté que la section rythmique. Et jamais la musique. D’ailleurs, Radio Birdman, les Stooges, les Sex Pistols, Damned, les Saints, les Ramones et MC5 comptent toujours parmi les influences majeures de cet ensemble qui jouit d’une excellente réputation de groupe de scène. La complémentarité des deux guitaristes n’y est pas étrangère. Mais aussi les compositions hymniques, soulignées par la voix âcre, graveleuse, laconique, du vocaliste responsable de lyrics engagés, satiriques, souvent à caractère écologique. « Beyond respect » ne déroge pas à la bonne règle. Il recèle cependant l’un ou l’autre compo plus élaborée, énigmatique, rampante, fiévreuse. A l’instar d’« Alhambra », de « When we meet again » ou encore de « Dre », balayé par les flux convulsifs des six cordes. L’opus privilégie, bien sûr, les plages contagieuses, décapantes, tempétueuses. Et je pense tout particulièrement à l’irrésistible « You won’t love me », au ‘stoogien’ « Nobody knows », à « (We all moved to) Buttland », dont les refrains sont balayés de backing vocaux vindicatifs ; et puis surtout au tribal « Return of the creature with the atom brain », adressant à la fois un clin d’œil à Rocky Erikson (NDR : leader des 13th Floor Elevator, il avait écrit en son temps « Creature of the atom brain », en s’inspirant d’un film d’horreur paru en 1955) et par conséquent aux Cramps, grands collectionneurs de films de série B. En bonus track, cet opus nous réserve une cover de « My generation » du Who. Au-delà du respect il y a encore et toujours du respect…

mardi, 15 août 2006 03:00

Ep

Tout d’abord, je n’aime pas du tout le nom du groupe. J’en ai fait part à Stéphane, un de nos deux spécialistes en métal. Et il a bien rigolé. Faut dire que dans le style, les patronymes mortuaires pullulent. Passé cette aversion, j’ai dû me rendre à l’évidence : le potentiel de ce duo lillois est considérable. Enfin, c’est l’impression qu’a laissée cet EP 5 titres. Cercueil joue une musique hybride (NDR : de l’électro dark pop, paraît-il !), quoique largement dominée par les synthés. Une musique balayée par le falsetto assez particulier, sinusoïdal, de Pénélope Michel (NDR : parfois sa voix me fait penser à celle de Mathieu Chedid). Enregistré par Fred Norguet (Sleepers, Burning Heads) au sein des studios le Chalet à Bordeaux, cet Ep démontre déjà leur capacité à varier les styles. Depuis « Low » (NDR : une référence à Bowie ?) qui évolue à la croisée des chemins d’Ultravox voire de Tubeway Army (les synthés !), d’Ozark Henry (ses débuts surtout) et de Tuxedo Moon (les accords de basse sont aussi ténébreux que ceux assénés par Peter Principle) à « U need it », une plage sculptée dans la country spectrale (ce banjo !), en passant par l’obsessionnel « Opening night ». Réminiscent de feu Nico, mais en plus alerte, cette plage est hantée par une trompette qui n’est pourtant pas jouée par Luc Van Lieshout (NDR : encore un musicien de Tuxedo Moon). Reste « Noche », dont le traitement électro, nonobstant la présence de ce fameux banjo, rappelle inévitablement celui qu’avait opéré Radiohead sur ses albums « Kid A » et « Amnesiac ». Et puis « Sponger gene ». Caractérisé par un clavier vintage, il s’achève par un refrain paradoxalement disco. Etonnant et surtout à suivre de très près !

 

mardi, 18 avril 2006 03:00

Chops

Le chanteur/guitariste/claviériste de Gorky's Zygotic Mynci a donc décidé de tenter l’aventure en solitaire. Ce qui ne l’a pas empêché d’inviter l’un ou l’autre pote pour enregistrer son premier album solo. Et notamment Pete Richardson, le drummer du groupe défunt ainsi que John Lawrence, un des membres fondateurs de cette formation mythique, née en 1991. On connaissait surtout le G.Z.M. pour sa musique pop déchirée entre le psychédélisme sinusoïdal des Fab Four, alors sous l'influence de " Lucy in the sky with diamonds ", et le folk de Stackridge (NDR : un ensemble né au cours de seventies, réputé pour son style à la fois pastoral et humoristique). Euros Childs a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, moins excentrique. Limitée, la plupart du temps, à sa voix, un piano ou une guitare sèche et/ou un clavier bontempi. Une exception qui confirme la règle : « Slip slip way », une plage qui renoue avec la folie douce du passé. Tout au long de « Chops », Euros chante d’un timbre falsetto qu’il dédouble parfois pour mieux conjuguer les harmonies vocales. Elles sont même parfois aussi soignées que chez les Beach Boys ; et en particulier lors du refrain de « Hi Mewn socasau », une des deux chansons interprétées en Gallois. Une compo dont le couplet est presque rock’n roll et le final manifestement garage. Il arrive même à euros de chanter a cappella ou alors d’épouser des inflexions médiévales chères à Chumbawamba. Nonobstant cette volonté de dépouillement, Childs parvient quand même à élargir son horizon sonore. Et je pense tout particulièrement au tubesque « Donkey Island », au très beau « Circus time », enrichi d’un violon romantique et puis de l’hypnotique « First time I saw you », un morceau de techno folk de 8 bonnes minutes abordé dans l’esprit de Stereolab (NDR : à moins que ce ne soit du krautrock de Faust !).

