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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Enzo Porta

Enzo Porta

jeudi, 16 août 2007 03:00

Pukkelpop 2007 : jeudi 16 août

La vingt-troisième édition d’un des festivals les plus importants de Belgique a réussi à concilier impératifs commerciaux et curiosité musicale. Le temps de déposer deux campeuses à l’entrée et on entre dans le vif du sujet.

Trois jours d’un marathon musical que votre serviteur entamera en allant assister au concert des Bonde Do Rolê. Ce trio brésilien jouit pour l’instant d’un solide intérêt médiatique. Découverte par Diplo, un des dj de Coldcut, la formation vient de sortir un album pour le compte du prestigieux label Domino. Une fille et deux garçons responsables d’un mélange de hip hop old school (les beats d’Afrika Bambaata et les guitares heavy des premiers Beastie Boys) et de rythmes issus du nord du Brésil. Les Bonde commencent peut-être un peu tôt pour que leur musique festive et dansante fasse bouger les popotins. La faute peut-être à l’odeur encore fraîche (et peu agréable) d’engrais envahissant le chapiteau ‘dance hall’ ou alors au son un peu cacophonique dispensé par notre trio d’enfer. Ils se produisent sous une formule hip hop (un dj et deux m.c.’s) et assènent les petites bombes pour les pistes de danse qui parsèment leur album : « Soltan O Frango », « Marina do Bairro » ou encore « Geremia ». Sur le paillard « Divine Gosa », la chanteuse Marina expose son arrière train généreux sanglé dans un collant fuscia qu’un de ses collègues essaiera vainement d’enlever. Après quelques samples de « The final countdown » (« Our favourite song from de eighties ») et de Daft Punk, il est déjà temps de quitter les lieux pour aller voir ce qui se passe ailleurs…

On entend de loin le punk balkanique et clownesque de Gogol Bordello, un des pires noms de groupe jamais entendu. Drivée par l’ukrainien Eugène Hutz, la tribu de bouffons (un hommage à Bérurier Noir ?) essaie d’enflammer les esprits, mais sans grand résultat… Il faut dire aussi que ce punk mâtiné de reggae n’est pas particulièrement inspiré et les déguisements ridicules du groupe n’arrangent pas les choses.

On s’arrête un instant pour contempler la sculpture argentée qui trône sur la plaine : des rectangles rappelant les affiches des années précédentes. Le tout tourne au gré du vent grâce à un axe central et votre serviteur aperçoit le nom Ned’s Atomic Dustbin sur l’affiche de 1993… Ceux et celles qui se rappellent, une larme nostalgique à l’œil, de ces victimes de la grande bataille du rock sont autorisés à envoyer une carte postale souvenir à la rédaction.

Avant d’aller voir le résultat des travaux en solo de Baloji, ancien emcee de la formation hip hop liégeoise Starflam, pourquoi ne pas tendre une oreille distraite à la techno minimale du biologiste allemand Dominik Eulberg ? D’autant plus qu’il y propose quelques unes de ses productions dans la ‘Boiler Room’, tente consacrée aux sets de d.j.’s.

Soutenu par un ensemble au grand complet ainsi que deux choristes, Baloji vient présenter « Hôtel Impala ». Un premier album ambitieux concocté avec l’aide précieuse de pointures ; et en particulier Gabriel Rios, les Glimmers, Marc Moulin et Amp Fiddler. Expatrié à Gand, le Liégeois s’est fendu d’un opus autobiographique tout en abordant des sujets comme l’Afrique dont son Congo natal. Vêtu d’un costard beige plutôt classe, Balo ouvre son set par la version musicale d’un slam qu’on avait eu l’occasion d’entendre lorsque notre homme avait ouvert le concert d’Abd Al Malik, au Botanique, l’an dernier. L’ambiance est bonne et le groupe prend un plaisir visible à jouer ces titres fortement teintés de soul, de funk, d’un peu de reggae et même de rumba congolaise. Une prestation empreinte d’une belle énergie positive. Dommage que la voix soit sous-mixée ; car il est parfois difficile de comprendre les rimes conscientes et soignées d’un des m.c’s les plus doués du (défunt ?) collectif hip hop liégeois. On épinglera ainsi une reprise du « Personnal Jesus » de Depeche Mode dédiée à l’Afrique et libellée sous cette forme : ‘En Afrique on croit en Dieu et les traditions avant de croire en nous et c’est pour ça que l’Afrique reste en arrière’. Une remarque qui suscite la réflexion tout en aiguisant la curiosité vis à vis d’un album dont on va sûrement beaucoup parler.

