Ronnie Keith Owens est âgé de 62 ans. Il est né et vit toujours à Richmond, en Virginie. A l’origine, il était drummer ; et ce n’est qu’à 30 balais qu’il a décidé de privilégier l’harmo. Ce musicien est également chanteur et compositeur. Ce qu’il apprécie le plus, c’est le blues urbain d'après-guerre. Celui de Muddy Waters et surtout de on harmoniciste, Little Walter. En 1989, flanqué des Blue Beats, il publie "There's a party going on". Il fonde ensuite les Grand Dukes, une formation qui va aligner plusieurs albums : "Too fast for conditions" en 1998, "Young and evil" en 2001, elpee auquel participe le gratteur texan Anson Funderburgh, et enfin "Do what'cha do" en 2005, qui bénéficie à nouveau du concours du même Funderburgh, mais à la production. Au sein des Grand Dukes, figurent le guitariste Ivan Appelrouth (NDR : très apprécié dans son fief, il a milité chez Big Joe and the Dynaflows et le Jumpin' Johnny Sansone Blues Party), le bassiste John Shepperd, le batteur Mark Young et le pianiste John Fralin. La plupart des compositions sont signées Owens et Appelrouth.
"Can't buy my love" ouvre l’elpee au sein d’une atmosphère nonchalante, swamp blues. Li'l est déjà très inspiré sur l’harmo. Il est soutenu par les cordes et le piano de Fralin, dont les accords rappellent vieux Henry Gray. Légèrement funk, "Cold hard cash" nous transporte vers Crescent City ou si vous préférez la Nouvelle-Orléans, une compo abordée dans l’esprit du mythique Little Feat. Ténébreux, "Love never dies" nous replonge dans les marais louisianais chers à Lazy Lester et Lightnin' Slim. Ivan opère une superbe sortie. Sa sensibilité est exacerbée et ses notes nous transpercent. Le tempo s'élève et assène un solide coup de jump pour amorcer "Sweet Sue", une piste dynamisée par une section rythmique différente, drivée par la contrebasse de Mike Moore. Ronnie décolle à la manière de William Clarke voire d’un Rod Piazza au sommet de son art. C’est toujours Piazza qui inspire le petit Ronnie pour "Fat city", une plage impliquant les mêmes musicos. Chargé de swing, le "Buzz me" de Louis Jourdan est un exercice de style au cours duquel Ivan laisse échapper ses notes parcimonieusement, en adoptant le feeling de T-Bone Walker. Acoustique, "Screaming & crying" est un blues traditionnel qui coule près du long fleuve. Le chant est parfaitement adapté et l'harmonica éclate dès qu’il en a l’opportunité. C’est dans un climat de bonne humeur que "Can't please your wife" cavale comme un cheval au galop. Fralin se réserve le piano roadhouse alors que Mr Owen vide ses poumons sur son instrument! Très Jimmy Reed, "She"s bad bad news" campe le blues urbain qui s’impose, nous réorientant vers la grande cité chicagolaise. Cap vers la Californie sur "Gotta strange feelin'" et "Bring your love home". Ivan est dans son élément pour attaquer ce swing jump, alors que Ronnie ne tient plus en place! La Louisiane n'est cependant jamais bien loin. A l’instar du bouillant "I won't take it any more", une piste imprimée sur un tempo enlevé. Ronnie emmène ses grands ducs. La frêle Janet Martin assume son rôle de choriste. Instrumental "Late nite blues" est un blues lent probablement inspiré par Harmonica George Smith. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par le "C'est la vie", un rock'n'roll signé Chuck Berry.
Et pour que votre info soit complète, sachez qu’au cours de ces dernières années, Lil' Ronnie se produit régulièrement en compagnie de Terry Garland, un spécialiste de la slide, mais également un excellent chanteur de delta et country blues traditionnel.

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