 

mardi, 24 octobre 2006 03:00

Antidepressant

Si on ne compte ni les compiles, ni les albums commis en compagnie des Commotions ou des Negatives, “Antidepressant” devrait être le huitième opus de Lloyd Cole. Un disque pour lequel il a reçu le concours épisodique de quelques amis, dont Neil Clarke l’ex-guitariste de ces fameux Commotions, un arrangeur de cordes, un bassiste et deux ex-Negatives pour les backing vocaux. C’est tout. Car Lloyd a pratiquement tout assuré seul. Même les bruitages électroniques (NDR : voir à ce sujet l’interview qu’il nous a accordée tout récemment). Découpé en onze plages, « Antidepressant » nous plonge au sein d’une ambiance tendre, mélancolique, paisible, une ambiance bien sûr entretenue par le baryton chaleureux, sensuel, intimiste de Cole. Privilégiant l’esthétisme, Lloyd n’en épingle pas moins l'actrice américaine Scarlett Johansson dans « Woman in a bar » ou la série ‘Six feet under’ sur le titre maître. Certaines compos (« New York City sunshine », « Rolodex incident », « I did’nt see it coming ») renouent (involontairement ?) avec le mouvement postcard (NDR : souvenez-vous des Pastels et surtout d’Aztec Camera), à moins que ces morceaux ne soient tout simplement hantés par le spectre d’Al Stewart (« How wrong can you be ? »). A cause de la guitare jouée en picking, dispensant des sonorités presque hispaniques. Deux titres émargent cependant à la country. Tout d’abord l’allègre « Every song » et puis « Travelling light ». Dépeignant les rêves du Nouveau Mexique, cette dernière aurait d’ailleurs pu figurer dans le répertoire de feu Johnny Cash. Bref, un très bel album auquel il manque peut-être un single potentiel…

mardi, 12 décembre 2006 02:00

New YorCoeur

Depuis son exil à New-York, c’est à dire en 2004, CharlElie avait quelque peu délaissé la musique pour se consacrer à la peinture. Faut croire qu’après deux ans et demi de silence, le virus de la musique l’a rattrapé, puisqu’il vient d’enregistrer un nouvel album : « New-YorCoeur ». Un disque qu’il a entièrement conçu dans la mégalopole, en compagnie de musiciens américains. La plupart des textes - toujours aussi noirs, lucides, rebelles, poétiques - ont été écrits, avec pour toile de fond, New-York. Et très exactement son urgence ! Un fil conducteur qui lui permet d’épancher ses visions socio-philosophiques sur le monde contemporain, rejetant la démission facile et la fatalité (« Même à Spielberg »), dénonçant l’abandon criminel des mines anti-personnel (« J’suis miné »), manifestant sa révolte (« Une certaine lenteur rebelle »), confiant ses doutes (« L’empire du pire »), stigmatisant le syndrome de la convoitise contemporaine (« Jamais assez (Never enough) »), se livrant à un plaidoyer pour la tolérance (« Tous les hommes »), s’interrogeant sur son propre destin (« Follow the line », dans la langue de Shakespeare) ou encore affirmant sa liberté de pensée (« Emmerdeur ») ; la plupart du temps en tirant parti d’une instrumentation musclée, à la limite du métal ou du boogie voire du blues. Ce qui ne l’empêche pas de se réserver l’une ou l’autre chanson plus douce. A l’instar de « Juste un instant », une ode au bonheur immédiat, aux plaisirs simples, ou encore « Ton jour de gloire », lueur d’espoir au sein du grand bordel. Une petite surprise, le cinématique « Au cœur de Manhattan », abordé dans l’esprit du célèbre « Chacun fait ce qu'il lui plait » de Chagrin d'amour. Bref, un bien bel album pour ce doux rêveur tellement réaliste.