La capricieuse météo belge semble pour l’instant vouloir épargner le festival. On en profite donc pour aller voir et entendre les Eagles of Death Metal sur la grande scène. Les morceaux de rock’n’roll du groupe de Jesse Hughes possèdent, sur disque, un charme très particulier. L’apport artistique de Josh Homme (Queens of the Stone Age) et de Tim Vanhamel (Millionaire) n’y est sûrement pas étranger, tant leur absence se fait ici cruellement ressentir.

Ce rock’n’roll moustachu et un peu lourdaud ne parvient pas vraiment à décoller et nous incite à nous rendre dans la tente baptisée ‘Château’ pour nous gaver du rock bruitiste et cinglé des Liars. Installé à New-York, le quatuor hésite entre transes percussives traversées de vocaux aigus et cavalcades noisy punk du plus bel effet. Une musique sans concession qui leur procure une cohorte de fans transis à travers le monde. On comprend mieux pourquoi à l’écoute de leur musique, car les aficionados de pur bruit rencontrent ici une synthèse furieusement rock’n’roll des travaux des Swans, Spacemen 3, Jesus & the Mary Chain ou encore de Can. Un assaut sonore entretenu par deux guitares grinçantes, un sampler et une batterie tribale qui en laissera plus d’un(e) groggy. En ce début d’après-midi le tracklist est partagé entre morceaux issus d’un nouvel album, dont la sortie est prévue fin août, et anciens titres. Le chanteur assène ses paroles comme des slogans et se démène comme un lion en cage. Il entraîne sa troupe vers une chanson finale apocalyptique. Elle aura certainement fait siffler plus d’une paire d’oreilles et vaudra peut-être aux organisateurs du Pukkelpop quelques plaintes pour acouphènes permanents. Le chanteur prend congé du public tétanisé mais ravi, tout en l’exhortant à aller voir Iggy & the Stooges programmés un peu plus tard sur la grande scène.

Après avoir vécu cette expérience limite, un peu de britpop ne peut que remettre les esprits en place. Précédés d’une réputation favorable, les Pigeon Detectives joueront le rôle de l’habituel groupe anglais persuadé de son importance. Le chanteur se pavane comme un coq. Leur power pop ne suscite pas d’adhésion particulière. Un profond ennui nous envahit rapidement et on décide alors d’aller se verser une bonne rasade de rock pompier.

S’il existait dans le monde une école pour apprendre à pondre du rock héroïque, Bono et Jim Kerr y donneraient sûrement des cours et les Editors feraient partie des élèves les plus assidus. Les jeunes gens de Birmingham prennent d’assaut la grande scène avec l’assurance de battants. Il faut dire que leur single « Smokers Outside The Hospital Doors » trotte dans toutes les oreilles depuis quelques mois et risque de les catapulter au firmament du rock. S’enfonçant dans un grotesque pastiche vocal de Ian Curtis, le chanteur multiplie à l’envi les poses de rocker torturé tandis que le groupe mouline des ballades new wave entendues mille fois auparavant. Au rayon des imitations ridicules de Joy Division, ils arrivent à surpasser Interpol ; mais au vu de l’immense degré de satisfaction manifesté par le public présent, on risque de se coltiner ces gaillards pendant toute l’année prochaine. Courage !

Histoire d’oublier ces tristes sires, The Go ! Team semble représenter la meilleure solution. En cours de route, on résout un débat concernant l’achat d’un t-shirt des Liars en y renversant par inadvertance une bière et on aperçoit le début du concert d’I’m From Barcelona.

