Le backing group de Currant a pris du galon depuis que son patronyme a été collé à celui de Nick Curran. Pourtant le line up du groupe a été chamboulé. Si Matthew Przygocki continue d'assumer la basse acoustique, Jim Trimmier et T.D ‘Murph’ Motycka les saxophones, le combo s'est choisi un nouveau batteur en la personne de Philip Law, et un pianiste qui répond au nom de T Jarrod Bonta.
Nick possède la voix d'un rocker des fifties. L'ouverture très rock'n'roll en est une belle démonstration. Très rapide, "I'm glad, glad" bénéficie d'interventions de saxes et de guitare. Il aborde le R&B dans l'esprit des forties, chez "Nitelife boogie". Un fragment écrit par Joe Liggins, qui libère un maximum de swing et de jive. Les musiciens prennent leur pied pour répondre en chœur aux vocaux de Nick. Le band est très à l'aise au sein de cet univers sonore. Pas pour rien qu'il se poursuit par "Let the daddy hold you". La section rythmique porte bien l'ensemble et les saxophones sont à la fête. "I want to love somebody" revient au blues traditionnel. Remarquablement ficelé, il permet au cordes de s'évader dans un style jump ; un style très apprécié par les adeptes de Junior Watson, Hollywood Fats ou encore Kid Ramos... La reprise de "Low down dirty shame" de T-Bone Walker est en tous points remarquables. La guitare est fluide, les saxes et le piano bien mis en place, et le chant manifestement adapté à ce style. Un grand moment ! Le travail de Curran sur les cordes est ici impressionnant. Il a parfaitement assimilé la technique des maîtres que furent T-Bone Walker et Charlie Christian. Etonnant ! La puissance de voix éclabousse tout sur "Close to midnight", un fragment proche du Chicago Westside. Curran s'acquitte d'un grand exercice de style instrumental sur "Space guitar" de Johnny Watson. Il y fait preuve de maîtrise et dextérité! Drivé par le piano de T Jarrod, le boogie shuffle "She's fifteen" est le théâtre d'une grande prestation sur les cordes. Ce savoir-faire se reproduit de nouveau sur "Jukebox Mama". Moment de douceur, "You know my love" de Willie Dixon, laisse un peu souffler le rythme. Une version enlevée avec brio. Aussi excellent que recommandable, cet elpee s'achève dans le rock'n'roll cuivré de "Don't jive me baby". A plus d'un titre, Nick Curran me fait penser à notre Marc T. Faut dire que les multiples facettes de leurs talents respectifs sont très semblables…

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