Le line up de base de ce band repose sur un trio. Soit le chanteur/harmoniciste Corey Lueck, le guitariste Mike Stubbs et le percussionniste Steve Shermann. Ils sont épaulés par Gordon Aeichele, qui double à la basse et au saxophone. Suivant les sessions et les concerts, le combo reçoit le concours d’autres musicos. La formation est née en 1997. Elle est originaire de Hamilton, une grande ville de l'Ontario, au Canada, pas bien loin des chutes du Niagara. Sa discographie n’est pas très claire. Il semble que le groupe ait enregistré trois elpees (NDR : sur un label obscur) avant de graver "The Smoke Wagon Blues Band and Friends", opus pour lequel il avait reçu le concours de la crème des musiciens canadiens. C’était en 2006. Avant de publier cet "It ain't easy".
Dès l’ouverture, le rythme est excitant. "Devil got my woman" démontre que Corey possède une bonne voix. Très expressive aussi. La rythmique de Mike est bien nerveuse avant de prendre déjà un premier envol. Gordon saisit son sax ténor et embraie. Corey souffle dans son harmonica pour introduire "Hold on to you". Le tempo est indolent. Piano et cordes soutiennent la voix de Lueck, alors réminiscente de Joe Cocker. Mais dès "Josephine", elle retrouve son timbre naturel pour affronter les instruments des musicos décontractés ; c’est-à-dire le dobro de Stubbs, le piano de Jesse O'Brien et les cuivres du Kingston St Quartet. L'ambiance est excellente. Autre blues cool, "Hen house hopping" baigne au cœur d’un climat feutré. Au sein de l’instrumentation acoustique, émerge le dobro de Mike. Une atmosphère que l'on retrouve sur "It ain't easy". Cuivré, "Down hearted blues" est un blues lent classique de toute bonne facture. Le climat devient humide sur "That voodoo". Nous traversons les marais louisianais. La bande sonore est chargée de réverb’… Surprise, Corey est rejoint au chant par Robin Banks, autrefois établie à Dallas, au Texas. Il en profite pour signer sa meilleure sortie sur l'harmonica. Miss Robin se réserve encore les vocaux sur un autre blues intitulé "Where Did I do wrong". La voix de Corey est éraillée, âpre, rugueuse, tout au long de "Tongue tied". Son emprise y est incontestable. Une piste imprimée sur un mid tempo et pimentée par les interventions aux ivoires d’'O'Brien et de Gordon au saxophone. Caressante, la voix devient même envoûtante tout au long de "Damaged time", un blues très proche de Memphis hanté par l'orgue de Nick Succi et le piano de Scott Pritchard. C'est lorsqu'il chante les plages les plus lentes que la voix de Lueck se révèle la plus expressive. A l’instar d’"Ain't no use". Ou encore de "Some other fool", piste au cours de laquelle sa sensibilité est exacerbée. De bonne facture, cet opus s’achève par "Drink by the sink", une piste propice à la bonne humeur. Corey y chante à travers son micro astatique devant le dobro, et distribue quelques petits coups de griffe à l’aide de son harmonica…

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