Une poignée de gros ballons roses flotte dans la tente ‘Marquee’ et la grande confrérie entonne ses chansons chorales. Etrange groupe que les Go ! Team. Ce rassemblement de personnalités à priori antinomiques a produit une musique totalement intrigante. Un mélange d’exhortations hip hop old school, d’indie pop sautillante et de soul des années soixante. Un mur du son emmené par une chanteuse survitaminée, qui malgré son bandage au genou gigote comme une enseignante d’aérobic sous l’emprise de psychotropes. On suit le concert le sourire aux lèvres. On apprécie les morceaux déjà classiques du dernier opus et on découvre en même temps les titres du prochain, conçus dans le même esprit.

Nous demeurons dans les parages pour assister à un autre des événements marquants de cette première journée. Le rimeur anglais Dizzee Rascal s’est fendu d’une belle prestation en alignant les nombreuses tueries figurant sur son nouvel elpee « Maths+English ». De « Excuse Me Please » à « Pussyole » en passant par la drum and bass de « Da feelin’ » ou encore « Temptation » qui sample les Arctic Monkeys. Sans oublier le plus mercantile « Bubbles » qui vante les pompes récemment ‘designées’ par Dizzee pour le compte d’une multinationale du sport... Accompagné d’un M.C. et d’un d.j. hallucinant qui scratche de la main gauche et bouge le crossfader avec son menton, l’ami Dizzee a confirmé son grand talent de conteur urbain et d’entertainer. Bref un bon moment caractérisé par la grande clarté du son et surtout des voix, des propriétés importantes pour le bon déroulement d’un concert hip hop.

Rock’n’roll now ! Car c’est l’ami Iggy Pop et ses vieux compère des Stooges (plus Mike Watt des Minutemen à la basse) qui se produisent ensuite sur la grande scène. Authentiques légendes du rock, ces messieurs commencent à afficher un âge respectable. Une situation qui se ressent sur quelques titres plus faibles ; mais dans l’ensemble le band fournira un set de bonne facture. Une soirée peut-être spéciale puisque c’était l’anniversaire du batteur Scott Asheton. Il n’avait cependant pas l’air d’afficher une forme olympique. Les jambes écartées tout au long du concert, Mike Watt constitue un remplaçant de luxe au défunt bassiste Dave Alexander. Plus cabotin que jamais, Iggy passe en revue les morceaux des deux premiers albums des Stooges ainsi que quelques autres issus du dernier opus. Une belle prestation ‘best of’ parachevée par une invasion assez amusante du public invité à monter sur les planches, lors de « No Fun ». Un stage manager vêtu d’une chemise mauve essaie tant bien que mal de contenir l’anarchie produite par une centaine de personnes gesticulant comme des singes sur scène. Après que le dernier envahisseur ait été bouté hors de scène, les Stooges rappellent qu’ils sont des rockers fans de jazz puisqu’ils s’autorisent une version très ‘free’ et bruitiste de « Funhouse ». Un saxophoniste y participe même. James Osterberg hésite quelques secondes à nous montrer ses fesses avant de renoncer à ses desseins. Le groupe a déjà vidé les lieux et l’Iguane minaude encore quelques minutes sur le podium avant de prendre congé du public.

Après cette bombance de décibels, l’envie nous prend d’aller nous relaxer à l’écoute des doux accords de guitare de Devendra Banhart. Car en concert, le Vénézuélien cosmopolite a un don indéniable pour nous charmer. Hélas, on a dû vite déchanter. Venu interpréter les titres de son nouveau disque, l’homme (avec un  petit air de Charles Manson ce soir là) paraissait un peu désorienté sur scène. Il a passé pas mal de temps à essayer de faire fonctionner une guitare qui refusait de sortir le moindre son. Ensuite le tracklisting s’est limité à ses nouvelles compos. Difficile d’émettre un avis sur ces primeurs oscillant entre rock psychédélique et rythmes latins... Une chose est sûre, elles ont été alignées sans grand entrain et au sein d’une atmosphère tristounette... Arrive ensuite le moment habituel au cours duquel Devendra Banhart invite un spectateur à venir chanter un morceau sur le podium. Une espèce de clone débarque alors pour chanter un titre d’une banalité affligeante. Pas fou pour un sou, il balance au micro son adresse MySpace pour que le bon peuple aille écouter ses œuvres musicales. C’est à peu près à ce moment là qu’on décide d’oublier ce concert navrant en procédant à une petite séance de zapping de scènes, le festival constituant le lieu rêvé pour ce genre de pratiques.

