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I-10 Hurricane Blues

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John Turner est né au Texas. A Port Arthur, très exactement. Il y vit toujours. La notoriété de ce drummer éclot en 1968, lorsqu'il intègre le groupe de Johnny Winter. Il y rejoint le bassiste Tommy Shannon (futur Double Trouble) et le saxophoniste/claviériste Edgar Winter. Il participe ainsi à la confection des elpees "Johnny Winter", "Second Winter" et "The progressive blues experiment". Il émigre ensuite à Austin. En compagnie du même Shannon pour y fonder Krackerjack, et engagent un certain Stevie Ray Vaughan, alors débutant. John devient alors insatiable. Il retrouve à nouveau Johnny Winter pour concocter "Third degree" (paru chez Alligator), puis collabore à différents projets ; et en particulier ceux ce Paul Orta, Mike Morgan, Lazy Lester, Alan Haynes ainsi que des Français Benoit Blue Boy et Big Dez. Pour réaliser cette plaque, il a reçu la collaboration d'amis texans. Pour la plupart méconnus.

 Le titre maître ouvre l’opus. John chante. Il est soutenu par son ami Paul Orta à l'harmonica. Et John Edery à la slide, pour le riff célébré par Elmore James. Il attaque ensuite le célèbre "I hear you knockin" de Jay Miller, le spécialiste du swamp louisianais. Paul Orta chante d’un timbre nasillard. Il est épaulé par les cordes d'Edery, le leader du House Rockers Band, une formation texane. Issue de Beaumont, très exactement. "Bridge City blues" baigne au sein d’une ambiance très louisianaise. Un fragment adapté du "St Louis blues" de W.C Handy. Floyd Moore chante d'une voix grave et fascinante. Roger Ward (un inconnu !), le "Good understanding" de Willie Dixon. Le tempo est très enlevé. L'harmonica d'Orta décolle. Il est rapidement suivi par le piano de Mark Solis. Puis par les guitares du même Ward et de Little Ray Ybarra (il drive les Blues Sonics !) Edery, son "Beaumont Blues". Il laisse délirer ses cordes sur un motif rythmique emprunté à "Spoonful". Nous sommes au Texas, non loin de la frontière mexicaine. Uncle John, "Hey senorita" dans la langue de Cervantès. Une compo caractérisée par ses rythmes exotiques bien syncopés. Paul, un swamp blues intitulé "Really is hurtin' thing". La guitare de Little Ray s'adapte très bien au sein de ce climat malsain. Le son réverbéré est bien typique de la Louisiane. John, encore un dernier titre : "T Bone intentions". L'harmo d'Orta se plaint pendant que les cordes de Tonky de la Pena s'enivrent au cœur de ce décore sonore. Le "Honest I do" de Jimmy Reed opère un nouveau retour du côté de Baton Rouge. La voix chaleureuse de Floyd Moore mène les débats. L'harmo se démène et monte dans les aigus. La guitare réverbérée de Little Ray emprunte des sonorités particulièrement bayou tout au long d’"I'm gonna keep what I've got", un morceau digne des meilleures plages de Creedence Clearwater Revival. Roger Ward shoute de son timbre abrupt, "She's nineteen years old", un slow blues signé Muddy Waters. La slide est très incisive. En finale, Paul Orta chante "Hurricane Rita", un excellent shuffle à la texane. Little Ray se déchaîne avec bonheur sur ses cordes. Il y est au sommet de son art. Bref, un elpee qui réunit de très bons moments.

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