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Sail on blues

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Philippe Fernandez a fondé Big Dez, en 1996. A Paris. Big Dez, c'est également son patronyme. Sa rencontre avec le pianiste Bala Pradal a changé et aiguillé sa vie musicale. Pourtant une belle tranche d'âge sépare les deux hommes. Big Dez n'a que 27 ans, tandis que Bala en a vingt de plus. Philippe apprécie surtout le blues texan. Ce qui explique ses nombreux voyages à Austin. Il a donc, tout naturellement, emmené ses musiciens dans la capitale texane, pour enregistrer son premier album.

Le disque démarre fort. L'introduction de Marc Schaeller à l'harmonica est percutante. Big Dez chante d'une voix forte, naturellement puissante. Ce qui se comprend mieux au vu du gabarit de l'artiste : 1m90 pour 135kg ! Tous les instruments sont bien en place : Bala à l'orgue, Lamine Guerfi à la basse et Vincent Daune aux drums ; mais Marc est manifestement la star de cette ouverture. Il souffle comme un possédé dans son saxophone Mississippi. Le funk éclot dès "Don't be afraid of the dark". La percussion primaire impose sa puissance. Passé les courtes et rares notes martelées au piano, la machine est en route. Ancien Bloosers, Marc revient souffler avant de libérer, enfin, Big Dez. Il se montre de suite convaincant. "Mystery woman" maintient le tempo funky. Faut avouer que lorsqu'on peut compter sur un tel batteur, il faut en profiter ; car Vincent possède un fameux pedigree (Luther et Bernard Allison, Bill Thomas). Bala Pradal joue comme il vit ou vit vraiment ce qu'il joue. Ses interventions à l'orgue semblent si naturelles que tout parait facile. Chez Big Dez, j'apprécie énormément la cohésion dont font preuve les musiciens. Tout est rythmique. Et ce qui ne gâche rien, la production est excellente. Il est vrai qu'on n'a pas lésiné sur les moyens dans les studios du Congress House. Big Dez fait gémir de bonheur sa bonne guitare sur "Bad news". La réplique au saxophone de Tom Robinson est lumineuse. Swing et jazz dynamisent "The come back" de L.C Fraser. En particulier le piano et la section de cuivres. Mais lorsque les phrases sont lacérées de cordes, on se croirait face au Master de la Telecaster, Albert Collins. Phil Poitevin y fait une apparition à l'harmonica, pendant que le vieil Uncle Joe Turner produit un groove d'enfer. L'ancien batteur de Johnny Winter se fait ici vraiment plaisir. L'idée de laisser l'impeccable Bala Pradal clôturer l'album est excellente. D'autant plus qu'il est seul au piano pour une bien jolie plage générique.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Big Dez
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: BD
  • Date: 2003-12-31
  • Rating: 0
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