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Perte d'Identité

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Marie Davidson, artiste canadienne établie à Montréal, nous invite ici à découvrir une musique électronique très novatrice, cinématique et organique, basée exclusivement sur des instruments analogiques : boîtes à rythmes et vieux synthés vintage. Sur ce premier opus, publié le 4 avril par l'excellent label bruxellois Weyrd Son Records, on identifie ce qu'on pourrait décrire comme la bande-son électronique d'un film imaginaire des années '70. On pense surtout à John Carpenter ("Assault On Precinct 13"), mais aussi aux BO des films italiens du genre ‘Giallo’ comme ceux de Dario Argento ou encore le célèbre « Canibal Holocaust ».

Le titre « Prélude », qui ouvre l'elpee, constitue une mise en condition. Un peu comme dans le premier album d'Enigma, l'artiste installe une atmosphère propice à la méditation (voire à l'auto-hypnose eriksonienne). La voix de MD, sensuelle et un peu ingénue, parle doucement dans notre oreille et c'est un vrai plaisir. Ensuite, « Abduction » nous plonge dans l'ambiance oppressante d'un film de science-fiction. Les sons sont cinglants, comme des rayons lasers décochés en pleine « Guerre des Mondes ». On pense ici à Suicide pour le côté hypnotique et répétitif. « Shaky Leg » opère un détour via la minimal wave aux accents house façon Grace Jones ou Miss Kittin', une plage dominée par la voix de MD, qui se fait plus coquine ; et le 'spoken word', à la limite entre le chant et la déclamation, est ici interprété en anglais.

« Vie et Mort d'un Ego » est sans nul doute la plage la plus cinématographique. Elle est conçue comme une longue progression instrumentale, étrange et répétitive, d'abord pointilliste, comme des gouttelettes d'eau qui perlent contre la vitre et ensuite, majestueuse, au fil d'une valse lente de cordes synthétiques.

La face ‘B’ commence par le titre phare de l'opus : « Je ne t'aime pas ». Le tempo de la boîte à rythmes est lent mais il pulse comme un cœur qui bat. Les sons de synthés adoptent des couleurs ambient, kraut, psyché. La composition libère une atmosphère fiévreuse, dominée par la voix fragile et touchante de Marie, mais affiche aussi un côté 'nouvelle vague' très attachant. Un véritable hit qui devrait séduire les fans de minimal wave, bien sûr, mais aussi le public amateur de Charlotte Gainsbourg et de 'French Pop' en général.

« Perte d'Identité » est sans doute le titre le plus ambitieux. Par sa durée tout d'abord : 7 minutes 20 ! Mais on ne s'ennuie pas une seconde. On retrouve un rythme pulsé et des sonorités claustrophobes, un peu comme dans « Abduction ». Le poème que MD récite ici est troublant, puissant, existentiel. En fin de parcours, changement radical : sur des nappes synthétiques, MD nous souffle doucement : ‘Ouvre les yeux, ce n'était qu'un instant...’ Dommage, on aurait bien aimé que le rêve dure plus longtemps. En ‘bonus track’, MD nous livre un remix très house du « Shaky Leg » de Cristobal U & The Mole.

Notons la participation à la réalisation et au mixage du mari de MD, Pierre Guerineau (en compagnie duquel Marie forme le duo Essaie Pas), ainsi que de David Kristian et Cristobal Urbina. Le mastering est signé par l'Ostendais KGB (AtOMiC Studio), également impliqué chez Simi Nah. On épinglera également le superbe artwork réalisé par Weyrd Son, aka Michael Thiel, ainsi que la très belle photo de MD, réalisée par Alice Thiel.

En conclusion : pour une première production vinyle, Marie Davidson frappe très fort. Malgré le côté froid des synthétiseurs, on sent une pulsation organique, presque physique. D'emblée, MD crée un univers propre, foncièrement original, fascinant et tellement attachant. L'artiste finalise déjà son second album, qui paraîtra sur le label texan Holodeck Records : on en redemande !

Pour se procurer l’album c’est ici et pour lire notre interview de Marie Davidson et Pierre Guerineau, c’est là 

Enfin, pour savourer le clip de "Je ne t'aime pas" c’est encore ici 

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Marie Davidson
  • Genre: Electro/Hip-Hop
  • Label Prod: Weyrd Son
  • Date: 2014-04-04
  • Rating: 5
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