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No pork tonight

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Peu d'entre vous le savent, mais Martin Pugh était le guitariste de Steamhammer, un groupe anglais issu du british blues boom des sixties. Ce band avait commis un excellent titre en 1969, "Junior's wailing", une chanson qui sera reprise plus tard par Status Quo. Il s'est établi sur la côte ouest en Californie il y a un bon bout de temps et collabore avec Steamin' Stan Ruffo, depuis une dizaine d’années. Ce chanteur/harmoniciste local anime, en outre, un radio show particulièrement populaire : ‘Blues on Tap’. Le duo a concocté ce disque en y collant modestement le sticker ‘Modern blues with reverence for tradition!’

Pour chauffer le public, Martin Pugh s'embarque dans son "MP's Hide Out", une compo largement inspirée par le fameux "Hide away" de Freddie King. Stan lui donne la réplique sur son harmonica Lee Oskar. Les deux amis se plongent ensuite dans le style cher à Slim Harpo, à travers un funk léger intitulé "Just my luck". Une compo caractérisée par quelques bruitages désopilants et abrasée par la voix nasillarde de Stan. Les deux solistes sont très talentueux. Ruffo est également saxophoniste et sa manière de souffler dans l'harmonica en est une parfaite démonstration. Plage instrumentale, "No pork tonight" se révèle aussi atmosphérique que mélodique. Et le rôle des claviers aériens n’y est pas étranger. Stan interprète d’une voix grave "Ruffo's ride", un morceau humoristique. Blues de bonne facture, "Breakfast on Beale" nous ramène du côté de Memphis. Bien en place et d’une grande pureté, le cordes de Martin se dressent face à l'harmonica chromatique de Stan, pendant que l'orgue Hammond donne une coloration locale. Ruffo chante le récréatif "Pot Belly pig". Nous sommes à mi-chemin entre la Louisiane et le Tennessee. Un fragment au cours duquel les six cordes limpides de Pugh se détachent. L’ambiance est de plus en plus porcine. Et dans le cochon tout est bon. "Pork ribs" (un instrumental) s’avère même excellent ! Stan est passé au saxophone et il en profite pour transpercer l'écran sonore. Le titre final est également instrumental. Une longue plage qui porte bien son nom : "Torn pages". Martin Pugh feuillette les pages écornées de son album personnel. Des guitares réverbérées ouvrent la compo dans un style rappelant les dernières années d’existence de Steamhammer, lorsque le combo avait viré du blues rock au hard rock progressif. On distingue même, lors du passage d'un collage à l'autre, le thème de "Junior's wailing". Sans prétention, cet opus reproduit simplement les aspirations de deux instrumentistes qui aiment avoir le champ libre pour développer leurs propres idées…

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