Un petit tour au ‘dancehall’ nous permet de jauger la Sri-lankaise M.I.A.. Elle beugle, d’une voix pâteuse, être à la recherche de compagnie pour la soirée : ‘hey Belgian boys, I’m single !’ Juste avant d’enchaîner sur un titre qui sample une vieille chanson des Clash. C’était la fin du set.

On échoue au ‘Château’ où les Balkan Beat Box s’apprêtent à entamer les hostilités. Ce collectif newyorkais opère un vigoureux mélange des genres : musique des Balkans, reggae, ragga, électro. Un emcee/percussioniste (il chante en arabe et anglais) chauffe le public. Le début des opérations est plutôt convaincant ; mais au fil du temps, l’expression sonore s’enfonce de plus en plus dans une lounge sans saveur, abusant de samples et de notre patience. Elle commence d’ailleurs à payer les neuf heures de musique ininterrompues de la journée.

On décide d’aller se détendre en écoutant la musique contemplative de Low. Fondé par le couple chantant Alan Sparhawk et Mimi Parker, respectivement à guitariste et drummeuse, le trio américain est responsable d’une musique empreinte de désespoir. Le groupe est venu défendre l’album « Drums and guns », sorti il y a peu pour le compte de Sub Pop ; une œuvre qui couronne treize ans d’existence de la formation. Mimi chante et joue de la batterie debout et l’impassible bassiste prend une pose qu’il ne changera plus jusqu’à la fin du concert. Alan Sparhawk égrène des notes graves de guitare et chante son spleen d’une belle voix claire. Malgré une certaine froideur initiale (‘Thanks for coming, I hope you won’t fall asleep’), on ne s’ennuie pas et une ambiance particulière et recueillie nous enveloppe. La musique de Low touche des territoires sonores connus mais explorés d’une façon inhabituelle de nos jours. Elle met le doigt sur un certain malaise contemporain (et occidental) mais sans l’emballer dans les poses adolescentes. Après un titre dédié à Iggy Pop, le concert prend sa vitesse de croisière, privilégiant, hormis quelques incursions plus rock et bruitistes, le registre intimiste. Mais en imprimant toujours aux compos un tempo particulièrement indolent ; ce qui a valu au groupe d’être taxé de ‘slowcore’. Mais au delà des étiquettes, c’est la découverte musicale qui compte et ce concert en fût une très belle.

Et on termine cette copieuse première journée par la prestation des Australiens d’Architecture in Helsinki. Cette formation à géométrie variable pratique une sorte d’humour pince sans rire à la Monty Python et semble parodier différents courants de la musique pop des années 80. Tout y passe, de l’électro funk à la pop kitsch. Même si les titres ne sont pas toujours mémorables, le groupe peut se transformer en vrai machine à danser et est parvenu à rallier à sa cause la foule qui peuplait alors le ‘Château’.

