John Primer est un bluesman contemporain. Il est aujourd'hui âgé de 55 ans. Il est né, comme tant de grands, dans le Mississippi. En 63, il s'est établi à Chicago, et en 79, il a fait partie des All Stars de Willie Dixon, avant de rejoindre le Muddy Waters Band. Il y restera jusqu'en 1983, année de la mort de ce monstre sacré. Il rallie ensuite les Teardrops de Magic Slim. Il y restera 13 ans. " Knocking at your door " bénéficie de la production du célèbre Mike Vernon. Tout comme ses deux derniers albums "The real deal" et "Keep on lovin' the blues" (NDR : parus cependant sur le label Code Blue). Et le résultat de sa mise en forme est excellent. Le son est réellement puissant, chaque instrument est effectivement distinct.
John est ici entouré d'excellents musiciens. Matthew Skoller se réserve l'harmonica, Ken Saydak les claviers, tandis que Larry McCray le seconde à la guitare. Dès l'ouverture, "Knocking at your door" se détache par le son de l'harmonica de Matthew Skoller. Ce petit gars posède un style riche en tonalités personnelles. Sur "Change your evil ways", Primer déambule sur un axe résolument moderne, tendu entre le Chicago Westside et le Memphis de BB King. Tramée sur un thème bien connu d'Earl King, "Lonely days and nights" est une composition imprimée sur un tempo inhabituel ; et John fait à nouveau mouche dans l'exercice de ce swamp pop louisianais. La reprise de "Excited by your charms", de Jerry McCain, est l'occasion rêvée pour Skoller d'étaler tout son savoir-faire, de démontrer tout ce talent de souffleur, capable de créer de petites phrases vraiment géniales. La section rythmique dégage une force incroyable, tout au long de "Hard working woman" ; une bonne occasion pour Steve McCray, le frère de Larry, Steve McCray, de cogner dur sur ses peaux. Comme pour rappeler son séjour chez Muddy Waters, et son admiration pour Sammy Lawhorn, John empoigne sa slide pour interpréter "Brutal hearted woman"'. Skoller est cependant pour moi la révélation de cet album. Aussi étonnant que cela puisse paraître, à certains moments, il me fait penser à Pierre Lacocque, de Mississippi Heat. Et croyez-moi, c'est un compliment ! Tendez donc l'oreille à "Everytime you touch me" et à "A woman was made to be loved". Hommage à Jimmy Rogers, "That's alright", est un instant de grande émotion. Et le duo Primer - Skoller, une pureté à fleur de peau! Privé de blues mené à la Muddy, cet album n'aurait pu être complet. C'est chose faite avec "I been dogged around". Une leçon d'efficacité pour un album de 1ère division !

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