Ce chanteur/guitariste vit depuis bien longtemps à Washington, DC. Il a cependant effectué ses débuts à Boston. Il y a fondé Powerhouse, pour lequel il a commis l'elpee "Nightlife". Depuis 1981, il s'est fixé à Washington. Après avoir transité par les Assassins en compagnie de Jimmy Thackery des Nighthawks, il monte sa propre formation. Il compte déjà plus de dix albums à son actif dont le premier, "Blazing Telecasters", remonte à 1984. Pour exécuter ce nouveau chapitre musical, il s'est entouré de John Perry à la basse, Joe Wells à la batterie et de Tommy Lepson aux claviers. Tom a écrit la plus grande partie de son répertoire.
Il ouvre l'opus par "Till I get what I came here for", une plage funky qu'il emmène de sa voix passablement éraillée. L'orgue est bien présent ; mais le boss, c'est Tom. D'ailleurs, sa Fender Telecaster sort déjà de sa réserve. Avant de crever l'écran sur "Done your daddy dirty". Il est vrai que cet instrumental est signé Roy Buchanon, un maître pour l'ami Tom. Il accomplit ensuite une excellente version du "Crazy mixed up world" de Willy Dixon. Soutenu par le piano versatile de son ami Kevin McKendree (NDR : un membre du backing band de Delbert McClinton), Tom signe une excellente sortie sur les cordes. Toujours dans son style ; en distillant de nombreuses notes bien senties. L'artiste joue de sa Telecaster en picking sur l'instrumental vivace "Apricot brandy". Elle vibre et crache ses notes devant l'orgue de Lepson. "Voodoo thing" nous entraîne sur les routes louisianaises. Les rythmes sont syncopés, les percussions bien mises en avant. Tom se sent comme un poisson dans l'eau. D'autant plus que ce style met bien en avant ses prouesses guitaristiques. Mr Principato est plus un instrumentiste qu'un chanteur. Brillant technicien, il est également capable de faire passer ses sentiments, ses émotions musicales, à travers de plages instrumentales. "Very blue" en est la plus belle démonstration. Un titre lent, au cours duquel il égrène ses notes une par une, avant de laisser échapper sa verve naturelle. Ses doigts aiment parcourir le manche de sa Fender. Et s'il fait preuve d'une grande maîtrise, parfois il ne peut s'empêcher de libérer quelques flots de notes. Cette plage synthétise parfaitement son énorme potentiel. L'introduction et la finale de ce morceau baignent au sein d'une douceur extrême ; et l'artiste y emporte tous nos suffrages. Il ne faudrait cependant pas enfermer Principato dans un seul style. Car s'il est avant tout un instrumentiste à la technique irréprochable, il est aussi capable de s'adapter à un spectre musical bien plus large. Et il est même brillant dans le domaine swing et jazz. A l'instar de "Break out!". Alternant notes en grappes et accords, son jeu y est finement ciselé. La plage titulaire est très élégante. La section rythmique remplit bien l'espace sonore de ce R&B ; mais la Telecaster ne sait attendre pour se mettre une nouvelle fois en évidence. Sa dextérité naturelle, il la met encore en exergue sur un autre instrumental aux climats jazzyfiants : "Shuffle - 50". Jouant sur les tonalités, alternant une fois encore notes et accords, il y laisse couler son feeling. Il commet une bonne version du classique de Dave Bartholomew, "I hear you knockin". De l'excellent travail qui lui permet d'opérer une envolée de rock'n'roll mesurée dans le rythme. Et son solo en pickin' constitue un des sommets de l'album! Il faut cependant attendre la finale, "Baptised in Muddy Water", pour vivre le premier blues lent. Nonobstant le dialogue échangé entre la guitare et l'orgue Hammond, ce fragment est un peu trop court à mon goût. Manquant probablement de coups d'éclat, " House on fire " n'est pas le meilleur album de ce musicien au talent particulier et singulier ; mais il reste de très bonne facture…

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