mardi, 14 août 2007 18:19

Dj Format

Le dj hip hop canadien succède à Gilles Peterson dans la toute neuve série de compilations mixées, consacrées au catalogue Fania et ses sous labels (Tico, Alegre et Cotique). A l’image de ses productions solo, Dj Format affiche un goût très sûr pour les ambiances chaleureuses où la soul, le jazz et le funk rencontrent les bondissantes percussions latines. Il écarte le côté salsa de la deuxième moitié des seventies pour se concentrer sur l’énergie du boogaloo et du latin jazz des sixties. Une sélection sans faille propice à un joyeux télescopage entre une vingtaine de morceaux où les stars du genre (Ray Barretto, Monguito Santamaria, Tito Puente) côtoient des artistes plus obscurs. Obscurs, peut-être, mais auteurs de quelques tueries. A l’instar du « Happy Soul with a Hook » de Dave Cortez, récemment samplé par Cristina Aguilera. On pourrait en citer d’autres, mais l’essentiel est de savoir que quelques uns de ces chefs d’œuvre figurent (sans coupures) sur la compilation « The Bad Boogaloo », toujours parue chez Fania/V2.
mardi, 14 août 2007 18:18

Dirty Space Disco

IInitiateurs des compilations “Dirty Diamonds”, Guillaume Sorge, Clovis Goux et Benjamin Morando se sont réunis sous le patronyme de Dirty Sound System. Les trois gaillards ont décidé de compiler les travaux d’artistes ayant expérimenté la musique disco au cours des années 70 et 80. Un disco sinueux et reptilien, minimal et souvent expérimental. Soufflant le très chaud et le glacial, « Dirty space Disco » regroupe les travaux de musiciens émanant des horizons les plus divers. Et tout d’abord des Américains issus de la soul et du funk comme John Forde, Fern Kinney, Undisputed Truth ou encore Sylvester. Bien que plus attachés à la tradition, ces derniers n’hésitaient pas à tâter des premières boîtes à rythmes et des synthétiseurs, tout en demeurant pop et accessibles. Européenne (surtout allemande), la seconde moitié se révèle davantage expérimentale, orientée vers les voyages intérieurs que vers les pistes de danse : le batteur italien Tony Esposito, Roedelius, l’étonnante Clara Mondshine (produite par Klaus Schultze), Conrad Schnitzler, Yellow Power. Toute une panoplie d’artistes responsables d’une psychédélique tantôt inquiétante, tantôt robotique. Mystérieuse et surprenante, cette compilation païenne devrait vous permettre de découvrir quelques francs tireurs, très en avance sur leur époque.
mardi, 14 août 2007 18:14

Noise Won’t Stop

Dans le passé, ce duo américain a répondu successivement aux patronymes El Guapo et Supersystem. Il vient cependant d’être catapulté comme fer de lance de ce que la presse anglaise a baptisé ‘new rave’. Une nouvelle étiquette un peu vaine pour cataloguer les rockers ne dédaignant pas les pistes de danse ; mais surtout n’hésitant pas abuser des sonorités de synthés qui rappellent parfois les productions dance/électro des années 90, Chemical Brothers en tête. Au delà de cette énième hype, Pete Cafarella et Nate Smith proposent, tout au long de ce troisième album, un mélange musical original : des rythmiques ragga et r’n’b, l’énergie du punk rock, des gros synthés agressifs et acides, une voix haut perchée évocatrice du post punk anglais et même un poème en italien dédié à Fabrizio De Andre’, le Leonard Cohen transalpin (à la fin de « What’s It Feel Like »). Malgré quelques redites, il faut reconnaître que ce disque recèle quelques tueries susceptibles d’ébranler les dancefloors les plus rétifs de notre Occident fatigué. « Drop The Phone », « Generation Y », « Kick Drum » (avec Spank Rock), « Astronaut », « Good and Evil » ou encore « Noise Won’t Stop » constituent une série de titres où l’efficacité n’est pas un vain mot. Dommage que la voix de Pete Cafarella ne soit pas toujours à la hauteur, car elle rend difficile l’écoute de l’album sur la longueur. Hormis cette réserve, on a droit à une synthèse quasi parfaite entre passé et futur, comme si Ian Curtis ne s’était pas suicidé et avait été produit par Timbaland.

