Ana est de nationalité serbe. Jolie, la silhouette féline, une paire de jambes sans fin, elle est âgée de 37 ans. Et elle sévit dans l’univers du blues depuis un bon bout de temps. Comme chanteuse et guitariste. Elle a monté son propre groupe, le Mo' Better Love, au sein duquel militent un guitariste rythmique, un claviériste et une section rythmique expérimentée, puisqu’elle réunit le drummer Tony Coleman (BB King Band) et le bassiste John Williams (Al Green Band). "Can you stand the heat" constitue son 9ème elpee.
Elle ouvre la plaque par le titre maître. Du pur funk dispensé dans l’esprit de Chic voire Tower of Power et destiné à la danse. Ana s'éclate déjà sur ses cordes. Et la petite pointe de jazz qu’elle injecte dans son jeu, n'est pas pour me déplaire. Elle embraie par "Can't you see what you're doing to me", un R&B nerveux introduit par une guitare flamboyante, mais malheureusement surchargé de cuivres. De toute évidence, l’atout majeur de la native des Balkans procède de sa manière très percutante d’attaquer les cordes, bien plus que son chant, qu’elle force parfois un peu trop. Elle ralentit le tempo pour aborder "Mo' better love". Des chœurs féminins et un piano souverain épaulent la voix d'Ana, sans toutefois faire de l'ombre à son instrument. "Boy' Night out" poursuit dans le registre funk/R&B ; cependant, les voix féminines sont un peu trop criardes, à mon goût. Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Hot southern night" revient au blues. Ana et le grand Lucky Peterson partagent les parties vocales. Un des meilleurs morceaux de l’elpee. Et Lucky a aussi ramené sa guitare. De quoi assister à un duel de très bon niveau, tout se référant au regretté Albert Collins! Signé par l’ex-Free Andy Fraser, "Every kind of people" a permis à Robert Palmer de décrocher un hit, en 1978 ; une autre ballade légère, caractérisée par des arrangements soignés, mais au cours de laquelle, la voix n’est guère transcendante. L'ombre d'Albert Collins plane sur "Ana's shuffle", un exercice de style instrumental de haute volée, au cours duquel Frank Ray Jr se libère enfin, à l’orgue. "Blues for Mrs Pauline" est un blues lent à la structure quasi-parfaite. En fait, Miss Popovic excelle davantage dans le blues plutôt qu’au sein du funk basique. Son jeu est à la fois très inspiré et personnel. Il n’est jamais calqué sur les grandes étoiles du blues, même si, pour la circonstance, c’est le spectre Buddy Guy qui se met à planer. Lorsque sa voix devient sauvage, vivace et passionnée, elle se révèle beaucoup plus convaincante. Funk/blues indolent, "Leave well enough alone" est dispensé sans mise en forme envahissante ; et c'est bien mieux ainsi! Très rockin' blues, l'intro de l'instrumental "Tribe" est illuminé par la slide et le jeu de pédales, avant que ne débarquent les cuivres et percussions… Une cover des Stones : "Rain fall down". Elle figurait sur l’album "A bigger bang", gravé en 2005. Le long playing est enrichi de deux bonus tracks. Tout d’abord "Growing up to soon", une piste qui s'étire prudemment, avant qu’un imposant chœur d’enfants ne fasse son apparition, concours qui apporte à la compo un charme indéniable. "Mo' better love" bénéficie d’une seconde version. Tommy Sims, batteur, auteur et producteur est venu en renfort pour collaborer à ce titre dépouillé, plus roots…

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