La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gavin Friday - Het Depot
Hooverphonic

Memphis blues

Écrit par - -

Cindy Lauper est originaire de New York. De Brooklyn, très exactement. Une chanteuse extravertie, qui compte aujourd’hui quand même 57 balais. Très jeune, elle contracte le virus de la musique, et commence à écrire et jouer de la guitare. A 17 ans, elle se produit au sein de nombreux groupes locaux. En 1979, elle fonde Blue Angel ; mais sa carrière ne démarre vraiment qu’en 1983, lors de la sortie de son premier elpee "She' so unusual". Un disque qui se vend à près de 5 millions d'exemplaires. Elle embraie par "True colors", en 1986, un opus éponyme dont le titre maître devient un hymne pour les communautés gay et lesbienne. Sa discographie est quand même conséquente, puisqu’à ce jour, elle a publié 11 albums, 40 singles et vendu plus de 30 000 000 de disques. Mais surprise, elle vient d’enregistrer un long playing de blues. Il s’intitule "Memphis blues". Etonnant pour cette artiste (NDR : elle est également actrice) dont le look extravagant (NDR : rien que ses cheveux multi-colorés ou décolorés valent le coup d’œil) doit avoir inspiré Lady Gaga. C’est peut-être la raison pour laquelle elles font campagne ensemble, pour lutter contre le SIDA.

Bref, le tapis rouge a été déployé, les moyens ont été rassemblés et les invités prestigieux ont été engagés pour concocter cet elpee, au cœur des studios Electraphonic de Memphis. Ne restait plus qu’à soigner la production ; et comme Cindy a une bonne voix, le disque est rapidement devenu album blues n°1 au Billboard. Au sein du line up de base, figurent le drummer Howard Grimes, le bassiste Leroy Hodges, le guitariste Charles Pitts et le claviériste Lester Snell. Parmi les invités, on notera la participation de vétérans comme le maître de Memphis en personne, BB King, Allen Toussaint, le célèbre pianiste de New Orleans, la chanteuse Ann Peebles et ce bon vieux Charlie Musselwhite qu'on appelait naguère Memphis Charlie. Cindy dédie cet album à la légendaire Ma Rainey qu'on avait baptisée la ‘mère du blues’, une pionnière qui avait commencé enregistrer, en 1923.

L’opus s’ouvre par une composition de Little Walter. Ce ne peut être de mauvais goût. Lors de ce "Just your fool", le sympathique Charlie Musselwhite incarne le rôle de Little Walter. Il est en forme face au piano de Snell. Il est également impliqué sur "Down don't bother me", un autre Chicago shuffle signé Albert King. On reconnaît ici, entre mille, les cris d'angoisse de l'harmo à Charlie! Le "Shattered dreams" de Lowell Fulsom est un blues indolent fleurant bon la Louisiane. Cindy chante lascivement devant les ivoires du maître Allan Toussaint et les cuivres. Le roi BB vient donner la réplique locale et faire vibrer sa tendre guitare Lucille sur la cover du "Early in the morning" de Louis Jordan. Et ce n’est pas une surprise. Au piano, Allan adopte des accents très New Orleans. Mr Toussaint joue encore le rôle de Memphis Slim sur son "Mother Earth" ; mais le chant n'est pas inoubliable. Le jeune gratteur Joni Lang vient donner le challenge sur le notoire "Crossroads" de Robert Johnson. Le "Romance in the dark" de Big Bill Broonzy est ici exécuté sous la forme d’un blues lent. L’adaptation est assez majestueuse. Le chant est secondé par les deux saxophones, ténor et baryton, ainsi que l'orgue Hammond. Autre slow blues, "How blue can you get?" est issu du répertoire de BB King. Jonni Lang se réserve la six cordes. Il assure également les vocaux, de sa voix désormais aguerrie. Cindy shoute "Don't cry no more", une plage soul R&B empreinte de nostalgie. La version du "Rollin' & tumblin'" de Muddy Waters est une des sommets de cet elpee. Très Delta, elle est enrichie par les interventions puissantes et authentiques de Kenny Brown à la slide (NDR : un régal !) ; un compo au cours de laquelle Ann Pebbles partage les vocaux, mais s’érige en maître… Cindy reprend aussi le "Down so long" de Tracy Nelson ; mais elle ne parvient pas à faire oublier l’intensité, la sensibilité et le vibrato du chant de Miss Nelson. « Memphis blues » est un disque de bonne facture. Cindy est une excellente vocaliste ; néanmoins, elle affiche certaines limites dans l'exercice vécu du blues. On soulignera enfin, la qualité des photos et des notes internes du booklet.    

Informations supplémentaires

  • Band Name: Cindy Lauper
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Mercer Street / Naïve / Pias
  • Date: 2010-09-28
  • Rating: 3
Lu 1119 fois
Plus dans cette catégorie : « Special Moves The Final Frontier »