mardi, 14 août 2007 18:11

Gypsy Carpet

Légende vivante de la musique ‘rom’, Esma Redzepova a été baptisée la ‘reine des tziganes’. Elle chante depuis plus d’un demi-siècle. Accompagnée de son mari Stevo Teodosievski, elle a popularisé la musique yougoslave en tournant dans les pays sous le giron soviétique mais aussi les pays ‘non-alignés’. Après la mort de son mari, elle a abandonné l’idée d’entrer dans un couvent et s’est fixée dans une maison luxueuse (qu’elle va bientôt céder à une fondation), au sein de sa Macédoine natale. Au cours de son existence, elle a adopté pas moins de 46 enfants devenus pour la plupart ses musiciens attitrés. Elle a enregistré ce disque en compagnie de sa grande famille, une œuvre qui explore les différents aspects de la musique des Balkans. Elle y adapte des traditionnels, mais s’y réserve également quelques compos originales. Un mélange soigné et brillamment exécuté (accordéon et percus mènent la barque) rappelant parfois la musique orientale, le kletzmer et la culture méditerranéenne. Toute une structure sonore destinée à mettre en exergue la voix impressionnante de la ‘gypsy queen’ dont le style théâtral et très émotionnel rappelle les chants du sud de l’Italie, surtout dans la manière d’allonger les voyelles. Un personnage digne d’un film valant la peine d’être découvert.

mardi, 14 août 2007 18:09

Soul Latino

Toujours à la recherche des héros oubliés du continent américain, les activistes de Vampi Soul ont exhumé des limbes l’unique album de Rabbits & Carrots, une formation soul-funk mexicaine fondée par les frères Agüero. Cet elpee était paru en 1969. Il rassemble les reprises de classiques de Jorge Ben (« Pais Tropical »), James Brown, Kool & the Gang, Sly & the Family Stone, Rufus Thomas et même Nino Rota, le compositeur attitré de Federico Fellini. Des relectures souvent instrumentales mais empreintes de personnalité et de sens du groove. Bien que parfois anecdotique (on se perd quelquefois dans la jam funky stérile), cet opus recèle quelques titres dignes d’intérêt. A l’instar de la version espagnole de « Express Yourself », le funky « Las 4 culturas » inspiré de James Brown et le spoken word de « Spill the Wine ».

mardi, 14 août 2007 18:07

Mos Definite

Depuis la sortie du triste « True Magic » -il n’avait de magique que le nom- on se demande ce qui est arrivé au talentueux ‘emcee’ de Brooklyn. Et depuis qu’il s’est reconverti en acteur, il faut reconnaître qu’il s’est montré plutôt discret dans l’univers de la musique. Malgré les quelques bons moments à retenir, le dernier album de Mos Def était sorti un peu n’importe comment, sous un bien triste package, sans pochette et la moindre info. Pire encore, de nombreuses plages de « TrueMagic » respiraient le cynisme et l’envie d’en finir avec la musique… Plus engageant, « Mos Definite » constitue un recueil de maxis glanés et de collaborations opérées au fil du temps. Ce disque nous rappelle ainsi le grand talent du bonhomme, dont le premier album solo tourne encore sur nos platines. Les plus curieux d’entre vous se délecteront à l’écoute de titres enregistrés en compagnie de Talib Kweli (ancien compère de Black Star), Macy Gray, Guru, Dj Premier, De La Soul ou encore Dj Honda. Du hip hop newyorkais sans concession et direct mais qui ne crache pas sur des moments plus pop et mélodieux, dans la droite ligne de A Tribe Called Quest. Parmi les meilleures plages, on retiendra « What’s That » rehaussé par la présence de De La Soul, le pop « Summertime », l’excellent « Make It All Better » flanqué de Talib Kweli et Q-Tip ou encore le lyrique « Travellin Man ». D’autres fragments sont évidemment plus dispensables, mais devraient plaire aux fans de Mos Def. Par contre, si vous ne connaissez par bien l’homme, on vous conseille plutôt de vous procurer d’abord l’excellent « Black on Both Sides ».

