L'année passée, nous avions quitté Groove Armada en mauvais termes. C'est que leur quatrième album, " Goodbye Country (Hello Nightclub) ", en avait laissé plus d'un perplexes sur le bord du dance-floor… Mais où étaient passés ces beats ravageurs, ces refrains fédérateurs, et toute cette sueur ? " Groove Armada a pris du bide et ça s'entend ", tels étaient nos mots, écrits non sans mal, presque avec pitié. A peine un an plus tard, revoilà Tom Findlay et Andy Cato avec un nouveau disque, " Lovebox ". Surprise : les deux Anglais ont surmonté la crise et accouché là d'un album fort en gueule et haut en couleurs, tout bonnement excellent, surtout dans sa première demi-heure. Ca commence fort avec un " Purple Haze " blues et funky, emmené par un Red Rat en pleine forme… que l'on retrouve quatre titres plus loin avec " Final Shakedown ", bombe ragga-house à faire péter les guiboles. Entre les deux, Neneh Cherry illumine " Groove Is On " (avec le rappeur Kriminal) et " Think Twice… " de son timbre si chaud : cela faisait des lustres qu'on ne l'avait plus entendu si coquine. Quant à ce " Madder " festif éructé par un MC M.A.D. en délire (" Superstylin' ", c'était déjà lui), autant le dire tout de suite : Fatboy Brothers et Lo-Fidelity Prodigy peuvent aller se rhabiller, on a trouvé plus fort qu'eux. Le reste, avec ses invités, de marque ou pas (Richie Havens sur " Hands of Time ", très Style Council, Tim Hutton sur " Tuning In ", très… Beatles (mais XTC plutôt qu'LSD), Sunshine Anderson sur " Easy ", très house câline), vaut également le détour. Avec ce " Lovebox " candide et bien ficelé, on est donc cette fois-ci loin du bide… Au contraire, Groove Armada vient de nous livrer, sans crier gare, son meilleur album. Mieux vaut tard que jamais.

Nederlands
Français 
