Duke est l'un des plus grands guitaristes de blues contemporain. Très prolifique, on ne compte plus ses albums ni ses participations. Pour concocter " Explorer ", il est secondé par ses fidèles musiciens. John Packer à la basse et Doug James au sax, rejoints par Jeff McAllister aux drums et Gordon "Sax" Beadle aux saxophones. L'ouverture est magistrale et annonce un début vraiment prometteur. Le groove dégagé par la section rythmique, les riffs des deux saxes, l'orgue de Tom West et la voix dominante de Duke contribuent à la confection de cette perle de R&B, intitulée "Male magnet". Tous les éléments avancés ci-dessus restent présents pour la suite.
Quel plaisir pour un soliste de pouvoir venir s'intégrer à ce décor sonore. Et comme le soliste en question est du genre génial, tout s'imbrique idéalement comme les pièces d'un puzzle. A l'instar de "Just between me and you". Et puis pour assurer la montée en puissance, la guitare passe à l'avant-plan avec une facilité qui blesse sur "Soulful". Duke n'est pas un copieur. Il assimile certes, mais surtout il peut créer. Et ce solo dans les basses sur "Hang on", il faut vraiment aller le chercher. L'album se fait alors plus classique. Blues en compagnie de l'harmoniciste Jerry Portnoy sur "Sayin' don't make it so". Blues roots chez "Misunderstanding blues". Jump avec "Jumpin' with Duke". Swing blues "deluxe" tout au long de "You dropped the thing on me". Et il communique une ambiance quasi celtique à "Brand new fool". Avec violon, accordéon et mandoline. Duke est un véritable mythe. Il ne faut pas oublier qu'en 1967, il fondait Roomful of Blues. Très productif en 99, le Duke avait sorti "Conversations in swing guitar" avec Herb Ellis sur Stony Plain et "La Palette Bleue" sur Dixiefrog. Tout comme "New blues for modern man", ce dernier était sorti aux USA sur Shanachie. A mon humble avis, "Explorer" leur est supérieur. Une œuvre qui se termine dans un blues majestueux, "Time is short".

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