Higelin ? Tout un programme. Et pourtant ! Depuis quelques années, l’ami Jacques s’était fait plutôt discret. Il faut dire que la qualité des œuvres proposées n’était plus à la hauteur de son passé ni de son immense talent. A croire qu’il avait mis sa gouaille en mode vibreur, voire silencieux.
Mais en 2010, soit à 69 ans bien sonnés, il décide de nous revenir en publiant « Coup de foudre », son dix-septième album studio au compteur depuis les prémices de sa carrière, en 1965 (hé oui déjà !) Après quelques réalisations plutôt anodines, il nous sort un de ses meilleurs elpees, un peu comparable au superbe « Tombé du ciel », qui date de 1988. Cet opus fait suite à « Amor Doloroso » qui amorçait en 2006 un retour en force. Ce trublion de la chanson française, digne héritier de Charles Trénet, autre fou chantant, a repris dans son équipe les mêmes membres qui lui ont valu un retour aux sources. Et les recettes sont les mêmes pour un résultat encore meilleur que quatre années plus tôt. Comme il y a 22 ans, les mélodies sont au rendez-vous. Variées, agréables, ludiques ou tout simplement belles. L’accent est mis sur l’accessibilité de ses chansons.
Car à dire vrai, pour apprécier Higelin, il faut oser entrer dans son univers, accepter ses coups de gueule, ses avis bien tranchés, son sens désopilant de la réalité du monde dans lequel il vit. Pas si simple. Surtout quand lors d’une première écoute, on n’a pas l’oreille accrochée par la ligne mélodique de la chanson.
Ici, pour « Coup de foudre », Jacques a rendu ses textes directement accessibles grâce à une clarté, une pureté des sons qui vous capturent immédiatement. Il s’en sert alors royalement pour nous proposer son grand carrousel de mots. D’amoureux fou dans « Coup de foudre » qui ouvre l’album, il passe au statut de paumé du cœur dans « J’ai jamais su », puis critique notre société de consommation « Qu’est ce qui se passe à la caisse ». Comme en ses plus beaux jours, il visite ses thèmes préférés : l’amour, la joie, la misère, la violence parfois et puis la poésie encore et toujours.
Il nous faisait peur le bougre en sortant à près de 70 ans un nouvel album. Allait-il être capable de relever son niveau, de se hisser à nouveau au sommet de son art ? Visiblement, comme le bon vin, il s’améliore encore au fil des années. Mais il faut prendre soin de choisir alors la bonne bouteille ! Sortez les verres ! Santé !

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