Toujours très colorée la tenue d’Eddie Il trône en pochette tout enturbanné d’or et cerné de rouge. Peut-être un reliquat de la Jamaïque qui l’avait vu naître voici 71 ans. Pourtant, sa jeunesse, il la passe dans les champs de coton de l’Alabama! Il émigre à Detroit à la fin des 40s, au bon moment pour se joindre à un John Lee Hooker en pleine ascension dans sa carrière. Depuis, il mène sa carrière en dehors de toute influence majeure. Il compose, comme nul autre. Son jeu de guitare est unique. Un style qui peut parfois paraître fragile, aux confins de la dissonance, mais en même temps clair, amplifié, épousant de près son chant.
Et c’est vrai dès le titre d’ouverture, "Love me". Il aime jouer sur les sons, mais en les dominant. La mélodie peut être au rendez-vous. Comme sur "Rainbow", au cours duquel la voix de ténor est bien posée. C’est du tout bon Kirkland. Sur "Honey bee" (pas celui de Muddy), il accélère le rythme et sort son harmonica avec plein de fougue et d’enthousiasme. Il a été, dans les 60s, le guitariste d’Otis Redding. Il peut nous le rappeler par le son Stax de "Movin’ on", grâce aux Nutmeg Horns et l’orgue de Bruce Feiner. Eddie chante avec beaucoup de passion, de vécu, de feeling dans la voix, de persuasion aussi, à l’instar du remarquable "Got to find me another woman". Cet elpee nous réserve quelques sommets.

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