mardi, 14 août 2007 18:05

Life is just a journey

A l’instar de la plupart des artistes jamaïcains, le singjay Jah Mason aligne des disques à un rythme diabolique. Plus ou moins deux par an. Bénéficiant du concours de musiciens notoires, parmi lesquels figurent Sly&Robbie, Mafia&Fluxy et Bobby Digital, « Life is just a journey » a été concocté sous la houlette du producteur Frenchie (NTM, Raggasonic, Anthony B). Une œuvre d’honnête facture, mais un peu trop classique pour totalement convaincre. D’une part la mise en forme abuse des nappes de synthé un peu trop kitsch. Un péché qu’on serait prêt à pardonner si les chansons sortaient du lot. Mais les compos sont moyennes et Jah Mason abuse de gimmicks qu’il répète à l’envi tout au long des titres. Comme d’habitude, on passe, dans un même titre, de passages vocaux les plus doux aux élucubrations hallucinées, élucubrations balancées d’une voix aiguë et rauque. Ce style foufou initié par Sizzla et Capleton confirme bien que l’abus de ganja peut provoquer des états proches de la schizophrénie… Néanmoins, Natural Black a réalisé, il y a peu de temps, un « Cool Nuh Black » proche des mêmes thématiques ; mais développées de manière bien plus créative et convaincante que sur ce « Life is just a journey ».
samedi, 31 décembre 1977 02:00

Bobby Bobylon

Réalisé à la fin des années 70 à Studio One, cette courte œuvre est une des plus belles choses enregistrées en Jamaïque. A l’époque, Clement Dodd recyclait ses vieux rythmes et les ‘boostait’ avec de nouvelles batteries et (quelquefois) de nouvelles lignes de basses. Les pointures de l’époque (Sugar Minott, Willi Williams) y réinjectaient alors de nouvelles mélodies vocales. Typique de cette période, « Bobby Bobylon » est surtout connu pour sa rutilante plage titre qui se retrouve souvent dans les compiles consacrées à Studio One, mais l’album vaut largement le détour. Partagées entre commentaire social, foi rasta et mésaventures amoureuses, les chansons sont portées par la magnifique voix de Freddie, fortement influencé par la soul la plus douce. Les chœurs féminins noyés dans la reverb et la musique nimbée de claviers ‘vintage’ ajoutent encore à l’atmosphère de rêve de « Bobby Bobylon ». Un rêve qui se teint parfois d’une sourde mélancolie, comme sur le titre « What Difference does It Make », où l’ami Freddie clame que ‘In a year, they won’t even remember my name…’. Beau, tout simplement... Check it out !

vendredi, 31 décembre 1982 02:00

Junkyard

Dernier véritable album du premier groupe de Nick Cave (deux très bons E.P.’s suivront), « Junkyard » témoigne de la démarche jusqu’au-boutiste de ces cinglés australiens émigrés à Londres. Pour obtenir le son métallique et caverneux des instruments, l’ingé son Tony Cohen avait eu l’idée de construire, dans le studio de Melbourne, un tunnel en aluminium… Le moins qu’on puisse dire est que le résultat est à l’avenant : encore aujourd’hui ce mélange de rockabillly, de punk rock, de free jazz et de bruit blanc malmène toujours autant les conduits auditifs. Nick Cave éructe ses obsessions meurtrières sur les brillantes inventions guitaristiques de Rowland S. Howard et les arrangements bizarroïdes du fidèle Mick Harvey. Le batteur Phil Calvert ne parvenant pas à trouver son compte au sein de cette furia autodestructrice laissera les baguettes à Mick Harvey. C’est d’ailleurs ce dernier qui martèle les rythmiques primaires de « Dead Joe » et de « Hamlet ». Lorsque le tempo ralentit (« She’s Hit », « Several Sins »), les gaillards laissent entrevoir un énorme potentiel. Il prendra toute sa dimension lors des futurs travaux des Bad Seeds et ceux plus discrets de Rowland S. Howard (notamment en compagnie de Lydia Lunch). En attendant, cet album sonne le glas des aventures de Birthday Party dont l’implosion finale se produira à Berlin, au cours des sessions d’enregistrement de « The Bad Seed » et « Mutiny ». Hands up who wants to die !

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